05/09/2011

Mise au point sur l'insécurité genevoise

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Hier soir, l'émission Mise au Point diffusait un reportage sur la ''violence à Genève'', intitulé ''la cité de la peur''. On aura volontiers compris la référence à cette œuvre cinématographique des ''Nuls'', mais elle est, à mon sens, mauvaise. Mauvaise autant au second degré qu'au premier. Soit on se moque de ''ces genevois qui n'osent pas sortir le soir et qui changent de trottoir à la vue d'un individu louche'', soit on estime que cette ville est effectivement dominée par un sentiment, à savoir la peur, auquel cas ce titre est alarmiste et mensonger. Qu'importe, ce n'est qu'un détail.

Angle choisie par l'équipe de Mise au Point: Genève est-elle devenue dangereuse? Qui pour y répondre? Le directeur des permanences de Cornavin et de Plainpalais et l'une de ses employées, ainsi qu'un membre de la police judiciaire, suivi jeudi dernier lorsqu'un coup de feu a été tiré en pleine rue. Bien. Surtout parce que c'est vendeur, une douille à même le bitume.

Deux témoins et un coup de feu, de quoi nourrir un reportage de dix minutes. Objectivité des témoignages proportionnels à leur nombre? Quasi nulle. Le premier nous explique comment l'une de ses employées s'est fait agressée lorsqu'elle quittait son lieu de travail, et comment l'une de ses permanences s'est faite cambriolée par un toxicomane. Un toxicomane qui cambriole un lieu médical? Quel évènement!

Que nous apprend le second témoin? Que ''le nombre de cambriolage est en augmentation'' et qu'il avoue ''comprendre que les genevois se sentent de moins en moins en sécurité''. Quel scoop!

On aura néanmoins retenu cette phrase qui referme le reportage, soutenue par une bande-son effrayante: ''la cité de Calvin n'est plus la ville la plus sûre au monde''. Quel talent! Merci Mise au Point.