02/10/2014

La traversée du Douro

mcg, genève,traversée, rade, UDC, FranceyPolaroïd 00 : 51

 

J’aime tout le monde. Je vous le jure. Sur la tête de ma défunte mère épileptique asthmatique sous cortisone. Je leur ai fait confiance lorsqu’ils m’ont dit de voter pour la traversée du Douro. Ils m’ont dit qu’il était question d’une chose en son temps. L’un après l’autre. D’abord la petite, ensuite la grande. J’ai avalé, comme on gobe du Beirão. Je suis fidèle, c’est une évidence.

 

Certes, ils ont hésité. J’y ai cru, à leur contre-projet. Ils m’ont dit qu’ils allaient la soutenir, la grande esseulée. «Le peuple doit trancher», se gargarisaient-ils. Pourtant, rationnels et pragmatiques mais «surtout démocrates», aiment-ils scander, ils ont refusé au dernier moment de soutenir les infidèles. Maudits cousins, me suis-je dis dans un moment d’égarement, crachotant quelques postillons avinés. Mon voisin de droite a bien tenté de vitupérer contre ces misérables qui violent nos femmes et pillent nos terriers, cela n’a pas suffi ni à calmer l’excité, ni même à me faire changer d’avis. Je suis fidèle, rappelez-vous.


D’accord, je concède avoir essayé de comprendre. Mes aller-retour à Lisboa n’ont pas, une seule seconde, allumé ma lanterne. Foutue huile déficiente, foutu lubrifiant de pacotille. Certes, mon mentor disposait dorénavant d’un siège avec les autres heróis do mar


Mais alors, qui est le nobre povo? Pas eux. Non. Celui que l’on laisse, un temps, comme à Ikea, dans un volume non négligeable de boules en polystyrène. 

01/04/2012

La stratégie de l'échec

pic.jpgPolaroïd 23 : 43

Difficile de suivre les propos de Fathi Derder ce soir sur la RTS.

L'UDC? "On en parle trop", vitupère le libéral-radical qui salive pourtant l'essentiel de l'interview à l'évoquer. "Quitte à perdre des voix?", questionne la journaliste. "Oui", rétorque le conseiller national. "Il ne fallait pas présenter un UDC qui exclut", commente Fathi Derder. La machine est lancée: "Constat d'échec, échec de la stratégie ou encore constat d'échec de la stratégie". L'auditeur aura compris: la droite s'est plantée aujourd'hui.

La défaite? Le prédicateur Fathi Derder le savait: "Cela fait douze mois que je le dis", expulse-t-il. "Lui qui ne fréquente même pas ses propres assemblées", rétorque Claude-Alain Voiblet. "J'avais un énorme dossier à défendre, celui de la révision de la loi sur la recherche. Quand on est élu à Berne, il n'est pas nécessaire de toujours vouloir mettre son grain de sel dans une politique cantonale", répond l'ancien journaliste. L'échange est piquant.

Pour autant, Fathi Derder s'engonce dans le paradoxe quand il souhaite que son parti ne s'acoquine plus à l'UDC, quand il promeut la fierté de revendiquer d'appartenir à une droite "libérale et humaniste". Pourquoi? Parce que le PLR ne peut que difficilement gagner sans l'UDC. "Qu'importe, répond Fathi Derder. Je ne fais pas de la politique pour être réélu", dit-il.

Chapeau bas. Que Fathi Derder s'en fiche d'être réélu, peut se défendre. Mais son parti, lui s'en fiche-t-il? Pas sûr. Mais je dois me tromper. On ne fait pas de la politique pour gagner.

04/01/2012

Christoph Blocher est-il coupable de viol?

peste_bubonica.jpgPolaroïd 23 : 10

Que n'entendons-nous pas? Que l'infâme Christoph ait violé une chose? Oui, le secret bancaire. Et alors? C'est vrai qu'il n'est pas de bon goût de s'attaquer aux morts, je le conçois, la nécrophilie étant difficilement défendable. L'argument des détracteurs est pourtant audible. Christoph B. s'est battu pour la sauvegarde du secret bancaire (mais surtout de sa violation) contre les attaques allemandes et françaises. Donc, violer ce même droit pour attaquer Philipp H., patron de la BNS est inacceptable.

