10/10/2011

L'étrange prestation d'Isabel Rochat.

sarah-palin-palm-video.jpgPolaroïd 09 : 42

Etrange prestation que nous a livrée Isabel Rochat, hier soir, sur le plateau du 19:30 de la TSR. Invitée à commenter (notamment) le coût du renvoi des étrangers dans leurs pays, la Conseillère d'Etat en charge de la Sécurité et de la Police est apparue effrayée à l'idée de prendre la parole. Discours hésitant, réponses courtes, à en croire qu'il s'agit là, d'une technique pour éviter les bévues. C'est vrai, pour sa défense, l'exercice n'est pas facile, surtout quand on pense à la terreur que semble susciter la pupille de la caméra et l'adrénaline du direct chez la magistrate.

Sur l'interview lui-même, aucunes réponses apportées. Les ''vols spéciaux'' sont-ils inhumains? Isabel Rochat n'y répondra pas, aussi simplement que la question ne lui sera pas adressée. Pour l'anecdote, la TdG avait enquêté sur les renvois forcés à Cointrin (ici), il était apparu alors que le DSPE (donc Isabel Rochat?) n'avait même pas connaissance du nombre exact de vols à départ de Genève. Efficacité de la procédure? La libérale évoquera l'idée que ''la sécurité n'a pas de prix'', en précisant (sans chiffres) qu'un renvoi coûte moins cher à la société que la simple présence d'un ''étranger'' (ah bon?) sur notre territoire, sans pour autant nous donner le montant total du coût du renvoi de ces individus.

En clair, hier soir, à 19h35, je ne savais toujours pas qui étaient ces étrangers en attente de renvoi. Ont-ils été condamnés? Quelle proportion d'entre eux a commis des actes criminelles? Quelle est la durée moyenne de détention administrative par individu? Qui paie? Combien? Ces vols spéciaux sont-ils efficaces, si oui, sur quels critères?

Enfin, plus grave encore: avoir plus de questions que de réponses après 5 minutes et 19 secondes de reportage et d'entretien. Sans compter cette désagréable impression que notre ministre maîtrisait son sujet, à coup de notes de service ou ''d'antisèches'' calligraphiées au stylo bille Mont-Blanc sur une main tremblante. Ce n'est qu'une impression, je pourrais me tromper.

28/09/2011

Isabel Rochat bis repetita.

L-ORGASME.jpgPolaroïd 17:28

Tout a commencé lundi matin entre deux cafés parfaitement infectes et une voisine qui, selon toute probabilité, n'avait pas usé de son organe, vocal, depuis fort longtemps. L'article sous mes yeux embués est signé Dejan Nikolic et s'intitule: ''Bonneteau: des miliciens prêts à tout pour nettoyer nos rues''.

J'imagine alors, déjà et non sans un sourire, le lecteur républicain hurler au scandale, en psalmodiant ''qu'une milice citoyenne qui se forme, c'est l'État qui n'assume plus''. Le troisième café, toujours autant difficilement ingérable, aura eu le mérite de parachever cette lecture de l'aube.

Le lecteur hyper-caféiné, que je suis désormais, relève avec vif intérêt ces quelques mots du nouveau secrétaire général adjoint en charge du département de la Sécurité et de la Police (et de l'Environnement diantre!): ''nous souhaitons procéder à une modification du règlement d’application pour permettre aux agents de police municipale d’intervenir contre les bonneteurs''. ''L’initiative doit être validée par le Conseil d'État''.

''Ah?'' me dis-je dans un immonde bâillement, ''la Police municipale n'arrête pas les joueurs de bonneteau''?

La loi permettant de punir pénalement le bonneteau a été votée le 14 avril 2011, pourquoi diable le Conseil d'État n'a-t-il pas alors élargi les compétences de la Police Municipale, en leur octroyant le droit d'intervenir?

Enfilant à la hâte un vieux peignoir spongieux, je m'empresse d'appeler le DSPE. On me répond qu'il ''est probable qu'Isabel Rochat ait attendu une décision de justice sur un recours de l'association Mesemrom avant de procéder à une modification du règlement d'application''. Un autre avocat libéral n'hésitera pas à défendre sa magistrate (''c'est le dernier'', me susurre-t-on) en déclarant que ''cinq mois, c'est un délai tout à fait raisonnable pour ce genre de pratique''.

