01/04/2012

La stratégie de l'échec

pic.jpgPolaroïd 23 : 43

Difficile de suivre les propos de Fathi Derder ce soir sur la RTS.

L'UDC? "On en parle trop", vitupère le libéral-radical qui salive pourtant l'essentiel de l'interview à l'évoquer. "Quitte à perdre des voix?", questionne la journaliste. "Oui", rétorque le conseiller national. "Il ne fallait pas présenter un UDC qui exclut", commente Fathi Derder. La machine est lancée: "Constat d'échec, échec de la stratégie ou encore constat d'échec de la stratégie". L'auditeur aura compris: la droite s'est plantée aujourd'hui.

La défaite? Le prédicateur Fathi Derder le savait: "Cela fait douze mois que je le dis", expulse-t-il. "Lui qui ne fréquente même pas ses propres assemblées", rétorque Claude-Alain Voiblet. "J'avais un énorme dossier à défendre, celui de la révision de la loi sur la recherche. Quand on est élu à Berne, il n'est pas nécessaire de toujours vouloir mettre son grain de sel dans une politique cantonale", répond l'ancien journaliste. L'échange est piquant.

Pour autant, Fathi Derder s'engonce dans le paradoxe quand il souhaite que son parti ne s'acoquine plus à l'UDC, quand il promeut la fierté de revendiquer d'appartenir à une droite "libérale et humaniste". Pourquoi? Parce que le PLR ne peut que difficilement gagner sans l'UDC. "Qu'importe, répond Fathi Derder. Je ne fais pas de la politique pour être réélu", dit-il.

Chapeau bas. Que Fathi Derder s'en fiche d'être réélu, peut se défendre. Mais son parti, lui s'en fiche-t-il? Pas sûr. Mais je dois me tromper. On ne fait pas de la politique pour gagner.

14/01/2012

La vraie affaire de Mark Muller ou comment prendre des vessies pour des lanternes

7468023-trois-lanternes-chinoises-physalis-alkekengi-cherry-de-la-vessie-lanterne-japonais-ou-hiver-cherry.jpgPolaroïd 21 : 58

La vraie affaire de Mark Muller.

Que le conseiller d'Etat se batte, s'empoigne, s'enlace ou ni l'un ni l'autre relève du domaine privé pour autant que cela n'influe pas sur la vie politique. Point final. Des querelles de fin de soirée, il y en a des tonnes, on n'en fait pas tout un plat. Cette affaire met-elle en danger la capacité de Mark Muller à diriger son département? Non. Quant à la manière dont il le dirige, c'est une autre question.

La vraie affaire, bien moins croustillante mais beaucoup plus problématique, est ailleurs.

Rappelons que suite au futur projet d'écoquartier du MàD, l'établissement est censé trouver avec la Ville et/où l'Etat une solution de relogement. Une solution dont l'issue pourrait être favorable ou funeste selon les décisions du magistrat. Que le conseiller d'Etat ait des amis? Tant mieux. Qu'ils soient socialistes, radicaux ou agrariens, ou même qu'il s'agisse d'Eric Stauffer, qu'importe.

Les questions sont simples. Mark Muller aurait-il du se dessaisir du dossier immédiatement au premier janvier, après que l'altercation ait eu lieu? L'amitié entre une employée et le conseiller d'Etat était-elle appropriée alors que le magistrat empoignait la question du relogement de ce même établissement?

Je sais que les affaires de toilettes sont nettement plus alléchantes que les autres, mais de grâce, intéressons-nous à l'essentiel. Parce que c'est ça, la vraie affaire Mark Muller.

06/12/2010

Le mouton noir et les hyènes

pic-1.jpg

Le Mouton noir, se parant de sa plus belle laine frisée, affronta froid et frimas pour se rendre à sa réunion à mains levées. Bien qu’ayant renoncé à se lisser le poil, pour faire plus suisse, faute d’endroit chaud pour se préparer, le mouton noir traina les pattes pour se rendre à sa landsgemeinde.

Dans le même temps, les Hyènes continuèrent à vociférer, et d’accuser leur tribu, ou les autres, de ne rien, leur avoir laissé à manger. Il est vrai, les Hyènes commençaient mal l’hiver, faute de ne pas avoir combattu, vide était le garde-manger.

Le Mouton noir, lui, pouvait pavoiser. Lui qui aurait voulu être coq, pouvait enfin ne plus regretter de n’être pas un gallinacé. A force de suivre les salivantes hyènes et de ne manger que les fumantes carcasses, le Mouton a décidé de planter légumes, maïs et blé, non transgéniques, évidence que le mouton a respecté.

Les Hyènes, elles, continuaient de s’entretuer. S’accusant tour à tour de suivisme, nouveau terme à la mode dans ce monde enchanté, les carnivores n’avaient plus que d’une gueule, une vieille mâchoire édentée. ‘’Il faut réagir’’ se dirent, en chœur, les malheureux hyénidés. ‘’Aucune proie, ni gibier pour nous sustenter ! ’’

La Hyène rouge, cria au scandale, hurla à l’intolérance et décida de lancer une campagne d’affichage afin d’attirer l’aliment étranger. Celle qui avait crié au suivisme, finit par elle aussi, copier, une affiche du bovidé.

La Hyène bleue, elle, dépensa sans compter, pour s’acheter une pleine page dans la gazette des prés. ‘’Un peu tard’’, rétorqueront certains spectateurs immigrés.

Enfin, la Hyène, rousse la nuit, orange le jour, décida de s’absenter. Aux combats, elle préféra se lancer dans une autre copie, et de produire une vidéo calquée sur un lip-dub de l’UMP.

Le Mouton noir avait raison. Désormais, il y a deux partis. Les Moutons et les Hyènes.