18/11/2010

Supercalifragilisticexpialidocious

mary-poppins.jpgPolaroïd 11 : 24

L'Etat veut acheter le terrain et le bâtiment du MOA Club pour 14 millions, 19'639 m2.

Mark Muller, Nicolas Grange, Olivier Jornot, Michel Chevrolet, tous présents à un point presse du gouvernement.

Tous ensemble. Pour dynamiser Genève évidemment.

 

 

 

 

pic.jpgPolaroïd 12 :25

Eric Stauffer poursuivi par le CF sur plainte de la Libye.

Sans rappeler ceci (http://olivierfrancey.blog.tdg.ch/archive/2010/10/27/il-n...)

(...) Une option: et si un guide de la révolution libyenne décidait, dans un éclair de génie, pour le coup, avec autant de remous politiques et médiatiques, de s’emparer du sujet?  Le rire de la hyène résonne encore, Eric Stauffer aura réussi son coup. Nous, nous nous sommes rassurés. (...)

21/10/2010

Quand l'actu tue

Jack.jpgEditorial Radio Cité, 21 octobre 2010

Si j’ai bien compris l’actualité genevoise cette semaine et avec un tout petit peu d’imagination.

Un certain Daniel Quarcoopome souhaitait organiser le concert de Prince à Genève, et plus particulièrement, au Stade de Genève. Un joli stade à 100 millions. Malheureusement, dans le même temps, Michel Chevrolet, décide, lui, de faire construire une gigantesque boîte de nuit sous le pont de la route des Jeunes. Au GHI mardi, il déclare y avoir pensé il y a deux ans déjà, le soir même sur une grande radio nationale, les deux ans se transforment en une année.

A ce rythme là, demain, l’argentin de Buenos Aires nous apprendra qu’il en a rêvé cette nuit.

Bref, le candidat à l’exécutif de la ville de Genève riposte et invoque la clause de concurrence, Daniel Quarcoopome, dévasté par la nouvelle, finit sa nuit à l’hôtel Président, commande trois bouteilles de champagne, bat sa domestique, et s’endort dans les bras de quatre filles, filles d’origine étrangère, mais déclarées non-dangereuses, raison pour laquelle l’initiative UDC ne peut être appliquée.

On connaît la suite, une trentaine de policiers empruntent le nouveau pont de la Rade, financé par une tribu elle-aussi étrangère, mais riche et donc bienvenue. Daniel Quarcoopome est emprisonné illico presto dans une cellule à Palexpo, Champ-Dollon est toujours surpeuplée, et son extension est toujours au point mort.

Michel Chevrolet, lui, est fâché. Blocage, blocage, blocage, Christian Grobet a déposé un référendum pour violation de l’article 135, alinéa 8 point 2 de la LDTR! L’ex-directeur de Léman Bleu cherche donc un lieu de remplacement pour sauver nos jeunes de l’ennui et de la morosité genevoise.

« Moa, j’irai bien à Vernier » dit-il. Pas de bol, l’endroit a failli être sauvé par Olivier Jornot, le nouveau super-héros libéral défenseur de la culture alternative, mais c’est trop tard, son ennemi juré, l’infâme sheriff Stauffer a dégainé plus rapidement. Vite une solution alternative!

François Longchamp propose de louer un hangar à Cointrin. Raté, les syndicats s’y opposent. Le président du Conseil d’Etat soumet alors, l’idée de faire des « afters » aux Automnales, en engageant de chômeurs en fin de droit. Encore raté, Genève ne peut plus prolonger ses indemnités.

Isabel Rochat lance l’idée de reprendre la patente du Velvet. Mais pas de chance, les policiers, eux ont l’habitude de se rendre à la Coupole.

Véronique (!) Künzler décide d’organiser une techno party, en plein air, sur le site de l’Allondon. Malheureusement, les grenouilles sont encore protégées.

Pierre-François Unger retourne sa veste, pas question donc d’ouvrir un club. Mark Muller, lui, essaie toujours d’obtenir des autorisations. Charles Beer et René Longet papotent dans un coin, David Hiler, lui, s’entretient avec Daniel Brélaz sur la question de l’utilité de la pose d’un anneau gastrique. Bon. Michel Chevrolet repart en Argentine, Sami Kanaan, qui ? Oui, le candidat socialiste devient maire de Genève, et nous ?

Nous. On organise un petit dîner en tête-à-tête avec la chancelière, dans un ballon suspendu au-dessus du jet d’eau… parce que les fiestas géantes à Plainpalais, ce n’est définitivement pas assez compliqué pour notre canton.

14/10/2010

Le Théâtre! Mais en mieux.

Lips.jpgPolaroïd 21 : 28

L'apéro, une petite arvine de Chamoson: ce soir, Genève à Chaud au micro de Pascal Décaillet, Mark Muller gifle la Cour des Comptes, et au passage la décision "collégiale" du Conseil d'Etat.

