18/01/2012

Le devoir d'exemplarité ou le royaume des hypocrites

pic-1.jpgPolaroïd 01 : 59

On croit rêver. Le retour de la morale incarnée charnellement, dans ce que certains s'amusent à sortir de leur tiroir de circonstance: le devoir d'exemplarité. Plus hypocrite, tu meurs. L'exemple, c'est quoi? Une femme qu'on chérit, des enfants blondinets et des sorties au grand théâtre? Des positions itérativement répétées de missionnaire et des consommations modérées d'alcool? La course à pied au petit matin, les légumes à midi et un lavement le soir? Fil dentaire après repas, et lecture de Gibran ou de Levy au coucher.

Non. Il suffit de regarder. Les cravates alignés dans la plus digne des verticalités cachent des auréoles nauséabondes sous des aisselles détrempées. Les cachets mentholés ne font office que de paravent aux haleines éthanolées. Sans évoquer l'horizontalité des traits sur des miroirs lustrés, ni les tentatives poisseuses de membres préhensibles sur des postérieurs bombés.

On croirait les voir brandir des crucifix de la main gauche, le texte saint de la droite, les cornes cachées sous une prothèse capillaire et la queue poilue réfugiée sous un imperméable sombre.

Allez, soyez honnêtes. Le vrai devoir d'exemplarité que vous jetez en public en vous léchant la lèvre supérieure, ce n'est que pour mieux dire : "Faites n'importe quoi, mais que cela ne se sache jamais." Ainsi, on ne pourra plus vous taxer d'ignobles hypocrites. C'est déjà ça.

14/01/2012

La vraie affaire de Mark Muller ou comment prendre des vessies pour des lanternes

7468023-trois-lanternes-chinoises-physalis-alkekengi-cherry-de-la-vessie-lanterne-japonais-ou-hiver-cherry.jpgPolaroïd 21 : 58

La vraie affaire de Mark Muller.

Que le conseiller d'Etat se batte, s'empoigne, s'enlace ou ni l'un ni l'autre relève du domaine privé pour autant que cela n'influe pas sur la vie politique. Point final. Des querelles de fin de soirée, il y en a des tonnes, on n'en fait pas tout un plat. Cette affaire met-elle en danger la capacité de Mark Muller à diriger son département? Non. Quant à la manière dont il le dirige, c'est une autre question.

La vraie affaire, bien moins croustillante mais beaucoup plus problématique, est ailleurs.

Rappelons que suite au futur projet d'écoquartier du MàD, l'établissement est censé trouver avec la Ville et/où l'Etat une solution de relogement. Une solution dont l'issue pourrait être favorable ou funeste selon les décisions du magistrat. Que le conseiller d'Etat ait des amis? Tant mieux. Qu'ils soient socialistes, radicaux ou agrariens, ou même qu'il s'agisse d'Eric Stauffer, qu'importe.

Les questions sont simples. Mark Muller aurait-il du se dessaisir du dossier immédiatement au premier janvier, après que l'altercation ait eu lieu? L'amitié entre une employée et le conseiller d'Etat était-elle appropriée alors que le magistrat empoignait la question du relogement de ce même établissement?

Je sais que les affaires de toilettes sont nettement plus alléchantes que les autres, mais de grâce, intéressons-nous à l'essentiel. Parce que c'est ça, la vraie affaire Mark Muller.

29/07/2011

L'affaire Mark Muller vu par René Koechlin

25471_141881.jpgPolaroïd 11 : 02

Si je vous ai bien compris, Monsieur Koechlin, en page 11 de la Tribune de Genève de ce jour: les journalistes auraient du se taire concernant la dernière affaire ''Mark Muller''.

Selon vous, rien d'inhabituel à ce qu'un Conseiller d'État puisse se loger dans un appartement à un loyer en-dessous des tarifs du marché. Votre argumentaire? A fonction de prestige? Appartement de prestige. Punkt Schluss! On ferme les rideaux!

Ce que vous semblez oublier, Monsieur l'ancien président du Grand Conseil, c'est que Mark Muller est en charge d'un département: celui des constructions. Ce que vous passez sous silence, c'est qu'une grande partie de la population genevoise n'arrive plus à se loger. Ce que vous omettez encore de rappeler, c'est qu'une fonction de prestige implique également une comportement exemplaire. Que vous estimiez que les les blâmes contre André Hediger relèvent de la ''mesquinerie'' est une grave erreur de jugement. Nul n'est au-dessus des lois, surtout pas un élu politique censé l'incarner. Enfin, ce que vous omettez, c'est que des suspicions d'avoir bénéficié de ''passe-droits'' ont couru contre le magistrat.