L'esprit toujours infusé par la précieuse substance, une question traverse mon esprit (à la manière du Conseil d'État oubliant les funérailles de Monseigneur Genoud): eût-il été préférable que la police municipale fût officiellement autorisée à intervenir contre les vilains prestidigitateurs avant l'été, là où ils semblent être le plus nombreux?

Question rapidement oubliée lorsque cette même charmante voisine reprit, de plus belle, ses expectorations vocales, synonymes d'un enchevêtrement corporel intense.

15/09/2011

Martine à NYC

woman-eating-hotdog-0907-de.jpgPolaroïd 16 : 01

Martine à New York.

La question est sur toutes les lèvres: pourquoi diable Martine aurait-elle besoin de New York pour comprendre de quelle manière elle pourrait bien résoudre la relative insécurité genevoise?

Comme le déclarait ce matin la Martine en charge de la sécurité, de la police, des déchets et de la propreté, dans un français grammaticalement soigné: il est question de ''savoir comment une grande ville de 12 millions d’habitants comme New York a pu régler le problème avec non seulement des effectifs en plus, mais peut-être une réflexion sur la façon dont doit être organisée cette police''.

Je reconnais volontiers l'esprit éclairé de la Martine d'État, qui a reconnu, sur les ondes de la RSR, que ''les situations ne sont pas toujours comparables''. Et en effet, elles ne le sont pas. Du tout.

Contrairement à Martine qui estime la population New-Yorkaise à 12 millions d'habitants, la grande pomme compte 8'175'133 habitants contre seulement 457'715 habitants pour le canton de Genève. Je le lui concéderais fort bien: on n'est pas à quatre millions près. Un peu comme confondre 20 et 200. Je rappellerais également, à titre informatif, que Rudolph Guliani n'est plus maire de la ville depuis le 31 décembre 2001, et qu'il y a 1,5 fois plus de policiers à NYC.

Il serait bien malhonnête de ma part de penser qu'il est totalement inutile de se rendre à New York. Les échanges, quels qu'ils soient, sont souvent, dans un sens ou un autre, fructueux: si Manuel Tornare s'est rendu à Bamako, Martine peut bien partir à New York, n'est-ce pas?

25/08/2011

Les 300 hommes d'Isabel Rochat

annex2020day20doris20cad.jpgPolaroïd 15 : 08

300. Le chiffre est lancé, comme on tire une balle. Isabel Rochat annonçait hier la création d'une réserve opérationnelle affectée aux missions urgentes. Il fallait dégainer, pas question de laisser pour lettre morte, l'appel de Micheline Calmy-Rey. Il fallait dégainer, pas question d'expulser du petit calibre. Du lourd, du 300 millimètres.

Amusant communiqué de presse du Conseil d'État lorsqu'il déclare que ''les réponses ne doivent pas être dictées par la pression de l'urgence mais s'inscrire sur le long terme''. Le gouvernement a raison, surtout, quand trois lignes plus bas, il annonce avoir ''demandé à la cheffe de la police que la mise en œuvre des mesures [suivantes], issues des recommandations Phénix, soit accélérée''.

A croire presque que les termes ''urgence'' et ''accélération'' sont des antonymes pour le Conseil d'État.

Une oreille encore abasourdie par le projectile s'est alors rapproché du transistor. Une voix limpide et espiègle s'y est extraite, celle de Pierre-Antoine Preti: ''ces 300 hommes supplémentaires ne fouleront le terrain qu'à la fin de la réforme de la Police, soit pas avant deux ou trois ans au final'', murmurera mon collègue de la RSR. Pour l'heure, cette brigade d'intervention supplémentaire ne serait composée que d'une vingtaine de policiers. ''Effectif qui n'est d'ailleurs pas définitivement chiffré à une semaine de sa mise en place'' rajoutera-t-il, dans un malicieux fredonnement.

Éteignant ma radio encore hébété, j'ai remarqué que si la fumée s'était dissipée, l'odeur, elle aussi, avait disparu.

16/08/2011

La limpide explication d'Isabel Rochat

pic.jpgPolaroïd 16 : 21

Isabel Rochat était l’invitée aujourd’hui du journal du matin sur la première.

La ministre en charge du département de Justice et Police commentait la lettre reçue de Micheline Calmy-Rey, laquelle s’inquiétait de la ‘’détérioration de la sécurité à Genève’’. Une missive qui fait suite à l’agression d’un fils de diplomates survenue en juillet dernier. Nul doute que la Conseillère Fédérale tenait à démontrer qu’elle avait empoigné le dossier à bras-le-corps, qu’elle tenait à réassurer les instances internationales, et qu’elle avait bien tenu compte de l’email ‘’d’alerte’’ envoyé aux trois milles fonctionnaires que compte la Genève internationale. Quitte à spéculer, la démarche de la socialiste semble plus relever d’une attitude politico-médiatico-diplomatique que d’une réelle inquiétude.