Quelques précisions. Le premier auteur de la dite violation est l'employé de la banque Sarasin, qui a ensuite fourni les documents violés à "un avocat proche de l'UDC". Voilà pour la chaîne causale. Il y a l'auteur. Il y a les complices. Soit. Christoph B. est un complice. Complice de quoi? Nier que le dessein soit éminemment politique, orienté? Non. En effet, l'infâme n'est ni bête, ni dupe, ni crétin. Que l'infâme se soit trompé? Peut-être. Et alors?

Que l'infâme ne dénonce que ce qu'il lui sied ne me pose aucun problème. Vous avez vu un socialiste dénoncer un scandale concernant son parti? Vous avez vu un libéral assassiner un collègue? Bon d'accord, l'affaire est courante. Vous avez vu un radical balancer un copain? Non. Niet. Never. L'argument de la morale, de l'intégrité ne tient pas en politique. Christoph B. se serait-il abstenu de violer qui que ce soit si cela concernait son parti? Certes. A-t-il eu raison de violer lorsque la victime pouvait le servir? Oui.

Je n'hésiterais pas à violer lorsqu'il s'agit d'interroger. Quelles que soient les motivations. Quel que soient les appels à la morale, à la loi et à son respect. La primauté du but sur l'origine.

07/10/2011

Ce n'est pas le problème d'Eric Bertinat. Mais c'est un peu le notre.

2508635849_1.jpgPolaroïd 12 : 18

Le chef de groupe UDC au Grand Conseil était, hier soir, l'invité de ''Genève à Chaud'' sur Léman Bleu, invité à débattre de sa proposition d'ancrer dans la loi genevoise, l'interdiction de la prostitution à moins de 500 mètres d'une école. A la question ''mais où déplacer la prostitution? '', Eric Bertinat répliquera: ''ce n'est pas mon problème''. ''Ailleurs''.  ''Ce n'est pas moi qui vais vous dire où la mettre''.

Ces propos sont tout simplement ahurissants. Qu'un élu ne se préoccupe pas des conséquences de ses actions politiques, qu'il estime que c'est aux ''autres'' de se soucier des répercussions de ses décisions, est une attitude, à mon sens, irresponsable.

Parce que, si ce n'est pas le problème d'Eric Bertinat, c'est en tous les cas, le notre.

04/10/2011

Il n'y a pas de vérités moyennes.

jounrnal-dun-cure-de-campagne.1255158551.jpgPolaroïd 19 : 57

André Reymond est tout simplement incroyable. Interrogé à cinq reprises par Pascal Décaillet sur le montant du financement de sa campagne, le candidat aux chambres fédérales n'aura expulsé, in fine, que le montant qu'il aura personnellement investi, à savoir 15'000 francs. C'est peu, en rapport de son omniprésence sur l'imposant derrière des bus genevois.

Un tel mutisme sur le ''vrai financement'' ne peut qu'alimenter les plus humides fantasmes.  Je me prends alors à rêver d'un grand club sportif finançant le prévoyant conseiller national, d'une sombre association thunoise d'anciens grenadiers de char lui remplissant les poches de Vreneli, d'une mystique association viticole arrosant, dans des caves secrètes, le mutique personnage.

Sandrine Salerno a, quant à elle, répondu aux questions. Ou presque. On savait déjà que le collaborateur responsable d'avoir demandé au chargée de communication de maltraiter quelques adversaires sur les blogs hébergés par la Tribune, avait été blâmé. J'aurais souhaité savoir si l'affaire relevait de l'erreur de parcours, ou de la pratique courante. ''L'affaire est close'' sur les lèvres de la Conseillère administrative auraient été alors, limpides.

 

" Il n'y a pas de vérités moyennes. "
Georges Bernanos ; Journal d'un curé de campagne.

29/06/2011

Céline, ô Céline

14715105_p.jpgPolaroïd 16 : 51

Un mardi 28 juin. Le mercure caresse les trente degrés, faisant ainsi naître, ex nihilo ou ad nauseam, quelques gouttes de sueur suintantes irrémédiablement attirés par la pesante gravité.

Emergence perturbée par un son, une fréquence : non pas celle de la particule humide fracassant ses os sur le sol, mais bien la voix connue d’un collègue : Philippe Revaz. Longueur d’onde : 94.9 MHZ.

