22/02/2011

La communication hasardeuse de l'Evêché? Ou celles des autres?

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La communication hasardeuse de l'Evêché?

C'est la question posée par ma consœur, Patricia Briel, qui publie un article en page 6 du quotidien Le Temps aujourd'hui.

Le Diocèse a-t-il commis ''une erreur de communication majeure'' en diffusant mercredi 9 février un communiqué affirmant que deux nouveaux cas d'abus sexuels avaient été annoncés à l'autorité diocésaine, l'un à Genève, l'autre à Fribourg''?

Je me suis exprimé à de nombreuses reprises sur cette question, je vous invite à lire mes précédents billets.

Je relève, avec intérêt, les propos de Monseigneur Farine qui avoue ''n'avoir pas imaginé un seul instant la chasse médiatique qu'enclencherait son communiqué du 9 février''.

Et je me permettrais de reformuler la question: la communication hasardeuse de l'Evêché? Ou celles des autres?

16/02/2011

Audiatur et altera pars

4170703140_6af30c0399.jpgÉditorial Radio Cité Genève, 16 février 2011

La TSR a-t-elle ''tué'' l’abbé carougeois?

C’est la question qui m’a taraudé l’esprit depuis quelques jours. C’est vrai, je l’avoue, la question est probablement posé de manière abrupte, mais intentionnellement élaborée de la sorte pour des questions de rhétorique.

Un rappel des faits s’impose.

Dans un communiqué datant du 9 février dernier, le diocèse de Genève, Lausanne et Fribourg annonce qu'une enquête est en cours pour des cas d'abus sexuels, je le précise, pour des abus sexuels commis par des prêtres, ''l'un à Genève, l'autre à Fribourg'', selon le communiqué. Nul trace à cette date de cas de pédophilie.

Les médias se sont bien évidemment emparés du sujet. On devine le Diocèse bienveillant en voulant afficher la plus grande des transparences. Deux jours plus tard, la graine lancée par le clergé a évidemment germé dans l’esprit des journalistes qui ont souhaité investigué. Et c’est leur droit, pour ne pas dire: leur devoir.

Vendredi 11 février, le 19:30 de la Télévision Suisse Romande révèle que le ''prêtre pédophile'' (pour reprendre la terminologie exacte de l'intitulé du reportage), que le prêtre pédophile avait officié à Carouge. Vous avouerez que tout être normalement doté d’un cerveau, et avec quelques recoupements, peut sans trop d’efforts, obtenir le nom de l’homme recherché.

Enfin, selon une information parue hier dans le quotidien le Temps, et sous la plume de notre consœur Patricia Briel, nous apprenons que l'homme se serait donné la mort vendredi dans la soirée, jour de diffusion du reportage de la TSR. Alors si cette information s'avère exacte, il y a véritablement ‘’antagonisme’’ entre le droit à l'information et la présomption d'innocence.

Je m’explique.

D’une part, et si ma définition de la justice est la bonne. Jusqu'à preuve du contraire, un suspect est toujours présumé innocent. Et puis de l’autre, c'est vrai, si on suspecte un homme être capable de la pire de cruautés et d'être susceptible de récidiver (imaginez-vous en père de famille, en mère de famille, ou connaissant un homme suspecté d’attouchements), n’est-il pas du devoir du journaliste d’informer la population?

Là est probablement la limite du devoir d’information. Le fragile équilibre entre le désir de protéger les siens et celui de ne pas accuser un homme, qui n’a pas été encore jugé. Coupable ou innocent.

La question est alors brûlante.

La TSR a-t-elle, d’une façon ou d’une autre, concouru à précipiter la mort de l’homme d’Eglise carougeois? Autre question: l’information délivrée, à savoir, le lieu où exerçait l’abbé, était-elle si pertinente, au point qu’il fallait la divulguer? Et enfin, dernière question: doit-on informer la population qu’un présumé innocent, mais sous enquête des autorités, est suspecté de crimes graves?

La réponse est dans la question, où quand la présomption d'innocence s'entrechoque avec le devoir d'information, c'est-à-dire: je n'en sais rien.