Dans une longue logorrhée probablement alimentée par un texte et des chiffres sous les yeux, Isabel Rochat s’est fendu d’un discours quasi inchangé depuis plus d’une année. Je ne l’en blâme pas mais m’interroge sur quelques points.

Qu’est-ce la détérioration de la sécurité à Genève ? De quoi parle-t-on exactement ? De cambriolages ? D’agressions physiques ? D’incivilité ? D’un sentiment ou de la ‘’réalité’’ des chiffres ?

Justement sur ces chiffres, la Conseillère d’Etat évoque une tendance à la baisse des agressions : ‘‘-16% sur les lésions corporelles simples, -7% sur les lésions corporelles graves, et en règle générale, les infractions pénales accusent une baisse de -3%’’ déclare-t-elle. Piquée à vif par notre collègue, Simon Matthey-Doret, qui rappelle l’article paru aujourd’hui dans la Tribune de Genève en page 15, à savoir : ‘‘vous dites Isabel Rochat, baisse des agressions à Genève, (…) je lis, Jean-Philippe Brandt, porte-parole de la Police, ne cache pas que les plaintes ont explosé en début d’année, agressions en hausse cette année, etc, 46 agressions, vous n’avez pas du tout les mêmes chiffres ?’’

Réponse de l’intéressée : ‘‘Non, écoutez, moi je parle des chiffres qui sont des statistiques nationales’’. La magistrate ne répondra finalement que partiellement à la question évoquant les priorités du Conseil d’Etat, les coups de pieds vers Berne et autre réorganisation de la Police, dans une tentative de noyade plutôt brillamment exécutée pour un auditeur à 7h40 du matin.

Les chiffres sont-ils en hausse ou pas ? Nous ne le savons toujours pas. Quelques minutes plus tard, le couperet tombe. A la question : ‘‘Isabel Rochat, là, vous reconnaissez donc que ce genre d’agression est en augmentation ?’’

‘‘Bien sûr’’, rétorquera-t-elle.

Magie du journalisme, une magistrate peut facilement en moins de 7 minutes déclarer à la fois que la tendance est à la baisse, et à la fois qu’elle est à la hausse. Evidente limpidité lorsqu’on compare des poires et des pommes.

03/06/2011

Isabel Rochat: la drogue est sa priorité

test-de-rorschach-2.jpgPolaroïd 14 : 09

Isabel Rochat annonce la couleur ce matin dans le 20 minutes : sa priorité ? C’est la lutte contre la drogue. C’est bien.

J’aurais répondu la lutte contre l’insécurité, même si c'est vrai, je ne suis pas magistrat. Puisqu’en toute évidence, ce n’est pas directement la drogue qui inquiète le citoyen genevois, mais bien ses conséquences. Je m’étonnais et m’étonne toujours du traitement médiatique de ces deux corps retrouvés au parc Geisendorf. Qu’en disaient-ils, ces médias ? Que cela faisait ‘’tache’’, que les écoles se situaient à proximité, et que ce père allait changer ses filles d’établissement. C’est vrai, au final, on s’en fout de savoir si tu te drogues. Que tu crèves aussi, mais pas près de chez moi, merci. Un peu comme construire un éco-quartier à Plan-les-Ouates.

Bon, je ne dis pas que moi aussi, je n’irai pas m’insurger à la porte du département de la ‘’Sécurité’’ (parce que l’environnement est définitivement accessoire), si mes enfants étaient susceptibles de croiser des cadavres, des seringues et des gens sans dents. Ça fait tache.

Ce matin donc, et sous la plume de mon confrère Raphaël Leroy, la magistrate ‘’fait le point’’. Ne me méprenez pas, j’apprécie le courage de la ministre, dont l’ancien président du parti libéral disait qu’ ’’avec elle, Genève aura au moins un homme au gouvernement’’. C’est juste que je n’arrive pas à la croire. Pourquoi ? Je n’en sais rien.

Meilleure coordination entre la police et les gardes-frontières ? Quels gardes-frontières ? Quels moyens ? Quel budget ? Combien ?