Plat principal, une assiette de crabes: débats jouissifs au Grand Conseil. Tout y passe, "ne mettons pas nos enfants en danger", "nous ne céderons pas à la pression médiatique", "nous ne devons pas soutenir un lieu commercial", "on croit rêver, les populistes ne sont pas où l'on croit", "Monsieur Jornot, défenseur de la culture alternative", une Céline Amaudruz tout en cravate (cravache?) qui expulsera un "c'est honteux!", ou encore un "Monsieur Poggia, les leçons de morale, vous les gardez pour votre groupe"!

Dessert, un excellent whisky (un bowmore 25 ans d'âge): coups bas, revanches, art oratoire, clap-clap, chuintement, huement.

 

Merci Messieurs et Mesdames les député(e)s. JOUISSIF. Vraiment. De la politique jouissive, cela n'arrive pas tous les jours.

12/10/2010

La nuit porte conseil

la-nuit-du-loup.70819.jpgPolaroïd 01 : 09

De croire que l'on va revenir à l'époque des squats est une pure utopie. Une ère se clôt, une autre s'ouvre. Laquelle?

Reste des promesses, d'élus, de condescendants, et d'autres utopistes. J'aimerais penser autrement mais le temps me donnera raison.

Essayez, tout du moins. Merci.

 

 

 

 

11/10/2010

L'indice

Doisneau2.jpgÉditorial Radio Cité, 11 octobre 2010

Ce qui a animé Genève, ce week-end. C’est une boite de nuit. C’est le MOA club, chemin des Batailles 22, 1214 Vernier.

Une belle manifestation, pas autant de gens que le prétendent certains médias, mais on n’est pas à 500 jeunes près. Un sympathique rassemblement, on ne pouvait que se réjouir de découvrir que nos « jeunes » ne sont pas aussi mous et décérébrés que l’on pouvait imaginer. Se réjouir aussi que parfois, l’idée même que l’on puisse se mobiliser ait pu effleurer leur petit esprit endolori.

Enfin de penser, que les jeunes, qui d’habituellement ne vont jamais voter, pourraient, au hasard, voter en avril prochain pour un certain candidat ? Non, cela relèverait de la pure médisance.

D’ailleurs, le candidat en question est fâché contre moi. Il ne me parlera plus. Dommage. Il aurait pu répondre à cette question : peut-on être médiateur, participer à des séances avec le Conseil d’Etat, être à la tête d’une agence de communication, et être en campagne à l’exécutif de la Ville de Genève ? Il aurait sûrement répondu : mais oui bon sang ! J’aurais, bien évidemment, acquiescé. La réponse m’importe peu, les arguments : un peu plus.

Bref, pour sa défense, lui est vraiment en campagne. Et la campagne, ça forge un homme. On prend des coups, les amis nous tournent le dos… « rôti sur le grill » diront les fin spécialistes de la politique.

Lui est en campagne, à dos de petit mulet, contrairement à deux autres candidats : l’un portant le même nom qu’un raton-laveur : Boris, l’autre le même nom qu’un héros de Scooby-doo : Sami, fameux chasseur de fantômes. A force de travailler tôt le matin pour faire la guerre aux déchets encombrants pour l’un, et l’autre d’opérer dans la discrétion pour débusquer les esprits ; plus que des candidats, c’est des candidats-revenants que l’on pourrait découvrir l’année prochaine.

Toujours est-il que ce qui a animé Genève, ce week-end. C’est une boite de nuit. C’est le MOA club, chemin des Batailles 22, 1214 Vernier.

Alors à ceux qui posent la question de savoir si l’établissement était un lieu culturel ? La réponse est OUI, n’en déplaise à l’élite alterno-culturelle genevoise.

A ceux qui posent la question de savoir si l’établissement était d’utilité publique ? On pourrait en discuter. Mais au regard du Java Club, fréquenté par des fils à papa, et des pauvres… aspirants à être riches, la SIP fréquentée par de jeunes avocats et banquiers, le MAD fréquenté par ceux qui ont été rejetés partout ailleurs, et enfin l’Usine fréquentée par des punks et des pauvres n’aspirants pas à être riche, eux ; on ne devrait plus parler d’utilité publique, mais plutôt d’alternative culturelle bienvenue.

Enfin à ceux qui posent la question de savoir si l’établissement devait fermer ses portes ? Oui, s’il ne respecte pas la législation. 

Genève semble parfois s’embourber dans le manichéisme. Ceux qui aimeraient que le Canton reste ce qu’il a toujours été: "pas question d’un tram qui amènerait une horde de Shadocks dans nos contrés", ni de construction tout azimut, et ceux qui voient Genève comme un grand point G, franco-valdo genevois, lieu technologico-diplomatico-économico-culturo foisonnant.

Et le MOA est loin d’être un événement anecdotique dans toute cette histoire. C’est un indice. Un indice que nos élus devraient saisir, parce qu’à force de ne pas s’entendre, un parti ni à gauche ni à droite, un parti ni bourreau ni sauveur en a fait son terreau, et Dieu sait s’ils ont raison.

Blocage, blocage, blocage. Vous voyez Monsieur Chevrolet, je ne vous veux pas que du mal. Au moins, vous, vous n’aurez, ni tourné les talons ni retourné votre veste. Vous voyez Monsieur Chevrolet, je ne vous veux pas que du mal, je me pose juste des questions.