15/09/2011

Martine à NYC

woman-eating-hotdog-0907-de.jpgPolaroïd 16 : 01

Martine à New York.

La question est sur toutes les lèvres: pourquoi diable Martine aurait-elle besoin de New York pour comprendre de quelle manière elle pourrait bien résoudre la relative insécurité genevoise?

Comme le déclarait ce matin la Martine en charge de la sécurité, de la police, des déchets et de la propreté, dans un français grammaticalement soigné: il est question de ''savoir comment une grande ville de 12 millions d’habitants comme New York a pu régler le problème avec non seulement des effectifs en plus, mais peut-être une réflexion sur la façon dont doit être organisée cette police''.

Je reconnais volontiers l'esprit éclairé de la Martine d'État, qui a reconnu, sur les ondes de la RSR, que ''les situations ne sont pas toujours comparables''. Et en effet, elles ne le sont pas. Du tout.

Contrairement à Martine qui estime la population New-Yorkaise à 12 millions d'habitants, la grande pomme compte 8'175'133 habitants contre seulement 457'715 habitants pour le canton de Genève. Je le lui concéderais fort bien: on n'est pas à quatre millions près. Un peu comme confondre 20 et 200. Je rappellerais également, à titre informatif, que Rudolph Guliani n'est plus maire de la ville depuis le 31 décembre 2001, et qu'il y a 1,5 fois plus de policiers à NYC.

Il serait bien malhonnête de ma part de penser qu'il est totalement inutile de se rendre à New York. Les échanges, quels qu'ils soient, sont souvent, dans un sens ou un autre, fructueux: si Manuel Tornare s'est rendu à Bamako, Martine peut bien partir à New York, n'est-ce pas?

23/03/2011

Isabel Rochat préfére-t-elle les Suisses ou juste les syndicats ?

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Je vous l’accorde, Madame, sans aucune forme de contestation : la formule interrogative est un peu brutale. Néanmoins, votre prise de position, publique cela va de soit, me laisse sans mots. Vous avez déclaré, je cite : ‘’je ne suis pas favorable à l'engagement de frontaliers’’, sous-entendu l’engagement d’agents de sécurité publique, les ASP.

Les médias se sont saisis du sujet. Vous aurez remarqué, Madame, que le terme ‘’étranger’’ s’est subtilisé mystérieusement au terme de ‘’frontalier’’. Ce même terme [frontalier] par ailleurs utilisé précédemment, dans les éditions de la Tribune de Genève ainsi que dans le gratuit 20 minutes.

Bref, passons sur ce détail, le frontalier étant, pour beaucoup, synonyme d’étranger. Je rappelle, tout de même, que le frontalier peut être suisse, pour autant qu’il réside en Suisse et qu’il travaille en France. Un frontalier, est donc une personne qui dispose d’un lieu de résidence et d’un lieu de travail, tous deux se situant dans des pays différents.

Revenons à ce qui nous importe aujourd’hui. Faut-il, ou pas, engager des agents de sécurité publique étrangers?

Première question : les agents de sécurité publique sont-ils des policiers ? Réponse du service de presse de la Police genevoise : ce ne sont pas des policiers ! Pourquoi ? Tout simplement parce que ce sont des fonctionnaires.

Deuxième question : qu’est-ce qu’un policier ? Un policier est un fonctionnaire, oui mais de police. Différence ? Le premier tombe sous la Loi générale relative au personnel de l’administration cantonale, du pouvoir judiciaire et des établissements publics médicaux, la LPAC. Le travail du deuxième, le policier, étant régit par la loi sur la Police, la LPol. En clair : il y a des vrais policiers avec de vrais salaires de policiers et une formation plus longue. Et tout autant avec honneur, il existe des agents de sécurité publique, qui n’ont pas suivi la même formation, avec un salaire moins élevé mais qui, selon les cas, peuvent aider au travail de la police. Exemple : gestion des appels d’urgence, régulation du trafic, transport des détenus ou encore protection des ambassades.

De deux choses l’une : soit il n’est pas possible de recruter des agents de sécurité publique étrangers, soit c’est possible. Madame la magistrate, je vous donne la réponse, si vous ne la connaissiez pas : c’est possible.

Dès lors, vous estimez, et c’est votre choix, qu’il n’est pas du devoir d’un étranger de représenter l’Etat, la nation, le pouvoir ; une tâche régalienne. Il vous faudra donc, Madame, faire modifier la loi sous laquelle seront régi les ASP. Je rappelle à votre mémoire, que vous avez, vous-même, assermenté 22 nouveaux assistants de sécurité publique, le premier septembre 2010, et que votre propre lieutenant-colonel et commandant de la gendarmerie, M. Cudré-Mauroux, ainsi que votre chef de police adjoint, M. Sanchez se sont félicités de l'introduction des ASP. (http://www.geneve.ch/GRANDCONSEIL/data/texte/M01830A.pdf)

Point de rancune ici, Madame, mais je porte à votre attention que vous ne pouvez pas, en tant que magistrate, afficher dans des médias, votre préférence à l’engagement d’un suisse plutôt qu’un étranger. Je rappelle également, que vous pourriez être condamnée, si par un malheureux coup du destin, l’un des prétendants pouvait prouver que vous l’avez refusé pour cause ‘’d’étrangeté’’.

En conclusion, Madame. Soit vous êtes adepte de la préférence nationale et c’est votre choix, soit vous suivez le vent. Dans l’un ou l’autre des cas, vous aurez fauté. Non pas à titre d’individu, mais de magistrat. Evidemment.

02/03/2011

L'épiderme dans les urnes

the-fearless-vampire-killers-roman-polanski-and-ja1.jpgLa sécurité.

Ils n’ont que ce mot aux lèvres. Des lèvres bleues, en cause: œsophages bouchés et bouches dégoulinantes. C’est vrai, le met est plus salivant, les papilles seront sans doute brutalisées par si peu de parfums. La respiration se fera sibilante, jamais on aura autant vu de difficiles déglutitions en bas de chez soi. Ici et là. A Onex ou à Chêne-Bourg.

La sécurité. Celle de vos enfants et de nos grands-mères, celle de la blanche pâleur de votre peau et de notre porte-monnaie. La sécurité de son emploi, la sécurité routière, la sécurité sur le net, la sécurité des parkings et des étrangers qui commettent des crimes.

La sécurité sous surveillance, l’arme à domicile. Le casque à vélos, et des policiers visibles.

On aurait espéré, dans cette tumulte, jouir de quelques notes de musique, elle ne seront que de comportement. Florence Kraft-Babel ne reprendra pas le département de Pierre Maudet.

L’insécurité, objective ou pas, est un animal à l’appétit vorace mais aussi source des plus beaux cauchemars. Transformant tour à tour, des parkings en abattoir et des veines en égouttoir.

Alors je rêve, je rêve parfois de donner la parole à ceux qui ne rebroussent pas chemin lorsque les néons crépitent, ou lorsque la lumière se fait rare, à ceux qui ne tournent pas les talons ou changent de trottoir lorsque l’individu ou la rue se font noirs.

Je rêve de voyages sans autorisations, de désirs sans fuites et des urnes sans peur. Les encouragements aux interdictions, les explications aux sentiments.

Ne serait-ce que pour rappeler que la sécurité comme objectif, nous a merveilleusement ôté d'un peu de cette précieuse liberté. Et que c'est le coeur qui vote, c'est la chair. Pas l'intellect.

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