Vidéosurveillance ? Une étude est en cours. A en croire Isabel Rochat, les études et les consultations sont ses outils de gouvernance. Comme s’il fallait obtenir l’approbation de la population pour agir. Comme s’il fallait des études et des consultations pour savoir ce qui préoccupent les genevois.

Renvoyer les dealers ? Comment ? Avec quels accords d’extradition ?

Je n’arrive pas à la croire, elle ne me convainc pas. Sentiment totalement subjectif qu’elle ne peut qu’améliorer, ici et là, quelques détails. L’esthétique. Je ne doute pas de sa volonté, je crains seulement que sa marge de manœuvre soit limitée à faire appel à une entreprise de communication. Et des espoirs. Je dois me tromper, c'est sûr.

21/04/2011

Isabel Rochat : je vous entends, je vous écoute, je vous ai compris

pic.jpgPolaroïd 13 : 44

Isabel Rochat était de passage ce matin sur nos ondes.

La magistrate en charge du département de la sécurité, de la police et de l’environnement s’exprimait sur la ‘’consultation’’ des attentes de la population vis-à-vis de la sécurité et du travail de la police dans notre canton. La conseillère d’Etat a tenu à rappeler que cette consultation n’était pas un ‘’sondage’’, laissons aux linguistes l’intrigante tâche d’en expliquer les nuances. A la question : ‘’avez-vous été surprise par l’un ou l’autre de ces résultats’’, Isabel Rochat répond avec assurance, que ‘’la consultation n’aura que corroboré ce qu’elle pensait déjà’’.

Avec beaucoup de mauvaise foi, on pourra sérieusement se demander dès lors : quel est l’intérêt de consulter la population, si c’est pour apprendre quelque chose qu’on connaît déjà. La réponse est limpide : pour communiquer. En d’autres termes, dire aux genevois : je vous écoute, je vous entends, je vous ai compris.

Je ne lui en veux pas, à la lueur du courage du reste du gouvernement genevois, qui n’aura pas souhaité reprendre ce département. Ceci dit en passant, ceux qui pensaient que la libérale allait se casser les dents, peuvent désormais pour le moment, s’adonner à la génuflexion et à l’hyper salivation d’une langue caressée par la râpeuse expérience du savon de Marseille. Les propos amicaux étant expulsés, passons à la suite de son discours.

L’analyse du champ lexical d’Isabel Rochat est assez révélatrice. En moins de trois minutes, la magistrate emploie neuf fois l’expression ‘’il faut’’ et huit fois ‘’Je crois que’’. Bien qu’il est désormais impossible de douter de la valeur de l’agence de communication mandatée par la Thônésienne, l’emploi répété d’expressions d’exigence (il faut) et de croyance (je crois) me laissent dubitatif.

Très Madame Rochat,

J’espère qu’à la fin juin, date de remise des ‘’variantes’’ au Conseil d’Etat et aux ‘’différentes’’ commissions, vous aurez modifié votre champ lexical.

Remplacer ‘’il faut’’ par ‘’je vais’’. Substituer ‘’je crois’’ par ‘’je sais’’. Et même si la réalisation des mots ainsi expulsés, n’égalera jamais les faits, ils préféreront toujours l’aiguille d’une boussole, aux promesses de l’aube. Enfin. Je crois.

28/03/2011

Isabel Rochat n'est pas contre l'engagement d'agents de sécurité publique étrangers

pic-1.jpgPolaroïd 10 : 09

''Je ne vois aucun problème à ce que nous engagions des Agents de Sécurité Publique étrangers, mais seulement des ASP de type 1 et 2''. Déclaration ce matin d'Isabel Rochat, sur nos ondes.  ''Il faut bien entendu privilégier l'engagement de chômeurs, mais dans le cas où cela ne suffirait pas, je ne m'oppose pas à l'engagement de personnes ne disposant pas du passeport suisse''.

En outre, la Conseillère d'Etat a confirmé faire appel à une agence de communication externe pour l'assister dans la rédaction de communiqués. Isabel Rochat avoue y avoir fait appel, n'ayant pas encore trouvé une personne à engager au sein de son département.

Enfin, la ministre en charge de la Sécurité, de la Police et de l'Environnement assure que l'agence de communication ne ''gère pas son image, mais la communication du département dans son ensemble''. La question du coût ainsi que les missions exactes de cette agence n'ont pas été soulevées.