Pour toutes ces raisons, il était du devoir des médias d'en parler. Vous estimez que nos gouvernants sont ''relégués au rang du plus simple, du plus modeste, du plus petit des citoyens''. Je ne partage pas votre opinion. La presse n'est pas là pour flatter, elle est là pour faire son travail.

Alors certes, Mark Muller n'a pas enfreint la loi. Je concède également que c'est encore dans son droit de bénéficier de connections pour obtenir un logement, il n'est de loin pas le seul. Ethiquement discutable? Oui.

Vous voyez un journalisme de bas étage? Je vois un devoir d'information. Que les médias se taisent? Vous divaguez!

11:12 Publié dans Médias | Lien permanent |  Facebook

14/07/2011

Les sécheresses

remarquables-cephalopodes-L-4.jpgPolaroïd 23:59

Quelle belle affaire !

L’actualité est au point mort, les malheureuses ‘‘bonnes détroussées’’ ne sont que de viles traînées ; Maître Bonnant peut caresser sa perfide chatte, à ne plus distinguer si le ronronnement provient du félin ou de l’homme. Il faudra s’y résoudre : l’actualité en été est morte. Pour preuve, le ‘‘charismatique’’ François Hollande, sera même invité de Forum ce soir sur la RTS. On compte les amis Facebook des politiciens ou les corps retrouvés au fond des lacs, quelques traces de jumelles, ici et là, referont probablement surface. Pas de quoi alimenter la rotative, ou presque.

L’agenda n’aura pas joué en faveur du président du Conseil d’Etat Mark Muller : il n’y a pas pire moment, Monsieur, d’apprendre que votre loyer représente relativement peu, en comparaison des 23'300.- que vous touchez mensuellement. En période de disette (médiatique et non pas immobilière), nul doute que tout bon journaliste se ruera sur ce qu’on appelle déjà l’affaire ‘’Muller’’.

Soyons clair, Mark Muller a commis une première erreur, politique : on ne se baigne pas sur le yacht de Bolloré. Une deuxième morale : on ne se baigne pas sur le yacht de Bolloré. Troisième erreur, médiatique enfin, on évite de ne pas répondre à la question ‘’avez-vous bénéficié d’un passe-droit ?’’ : invoquer l’argument de la dernière chance, à savoir la sphère privée, ne mène qu’à la suspicion.

Suffisait-il de déclarer que vous n’aviez jamais entretenu aucun rapport avec le propriétaire de l’appartement ? Un nom arménien, me semble-t-il de mémoire. Ou d’éviter quelques imprécisions, mais cela ne me regarde pas, ‘’la sphère privée’’ direz-vous avec assurance. C’est vrai, comble de malchance, certains ont de la peine à oublier que vous avez été, un jour, secrétaire général de chambre genevoise immobilière.

Là n’est pas la question.

Vous avez des relations, vous les avez utilisé. Et alors ? A gauche de l’échiquier, on n’a pas de relations ? On ne les utilise pas ? Au PDC, on n’a pas de relations non plus ? Qui, au parti radical, n’a pas bénéficié d’une terrasse au sommet d’un immeuble ? Qui, un jour ou l’autre, apolitique ou pas, n’a pas bénéficié ‘’d’un ami d’un ami’’ qui vous veut du bien ?

L’été, ce doit être la saison des vierges effarouchés et de la sécheresse excrétrice de quelques céphalopodes. A moins que ce ne soit le début d’une autre forme de saison. L’automne.

03/05/2011

Lépide, Octave et Mark

pic.jpgPolaroïd 16 :47

Mark Muller était l’invité de notre rédaction ce matin, 8h03 précisément. Trois dossiers :

I. Cherpines

II. Libre circulation

III. Dysfonctionnements du DCTI.

I. Sur le déclassement des Cherpines, le Conseiller d’Etat en charge des constructions aura eu le mérite d’être limpide. ‘’ Nous votons sur un déclassement. Si ce déclassement est accepté, alors nous passeront au prochain niveau : le Plan Localisé de Quartier’’. Au reproche lancé par les Verts, à savoir ‘’que ce projet était vide et confus’’, Mark Muller rétorque : ‘’Si nous avions déjà un PLQ, et que le déclassement aurait été refusé, on m’aurait accusé de dilapider de l’argent public’’. Les Verts rappelleront sûrement que le déclassement d'autres terrains avaient déjà été accompagnées de PLQ.