Autre voix familière, celle d’Yves Nidegger, conseiller National. Un saut dans le futur et sur le site de la RSR m’apprendra qu’il fût ‘‘l’étoile filante de l’UDC genevoise’’. A l’affirmation-question de mon collègue, à savoir si poser son postérieur sur un siège à la Cour des Comptes est moins flamboyant qu’un autre à Berne, Yves Nidegger rétorquera, avec un certain talent, ‘‘qu’on peut tout à faire vivre sans être tous les soirs à Forum ou toutes les semaines à Infrarouge’’.

La sudation excessive sera stoppée dans ses excès lorsque le journaliste évoquera la volonté quasi zurichoise de voir émerger Céline A. au détriment de celui, encore prénommé dernièrement sur nos ondes par feu René Longet, ‘‘l’homme dangereux qui a défendu Kadhafi’’.

‘‘Céline, ô Céline’’, me suis-je dit en me remémorant cette pleine page couleur dans l’Illustré. L’Amazone, les nervures saillantes de l’animal au regard hagard mais doux. Ne manquait alors que le claquement d’une solide cravache pour me réveiller de ma douce torpeur. La précieuse et dernière goutte estivale s’abattant sur le carrelage fera office de doigts thérapeutiques, comme on réveille ainsi l’hypnotisé.

''Au fait, hormis prendre la présidence de l’UDC genevoise, qu’a donc fait Céline A. ? Pourquoi diable est-elle ‘‘l’étoile montante’’ ?'' ai-je pensé dans un bref moment de lucidité.

Tentant de dissimuler (et sous l’impulsion probable de la gêne), ces ignobles traces de l’été, réapparurent à mon esprit la phrase suivante mais fallacieuse : ‘’la nature a horreur du vide’’. Qui a dit que lorsque une étoile mourrait, une autre naissait?

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27/06/2011

Les Hauts de Hurlevent

9774.jpgPolaroïd 12 : 41

J’entends encore certains membres du parti démocrate-chrétien et des radicaux hurler lorsqu’il a fallu évoquer une alliance UDC-Entente lors des dernières élections au Conseil Administratif de la ville de Genève.

Aujourd’hui ? Cette même Entente accepterait le ‘‘deal’’ (sous réserve de l’accord des comités directeurs). Enjeu ? Soutien de l’UDC Yves Nidegger à la Cour des Comptes, contre un ticket Christian Lüscher (PLR) – Luc Barthassat (PDC) aux élections fédérales.

Mais quel chemin a donc emprunté le PDC qui, pourtant, avouait déplorer ‘‘cette demi-alliance contre nature qui dénote un certain strabisme au sein du [feu] parti Libéral’’ ? Quelle illumination a traversé le PDC qui refusait l’association avec l’UDC, au nom ‘‘des valeurs’’ qui la séparent du parti blochérien ? Qu’en pense Pierre Maudet, celui-là même qui se disait ‘‘prêt à faire des compromis, mais pas de compromissions’’ ?

Alors c’est vrai, on peut changer d’avis. Ils diront sûrement que les enjeux ne sont absolument pas les mêmes.

Mais de grâce, que ces mêmes personnes arrêtent de clamer ‘‘qu’il n’y a jamais d’alliance de circonstance’’.

 

''Je m'attardai autour de ces tombes sous un ciel serein, suivant des yeux le vol des papillons de nuit sur la bruyère et les campanules; j'écoutais souffler le vent léger sur l'herbe et je me demandais comment on pouvait imaginer que ceux qui reposaient dans cette terre tranquille pussent dormir d'un sommeil troublé''.

15/03/2011

Les Vierges Effarouchées.

pic-1.jpgPolaroïd 17 : 50

Si j'ai bien compris.

La Gauche fustige les libéraux de s'acoquiner avec l'UDC, parle de ''trahison'' lorsqu'il s'agit d'imaginer une infidélité UDC-PDC.

La Droite accuse la Gauche de relation incestueuse lorsqu'il s'agit d'échanger quelques fluides avec l'extrême gauche.

En clair, à Droite comme à Gauche, tout le monde ''couchotte'' un peu, sous réserve d'une position commune (missionnaire bienvenue).

Mais lorsqu'il s'agit de passer la bague au doigt, on se transforme en hystérique Vierge effarouchée?

Je comprend un peu mieux que ''ni à gauche ni à droite'' reste de loin la position la plus agréable. En terme de latitude.

01/03/2011

Les médias aident-ils l'UDC?

whisper.jpgEditorial Radio Cité, premier mars 2011

Les médias aident-ils l’UDC ?