Son intervention est à retrouver sur notre site internet: radiocité.ch

24/03/2011

Olivier Jornot ou comment le Colonel Moutarde s'est débarassé de Madame Pervenche

_49__cluedo.jpgPolaroïd 09 : 07

Ce que j'aime chez les Libéraux, c'est l'art d'assassiner et de flinguer au nom de la liberté de pensée. Qu'importe la cible pourvu qu'on tue, qu'on saigne, qu'on coupe!

Tenez ce matin, Olivier Jornot, s'en est pris au Conseil d'État et à sa propre ministre Isabel Rochat.

Sur la question des agents de sécurité publique étrangers, le député libéral déclare que ''ce débat est généré par la stupidité de nos autorités''.

''Je me demande simplement qu'en lieu et place de s'exprimer dans la presse pour dire des décisions qu'ils [les Conseillers d'État] ont eux-même prises sont mauvaises, n'auraient pas simplement dû prendre les bonnes décisions avant!''.

''Si le Conseil d'État avait un peu de plomb dans la tête, ils n'auraient pas dû engager des ASP frontaliers, surtout en période électorale''.

Les libéraux sont des tueurs-nés.

 

Enfin rien à voir. Mais Sami Kanaan devra s'acquitter de droits d'auteur auprès de Pierre Vanek!

''Genève, Monaco-sur-Léman'', c'est son slogan, son idée, son enfant. On n'ôte pas les combats de la bouche de Pierre Vanek, non, on n'ôte pas!

 

23/03/2011

Isabel Rochat préfére-t-elle les Suisses ou juste les syndicats ?

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Je vous l’accorde, Madame, sans aucune forme de contestation : la formule interrogative est un peu brutale. Néanmoins, votre prise de position, publique cela va de soit, me laisse sans mots. Vous avez déclaré, je cite : ‘’je ne suis pas favorable à l'engagement de frontaliers’’, sous-entendu l’engagement d’agents de sécurité publique, les ASP.

Les médias se sont saisis du sujet. Vous aurez remarqué, Madame, que le terme ‘’étranger’’ s’est subtilisé mystérieusement au terme de ‘’frontalier’’. Ce même terme [frontalier] par ailleurs utilisé précédemment, dans les éditions de la Tribune de Genève ainsi que dans le gratuit 20 minutes.

Bref, passons sur ce détail, le frontalier étant, pour beaucoup, synonyme d’étranger. Je rappelle, tout de même, que le frontalier peut être suisse, pour autant qu’il réside en Suisse et qu’il travaille en France. Un frontalier, est donc une personne qui dispose d’un lieu de résidence et d’un lieu de travail, tous deux se situant dans des pays différents.

Revenons à ce qui nous importe aujourd’hui. Faut-il, ou pas, engager des agents de sécurité publique étrangers?

Première question : les agents de sécurité publique sont-ils des policiers ? Réponse du service de presse de la Police genevoise : ce ne sont pas des policiers ! Pourquoi ? Tout simplement parce que ce sont des fonctionnaires.

Deuxième question : qu’est-ce qu’un policier ? Un policier est un fonctionnaire, oui mais de police. Différence ? Le premier tombe sous la Loi générale relative au personnel de l’administration cantonale, du pouvoir judiciaire et des établissements publics médicaux, la LPAC. Le travail du deuxième, le policier, étant régit par la loi sur la Police, la LPol. En clair : il y a des vrais policiers avec de vrais salaires de policiers et une formation plus longue. Et tout autant avec honneur, il existe des agents de sécurité publique, qui n’ont pas suivi la même formation, avec un salaire moins élevé mais qui, selon les cas, peuvent aider au travail de la police. Exemple : gestion des appels d’urgence, régulation du trafic, transport des détenus ou encore protection des ambassades.

De deux choses l’une : soit il n’est pas possible de recruter des agents de sécurité publique étrangers, soit c’est possible. Madame la magistrate, je vous donne la réponse, si vous ne la connaissiez pas : c’est possible.

Dès lors, vous estimez, et c’est votre choix, qu’il n’est pas du devoir d’un étranger de représenter l’Etat, la nation, le pouvoir ; une tâche régalienne. Il vous faudra donc, Madame, faire modifier la loi sous laquelle seront régi les ASP. Je rappelle à votre mémoire, que vous avez, vous-même, assermenté 22 nouveaux assistants de sécurité publique, le premier septembre 2010, et que votre propre lieutenant-colonel et commandant de la gendarmerie, M. Cudré-Mauroux, ainsi que votre chef de police adjoint, M. Sanchez se sont félicités de l'introduction des ASP. (http://www.geneve.ch/GRANDCONSEIL/data/texte/M01830A.pdf)

Point de rancune ici, Madame, mais je porte à votre attention que vous ne pouvez pas, en tant que magistrate, afficher dans des médias, votre préférence à l’engagement d’un suisse plutôt qu’un étranger. Je rappelle également, que vous pourriez être condamnée, si par un malheureux coup du destin, l’un des prétendants pouvait prouver que vous l’avez refusé pour cause ‘’d’étrangeté’’.