II. Sur la libre circulation, Mark Muller suit la tendance déjà initiée par son article publié dans le Temps la semaine dernière, à nouveau répétée de manière incantatoire hier par David Hiler et François Longchamp : ‘’Nous devons faire attention à ce qu’il n’y ait pas de perdants dans le développement économique de Genève. (…) Comprenez-moi bien, nous avons besoin des frontaliers.’’ La synonymie est alors complète avec un autre slogan : ‘’frontaliers d’accord, genevois d’abord’’.

S’ensuit une proposition tout à fait hallucinante du président du gouvernement genevois. Son idée ? Faire appel à la responsabilité des entreprises et des propriétaires. ‘’Vous ne devez pas casser cet outil qu’est notre modèle économique’’ leur adresse-t-il. ‘’Des logements, 4 ou 5 pièces loués à des prix exorbitants, 4 mille francs par mois à des expatriés, ça ne va pas !’’ clame-t-il. ‘’Il faut que les propriétaires pratiquent des prix corrects avec des rendements autorisés par la loi’’.

Dois-je être si naïf pour penser que c’est à l’Etat de vérifier la légalité des loyers demandés ? Ou Mark Muller est-il si naïf qu’il pense pouvoir faire appel au ‘’civisme’’ des propriétaires pour qu’ils acceptent affectueusement de faire baisser leurs propres rendements ?

III. Sur les dysfonctionnements de son département, Mark Muller expulsera sèchement : ‘’je n’ai jamais considéré qu’il y avait eu des erreurs’’. ‘’Il y avait des pratiques que je suis en train de corriger’’. ‘’Je m’étonne aujourd’hui que l’Asloca vienne hurler parce que l’Etat pratiquerait des loyers trop bas !’’.

Amen.

10/02/2011

L'épiderme et la neurone

pic.jpgPolaroïd 22 : 12

L’un est incandescent, l’autre glacial.

Ce soir, Céline Amaudruz était invitée à débattre avec Mark Muller à Forum sur la Première.

L’un fulmine, l’autre se défend. Quand l’un crache, l’autre explique. L’un se bat, l’autre argumente. L’un est dans l’opposition, l’autre sur le trône. L’un est qualifié de populiste, l’autre d’incompétent.

On aurait aimé voir bouillir le lunaire protagoniste, son opposant solaire ne l’aura pas obtenu.

L’un aura convaincu, pas l’autre. Qui ?

09/02/2011

La République du Silence

death-star-1.jpgÉditorial Radio Cité Genève, 9 février 2011

La République du Silence à en croire que Genève se serait transformée en une ville silencieuse en moins d’une semaine.

On en arriverait presque à regretter l’année de présidence de François Longchamp, année de cocktails, de petites sauteries sur le tarmac de l’aéroport, de paillettes et autres manifestations d’automne. Saint-François, au moins, s’amusait à menacer la presse, pour cause de publication d’un vieux barbu libidineux, Saint-François faisait fi des statistiques fédérales (hop, le chômage baissait de 7 dixièmes!), enfin Saint-François accordait, sans broncher, le rallongement de la durée des indemnités chômage.

Et voilà, le Saint a quitté la scène, les lumières se sont éteintes, le forçant, dans cette inexorable gravité horizontale, à rejoindre les loges. L’unique et seul mime du premier acte, Saint-François, s’était tu.

On croyait la pièce terminée, ce n’était que le début.

Le rideau s’est ouvert. Apparition bienveillante : celui d’un jeune premier, l’histoire quasi héroïque du machiniste qui devient un jour acteur, Saint-Marc. Première scène, premiers ratages : chute d’un projecteur, oubli des 250 vers qui composent le deuxième acte, comme oublier de réclamer les 2350 francs restants à un poussiéreux locataire de villa. L’avenir nous dira si on le réengagera.

Le public en rit jaune. Deux ou trois hyènes au premier rang n’attendent que sa lente agonie pour lui subtiliser sa place, d’autres appellent à manifester devant le théâtre. En coulisses, Saint-Michel et Saint-Boris se battent pour savoir qui, de l’un ou de l’autre, a le monologue le plus dodu. La bataille se réglera à coups d’échanges de poireaux génétiquement modifiés à l’énergie solaire contre des calculatrices jetables. Le combat est stérile, mais a le mérite d’animer le silence de mort qui a régné sur les deux premiers actes.

