22/06/2012

La gauche la plus bête du monde

pic.jpgPolaroïd 23 : 52

Quel délectable spectacle a offert le parti socialiste genevois. La pulpe des doigts est encore humide, à force de se les être pourléchés. Douze minutes de bonheur, ce sera la durée de l'état de grâce qu'auront insufflé Manuel Tornare et Romain De Sainte-Marie, ce vendredi soir sur l'antenne de la RTS.

Un président de parti dont la parole est itérativement coupée par son conseiller national "qui concocte des stratégies en trois jours". Moi, ajoutera-t-il. Un frontal Manuel Tornare qui s'autorise à moucher son président: "On n'a pas besoin de sociologues de l'Université de Genève pour expliquer ce qui s'est passé, comme certains jeunes technocrates du parti nous font comprendre", dira sa Sainteté. A la question adressée au président du PS, à savoir si l'ancien Maire ferait un très bon Conseiller d'Etat, ce n'est pas le président du PS qui répond. Non, c'est le silence. Trois secondes. Et Dieu sait si ces secondes là sont interminables en radio.

Les anachroniques "Camarades par ci et Camarades par là" suscitent désormais des sourires chez les uns. Mais des rictus épineux au PS. Si Manuel Tornare a presque flingué au colt 45 toute chance d'une candidature en 2013, Romain De Sainte-Marie, lui, a failli vis-à-vis du statut qui est le sien. Président. Ce soir, on a entendu le jeune contre l'ancien.

Même si, au final, la seule véritable faille, c'est d'avoir accepté de débattre en public des problèmes internes du parti socialiste. A ce titre là, la droite est abilitée à décerner le prix qu'elle aurait obtenu l'année passée. Celui de la gauche "la plus bête du monde".

27/09/2011

L'erreur de communication de l'Entente genevoise.

h-20-1551550-1243365007.jpgÉditorial Radio Cité Genève, 27 septembre 2011

L'erreur de communication de l'Entente genevoise.

Impossible de passer à côté des publicités de l'Entente genevoise et du Parti Libéral-Radical publiés dans la Tribune de Genève .

La semaine dernière, le PLR accusait le PS de ''refuser d'avoir plus de gardes-frontières à Genève''. Aujourd'hui, l'Entente élargit ses critiques aux Verts et au PS, déclarant que ces partis ''veulent punir les agressions physiques en jours-amende''.

Qu'importe ici de savoir si ces critiques sont fondées ou pas, vous l'aurez bien compris, ce n'est pas le dessein de ce billet. Pourquoi la communication de l'Entente et du PLR est-elle mauvaise?

Une personne se définissant par ''ce qu'il n'est pas'' n'envoie jamais un signal fort. Déclarer ''je ne suis pas comme vous'', ''je ne suis pas comme eux'' dénote souvent (mais pas toujours) un complexe d'infériorité. Ce qui est d'ailleurs le cas aujourd'hui où l'Entente pourrait bien perdre au moins un siège au Conseil National. Pire encore, il pourrait dénoter un manque d'identité propre. C'est ce que beaucoup ont, par ailleurs, dénoncé en accusant le PLR suisse (la droite traditionnelle plus généralement) de n'avoir été que ''réactif'' vis-à-vis de l'UDC, et non considéré comme une force propositionnelle. Se démarquer, c'est essayer d'exister. Oui mais par rapport à.

Il n'est pas certain, non plus, que l'action qui consiste à ''pointer du doigt'' ou stigmatiser un ennemi politique n'accouche de résultats satisfaisants. Il suffit de penser aux qualificatifs plutôt virulents employés à l'encontre de l'UDC ou du MCG. La stigmatisation a souvent été synonyme de victimisation, et donc source quasi ''pavlovienne'' de soutien.

Enfin vulgairement, n'est-ce pas un peu crétin de se payer une campagne de pub à quelques milliers de francs, pour citer à chaque fois le nom de la personne à abattre?

Ceci étant dit, c'est tout autant sot (comme le rappelle Pascal Décaillet) de la part de la gauche de reprocher à la droite, dans un communiqué publié aujourd'hui, de ''n’avoir pas d’autres idées que de s’en prendre à ses adversaires''...

05/01/2011

Il n'y a pas de débats. Non, il n'y en a pas.

normal_Pink Floyd-The Division Bell.jpgPolaroïd 08 : 27

En France, le parti socialiste est secoué par une ''polémique''. Manuel Valls, instigateur de la secousse, s'en expliquait (aussi) hier soir au Grand Journal de Canal+.

Le maire socialiste d'Evry appelait ses camarades à ''déverrouiller les 35 heures qui n'existent déjà plus réellement. Cela doit permettre aux Français, pour ceux qui ont la chance d'avoir un emploi, de travailler davantage, deux heures, trois heures, sans avoir recours forcément aux heures supplémentaires qui ont beaucoup coûté à l'État et à l'économie française''. Un appel qu'il faut bien évidemment considérer dans le contexte des primaires du parti.