En conclusion, Madame. Soit vous êtes adepte de la préférence nationale et c’est votre choix, soit vous suivez le vent. Dans l’un ou l’autre des cas, vous aurez fauté. Non pas à titre d’individu, mais de magistrat. Evidemment.

Quand on doit tuer quelqu'un, ça ne coûte rien d'être poli

salma-hayek-femme-barbe-L-1.jpegBillet d'humeur, Radio Cité Genève, 23 mars 2011

Et si nos animaux politiques faisaient appel à des agences de communication ?

Remplacer les bêlements par des mots, les grognements goguenards par des consonnes fricatives uvulaires, éviter les spirantes pour les remplacer par de dodues voyelles antérieures arrondies, de quoi rendre jaloux toute femme ou transsexuel habitué à la rudesse du bitume.Bref, tout pour changer d’allure vestimentaire, corriger un vilain strabisme, troquer son eau de toilette low-cost Vichy contre de l’italien musqué, ou encore effacer cette hideuse moustache par une épilation définitive au laser.

‘’On ne juge pas les gens sur leur physique’’, me disait ma mère résignée, à l’idée que je puisse être l’un d’eux. Heureusement pour son âme, elle a changé d’avis, rassurée à l’idée que son fils chéri n’avait pas retourné sa veste. ‘’Maman’’, avait-je rétorqué : ‘’on juge les gens sur le fond, on ne les juge pas sur la forme’’. Version qui, années après années, gommage de peau après tentatives d’habitation vestimentaire, s’est soldée misérablement par un acharnement à la pureté, non pas de l’âme, mais bien de la chair.

Aujourd’hui, j’ai grandi. J’ai changé, moi aussi. A la bière-vin blanc du Marchand de Sable, je préfère désormais le Château Pipeau, millésime 86, du Bœuf Rouge aux Pâquis, n’étant pas prêt encore, je dois l’avouer, à franchir l’ultime démarcation qui sépare les loosers des gagnants : le pont du Mont-Blanc. ‘’Well Done’’, disait Winston Churchill en aspirant, délicatement, à l’image d’une maîtresse soumise, le cigare qui lui faisait office de doigt d’honneur à Postdam en 45, à l’encontre d’ignobles communistes.

Et si nos animaux politiques faisaient appel à des agences de communication ? C’est la question qui m’a taraudée l’esprit hier, comme un marteau sur une enclume, attention à ne pas confondre avec la position éponyme du Kamasutra. Question que je posa à la ministre en charge de la Sécurité et de la Police : Isabel Rochat.

La réponse fût sibylline de la part de sa chargée de communication, Madame Goupil: ‘’affirmatif’’. Quel montant ? ‘’Minime’’. La charmante dame n’hésitant pas à me questionner à mon tour : ‘’mais pourquoi vous me posez cette question’’. La réponse fût cinglante : ‘’parce que je suis journaliste Madame !’’. Quant à savoir pour quel type de ténébreuse mission, pour quels obscurs objectifs, je n’en ai rien su. Il faut dire, que l’agréable dame, dont le métier est de communiquer, m’a refroidi, comme un enfant pris en faute, de lui poser une autre question.

‘’Well done’’, aurait encore pu rajouté Winston.

Une chose est sûre : certains de nos politiciens s’expriment comme des langoustes bavardes ou comme du gibier pourchassé par d’infâmes braconniers à l’haleine avinée. Du coup, l’idée de se faire coacher par des professionnels est séduisante.Séduisante à mes yeux, mais pas forcément pour celui, qui n’ayant pas voté pour l’animal, apprendra que des deniers publics soient utilisés à améliorer l'image du candidat qu'il ne souhaitait surtout pas voir accéder au pouvoir.

‘’Quand on doit tuer quelqu'un, ça ne coûte rien d'être poli’’ finira par expulser une bouche pâteuse, de celui qui aura toujours craint de n'avoir libéré l'Europe centrale de l'oppression nazie que pour la livrer à l'oppression communiste.