C’est la question posée hier par le co-rédacteur en chef du Tages-Anzeiger sur un nouveau blog bilingue rassemblant les opinions des rédactions de la «Tribune de Genève», de «24 heures», du «Bund» et bien évidemment du quotidien zürichois.

Res Strehle, c’est le nom imprononçable de mon confrère, part du principe que : ‘’quoi que les médias fassent, on leur reproche de servir l’UDC’’.

Premier constat, très Cher confrère : qui est ce ‘’on’’, ce ‘’man sagt’’ dont vous parlez ? Vous avouerez que l’usage de ce pronom indéfini ne reflète que le néant de vos sources, ou du moins que votre postulat ne repose que sur quelques uns de vos amis, ou une vague opinion ou mieux encore, une rumeur. Dès lors, commencer une argumentation avec un ‘’on’’ vous vaudra une très mauvaise note lors qu’il s’agira de passer devant les experts. Passons, si vous le voulez bien, sur ce détail.

Point de départ de votre réflexion : des questions, je m’en réjouis. Je cite : ‘’si [ils] les médias écrivent beaucoup sur les thèmes du parti, ils deviennent les complices de ce dernier. S’ils s’abstiennent, ils maintiennent le tabou sur des sujets sensibles, laissant ainsi le champ libre à l’UDC pour les aborder. Enfin s’ils s’élèvent contre l’UDC, ils tombent dans son stratagème en alimentant une spirale de révolte calculée par le parti’’.

En clair, vous corroborez votre propre postulat de départ : les médias sont des victimes, des jouets, des marionnettes manipulées par le ‘’Schweizerische Volks Partei’’. ‘’Complice, tabous, calcul, champs libres et spirales’’ finiront par assumer votre position : l’UDC est un parti fourbe.

En guise de défense, d’une forme de journalisme que vous soutenez, vous affirmez que tout cela est faux : l’UDC réussit tout. Toute seule.

Pour preuve éclatante, vous vous l’appelez: ‘’nouvelle rassurante : ‘’Pratiquement toutes les régions européennes où la prospérité demeure à peu près intacte mais menacée par la globalisation (…), et bien ces régions européennes ‘’composent avec un parti nationaliste ou à orientation patriotique tendant au conservatisme susceptible d’atteindre 30% des voix’’.

Je me permettrais d’ajouter à votre argument que d’autres régions européennes, moins prospères rencontrent, elles aussi, le succès de partis à forte orientation patriotique.

Très Cher Res Strehle, je ne me permettrais pas ici, de critiquer l’ensemble de votre argumentation, tout n’est pas à jeter. Néanmoins.

Un courant journalistique ‘’à la mode’’ semble émerger ces dernières années, à savoir : s’il faut ou pas, ou peu, parler des thématiques expulsées par l’UDC ?

Un journalisme qui aurait droit de vie ou de mort sur l’information. Une sorte de garant de la bonne morale, du bien-pensant ou du pensant comme il faut.

Dès lors Monsieur Strehle, je vous retournerai la question suivante : n’est-ce pas à la pertinence de l’information, à sa valeur informative de déterminer son traitement par les journalistes ?

Si l’UDC dénonçait des scandales quotidiennement, décideriez-vous, Monsieur Strehle, de vous taire ?

14/12/2010

Non, l'UDC genevoise n'est pas morte!

Ni.jpgNon, l’UDC genevoise n’est pas morte.

Pour preuve, cette invitation à la presse de ‘’faire connaissance’’ avec sa horde de candidats aux municipales 2011, dans une célèbre boîte de nuit genevoise, le Francis. Boîte de nuit, bien évidemment, réputée pour ses bonnes mœurs et sa vodka. A en lire l’invitation, on aurait pu croire qu’elle n’est le fruit que d’une plume aiguisée, un Soli Pardo. Il n’en est rien. L’avocat-poète flirte toujours avec les racailles, mais en bière. ‘’La vodka russe, n’y pensez-pas jeune homme’’ clamera-t-il. ‘’Regardez plutôt du côté du mur, il aime se servir du marteau’’, susurrera le géant.

La campagne 2011 commence fort bien.

Après les zombies en sandales est venu le temps des croque-morts en escafignon. Autant de créatures de l’au-delà (une centaine !) se trémoussant sur une piste de danse ne peuvent, en effet, que ramener les morts à la vie.

‘’Alexandrie… Alexandra’’, chantera gaiement une unique goule en escarpins.

13/12/2010

Je flibuste, tu flibustes, nous flibustons...

