24/01/2011

Plus de transparence, pour Michel Chevrolet

cherubin6.jpgPolaroïd 09 : 55

Le candidat au Conseil Administratif de la ville de Genève apportera les chiffres du financement de sa campagne. ''Ils seront publiés prochainement''.

''Je n'ai aucun problème avec la transparence'' s'est-il exprimé ce matin dans la matinale de Radio Cité. ''J'aimerais également savoir comment le MCG finance sa campagne''.

Le candidat PDC estime à 400'000.- environ le montant total de sa campagne.


 

08/09/2010

La loi du nombre de morts au kilomètre

animated-3d-dancing-skeletons.jpgÉditorial Radio Cité Genève, 08 septembre 2010

Vous dire que le journalisme est le plus beau métier du monde, ne risque pas d’embellir votre journée ou au mieux, susciter un vague bâillement.

Et pour cause, selon un dernier sondage Sofres, trois français sur quatre ne font pas confiance aux médias. Même score en ce qui concerne les partis politiques, même les banquiers font mieux.

En Suisse, nulle trace d’un baromètre de confiance, on supputera donc, pour les besoins de cette réflexion, que la même inimitié reste valable en Helvétie. Vous faire changer d’avis est alors un réel challenge.

Il existe dans le journalisme des règles. Des règles de déontologie, de vérification des sources, d’objectivité. Il existe des chartes d’éthiques, des chartes déclaratives. Il existe aussi des codes, des méthodes et enfin une loi, et, elle est appelée «la loi de proximité». La loi de proximité, connue pour les plus désabusés, sous le nom de «loi du nombre de morts au kilomètre».

En d’autres termes, un mort à Carouge équivaut à deux morts à Lausanne, à 10 morts en France, une centaine en Europe, plusieurs centaines dans un PVD, un pays en voie de développement, et enfin des milliers dans le reste du monde.

Le reste du monde qui n’est qu’un point imaginaire sur une carte toute autant abstraite, sauf si vos dernières vacances, dans un accès épidermique d’empathie ou tendance suicidaire, vous ont conduit au Kirghizistan, ou dans une région reculée du Congo.

Bien entendu, le journaliste est lui aussi, doté d’une compassion sans faille.

Une mort violente d’une fille de joie peut valoir celle d’une mort douce d’un homme politique. Le crash d’un pilatus PC-7 piloté par deux suisses peut valoir le crash d’un airbus A380. Au finale, 853 âmes vaudront toujours moins que deux amateurs de Vacherin, ou de Läkerlis, qu’une bande de péquenots ou de pékins.

Le cynisme étant souvent la marque de fabrique du journaliste, abruti par le flux d’informations qui le submerge, je vous prie, de ne pas m’en tenir rigueur.

Nous disions donc, la «loi du nombre de morts au kilomètre».

Hier, dans vos quotidiens, vous êtes nombreux à avoir réagi à cette sordide histoire de pauvres toutous décimés à la SPA. Comme quoi, les animaux parfois, remplacent les humains, dans la hiérarchie émotive. Les commentaires furent nombreux, les réactions vives. En clair, l’information vous a émue, voire touchée.

Autre exemple, le sort de cette iranienne, qui probablement ne survivra pas à la fin du ramadan. Sakineh Mohammadi-Ashtiani, c’est son nom, 43 ans, est en effet condamnée à mort par lapidation.

Tout ça pour dire: l’information est relative, autant que la taille d’un caillou. Vous pouvez donc vous offusquer que votre JT consacre 6 minutes à une élection fédérale, alors qu’Haïti a disparu de votre écran. Vous pouvez rager parce qu’on parle trop de l’UDC, alors que votre voisine, étrangère, ne joint pas les deux bouts en fin de mois.

Vous pouvez.

Vous pouvez aussi vous réjouir de ceux qui donnent la parole à ceux qui n’en ont jamais.

Les laissés-pour-compte, les oubliés de l’actualité, les anonymes dont tout le monde s’en fout, le type du tram qui chante faux, du collègue qui voue une passion inconditionnelle pour les champignons vénéneux, au touareg berbère aux dents pourris.

Tout ça pour dire: six toutous euthanasiés à la SPA valent autant qu’une lapidation en Iran.