07/02/2011

Comme un lundi

439.jpgPolaroïd 19 : 07

Comme un lundi 7 février.

08:07 Tribune de Genève: Lire en page 19 qu'Isabel Rochat ne sait pas pourquoi le nombre de détenus chute à Champ-Dollon.

18:35 Plate-forme des blogs de la Tribune de Genève: Assister à un pugilat verbal entre Boris Drahusak et Michel Chevrolet sur la nature des investissements.

18:44 Plate-forme des blogs de la Tribune de Genève: Lire Antoine Bertschy, supputant que les fuites de la Commission de Gestion de contrôle pourraient provenir d'un exécutif.

19: 05 Genève à Chaud, Léman Bleu: Entendre Thierry Oppikofer suspecter Christian Grobet d'être à l'origine des ''villas à 950 .-''.

 

Je comprend mieux la déclaration du président du syndicat de police ce matin, 07:14 sur Radio Cité Genève:

''les policiers n'arrêtent plus''.

Bien évidemment, sans une feuille d'avis officiel, pour vérifier l'une, et une seule, de ces informations.

22/11/2010

14 millions, 160 000 billets et des écrevisses à pattes blanches

Ecrevisse.jpgÉditorial Radio Cité, 22 novembre 2010

Si vous avez été absent de notre chère République ces derniers jours, je me dois, dans la plus grande objectivité, cela va de soit, de vous rendre compte des évènements qui ont bouleversé l’actualité.

Le Canton de Genève règle désormais ses problèmes à coup de millions, 14 pour être exact. Il s’achète 20'000 mètres carré à Vernier pour conserver sa boîte de nuit préférée, le MOA Club. Promis, nous dit-on, les gendarmes, les pervenches et tout autre personne affichant un écusson genevois sur leur veste ne bénéficieront pas de la carte platine VIP et seront soumis à une fouille corporelle. Thierry Cerrutti, le représentant de la culture à Vernier fulmine, il n’a pas été mis au courant. Enfourchant sa mobylette, il se dirige tout droit vers le Grand Conseil.

Dans le même temps, Michel Chevrolet, sans domicile fixe depuis qu’il a décidé d’offrir son gîte à des étudiants ayant peine à se loger, conduit son bus de campagne, sa petite maison roulante, direction : les Automnales.Fan de Marie-Paul Belle, il a, lui aussi, pu profité des 160'000 entrées gratuites, généreusement offertes par un bienveillant ex-chambellan. Dans un rapide calcul mental, le candidat à la Mairie de Genève se dit que 160'000 billets à 10 francs l’entrée, c’est un 1,6 millions de francs. « C’est décidé, quand je serais Maire, moi aussi, j’investirai dans la culture ».

Pas de chance, pris dans ses pensées, il ne voit pas le cyclomotoriste enragé qui déboule sur le bitume. Et là, c’est le drame. Thierry Cerrutti est emmené d’urgence à l’hôpital cantonal, chambre 547, qu’il partage avec un hippie valaisan moustachu, et ce n'est pas Jean-Charles Rielle.

Notre élu verniolan est vert de rage. Faute à un majeur fracturé, il ne pourra pas voter ce soir sur les écrevisses à pattes blanches, sujet en votation au Grand Conseil. Son collègue de chambre, aveugle mais pas encore sourd, lui propose de voter à sa place. « Chantage, chantage, chantage » hurle Michel Chevrolet posté dans le couloir. « On a déjà condamné un élu de couleur pour fraude électorale, on ne va pas te condamner toi aussi ! », rajoute-t-il.

Ni une ni deux, trois infirmières bulgares accourent et tentent de maîtriser notre trio infernal. Manque de chance ou heureuse destinée, Eric Stauffer, victime lui aussi d’un accident de tracteur, débarque dans le couloir, pour pester contre cette prise d’otage. Organisant de suite une conférence de presse dans le hall de l’hôpital, il déclarera avoir été brutalisé, non pas par trois, mais par 120 infirmières, elles-mêmes tout bulgares.