Troisième acte : Sainte Isabelle. Parée d’une longue robe de soie, de boucles d'oreille Gilbert Albert en forme de balance, et d’une épée phallique, elle interprétera le rôle de sa vie. Incarnation d’une existence hollywoodienne incandescente, elle aussi, n’en a cure du reste du monde. ‘’Je me prononcerai lorsque j’aurais toutes les indications en ma possession’’ déclarera-t-elle sous le crépitement des feux des photographes.

Le public, lui, croit rêver. Il voulait des réponses, il a reçu comme seul objet contendant rétinien: des ombres chinoises et des mimes. Sauf Deus Ex Machina, la pièce risque d’être particulièrement ennuyeuse.

Sauf Saint-Michel qui continue toujours à hurler depuis les tréfonds : silence, silence, silence !

04/02/2011

Mark Muller

Muller_Mark_0.jpgMark Muller, 4 février 2011, 00 : 46

Je crois l’homme honnête. Je crois également l’homme légèrement dépassé par les évènements.

Je ne m’intéresse guère de savoir qui a fourni l’audit aux médias, même si entendre l’un traiter l’autre de menteur, ou l’autre traiter l’un de délateur, a de quoi susciter un sourire, à l’aube d’une date électorale importante.

 

 

© Olivier Vogelsang / TdG

L’argument qui consiste à dire que la Commission de gestion de contrôle du Grand Conseil ne pourra plus désormais fonctionner correctement me paraît relativement pertinent, tout autant que les fuites, bien que pouvant être motivées par de ‘’très nobles’’ intérêts, me semblent également concourir à ce sentiment ‘’que nul comportement ne sera impuni’’, étant essentiel à la démocratie.

La question se pose : comment un magistrat à la tête d’un département ne pouvait-il pas se douter d’un tel dysfonctionnement ?

Je le crois quand il affirme ne pas l’avoir été. Je le crois également quand il affirme ‘’qu’il n’avait pas attendu ce rapport pour se rendre compte qu’il y avait des problèmes à la gérance de l’Etat’’.

C’est juste que lorsque l’on se doute ‘’d’anormalités’’, j’aurais ressenti la naïve impression que l'on essaie de les corriger. Cinq ans, c’est long.

L’argument qui consiste à sous-entendre que ce sont les précédents magistrats qui auraient fauté, est certes intelligible, mais n’excuse pas l’inactivité de son successeur sur ce dossier.

 

Gouverner, c’est prévoir. Et aujourd’hui, c’est assumer.

03/02/2011

Le paradoxe du menteur

paradoxe_menteur.jpgPolaroïd 08 : 06

Radio Cité, 07h46, Mark Muller: ''je sais d'où vient la fuite, c'est un député qui n'est ni à gauche ni à droite,

Radio Cité, 07h38, Eric Stauffer: ''Mark Muller est un menteur''.

 

02/02/2011

Les libéraux genevois se détestent.

cannibal-jerky.jpgPolaroïd 18 : 26

Vous ne le sentez pas? Pas encore? Mais oui, le fumet du sang, de la bête qu'on égorge. Elle tressaillira dans un dernier souffle expiatoire.

Les libéraux se détestent. Saint-Pierre au Conseil National ? N’y pensez pas ! Nathalie ? Oui en chœur dans un souci de parité, sous le couvert d’une symphonie de Dvořák, interprétée par Florence.

Jean-Michel Gros dégaine l’artillerie sur un air de Mistral Gagnant, on aurait rêvé humidement le panzer, ce sera le tromblon. D’autres shérifs feront appel à ‘’leur mémoire’’. Aussi courte fût-elle, il n’hésitera pas à enterrer le mort. Il adulait les cercueils, la pelle ne l’effrayera pas, même si au final, aucuns instruments géométriques ne l’effraient, le bougre.

La proie à abattre se vide. La mer rouge. On aurait espéré Christian s’y plonger, becs et ongles, palmes et bouteilles. Il préférera siffloter la cavalerie légère, sur un équidé emprunté.

Et pour dernières paroles : 2500.

Les libéraux se détestent !

18/11/2010

Supercalifragilisticexpialidocious

mary-poppins.jpgPolaroïd 11 : 24

L'Etat veut acheter le terrain et le bâtiment du MOA Club pour 14 millions, 19'639 m2.

Mark Muller, Nicolas Grange, Olivier Jornot, Michel Chevrolet, tous présents à un point presse du gouvernement.

Tous ensemble. Pour dynamiser Genève évidemment.

 

 

 

 

pic.jpgPolaroïd 12 :25

Eric Stauffer poursuivi par le CF sur plainte de la Libye.