Prince.jpgCette nuit, j'ai rêvé.

J'ai rêvé d'un navire (le genevois) où les flibustiers troquaient leurs tromblons contre un verre de rhum. "Pas d'urgence'' gloussa Coco, perroquet borgne mais fidèle du pirate.

Rêve ouaté, le flibustier s'est ensuite rendu dans les cales, où se donnait une petite sauterie, salle Francis.

Sitôt la porte entrouverte, les effluves de sueur, de poudre, et d'alcool ont attaqué, à vif, les fosses nasales du corsaire. Image infecte qui s'est offerte à lui, scène de débauche où les corps se mélangeaient dans une masse informe et spongieuse.

Une amazone à cheval sur un notaire anti-communiste, cravache dans la bouche. Des cercueils volants, remplis d'écussons en forme d'aigle, en lévitation au-dessus d'une prostituée de luxe. Un boucanier léchant le goulot d'une fiole presque vide, hurlant "blocage" à se voir ''persona non grata'' de la zone VIP. Enfin, recroquevillés dans l'ombre, j'ai rêvé d'un Saint accompagné de son sbire, psalmodiant confusément une incantation dédiée à la vie éternelle.

Et puis, tempête approchant, la porte a claqué, et par la même occasion, entraîné un dur réveil.

Cette nuit, j'ai rêvé. Aujourd'hui, je fantasme. Evidemment.

12/12/2010

En coulisses

Coulisses.jpgPolaroïd 20 : 37

Micheline décida de se passer d'un convoi officiel CFF pour rentrer chez elle. Persona non grata du gratin: les journalistes. ''Ils polluent le débat'' diront en coulisses certains attachés de presse. Version officielle: Madame Calmy-Rey souhait engager ''un débat spontané''.

C'est vrai, il n'y a pas moins spontané qu'un fourbe journaliste, empli de rancoeurs et n'ayant que pour dessein que de piéger son interlocuteur.

Entre temps, toujours à Genève, on se fait ''carjacker''. Aveu d'impuissance du porte-parole de la police genevoise, ce soir, au 19:30 de la TSR. Toujours sur la même chaîne, autre aveu d'impuissance de Monica Bonfanti, à Mise au Point. Navrant? Peut-être. En mars 2010, '' Schengen constitue un problème'' déclarait la cheffe de la police à Pascal Décaillet.

Huit mois plus tard, en coulisses, l'UDC prépare sa campagne 2011. Schengen fera assurément parti du programme.  ''Criminels qui traversent impunément la frontière, étudiants étrangers surnuméraires''.

Voilà. En coulisses, certains fomentent, d'autres se taisent. En coulisses, certains posent des questions, d'autre n'y répondent pas. Aussi simplement?

 

 

06/12/2010

Le mouton noir et les hyènes

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Le Mouton noir, se parant de sa plus belle laine frisée, affronta froid et frimas pour se rendre à sa réunion à mains levées. Bien qu’ayant renoncé à se lisser le poil, pour faire plus suisse, faute d’endroit chaud pour se préparer, le mouton noir traina les pattes pour se rendre à sa landsgemeinde.

Dans le même temps, les Hyènes continuèrent à vociférer, et d’accuser leur tribu, ou les autres, de ne rien, leur avoir laissé à manger. Il est vrai, les Hyènes commençaient mal l’hiver, faute de ne pas avoir combattu, vide était le garde-manger.

Le Mouton noir, lui, pouvait pavoiser. Lui qui aurait voulu être coq, pouvait enfin ne plus regretter de n’être pas un gallinacé. A force de suivre les salivantes hyènes et de ne manger que les fumantes carcasses, le Mouton a décidé de planter légumes, maïs et blé, non transgéniques, évidence que le mouton a respecté.

Les Hyènes, elles, continuaient de s’entretuer. S’accusant tour à tour de suivisme, nouveau terme à la mode dans ce monde enchanté, les carnivores n’avaient plus que d’une gueule, une vieille mâchoire édentée. ‘’Il faut réagir’’ se dirent, en chœur, les malheureux hyénidés. ‘’Aucune proie, ni gibier pour nous sustenter ! ’’

La Hyène rouge, cria au scandale, hurla à l’intolérance et décida de lancer une campagne d’affichage afin d’attirer l’aliment étranger. Celle qui avait crié au suivisme, finit par elle aussi, copier, une affiche du bovidé.

