19/09/2011

DSK: on s'attendait à 7 sur 7, on a eu droit à Confessions Intimes.

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Dominique est un expert du speed-dating.

Si comme l'affirme l'ancien directeur du FMI, à savoir qu'il n'y a eu ''ni contraintes, ni rapports tarifés'', DSK aura donc réussi en moins de neuf minutes à faire connaissance d'une inconnue, plus communément prénommée ''domestique'' par un brillant avocat genevois adepte des logorrhées, puis la séduire pour finir par ''trousser'' la dite-servante, toujours selon ce même avocat.

 

Dominique confond absence de preuve et disculpation.

Le compagnon d'Anne Sinclair a brandi à trois reprises sa bible: le rapport du procureur (disponible ici).

''Il n'y a eu ni violence, ni contrainte, ni agression'' déclare-t-il. ''C'est n'est pas moi qui le dit, c'est le procureur'', ajoute-t-il. Or le procureur ne dit pas cela, Cyrus Vance dit simplement qu'au vu des preuves à disposition, il n'est pas possible de déterminer le consentement ou pas de la relation. La justice américaine ne le disculpe pas. Elle ne l'inculpe pas. Il est vrai, équivalent d'un ''non-lieu'' mais pas d'un blanchiment.

 

Dominique ne distingue pas une fiche d'entrée d'une note médico-légale.

DSK accuse l'Express.fr d'avoir publié un rapport médical qui n'est autre que la version de Nafissatou Diallo, selon lui, insinuant qu'elle aurait pu raconté n'importe quoi. Or, l'Express s'est basé sur les notes médico-légales du service des urgences du St-Luke's Roosevelt de Manhattan. Il est vrai, pour sa défense, rien n'indique qu'il soit l'auteur du traumatisme de la fourchette postérieure de la zone vaginale de la domestique ainsi détroussée.

 

Dominique, ce héros. Héros de la communication, du discours poli et préparé, de la gestuelle exagérée, des silences organisés, des réponses qui fusent et rappellent trop à quel point les questions sont connues. Hier soir, on s'attendait sans grande surprise à 7 sur 7. On aura malheureusement eu droit à Confessions Intimes. En famille. Dominique, Anne et Claire.

26/08/2011

Politiciens, fermez vos braguettes!

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J’aime l’éditorial de Sandra Jean, dans Le Matin du 24 août.

Je l’avoue, deux jours de protubérances épidermiques, de fermentation et de masticage intensif de la mandibule auront accouché de ce misérable papier. C’est long. La rédactrice en chef du quotidien orange rappelle à quel point nos politiciens doivent être ‘‘irréprochables’’. Elle a raison, à en croire ceux qui ont franchi la ligne, et surtout quand ils sont valaisans. Le titre est explicite : ‘‘politiciens, fermez vos braguettes’’.

Angle d’attaque ? Quoi qu’il se soit passé dans la suite 2806 d’un Sofitel New-Yorkais, la carrière de DSK est brisée. Selon elle, il ne faut retenir de cette histoire qu’une seule chose : ‘‘c’est que tous ces messieurs surexposés médiatiquement n’ont qu’à bien se tenir et garder leurs attributs bien au chaud’’.

Ce que j’aime encore plus, ce sont les exemples cités par la journaliste et imprimés en page deux du quotidien, à savoir : ‘‘Bill Clinton, Silvio Berlusconi, Arnold Schwarzenegger, j’en passe et des meilleurs’’. Comme si des ‘‘j’en passe et des meilleurs’’ allait assouvir ma soif de curiosité.

Ce que j’aime, c’est que le saxophoniste continue à dispenser ses conférences dans le monde entier, rémunérées grassement ;  que le Cavaliere, jusqu’à preuve du contraire, est toujours président du Conseil, détenant le record de longévité sous la République italienne ; et qu’enfin, l’ex gouverneur-cyborg traîne toujours son endosquelette à Genève pour promouvoir son association factice ‘‘R20’’.

Ce que j’aime, c’est que Nassifatou Diallo sera toujours suspectée d’avoir menti ou d'avoir fomenté un guet-apens. Au mieux, elle touchera des billets verts. Ce que j’aime, c’est qu’il n’est pas sûr que la carrière de l’ex directeur du FMI ne soit enterrée, au pire, écartée de la ligne droite.

Ce que j’aime enfin chez Sandra Jean, et aussi sordide que cela puisse paraître, c’est qu'elle pense qu'ouvrir des braguettes, referme des portes. A en croire les ''politiciens'' auxquels elle fait référence, surveiller sa braguette n'est défintivement qu'une option, pas une porte close.

 

06/06/2011

Concombres, DSK, Kadhafi et autres objets intrusifs

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Comme un crétin, je n’ai pas pensé une seule seconde à vérifier l’origine de la source. Celle qui ‘’disait’’ que les concombres étaient maléfiques. Tant de médias agglutinés à l’information, distillant avec bienveillance la malfaisance de l’herbacée. Journalistes se confondant avec la plante potagère, croquant un radis de leurs dents jaunâtres ou de leur limbe denté, devant un flux de dépêches. Certains d’entre eux, sûrement les plus vieux, diront que le terrain leur manque. Les gens aussi.

‘’Prends ton téléphone’’, leur rétorquera l’habile rédacteur en chef. ‘’C’est moins cher, et tout autant efficace’’ rajoutera-t-il en maniant un stylo noir sur un tableau blanc ‘’imitation latex 36 rue de Monthoux’’, en expectorant quelques formules telles que ‘’synergie convergente’’, ‘’complémentarité’’ et ‘’discrimination positive’’. A quelques mots près, on se croirait presque à une conférence de presse de l'office cantonal de l'emploi.