Les réactions ne se sont pas fait attendre: ''Manuel Valls est un franc tireur qui n'a pas beaucoup de soutien au sein du parti'', ou encore ''il n'y a pas de débats''.

Si comme le prétend une partie du PS, ''il n'y a pas de débat'', il en existe un, pourtant sur le PS lui-même.

Incapable de parler d'une seule voix, la rengaine est la même et est usante: ''le PS est riche de sa diversité, (...) toutes les opinions peuvent s'exprimer''.

Hier soir, Benjamin, 15 ans, me demande très sérieusement ''à quoi ça sert d'être dans un parti où personne n'est d'accord?''.

Il n'a pas forcément tort. Un parti fortement polarisé n'est intrinsèquement pas un problème. Un parti où chaque voix semble discordante l'est un peu plus, parce qu'apparaissant comme divisé. Et en temps de ''crise'', c'est loin d'être un atout.

Mais hier, le PS était unanime: ''il n'y a pas de débats''. Non, il n'y en a pas.


 


Manuel Valls, député-maire socialiste d'Evry : Augmenter l
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20/12/2010

Pas crédible, dixit René Longet

Gare.jpgPolaroïd 10 : 27

On apprend ce matin dans le Temps en page 8 que le Parti Socialiste genevois ''change d'approche'' en matière de sécurité. C'est bien.

Le PS veut gagner ''de la crédibilité'' sur ce terrain, terrain qu'il avait abandonné pendant de nombreuses années. C'est vrai, ''intégration'' et ''répression'' dans une même bouche, ont de quoi transformer son locuteur en un parfait schizophrène.

A l'aube de nouvelles élections, on sent bien la fébrilité d'un parti souvent incompris (on pense à son refus de soutenir la baisse des impôts, en votation en 2009), d'un parti perdant (la gifle des élections au Grand Conseil), d'un parti qui tente de monter lui-aussi dans le train. Parfait.

Oui le PS peut parler de sécurité. Oui le PS peut enfin évoquer le mot ''criminalité'' sans évoquer le mot ''étranger'', le terme ''migrant'' fera l'affaire. Le PS peut même s'aventurer sur le thème de la vidéosurveillance.

Un programme? Fantastique, même si son contenu, tel que présenté dans le quotidien, sent le plagiat, d'autres crieront probablement au suivisme ou à l'opportunisme. On attendra la version finale de la feuille de route.

Monter dans le train? Passer des mots aux actes risque d'être un peu plus compliqué. Bon, c'est vrai, on peut faire semblant. D'autres le font bien, aussi.

06/12/2010

Le mouton noir et les hyènes

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Le Mouton noir, se parant de sa plus belle laine frisée, affronta froid et frimas pour se rendre à sa réunion à mains levées. Bien qu’ayant renoncé à se lisser le poil, pour faire plus suisse, faute d’endroit chaud pour se préparer, le mouton noir traina les pattes pour se rendre à sa landsgemeinde.

Dans le même temps, les Hyènes continuèrent à vociférer, et d’accuser leur tribu, ou les autres, de ne rien, leur avoir laissé à manger. Il est vrai, les Hyènes commençaient mal l’hiver, faute de ne pas avoir combattu, vide était le garde-manger.

Le Mouton noir, lui, pouvait pavoiser. Lui qui aurait voulu être coq, pouvait enfin ne plus regretter de n’être pas un gallinacé. A force de suivre les salivantes hyènes et de ne manger que les fumantes carcasses, le Mouton a décidé de planter légumes, maïs et blé, non transgéniques, évidence que le mouton a respecté.

Les Hyènes, elles, continuaient de s’entretuer. S’accusant tour à tour de suivisme, nouveau terme à la mode dans ce monde enchanté, les carnivores n’avaient plus que d’une gueule, une vieille mâchoire édentée. ‘’Il faut réagir’’ se dirent, en chœur, les malheureux hyénidés. ‘’Aucune proie, ni gibier pour nous sustenter ! ’’

La Hyène rouge, cria au scandale, hurla à l’intolérance et décida de lancer une campagne d’affichage afin d’attirer l’aliment étranger. Celle qui avait crié au suivisme, finit par elle aussi, copier, une affiche du bovidé.

La Hyène bleue, elle, dépensa sans compter, pour s’acheter une pleine page dans la gazette des prés. ‘’Un peu tard’’, rétorqueront certains spectateurs immigrés.

Enfin, la Hyène, rousse la nuit, orange le jour, décida de s’absenter. Aux combats, elle préféra se lancer dans une autre copie, et de produire une vidéo calquée sur un lip-dub de l’UMP.

Le Mouton noir avait raison. Désormais, il y a deux partis. Les Moutons et les Hyènes.