22/03/2011

Isabel Rochat aurait-elle fait appel à une agence de communication? Affirmatif

220px-Sandro_Botticelli_042.jpgPolaroïd 11 : 28

Isabel Rochat aurait-elle fait appel à une agence de communication? Et pour faire quoi?

La réponse est affirmative concernant la première question. Montant du mandat? ''Minime'' nous confirme-t-on très amicalement du côté du département de la Sécurité, de la Police et de l'Environnement.

Que Madame Rochat fasse appel à une entreprise externe pour améliorer l'efficacité de sa communication pose-t-elle problème? A ceux qui l'ont élu, ou pas, d'y répondre. Ces derniers devant être ravis à ce que des deniers publics soient utilisés à améliorer l'image du candidat qu'ils ne souhaitaient surtout pas voir accéder au pouvoir.

La question devient plus pertinente lorsqu'il s'agit de savoir, pour quels types de missions exactement, l'agence de communication a-t-elle été employée?

«Parce que vous êtes un grand Seigneur, vous vous croyez un grand génie!... Noblesse, fortune, un rang, des places: tout cela rend si fier! Qu’avez-vous fait pour tant de biens? Vous vous êtes donné la peine de naître, et rien de plus...».

Figaro Acte V, scène III.

Figaro qui pourrait bien renaître de ses cendres. Tel un phœnix. Zephyr ne manquera pas de venir souffler sur les braises.

09/02/2011

La République du Silence

death-star-1.jpgÉditorial Radio Cité Genève, 9 février 2011

La République du Silence à en croire que Genève se serait transformée en une ville silencieuse en moins d’une semaine.

On en arriverait presque à regretter l’année de présidence de François Longchamp, année de cocktails, de petites sauteries sur le tarmac de l’aéroport, de paillettes et autres manifestations d’automne. Saint-François, au moins, s’amusait à menacer la presse, pour cause de publication d’un vieux barbu libidineux, Saint-François faisait fi des statistiques fédérales (hop, le chômage baissait de 7 dixièmes!), enfin Saint-François accordait, sans broncher, le rallongement de la durée des indemnités chômage.

Et voilà, le Saint a quitté la scène, les lumières se sont éteintes, le forçant, dans cette inexorable gravité horizontale, à rejoindre les loges. L’unique et seul mime du premier acte, Saint-François, s’était tu.

On croyait la pièce terminée, ce n’était que le début.

Le rideau s’est ouvert. Apparition bienveillante : celui d’un jeune premier, l’histoire quasi héroïque du machiniste qui devient un jour acteur, Saint-Marc. Première scène, premiers ratages : chute d’un projecteur, oubli des 250 vers qui composent le deuxième acte, comme oublier de réclamer les 2350 francs restants à un poussiéreux locataire de villa. L’avenir nous dira si on le réengagera.

Le public en rit jaune. Deux ou trois hyènes au premier rang n’attendent que sa lente agonie pour lui subtiliser sa place, d’autres appellent à manifester devant le théâtre. En coulisses, Saint-Michel et Saint-Boris se battent pour savoir qui, de l’un ou de l’autre, a le monologue le plus dodu. La bataille se réglera à coups d’échanges de poireaux génétiquement modifiés à l’énergie solaire contre des calculatrices jetables. Le combat est stérile, mais a le mérite d’animer le silence de mort qui a régné sur les deux premiers actes.

Troisième acte : Sainte Isabelle. Parée d’une longue robe de soie, de boucles d'oreille Gilbert Albert en forme de balance, et d’une épée phallique, elle interprétera le rôle de sa vie. Incarnation d’une existence hollywoodienne incandescente, elle aussi, n’en a cure du reste du monde. ‘’Je me prononcerai lorsque j’aurais toutes les indications en ma possession’’ déclarera-t-elle sous le crépitement des feux des photographes.

Le public, lui, croit rêver. Il voulait des réponses, il a reçu comme seul objet contendant rétinien: des ombres chinoises et des mimes. Sauf Deus Ex Machina, la pièce risque d’être particulièrement ennuyeuse.

Sauf Saint-Michel qui continue toujours à hurler depuis les tréfonds : silence, silence, silence !

08/02/2011

Très Chère Madame Rochat

prison-monopoly_s.jpgBillet d'humeur Radio Cité Genève

Très Chère Madame Rochat, Chêne-Bourg, quartier carcéral de Champ-Dollon, le 8 février 2011.

