23/01/2014

La salive

Britney, spears, Genève, Polaroïd 00 : XX

C’est l’heure des comptes. Il s’agit de payer. Babines rougeâtres, gonflées par l’attrait du pouvoir et de la victoire supputée, il s’agit de s’expliquer. De vendre. L’irrigation des membres supérieurs - y compris une salivation inhabituelle - n’y fera rien; l’élocution exacerbée par l’adrénaline se vouera à un alignement malheureux de litotes. On ne défend jamais bien ce auquel on ne croit pas. Délictueux plaisir à les contempler se brûler et se noyer, les lèvres dégoulinantes de mauvaise foi, face à un jouissif élenchus. 

 

La mauvaise posture, celle de l’équilibriste, dès qu’on on ose l’apercevoir, distingue les silhouettes et éclaircit les lignes. On voudrait presque y croire, mais la couche superficielle de la peau dit le contraire. 


Lorsqu’il s’agit de signer, l’épiderme nous trahit indubitablement. Mais on le choisit toujours. Dans le faux, ne pas préférer la palpitation est un calcul erroné.

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10/09/2013

Le goût des crépuscules

olivier francey,britney,spearsPolaroïd 01 : 14


La belle promesse. Celle de l'instant, celle de la fin de l'été et de sa tiédeur. Elle ressemble tant à l'aube. De celles qui s'expulsent à l'arrière d'un taxi, au lendemain des ruptures ou à l'approche du trophée tant sécrété. Elles ont l'odeur des toujours mais le goût des crépuscules. On s'en étonne encore. Pitre. Elles ont commencé dans l'ombre des ruelles.

 

On hésite entre l'infâme désir et le machinal espoir. Oh putain, on y croit. Les yeux rivés vers ce ciel alors qu'on est pas foutu de lever sa jambe. Il ne s'agirait pas de la perdre, n'est-ce pas? Et alors qu'il faudrait haïr... et bien, on hait. Comme une défense trop bien huilée. On ne sait pas trop qui. Elle. Soi. Lui. L'autre. 

 

Pour finir par faire pareil. Promettre... De ne plus jamais lever la jambe. Jamais. Promis.

13/08/2013

Saleté de pauvre

olivier,francey,britney,spears,genèvePolaroïd 03: 00

Quelle suave délectation que de parcourir l'argumentaire d'Yvan Zweifel, vice-président de la section genevoise du PLR, qui s'est fendu d'un billet terriblement corrosif et bougrement argumenté à l'égard de l'initiative 1:12, soumise à votation le 24 novembre. Que demande-t-elle? Elle ne demande pas, elle exige que dans une même entreprise, personne ne puisse gagner en un mois plus que quiconque en une année. Pour le cadre du comité directeur, ce voeu ne serait rien d'autre que de la jalousie sociale, "démontrée mainte fois en sociologie, notamment à travers du jeu de l'ultimatum". Et qui consiste à ce que "la plupart des gens [ne] préfère renoncer à un gain plutôt que d'accepter que d'autres gagnent d'avantages qu'eux". L'argumentaire, somme toute compréhensible, se résume à penser que tout être humain est jaloux de celui dont les revenus sont plus élevés que les siens. D'accord. Nul besoin ici de rappeler (ce serait si mesquin) que malgré le soutien des rangs socialistes, la dite initiative est issue de la jeunesse socialiste. Mais qu'importe, on aura bien compris le propos de Monsieur Zweifel.

1) Selon Monsieur Zweifel, la jalousie est donc "un sentiment solidement ancré en l'être humain". Quelle puissance argumentaire! On me dit aussi que les Zurichois sont racistes et qu'il paraîtrait que des seringues infectées se retrouveraient dissimulées sous les sièges des salles de cinéma. Quant à savoir que le sentiment de "jalousie sociale" a été mainte fois démontré en sociologie, je me réjouis de lire les études que fournira sûrement Monsieur Zweifel. 

