11/01/2011

Le Vert Libéral où l'art du travestisme

rocky-horror-tim-curry.jpgÉditorial Radio Cité Genève, le 11 janvier 2011

Allez, soyons courageux, l’année ne fait que commencer, le stock de vipérine n’est pas encore épuisé. En 2011, c’est promis : je me fais de nouveaux amis.

Les Verts Libéraux.

Les Verts Libéraux, où le parti du travestisme, du pole dance et du grand écart. Sauf qu’à la différence de Tony Curtis et de Jack Lemmon, ou encore de Tim Curry dans le Rocky Horror Picture Show, un cigare Montecristo a remplacé l’Absolu Rouge de Lancôme sur des lèvres ‘’non botoxées’’, on a troqué de filiformes talons aiguilles en vinyle noir contre des John Lobb en fausse peau de croco, écolo oblige, enfin touche finale : on évitera volontiers la mini-jupe et les bas résilles trouées aux cendres de cigarillos par un pantalon sobre, digne, et taillé sur mesure, libéral oblige.

Le Vert Libéral n’est pas bête, on dit de lui qu’il est même malin, astucieux, débrouillard, rusé mais surtout ‘’renard’’, du nom du célèbre mammifère carnivore au museau pointu et au pelage roux, ne s’étonnons pas donc si au Moyen-Âge, il fût habitué à fréquenter bûchers, arrachage de chair, écartèlement, pilori et autres carcans.

Le Vert Libéral aime la différence: bien trop ‘’smart’’ pour être vraiment écolo, bien trop ‘’clever’’ pour être libéral. Oui, le Vert Libéral est tendance, le Vert Libéral n’en a cure des critiques, le Vert Libéral est décomplexé, le Vert Libéral est enfin composé de 12 membres exactement au sein de sa section genevoise.

‘’C’est peu mais déjà un grand pas pour l’humanité’’ dira modestement son secrétaire ‘’généralissime’’, sur la terrasse de la Clémence, expulsant au passage des volutes de fumée tout en pianotant sur son IPad, fonctionnant à l’énergie solaire, cela va de soit, sa dernière réflexion sur le monde.

Le Vert Libéral s’engage. Contre le nucléaire, contre les déchets, pour une production agricole de proximité, il entend également dans le même temps, soutenir l’économie ‘’verte’’, favoriser une croissance économique dans le respect des ressources humaines et environnementales, enfin, il compte ‘’donner la primauté à la protection de l’environnement sur l’économie lorsque les conséquences négatives pour l’une et l’autre sont comparables’’.

En clair, sur ce dernier point : si les conséquences sont un peu négatives sur le plan écologique, mais terriblement positives sur le plan économique, son cœur penchera vers sa moitié libérale. A l’inverse, s’il peut sauver une famille de grenouilles au détriment de la construction d’un Spa sur la commune de Pregny-Chambésy, il se peut que son petit cœur passe au vert, surtout qu’il n’y habite pas.

Le stock de vipérine étant épuisé, je ne peux que refermer ce chapitre par une note positive.

C’est vrai, je suis de mauvaise foi. Je les attaque sur leur nombre (ridicule), sur leur position cavalière, à ridiculiser la présidente de l’UDC genevoise, sur cette façon de dire :

‘’-Regardez bien, ma sœur; 
Est-ce assez ? Dites-moi ; n'y suis-je point encore ?

- Nenni.

- M'y voici donc ? - Point du tout.

- M'y voilà ?
- Vous n'en approchez point ‘’.

Je persifle, je peste contre ce nouveau parti. Comme si nul PDC ne pouvait être libéral, comme si nul UDC ne pouvait être humidement envieux d’être MCG, comme si nul socialiste n’avait rêvé, un jour, de se prélasser dans un triplex à la Pampa, comme si nul petit homme de l’ombre fantasmait d’être Conseiller d’Etat.

"La chétive pécore,
s'enfla si bien qu'elle creva.

Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages:
tout bourgeois veut bâtir comme les grands seigneurs. Tout petit prince a des ambassadeurs. Tout marquis veut avoir des pages‘’.

Un peu comme un journaliste qui rêva, un jour, de faire de la politique, ou pas. Mais nous ne sommes pas à une contradiction près, n’est-ce pas ?