17/02/2011

De l'idée d'un média romand de droite

img254685.jpgPolaroïd 11 : 35 De l'idée d'un média romand de droite.

Deux articles se sont prononcés sur cette question ce matin, sous la plume de Christophe Passer dans l'Hebdo, et de Yelmarc Roulet dans le Temps.

Une ''Weltwoche'' romande, alimentée par Uli Windish, Pascal Décaillet, Phillippe Barraud, Marie-Hélène Miauton, Oskar Freysinger et Marc Bonnant pourquoi pas?

Qu'en penser?

On attend avec impatience les réactions: les rires, la moquerie puis le venin, les crachats, l'appel au meurtre.

A chacun son idée du journalisme. Mais être de droite n'implique pas de ne pas donner la parole à l'autre. L'inverse étant également vrai. On peut, tout autant, être parfaitement schyzophrène.

Reste qu'au final, je choisirai celui qui s'affiche à celui qui se déguise, la nudité au travestisme, l'esprit de brûlure à celle de l'eau tiède. Parce que livrer l'information, c'est déjà prendre parti. Il suffit désormais de l'assumer. Qu'on soit de gauche, de droite, valaisan, genevois, amateur de petite arvine ou de Laphroaig. C'est ce qui différencie le journalisme d'opinion de la brève de l'agence télégraphique suisse.


01/02/2011

Antonio H. VS Christian L. VS Pascal D.

001226bb_medium.jpegPolaroïd 13 : 00

Je constate (dans la plus grande des délectations) avec quelle fougue, quelle verve les esprits se sont échauffés suite au billet fortement inspiré, pour ne pas dire inhalé, de mon confrère, Pascal Décaillet sur le voyage du frère Antonio en Tunisie.

Je constate surtout avec quelle maîtrise du machiavélisme dans sa forme originel (celle de Nicolas), le journaliste a suscité la cinquantaine de commentaires sur le profil du Vert genevois.

Bien entendu, celui que certains appellent déjà le Maître, aura eu raison de laisser les langues se délier et les plumes couler, puisque personne ne semble avoir pris le temps de questionner le principal intéressé. Une sorte de Grand Architecte, mais sans compas ni équerres.

 

12/01/2011

Politiquement correct?

rebel-without-a-cause3.jpgEditorial Radio Cité, 12 janvier 2011

Le politiquement correct, c’est quoi ?

C’est en tous les cas ce que souhaite un peu plus Patrice Mugny, Conseiller Administratif de la Ville de Genève. Il s’exprimait hier matin, à peu près à la même heure, sur les ondes d’une radio de service public, ''gargantuesquement'' subventionnée, la RSR. Le magistrat en charge de la culture et sur le départ, a vivement déploré le sort réservé aux hommes politiques, notamment durant l’émission phare de la Schweizer Fernsehen Eins, l’émission Arena. Pour Patrice Mugny, les politiciens se font parfois, je cite, traiter ‘’comme de la merde’’.

A l’ancien rédacteur en chef du Courrier de prendre à parti, le journaliste Pascal Décaillet et le sociologue Uli Windisch, qu’il affuble du terme ‘’pseudo intellectuel’’. Il les accusent, de créer un ‘’autre politiquement correct’’ à force de critiquer justement le ‘’politiquement correct’’ dont on aurait l’habitude. En clair, le politiquement incorrect d’autrefois devient le politiquement correct d’aujourd’hui.

Loin de moi, l’idée, ne serait-ce qu’infime, de prendre la défense des uns ou de l’autre, les comptes se règlent dans l’intimité, et on la souhaite chaude.

Non. La question de savoir ce qui est politiquement correct ou pas, a ressurgi, pas plus tard qu’en novembre dernier, lorsque le peuple s’est prononcé sur une certaine initiative sur le renvoi des étrangers criminels.

A l’époque, deux sons de cloches ou d’appel à la prière avaient alors résonné : de l’un, il fallait respecter l’omnisciente volonté populaire, de l’autre, il fallait s’indigner. Pour certains, il était justement devenu ‘’politiquement très incorrect’’ de bafouer la démocratie en affirmant que le peuple, bien que souverain, était tout simplement, crétin. Pour les autres, il était devenu, au contraire, ‘’politiquement incorrect’’ d’affirmer que l’UDC avait démocratiquement remporté le scrutin. Vous l’aurez saisi, ce que l’on appelle le ‘’politiquement correct’’ est un point de vue duquel on se place, un curseur qui est souvent du côté de la majorité.

Hors la majorité, aujourd’hui, elle dérange, elle agace, elle suscite de l’urticaire, à en croire la réaction des vaincus du 28 novembre dernier. Aujourd’hui, le premier parti de Suisse, c’est l’UDC. Est-ce le parti politiquement correct d’aujourd’hui? Je n’en sais rien, le terme ‘’correct’’ est une valeur normative.