2) Par ailleurs, Monsieur Zweifel semble également douter que le fossé entre les riches et les pauvres ne s'élargisse. Je suppute toujours que le cadre de l'instante dirigeante du PLR ne fasse référence à la Suisse, et non pas à la situation mondiale. C 'est donc avec honneur que je lui fournis les statistiques de l'Office fédéral de la statistique (résumés ici avec labeur ici). Entre 2002 et 2010, et si l'on prend les fourchettes les plus basses et hautes des revenus mensuels de la région lémanique, on compte 5,2% de personnes revendiquant entre 0 et 1000 CHF par mois contre 0,9% percevant plus de 20 000 CHF; contre respectivement 6,1% et 1,7% en 2010. Selon l'OFS, il y a bien eu écart statistique. Monsieur Zweifel peut donc être rassuré sur ce point.

3) Seulement voilà, pour reprendre les termes de Monsieur Zweifel, si le fossé s'élargit "en valeur absolue", ce même fossé rétrécirait en "valeur relative". Est-ce réellement le cas? Concédons d'emblée que le taux de pauvreté, toujours selon l'OFS (télécharger ici), a diminué entre 2008 et 2010. Pour autant, difficile d'obtenir des données sur l'évolution des revenus les plus bas par rapport au plus hauts. Seules données disponibles, toujours celles de l'OFS indiquant qu'entre 1998 et 2008, l’augmentation des salaires du deuxième décile [ndlr: la division de la population selon le salaire, de sorte que chaque partie représente un dixième de la population] s’élève à 13% à 4441 francs mensuels. Et qu'en revanche, l’augmentation du dernier décile a crû de 21% à 10753 francs. Notons encore que mise à part le premier décile (+15%), la progression est linéaire.

4) Dernier point, la cerise sur le gâteau, le pompon comme dirait Voltaire: l'illustre graphique que joint Monsieur Zweifel à son plaidoyer. Surtout que ce dernier (pas Monsieur Zweifel, mais le complexe diagramme) démontre l'exact contraire de ce qui est avancé. A savoir, que le "fossé" entre les riches et les pauvres s'est accru de 1800 à aujourd'hui. Nul doute que l'éminent libéral-radical précisera: "Oui, mais voyez donc comme ces pauvres se sont enrichis!". Oui. Mais pas aussi vite que les riches.

Bref, tout ces billevesées dans l'attente d'autres arguments de Monsieur Zweifel. Lequel ne souhaiterait, pour un penny, qu'on vote socialiste. Pardon, jeune socialiste.

24/05/2013

Essayez de nourrir un chat

Olivier, Francey, Britney, Spears, Genève, ObamaPolaroïd 00:54

Regardez-moi. Mes pieds, mes ongles vernis, mon visage, mes nuits ou mon chien, je m'en fous. Violez ma sphère privée, ou violez-là tout court, tant que j'existe. Tant qu'à faire, autant désirer l'existence numérique. Les mots remplaceront les lèvres que l'on écharpe, et celles que l'on déchire. Je me prélasse de la douce mélopée des mots, des 140 caractères, gorge et trachée béantes. Faites-moi exister de vos regards doux et de vos regards posés. Je veux entendre la douce mélopée avant de me coucher. Et vous livrez ces derniers instants, en vous laissant légèrement suintants. 

 

Regardez-moi. Moi, moi, moi. N'importe comment, n'importe où. Dites-moi que je suis beau. Dites-moi que je suis belle. Je veux l'attraction sans la gravité. Sans les habitudes, sans efforts, sans salive.

 

"Essayez de nourrir un chat. Et il vous adoptera." Oui. Done.