Sans rappeler ceci (http://olivierfrancey.blog.tdg.ch/archive/2010/10/27/il-n...)

(...) Une option: et si un guide de la révolution libyenne décidait, dans un éclair de génie, pour le coup, avec autant de remous politiques et médiatiques, de s’emparer du sujet?  Le rire de la hyène résonne encore, Eric Stauffer aura réussi son coup. Nous, nous nous sommes rassurés. (...)

14/10/2010

Le Théâtre! Mais en mieux.

Lips.jpgPolaroïd 21 : 28

L'apéro, une petite arvine de Chamoson: ce soir, Genève à Chaud au micro de Pascal Décaillet, Mark Muller gifle la Cour des Comptes, et au passage la décision "collégiale" du Conseil d'Etat.

Plat principal, une assiette de crabes: débats jouissifs au Grand Conseil. Tout y passe, "ne mettons pas nos enfants en danger", "nous ne céderons pas à la pression médiatique", "nous ne devons pas soutenir un lieu commercial", "on croit rêver, les populistes ne sont pas où l'on croit", "Monsieur Jornot, défenseur de la culture alternative", une Céline Amaudruz tout en cravate (cravache?) qui expulsera un "c'est honteux!", ou encore un "Monsieur Poggia, les leçons de morale, vous les gardez pour votre groupe"!

Dessert, un excellent whisky (un bowmore 25 ans d'âge): coups bas, revanches, art oratoire, clap-clap, chuintement, huement.

 

Merci Messieurs et Mesdames les député(e)s. JOUISSIF. Vraiment. De la politique jouissive, cela n'arrive pas tous les jours.

07/09/2010

546

256px-Duerer-apocalypse.pngEditorial Radio Cité Genève 07 septembre 2010

546

Le couperet est tombé hier. Genève toujours incapable de construire.

L’office cantonal de la statistique révèle que durant les six premiers mois de l’année, 546 logements ont été construits, dont une centaine de villas. Partant du principe, qu’en s’endettant un peu ou en travaillant au noir, même les couches sociales les plus basses auront, elles aussi, accès à la propriété, nous garderons donc en toute bonne foi, le chiffre 546 comme valeur de référence.

Ce qui est particulièrement amusant, comme un tour de manège, délicieux comme une allumette que l’on craque dans la nuit, ou jouissif comme un artiste de cirque qui rate son trapèze, c’est que le sujet revient cycliquement sur la table ou sous les presses des rotatives.

Mieux encore, les réactions se font toujours vives, les opinions… tranchées, à défaut d’en construire.

« Blocage, blocage, et encore blocage », expulsera dans une logorrhée expiatoire un candidat à la mairie de Genève. Un candidat qui aura fait de ce slogan, son leitmotiv de campagne. Comme dirait ma mère «les mots ne remplaceront jamais les actes »… elle avait rajouté ”malheureusement les électeurs ont la mémoire courte”. D’autres réactions sont catégoriques. Pour les uns, c’est la faute aux gauchos socialos incompétents, pour les autres, Mark Muller, en charge du département des constructions a promis, et il a menti. Enfin pour les derniers, ce sont les Verts, ces militants baba-écolo-soixantes-huitards qui bloquent tout.

Le 7 juin dernier, Pascal Décaillet, pamphlettait sur son blog contre le programme de législature du Conseil d’Etat. Qualifié de catalogue Veillon, Redoute ou d’annuaire téléphonique, l’éminent journaliste, citait, de tête svp, Pierre Mendès France : « Gouverner, c’est choisir ». Il conclura par «si le Conseil d’Etat ne choisit pas, alors gouverne-t-il ? »

Alors oui, notre pamphlétaire a raison : le programme de législature 2010-2014, intitulé avec fourberie « donner un cap » n’était qu’une longue liste plate de beaux idéaux.

Alors oui, notre candidat orange-rouge-vert-bleu a raison : les blocages, les recours sont une plaie. Une plaie dont notre démocratie a pourtant besoin, pour qu’elle reste ce qu’elle est.

Alors oui, le Conseil d’Etat a promis. A défaut de mentir, le gouvernement n’aura pas tenu promesse.

Reste l’insoluble question : la faute à qui ?

Par pitié, ami électeur de gauche, de droite, du centre, des extrêmes, ou apolitique voire nihiliste... de grâce faites mentir ma mère. N'en voulez pas à ceux qui gouvernent, plutôt à ceux qui les élisent. Vous.

Et retenez en 2013 ce chiffre. 546