Retournons à nos moutons, très Cher Monsieur Mugny. Vous avez, bien évidemment, le droit de fustiger le traitement réservé aux hommes politiques, c’est vrai, le respect n’a pas d’âge et d’époque ; c’est vrai également, vous avez le droit de vous en prendre à ces journalistes qui gâchent le plaisir du travail acharné des notables qui en leur âmes et conscience consacrent, bien évidemment, leur vie à satisfaire le citoyen ; vous avez également le droit enfin, de ne lire ni les journaux, ni d’écouter la radio.

Je me permettrais juste de vous rappeler cette époque où vous aussi, vous étiez membre actif d’une certaine culture alternative, journaliste engagé, puis politicien de combat. Cette époque édénique où le politiquement incorrect vous semblait être une qualité. Cet éden que vous semblez avoir abandonné. Un peu comme un jeune acteur brûlant les planches pour exister, qui à force de côtoyer les étoiles aurait cessé de tourner les yeux vers le public et lui-même.

Le politiquement incorrect s'oublierait-il avec le pouvoir?

Le rideau s’est fermé. Votre dernière saynète avec. Bon vent à vous. Monsieur Mugny.

08/01/2011

Le fait ''divers'' ou d'hiver, c'est selon.

pic.jpgLe fait ''divers''. Expulsée à 91 ans.

Vous m’en voyez désolé. Mais la beauté de ce que l’on appelle le ‘’fait divers’’ réside dans son universalité. Dans l’exemple qui rassemble le ‘’tout’’.

Elle s’appelle Noëlla Rouget. A 91 ans, elle s’est vue expulsée de son logement. L’information nous était alors parvenue du blog de Pascal Décaillet, hébergé par la Tribune de Genève et repris par le même journal deux jours plus tard.

Nous sommes le vendredi 28 décembre 2010, le quotidien publie l’information en page 15.

 

©TdG

Loin de moi l’idée de relativiser le drame qu’aurait pu vivre cette nonagénaire. La douleur ne se chiffre pas. Je m’étonne néanmoins dans le traitement médiatique de cette affaire.

De un, la parole n’a pas été donné au ‘’méchant’’ propriétaire ‘’expulseur de grand-mère’’. Aucune trace, aucune voix, rien. Pourtant, on aurait vivement souhaité l’opinion du vil expropriateur.

De deux, il me semble qu’on attise la sympathie du lecteur par le fait de mentionner que la dit-dame soit une ancienne rescapée du camp de Ravensbrück. Surtout quand cette information n'est jamais développée. En quoi le fait d’être rescapée d’un camp devrait-il interférer dans le cas d’une expulsion ?

N’aurait-il pas été judicieux de mentionner toutes ces personnes, âgées ou pas, héroïnes ou pas, rescapées ou pas, qui se font expulser de leur appartement après y avoir passé de longues années ?

Nul doute qu’une rescapée est plus ‘’vendeuse’’ et insoutenable qu’un anonyme grand-père. Nul doute.

Mais vous avouerez que c’est à la fois, partial, racoleur, et injuste. Pour toutes les autres voix. Celles qui se taisent. Celles qui s’oublient et se noient. Celles qui n’intéressent personne.

 

Le fait divers est précieux. Quand il est universel.

08/12/2010

La Sainte Trinité. Ensemble, évidemment

17 ANONYME TRINITE TERRESTRE.jpgLa Trinité de l’Entente à Genève à Chaud.

‘’Je ne tiens pas à gérer les acquis, mais développer les atouts [Genève]’’ Pierre Maudet.

‘’Le prix ma campagne ? 300'000 francs.’’ Michel Chevrolet.

‘’ Je propose de lancer des assises de la sécurité’’. Florence Kraft-Babel. ‘’Des assises, n’est-ce pas ce que l'on fait quand on a justement rien à dire, quand on est pas sûr ? ‘’ Pascal Décaillet.

Unie, dynamique, ensemble, évidemment.

Le père, le fils et le Saint-Esprit. A vous d'y attribuer des noms, cela devrait être un jeu d'enfant!

 

13/10/2010

Comment Belzébuth aime à se cacher dans le détail

Devil.jpgPolaroïd 20 : 28

Le Diable ou comment Belzébuth aime à se cacher dans le détail.

Le Diable s’est caché cette semaine. Le Diable est malin, il se sait se travestir, usurper l’apparence du noble, mais il sait surtout se faire oublier, « passer inaperçu » dira-t-on. Le Diable aime jouer. Quel hasard, nous aussi.

Pascal Décaillet, sur son blog, révèle qu’une figure de l’extrême gauche, Tobias Schnebli, va recevoir 20'000.- francs de la ville de Genève, dans le cadre d’une « étude sur la Genève internationale », liée aux 60 ans des Conventions de Genève.

Le journaliste relève « l’intéressante structure du vote » qui a mené à cet investissement.

 

Pour le mandat de CHF 20'000 à Tobias Schnebli

* Rémy Pagani (Solidarités)

* Patrice Mugny (Verts)

* Pierre Maudet (Radical)

Contre le mandat de CHF 20'000 à Tobias Schnebli

* Manuel Tornare (PS)

* Sandrine Salerno (PS)

 

Si Belzébuth s’est caché dans la structure, Azazel lui s’est caché ailleurs.