 

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13/03/2013

Je sais

Olivier, Francey, Journaliste, TDG, Tribune, Genève, Britney, SpearsPolaroïd 00:00

 

Quelle putride démangeaison d'évoquer la vie privée. Quelle jouissance de dire qu'on sait et quel pouvoir de le faire savoir, comme autant de caresses que l'on se prodigue comme on caresse les poils d'un chat, qui ronfle à chaque doigt qui le touche. On a le chat qu'on mérite. Le nez écrasé, les fosses nasales obstruées qui suintent. Quoi de plus normal, quand son fond de commerce se vend au nombre de sourires gluants et à celui des dents blanches alignées. Des poignées de mains humides et des rires qui résonnent dans l'enceinte des cabinets.

 

Jouissance quand il s'agit de dénoncer les privilèges ainsi supputés, alors qu'on a pas foutu un doigt dans l'engrenage, ni visité le 40 m2 de l'ancien élu. Ah oui, pas besoin de le visiter. Le con n'a pas souhaité nous répondre. Tant pis pour lui. Sa main tremblante est un handicap, il n'avait qu'à la régler, cette foutue déficience. Merde, le peuple l'avait élu. C'est vrai, pas besoin d'en savoir plus. J'ai déjà avalé et pas une ombre d'envie de régurgiter. Non. Pas une ombre. 

 

Aucun désir de savoir si l'heure est exacte, qu'importe la régularité de l'aiguille, sur cadran noir et blanc, tant qu'on connaît sa provenance. Donnez-moi de la morale, des corps qui se mélangent, malheureusement au pied du Salève ou près de l'Arve. Ou des partis de badminton l'après-midi près de Lausanne. Donnez-moi des portes qui se ferment, tant que je n'ai pas vraiment à les ouvrir. Juste parce que je sais. Oui, je sais. Et je vous le dis. Croyez-moi. Je sais tout.

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02/01/2012

Les bêtes et autres mammifères politiques

3091322044066.jpgPolaroïd 22 : 54

J'apprécie les hommes et les femmes politiques. Pour leur courage parfois, pour leurs adultères aussi, pour leur mauvaise foi, pour leur obstination, pour leur mensonge qui le rendent si familiers, pour leur intelligence ou pour leur bêtise incommensurable.

Aujourd'hui sur la RTS lors de l'émission Forum, quelle ne fut pas ma joie que d'ouïr le débat suivant: "La libre circulation, le sujet qui va enflammer la politique suisse en 2012?" N'est-ce pas jouissif de lire Christian Levrat, président du Parti socialiste suisse, dans la SonntagsZeitung qui revendique le droit de thématiser la "libre circulation"? On se rappelle presque ce même parti revendiquer le droit de parler d'insécurité. C'est vrai qu'électoralement parlant, cela devient difficile de passer à côté, non? Aujourd'hui, difficile de trouver un homme politique pour la défendre, la libre circulation. Bon d'accord, "pas de préférence cantonale", dira un conseiller d'Etat radical, pas d'illégalité avec les accords de Schengen-Dublin, pas de nationalisme, pas de suivisme populiste. "Du bon sens", disent-ils en choeur. D'accord, je ne suis pas juriste.

Il n'y a plus personne. Aucun pour nous dire combien la Suisse a bien profité de la libre circulation des personnes, aucun pour nous dire qu'on en a bien profité lorsque tout allait bien. Aucun patron pour nous dire qu'à compétence égale, il engage un employé moins onéreux. Aucun pour nous dire qu'il faudrait être crétin pour ne pas le faire. Cela frise la schizophrénie. Délicieuse période de repli. Il n'y a pas de problème de libre circulation, juste des mesure d'accompagnement qu'il faut utiliser à bon escient.

Il faut "requalifier" les chômeurs. Ah? Parce qu'avant non? Non. Parce qu'avant, ça allait bien. Parce qu'en période prospère, cela n'a aucune sorte d'importance.

J'apprécie les hommes et les femmes politiques. Pour leur courage parfois, pour leurs adultères aussi, pour leur mauvaise foi, pour leur obstination, pour leur mensonge qui le rendent si familiers, pour leur intelligence ou pour leur bêtise incommensurable. Je préfère malheureusement toujours ceux qui suivent leur conviction à ceux qui suivent le vent.