28/09/2011

Isabel Rochat bis repetita.

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Tout a commencé lundi matin entre deux cafés parfaitement infectes et une voisine qui, selon toute probabilité, n'avait pas usé de son organe, vocal, depuis fort longtemps. L'article sous mes yeux embués est signé Dejan Nikolic et s'intitule: ''Bonneteau: des miliciens prêts à tout pour nettoyer nos rues''.

J'imagine alors, déjà et non sans un sourire, le lecteur républicain hurler au scandale, en psalmodiant ''qu'une milice citoyenne qui se forme, c'est l'État qui n'assume plus''. Le troisième café, toujours autant difficilement ingérable, aura eu le mérite de parachever cette lecture de l'aube.

Le lecteur hyper-caféiné, que je suis désormais, relève avec vif intérêt ces quelques mots du nouveau secrétaire général adjoint en charge du département de la Sécurité et de la Police (et de l'Environnement diantre!): ''nous souhaitons procéder à une modification du règlement d’application pour permettre aux agents de police municipale d’intervenir contre les bonneteurs''. ''L’initiative doit être validée par le Conseil d'État''.

''Ah?'' me dis-je dans un immonde bâillement, ''la Police municipale n'arrête pas les joueurs de bonneteau''?

La loi permettant de punir pénalement le bonneteau a été votée le 14 avril 2011, pourquoi diable le Conseil d'État n'a-t-il pas alors élargi les compétences de la Police Municipale, en leur octroyant le droit d'intervenir?

Enfilant à la hâte un vieux peignoir spongieux, je m'empresse d'appeler le DSPE. On me répond qu'il ''est probable qu'Isabel Rochat ait attendu une décision de justice sur un recours de l'association Mesemrom avant de procéder à une modification du règlement d'application''. Un autre avocat libéral n'hésitera pas à défendre sa magistrate (''c'est le dernier'', me susurre-t-on) en déclarant que ''cinq mois, c'est un délai tout à fait raisonnable pour ce genre de pratique''.

L'esprit toujours infusé par la précieuse substance, une question traverse mon esprit (à la manière du Conseil d'État oubliant les funérailles de Monseigneur Genoud): eût-il été préférable que la police municipale fût officiellement autorisée à intervenir contre les vilains prestidigitateurs avant l'été, là où ils semblent être le plus nombreux?

Question rapidement oubliée lorsque cette même charmante voisine reprit, de plus belle, ses expectorations vocales, synonymes d'un enchevêtrement corporel intense.

23/03/2011

Isabel Rochat préfére-t-elle les Suisses ou juste les syndicats ?

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Je vous l’accorde, Madame, sans aucune forme de contestation : la formule interrogative est un peu brutale. Néanmoins, votre prise de position, publique cela va de soit, me laisse sans mots. Vous avez déclaré, je cite : ‘’je ne suis pas favorable à l'engagement de frontaliers’’, sous-entendu l’engagement d’agents de sécurité publique, les ASP.

Les médias se sont saisis du sujet. Vous aurez remarqué, Madame, que le terme ‘’étranger’’ s’est subtilisé mystérieusement au terme de ‘’frontalier’’. Ce même terme [frontalier] par ailleurs utilisé précédemment, dans les éditions de la Tribune de Genève ainsi que dans le gratuit 20 minutes.

Bref, passons sur ce détail, le frontalier étant, pour beaucoup, synonyme d’étranger. Je rappelle, tout de même, que le frontalier peut être suisse, pour autant qu’il réside en Suisse et qu’il travaille en France. Un frontalier, est donc une personne qui dispose d’un lieu de résidence et d’un lieu de travail, tous deux se situant dans des pays différents.

Revenons à ce qui nous importe aujourd’hui. Faut-il, ou pas, engager des agents de sécurité publique étrangers?

Première question : les agents de sécurité publique sont-ils des policiers ? Réponse du service de presse de la Police genevoise : ce ne sont pas des policiers ! Pourquoi ? Tout simplement parce que ce sont des fonctionnaires.

Deuxième question : qu’est-ce qu’un policier ? Un policier est un fonctionnaire, oui mais de police. Différence ? Le premier tombe sous la Loi générale relative au personnel de l’administration cantonale, du pouvoir judiciaire et des établissements publics médicaux, la LPAC. Le travail du deuxième, le policier, étant régit par la loi sur la Police, la LPol. En clair : il y a des vrais policiers avec de vrais salaires de policiers et une formation plus longue. Et tout autant avec honneur, il existe des agents de sécurité publique, qui n’ont pas suivi la même formation, avec un salaire moins élevé mais qui, selon les cas, peuvent aider au travail de la police. Exemple : gestion des appels d’urgence, régulation du trafic, transport des détenus ou encore protection des ambassades.

De deux choses l’une : soit il n’est pas possible de recruter des agents de sécurité publique étrangers, soit c’est possible. Madame la magistrate, je vous donne la réponse, si vous ne la connaissiez pas : c’est possible.

Dès lors, vous estimez, et c’est votre choix, qu’il n’est pas du devoir d’un étranger de représenter l’Etat, la nation, le pouvoir ; une tâche régalienne. Il vous faudra donc, Madame, faire modifier la loi sous laquelle seront régi les ASP. Je rappelle à votre mémoire, que vous avez, vous-même, assermenté 22 nouveaux assistants de sécurité publique, le premier septembre 2010, et que votre propre lieutenant-colonel et commandant de la gendarmerie, M. Cudré-Mauroux, ainsi que votre chef de police adjoint, M. Sanchez se sont félicités de l'introduction des ASP. (http://www.geneve.ch/GRANDCONSEIL/data/texte/M01830A.pdf)

Point de rancune ici, Madame, mais je porte à votre attention que vous ne pouvez pas, en tant que magistrate, afficher dans des médias, votre préférence à l’engagement d’un suisse plutôt qu’un étranger. Je rappelle également, que vous pourriez être condamnée, si par un malheureux coup du destin, l’un des prétendants pouvait prouver que vous l’avez refusé pour cause ‘’d’étrangeté’’.

En conclusion, Madame. Soit vous êtes adepte de la préférence nationale et c’est votre choix, soit vous suivez le vent. Dans l’un ou l’autre des cas, vous aurez fauté. Non pas à titre d’individu, mais de magistrat. Evidemment.