La Hyène bleue, elle, dépensa sans compter, pour s’acheter une pleine page dans la gazette des prés. ‘’Un peu tard’’, rétorqueront certains spectateurs immigrés.

Enfin, la Hyène, rousse la nuit, orange le jour, décida de s’absenter. Aux combats, elle préféra se lancer dans une autre copie, et de produire une vidéo calquée sur un lip-dub de l’UMP.

Le Mouton noir avait raison. Désormais, il y a deux partis. Les Moutons et les Hyènes.

19/11/2010

L'outrage

Outrage.jpgPolaroïd 11 : 44

La vie est amusante.

On interdit la publication de quelques 400 affiches mettant en scène un homme réputé pour son sens de la démocratie, d'un guide qui a toujours préféré la parole aux bombes (rappelons-le, le bienveillant remet chaque année le prix des Droits de l'Homme), et qui n'a d'autre dessein que d'améliorer la cohésion entre nos différentes régions linguistiques.

Et de l'autre, on autorise la publication d'affiches qui se comptent en milliers d'exemplaires, mettant en scène des Faruk, des Yvan (prononcez Ivanne), Ismir et autres Detlef.

A en croire le Conseil Fédéral, un guide de montagne accompagné de quelques chèvres outré (le guide, pas les chèvres) vaut mieux que des dizaines de milliers d'étrangers pouvant se sentir eux-aussi outrés.

Amusant non?

18/11/2010

La majorité silencieuse

Crachat.jpgEditorial Radio Cité, 18 novembre

La Majorité Silencieuse.

On l’apprenait hier. Le dernier sondage GFS-SSR-SRG donnait l’initiative UDC pour le renvoi des étrangers criminels toujours gagnante. Son contre-projet, lui, rattrapait quelque peu son retard, mais pas suffisamment pour dépasser la barre de 50 %. En résumé : 54 suisses sur 100 approuveraient le renvoi de « ceux qui sont pas comme nous et qui commettent des atrocités » sous la forme agrarienne. Hop, tous dans la charrette, paysan, passe la cinquième.

Ce qui est très étonnant dans ce résultat, c’est qu’il est inversement proportionnel, me semble-t-il, au chahut suscité par les opposants.

D’un côté, l’UDC : vous avez Oskar Freysinger, et Oskar Freysinger et Oskar Freysinger, possédant une carte VIP Gold à Infrarouge. C’est vrai, parfois, un certain Christoph B. passe la Sarine sur invitation d’une banquière amazone, qui troquerait volontiers une nuit torride contre des petits câlins avec le museau d’un dada. Enfin, il reste un certain Yves N. Fort sympathique, mais fortement « décapillarisé », ce qui ne lui laisse aucune chance face à la crinière flamboyante d’Oskar.

Les opposants, c’est facile. C’est tous les autres. Et les autres sont bruyants. Une fois n’est pas coutume, aujourd’hui, c’est la majorité qui est silencieuse.

La question est simple. Qui sont ces 28,9 % qui ont voté UDC aux dernières élections fédérales ?

Un suisse sur trois vote pour le Schweizerische Volkspartei. En d’autres termes, si vous avez plus d’un collègue, et que vous ne travaillez, ni dans un syndicat, ni dans un sauna gay, cela veut dire que l’un d’entre vous, vote UDC. Si vous avez vous-même vécu mai 68 et qu’aujourd’hui, vous avez une grande maison dans une petite commune rurale, alors cela veut dire forcément que seulement l’un de vos deux collègues vote UDC.

Je le disais, la majorité est silencieuse, la minorité, elle, s’affole, gesticule, crie et conspue. C’est son droit.

Le problème est double. Le déni des réalités et le choix des armes.

Très Chère Minorité. Soyez courageuse. Dites-le à haute voix : un suisse sur trois est populiste et xénophobe. Au lieu de flinguer, de cracher, de dessiner mal à grosse louchée d’enfants envoyés dans les fours, osez le dire. Et traitez-les, eux, les 28,9% : de collabos, de nazillons ou de chemise brune. Aussi simple qu’un Faruk ou qu’un Ismar. C’est vrai, je vous l’accorde, vous ne vous abaissez pas à de telles pratiques.

Très Chère Minorité. Censurez, abhorrez, dénigrez, indexez, vomissez. Ce sont malheureusement les seules armes que vous avez trouvées pour leur faire face. Mais ça, c'est dommage. Parce que ce ne sont pas les bonnes.