Dans le même temps, et apprenant que le leader du MCG avait décidé de convoquer la presse, Monica Bonfanti et Isabel Rochat quittent immédiatement les Bains des Pâquis où elles profitaient d’une langoureuse séance de massage à deux (quelles petites coquines!), pour se rendre à l’hôpital.

La suite, vous la connaissez. Le Gouvernement genevois débloque des fonds spéciaux, puisque c'est sa nouvelle manière de faire.

Eric Stauffer est envoyé en vacances à Tripoli, où il pourra s’adonner à ses premières amours : la photographie.

Bernard Rappaz retournera cultiver l’abricot en Valais.

Michel Chevrolet, quant à lui, se voit offrir un abonnement général CFF en hausse de 3% pour sillonner la Suisse et mener campagne dans tout le pays.

Vous voyez, l’actualité, on peut tout lui faire dire à force de l’imaginer.

Quittant l’hôpital, Thierry Cerutti voyant, main dans la main, Monica et Isabel, sifflote : « Ah, qu’elles sont jolies les filles de mon pays ».

14/10/2010

L'infime délicatesse du mot

Words.jpg14 octobre 2010, 16:07

Le plombier polonais.

Nous en connaissons tous. Non pas des plombiers polonais mais des personnes qui s’expriment pour ne rien dire, d’autres qui parlent beaucoup trop bien ou trop peu pour avoir l’air honnête, et enfin, dernière catégorie : ceux qui choisissent avec une infime délicatesse et de délicieuses nuances, les mots qu’ils souhaitent laisser s’échapper.

Alors de la première catégorie, nous n’en dirons rien. A la vacuité, il faut répondre par le néant.
A ceux qui parlent trop bien ou trop peu, il faut s’en méfier. Se méfier de son trésorier lorsqu’il vous dit : «je ne suis qu’un simple comptable, vous savez». Une trop grande humilité relève souvent de la flatterie, la flatterie de la séduction, et la séduction du désir. Et on le sait, le désir n’est pas toujours noble, loin de là. Raison pour laquelle on l'appelle «concupiscence».

Méfiez-vous également des phrases qui claquent dans l’air, aux relents de slogans de type : «avec moins, nous allons faire plus» ou encore «ensemble tout devient possible». L’effluve peut être charmante mais en général, le slogan a été répété, préparé, aiguisé. Et son but : c’est que vous l’ingurgitiez tout cru, sans broncher.

Reste la dernière catégorie. L’infime délicatesse du mot bien choisi, les délicieuses nuances de la phrase polysémique.

Vous ne voyez toujours pas où je veux en venir ?

Page 4 du GHI, Thierry Meury rebondit sur l’affaire de l’instituteur valaisan licencié pour avoir refusé de laisser un crucifix dans sa classe. Un instituteur qui avait déclaré : «je suis renvoyé comme si j’étais un pédophile». L’humoriste ironise alors : «les pédophiles, eux, laissent les crucifix dans les classes». Et il rajoute : «Certains en portent même sur leur robe, parfois».

Tiens, tiens, la figure du prêtre pédophile. L’infime délicatesse du mot bien choisi, les délicieuses nuances de la phrase polysémique? Pas vraiment. Non. Loin de là même. Comprenez moi bien, je n’ai aucune sorte d’affection privilégiée envers les membres du clergé, ni un sens de l’humour de bien-pensant. C’est juste que le coup du prêtre pédophile commence à être usant. J’attends de l’humoriste qu’il fasse mieux... beaucoup mieux.

Allez, osez donc Monsieur Meury : le noir dealer, le frontalier voleur de poule, la rousse à l’odeur corporelle nauséabonde, le juif contrôleur du monde, le musulman terroriste, le portugais balayeur, ou encore l’handicapé fraudeur d’AI.

Vous voyez, c’est tellement simple l’utilisation de l’infime délicatesse du mot et des délicieuses nuances de la phrase.

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