Comment un membre du Collectif Urgence Palestine peut-il être l’auteur d’un rapport, d’une étude sur la Genève internationale en rapport avec les 60 ans des Conventions de Genève ?

Non pas que je doute de la sincère et profonde objectivité de Tobias Schnebli mais aux vues des jets d’eau bénite que le camarade risque d’essuyer, ne devrait-il pas tout simplement éviter d’empoigner la plume ?

Ou alors je n'ai rien compris, mais qu'on m'explique, que Diable!

 

 

 

 

14/09/2010

La politique est une guerre… intestinale souvent. De pouvoir et de contre-pouvoir… aussi.

vitriol.jpgÉditorial Radio Cité Genève, 14 septembre 2010

« Ce serait magnifique, si Isabel Rochat pouvait devenir un jour Conseillère d'État». Seule anicroche, ces propos sont datées du 8 septembre 2010. Isabel Rochat est donc déjà officiellement Conseillère d'État.

La phrase est assassine. Elle a été postée sur un blog hébergée par la Tribune de Genève. L'auteur se reconnaîtra sûrement. Il doit faire parti de ces hommes de lettres qui aiment sentir l'odeur du livre, qui apprécient soupeser le grammage du papier, qui chérissent le bruit amère de la plume qui accroche, qui heurte, qui harponne la fibre.

Il aime l'odeur de l'encre, comme on aime le fumet du sang. Devrait-on lui en vouloir? La politique est une guerre.

Sauf que lui est de l'autre côté. En général, les politiciens rejouent toujours inéluctablement la même tragédie. Celle d'Abel et de Caïn. Sauf que lui, est dans l'autre camp. Pascal et Isabel ont remplacé Roméo et Juliette ou Capulet contre Montaigu. Haine ou amour, qu'importe! Vérone ou Genève, qu'à cela ne tienne. La politique est une guerre... intestinale souvent. De pouvoir et de contre-pouvoir... aussi.

La politique, du grec ancien «polis», la cité, s'occupait  de l'organisation de sa collectivité, de son équilibre, de son bien-être. Par extension ou déchéance, c'est la lutte pour le pouvoir qui aura été plus souvent la règle que l'exception. En clair: être politicien, est-ce aimer l'odeur du sang, avoir quelque penchant pour des pratiques déviantes SM ou encore être doté d'un inoculable sens de l'altruisme?

Ce matin, en recevant les 33 rapports du Gouvernement genevois sur mon bureau, j'ai bien cru défaillir. A la lecture, j'ai toujours préféré le café, à un débat d'Infrarouge, un vieux single malt. Pour faire court, amis ou pas, auditeurs, il s'agit des réponses du Conseil d'État aux multiples questions des citoyens, du Grand Conseil, ou encore des projets de loi et des motions déposés. Bref, toute l'activité de nos instances décisionnelles.

La politique est une affaire sérieuse: Exemple ce matin j'ai trouvé parmi les 33 rapports, une pétition pour le maintien de la ligne 36 du minibus de la Vieille-Ville. Imaginez tous nos petits vieux et élus condamnés à aller boire leur café chez Edward avec ces sales jeunes. Autre exemple: 24 pages indigestes sur un projet de loi modifiant la loi sur les gravières et autres exploitations assimilées. De quoi rendre le sourire à Michelle Künzler. Mais plus intéressant encore. Deux pétitions sur la sécurité : déposées l'une aux Pâquis, l'autre à la Servette.

Nous soussignés, habitants ou travaillant dans le quartier de la Servette, (...) est-il normal qu'un enfant se fasse proposer, le samedi à 11 heures, à la sortie d'une grande surface, de la drogue et qu'il se fasse rudoyer parce qu'il refuse?

Réponse du Conseil d'État: Pour combattre sur le terrain de l'insécurité engendrée par le trafic de drogue et l'insécurité de rue dans certains quartiers, le département de la sécurité, de la police et de l'environnement a mis en place, en coordination avec le département de l'environnement urbain et de la sécurité de la ville de Genève, une GRANDE opération de sécurité publique, l'opération Figaro.

Enfin aux Pâquis, autre pétition: Nous, habitants des Pâquis, commerçants et amis du quartier, nous sommes inquiets de la situation actuelle.

Réponse du Conseil d'État: Pour combattre sur le terrain de l'insécurité engendrée par le trafic de drogue et l'insécurité de rue dans certains quartiers, le département de la sécurité, de la police et de l'environnement a mis en place, en coordination avec le département de l'environnement urbain et de la sécurité de la ville de Genève, une GRANDE opération de sécurité publique, l'opération Figaro.

D'où cette question. Et pour le maintien de la ligne 36 en Vieille-Ville, le gouvernement a-t-il une autre réponse?

La politique est une guerre. Il faudra savoir se battre. Mieux que ça.

 

Bienvenue, Madame la Conseillère d'État.