Le même rédacteur qui arrosera ses troupes du précieux liquide, fertilisant, pour les pousser à réaliser une maquette en trois dimensions de l’appartement de DSK. ‘’Trente minutes d’un journal de 20 heures sur le même individu, c’est long’’, persiflera un stagiaire payé à coups de cerfeuils, de rhubarbes et de tétragones. On lui demandera de réaliser un reportage sur le troussage de domestiques pour le punir. Marc B. lui, exulte. ‘’C’est bien mon petit’’ lui susurrera-t-il à l’oreille et de sa sombre voix imposante, religieuse et hétérosexuelle, tout en claquant le derrière d’un tendre éphèbe stagiaire.

Trente minutes exquises, autant qu’un cadavre, à supputer et prédire, pour finalement jouir sur l’expertise. Celui qui sait. Paradoxalement, lui même supputant et prédisant.

Pendant ce temps-là, un ex président d’une petite bourgade ronge sa cucurbitacée, en se remémorant le temps où il était bon de brandir l’article 296 du code pénal : ‘’outrage à concombres étrangers’’. ''Appelle Mouammar, et demande-lui s'il se considère comme un dictateur'' glissera le vieux chêne, en tirant âprement sur un bolivar asséché.

18/05/2011

DSK, Manuel Tornare et la meute des chacals

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Que les Etats-Unis tiennent à considérer n’importe quel inculpé comme un autre me paraît être juste. D’oublier, par contre, que n’importe lequel d’entre eux, n’est pas égal face aux médias est une erreur. Enfin, d’attendre que les caméras soient toutes présentes, que les flashs soient rechargés relève purement et simplement d’une théâtralisation abjecte de la justice. Le procureur étant élu par le peuple, le peuple aura droit au spectacle. Et il aurait raison de ne pas s’en délecter, babines retroussées. Belle image de la présomption d’innocence. Qu’on ne vienne pas me parler de différence culturelle !

Mais les vraies babines salivantes sont ailleurs. Celles de certains commentateurs, journalistes et autres hommes politiques. Ah, qu’il est bon de ressortir les classeurs poussiéreux du tiroir ! ‘’ Secret de polichinelle’’, ‘’Tout le monde le savait’’ expulsent-ils comme des morts-vivants livides sortant de leurs tombes. Les chacals, ce sont eux.

Hier, Manuel Tornare, futur ex Conseiller Administratif et candidat au Conseil National était invité d’Infrarouge sur la Télévision Suisse Romande. Pour quelles raisons ? Probablement pour ses amitiés avec le maire de Paris, ou parce qu’il est socialiste. Bien. On aurait pu, tout autant, faire appel à un obscur militant valaisan ou jurassien, qu’importe la légitimité tant qu’on dispose d’un interlocuteur.

‘’On doit être irréprochable’’ dira-t-il. ‘’J’étais sûr qu’il allait exploser en vol’’, citant non pas ses propres sources, mais un article de l’Express. Bravo ! ‘’J’étais persuadé, un jour ou l’autre, qu’il serait rattrapé par cela [son train de vie] ’’, clamera-t-il à la manière d’un devin, tout en se rendant compte qu’il avait expulsé une absurdité. Très justement, mon confrère de Libération le remettra à l’ordre : ‘’Monsieur, vous faites des amalgames’’.

Manuel Tornare connaît-il personnellement Dominique Strauss-Kahn ? Si oui, à combien de reprises l’a-t-il rencontré ? Ou fonde-t-il ses prémonitions sur des rumeurs, des allégations et des potins ? Je n’en sais rien.

Alors à tous ceux qui prétendent ‘’avoir su’’, qui savaient, et qui affirment que ce n’était qu’un secret de polichinelle, pourquoi Diable ne se sont-ils pas manifestés plus tôt ?

Soit on se tait, soit on s’expose à la lumière. Et se taire, s’il y a infraction, c’est être complice, sinon c’est être juste. Dans le cas contraire, c’est seulement rejoindre la meute. Salivante et charognarde.

16/05/2011

DSK: Le complot. Oui mais peut-être pas celui qu'on croit

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Dominique Strauss-Kahn immolé au feu du crépitement des photographes. Il faut exhiber la bête, révéler au monde la véritable nature de celui qu'on appelle déjà le ''pervers'', à en croire la Une du Daily News. Présomption d'innocence? Ils ne connaissent pas. Les menottes? C'est un criminel. A savoir si le patron du FMI est coupable, personne n'est en mesure de dire quoi que ce soit sur cette question.

Mais d'autres pistes de réflexion devraient être ouvertes. Pourquoi DSK aurait-il abusé d'une femme de ménage alors qu'il pourrait sans doute, faire appel à des professionnelles? Bien plus discret et donc moins dangereux.

Une autre théorie particulièrement séduisante s'est également développée, nourrie par le caractère impensable d'un DSK ''testostéroné'' et assez stupide pour violer une femme: la théorie du complot. Et si l'affaire Dominique Strauss-Kahn n'était qu'une manipulation orchestrée ? Oui mais par qui?

Alors que beaucoup évoquent déjà la piste du complot ''politique'', une autre n'a pas été explorée.

A la lumière de sa fonction au sein du FMI, et de ses prises de position sur la fiscalité (pour faire court, peu favorable aux plus riches) ou encore contre les paradis fiscaux, on peut craindre que le ''complot'' dépasse de loin le seul territoire hexagonal. En clair, un complot économico-politique. Plus l'un que l'autre.