12/03/2012

Les frontaliers? Oui. Mais un peu.

camus.jpgPolaroïd 23 : 19

J'essaie de comprendre. Oui, monsieur. De toutes mes forces, je vous le jure. La préférence de nomination aux HUG, ça marche comment? "A compétences égales, nous préférerons un résident local", dites-vous. D'accord. But de la manoeuvre: "rétablir l'équilibre" entre collaborateurs frontaliers et résidents locaux intégrés au sein du tissu social genevois. Soit. Concrètement, comment se déroule le recrutement?

Alors que les postulants résidants sortants de nos écoles se font rares, comment combler la pénurie? Alors que les offres de "frontaliers" sont qualitativement équivalentes (j'imagine, puisque vous les engagez, ou pire, parce que vous comblez les trous), et de surcroît quantitativement plus nombreuses, comment comptez-vous procéder? Désormais que nous sommes en possession des paramètres, comment y parvenir?

Les chiffres sont connus. Vous les divulguez. Deux tiers des responsables d'unités de soins sont frontaliers, alors que la moyenne de l'hôpital est à 50%. Question. Supposons que dans le pipe-line d'entrée aux HUG, deux tiers des postulants sont des frontaliers, comment comptez-vous rétablir l'équilibre? Si 60 infirmiers et infirmières manquent chaque année pour compenser les départs à la retraite (comme l'affirmait André Laubscher, directeur des soins aux HUG), comment comptez-vous privilégier des résidents locaux, à compétence égales?

Dites-moi, par pitié, comment vous comptez procéder. Pour ne pas imaginer, un jour, qu'à compétences égales, vous choisirez la compétence inférieure. Parce qu'elle est résidente locale. Ce serait inimaginable, non?

15/11/2011

De l'erreur de penser qu'il s'agit de préférer

g_nuflexion.jpgPolaroïd 23 : 52

Je m'étonne des propos tenus par le magistrat en charge de la Solidarité et de l'Emploi, en page 6 du Temps (15 novembre 2011). Pas de tous, non. Juste quelques mots. A la question de savoir s'il était "étrange" qu'un exécutif favorable à la libre circulation puisse avoir "appelé ce printemps à une préférence cantonale à l'embauche", le Conseiller d'Etat rétorque: "nous n'avons jamais utilisé une telle expression et avons toujours soutenu la libre circulation".

Que l'homme n'ait jamais susurré l'abject alignement de ces mots? Soit. Qu'il n'ait jamais accolé les termes "préférence" et "cantonale"? D'accord. Qu'il exprime son dégoût pour cette union contre-nature aux médias. Bien.

Mais que signifie alors l'alignement suivant: "Nous voulons éviter que des cas comme l’engagement de nombreux frontaliers par la Fondation des parkings ne se reproduisent" ? Que doit-on comprendre par: "Quant à l’Etat, depuis juillet, aucune demande de permis n’est sollicitée sans la preuve qu’aucun chômeur ne correspond au profil" ? Ou "Avant d’engager de l’autre côté du continent, il faut avoir le réflexe de vérifier si des chômeurs peuvent répondre aux besoins"?

Si ce n'est qu'à compétence égale, on engagera un genevois? Non. Vous n'avez jamais utilisé une telle expression.

J'implore donc votre miséricorde. Une erreur de syntaxe, un alignement fallacieux et une abominable copulation sémantique m'auront fourvoyé. Comme d'autres, comme la Tribune, le Courrier, le GHI, Léman Bleu, la communauté genevoise d'action syndicale, la fédération des entreprises romandes. Maudits soient-ils!