Je prends la plume aujourd’hui, non pas en tant que détenu, mais en tant que citoyen, évoluant dans une Genève qui endure un ‘’problème sécuritaire endémique’’. Vous l’exprimiez hier dans les colonnes de la Tribune de Genève.

Et bien sachez, Madame le magistrat, que l’endémie, c’est moi.

Je profite au passage pour vous signaler que le personnel est fort sympathique, que les gnocchis au pesto pèsent toujours un peu sur mon estomac, et que je persiste à me plaindre de mon relatif isolement. En effet, depuis le début de l’année, un nombre conséquent de camarades de jeux ne passent plus par ici, comme si la case ‘’prison’’ avait disparu du Monopoly. Vous conviendrez, Madame, que l’intérêt du jeu se rapproche dangereusement du zéro.

Quelle ne fût pas ma joie matinale que de découvrir la question posée en page 19 par un perfide journaliste, à savoir : ‘’comment expliquer que mes 620 amis l’été passé, soient descendus à environ 460 en janvier ?’’ Aussi insidieux qu’un renard, le journaliste rajoutera : ‘’à moins que 150 personnes qui devraient être en prison soient toujours dans la rue…’’

Vous répondez magistralement : ‘’il n’y a pas véritablement d’explication à cette diminution. A mon sens, il n’y a pas de lien direct avec l’entrée en vigueur du nouveau Code de procédure pénale en 2011.’’

Première constatation, Très Chère Madame : comment pouvez-vous, alors que vous êtes Conseillère d'État en charge de la Justice et de la Police (l’environnement comptant pour beurre), ne pas savoir pourquoi il y a diminution du nombre de détenus à Champ-Dollon ?

Je ne sais pas, tentez une réponse ; les malfaiteurs profitent des températures clémentes pour siffler de la Petite Arvine en Valais, les brigands ont profité de bons de réduction sur des vols low-cost vers de sympathiques destinations, Charm El-Cheikh ou encore, un container de Tamiflu a été largué par erreur sur la zone Figaro, transformant l’horrible endémie en paisible grippe saisonnière.

Deuxième constatation, Très Chère Madame : vous estimez qu’il n’y a pas de lien direct avec l’entrée en vigueur du nouveau Code de procédure pénale, premier janvier 2011.

Qu’ouï-je Madame le magistrat ? Vos policiers se plaignent de ne tout simplement plus pouvoir arrêter les infâmes scélérats. En coulisses, certains disent même qu’ils leur arrivent de fermer les yeux sur des actes répréhensibles, afin d’éviter de se ramasser une colle, celle de devoir passer deux heures devant un bureau et une vieille machine à écrire ‘’Underwood’’.

Madame la Conseillère d'État, je vous fais parvenir, par la présente, deux remarques.

La première : pourriez-vous suggérer à vos proches collaborateurs de ne plus me répondre que l’entrée en vigueur de la nouvelle procédure pénale n’a rien à voir avec votre département ? Jusqu’à preuve du contraire, votre dicastère contient deux mots : justice et police. (Environnement comptant toujours pour beurre).

La deuxième : 450 arrestations janvier 2010 contre 289 en janvier 2011, cela fait tout de même 64% de différence, et vous l’expliquez par un laconique ‘’ ’il n’y a pas véritablement d’explication à cette diminution’’ !

Parce qu’à ce rythme-là, c’est n’est plus au Monopoly que je risque de jouer, mais au solitaire.

 

Bien à vous, amicalement, O.

07/02/2011

Comme un lundi

439.jpgPolaroïd 19 : 07

Comme un lundi 7 février.

08:07 Tribune de Genève: Lire en page 19 qu'Isabel Rochat ne sait pas pourquoi le nombre de détenus chute à Champ-Dollon.

18:35 Plate-forme des blogs de la Tribune de Genève: Assister à un pugilat verbal entre Boris Drahusak et Michel Chevrolet sur la nature des investissements.

18:44 Plate-forme des blogs de la Tribune de Genève: Lire Antoine Bertschy, supputant que les fuites de la Commission de Gestion de contrôle pourraient provenir d'un exécutif.

19: 05 Genève à Chaud, Léman Bleu: Entendre Thierry Oppikofer suspecter Christian Grobet d'être à l'origine des ''villas à 950 .-''.

 

Je comprend mieux la déclaration du président du syndicat de police ce matin, 07:14 sur Radio Cité Genève:

''les policiers n'arrêtent plus''.

Bien évidemment, sans une feuille d'avis officiel, pour vérifier l'une, et une seule, de ces informations.