13/09/2010

De droite

chabrol.jpgÉditorial Radio Cité Genève, 13 septembre 2010

 

Éditorial de droite. Devrais-je rajouter: abordable! Que je dédie à Claude Chabrol, cinéaste français dont l'amitié avec la bourgeoisie était connue pour être solide.

On m’a dit: trop à gauche. On m’a chuchoté: trop compliqué... les auditeurs risquent de se perdre. On m’a dit: sois proche des gens. On m’a encore susurré : ne sois pas moralisant.

Les critiques ont été ingérées, digérées à grand renfort de spasmolytiques puis régurgitées, aujourd'hui sous la forme d'un édito de Droite: il sera donc simple, efficace, proche des gens, syntaxiquement, grammaticalement et sémantiquement pauvre, et enfin, dernier point: pas question de culpabiliser qui que ce soit, la morale sera donc absente de cet éditorial.

Un éditorial simple comme un communiqué de presse MCG, efficace comme Boris, le raton-laveur-débarrasseur-de-vos-vieux-meubles-inutiles, proche des gens comme François Longchamp lorsqu'il a fallu se prononcer sur la prolongation des indemnités chômage. Syntaxiquement, grammaticalement et sémantiquement pauvre comme un slogan: «je VEUX, je REVE, faisons Genève»! Enfin, aucune morale, comme une racaille d'Annemasse, ou encore, lorsqu'il a fallu copier l'intégral de Parsifal de Wagner, 4 heures de musique protégée par des droits d'auteurs pour une certaine élue, politique bien-sûr, du nom d'Isabel.

Vous n'êtes pas sans savoir que Mark Muller est l'invité aujourd'hui de Radio Cité, sous le titre un peu pompeux, je vous l'accorde, du Grand Entretien! 12 minutes. En tant qu'imberbe éditorialiste de droite, aujourd'hui, j'ai le devoir de parler positivement du Conseiller d'État en charge des constructions.

Mark Muller a deux problèmes dans la vie. Sa timidité et les chantiers.

Une timidité qui peut le faire passer parfois pour un être froid, distant. Pourtant c'est tout le contraire. Mark Muller est un sacré bout-en-train, un rigolo. A côté de lui, même Michel Chevrolet passe pour quelqu'un qui viendrait de perdre son chien.

Les constructions. Mark Muller sait faire la paix, du logement. Avec lui, les immeubles ont été surélevés et même à Champel détrompez-vous. L'homme réunit, négocie, rassemble et trouve des compromis.

Alors oui, la population grogne comme un vieux chien abandonné à la SPA. Rassurez-vous, l'euthanasie est proche. Pas assez de nouveaux logements: toujours des blocages, les riches promoteurs – spéculateurs profitent de la situation, il est impossible de déclasser des terrains, ou encore, c'est la faute à Grobet.

Pourtant la vérité est ailleurs. Aurai-je dû dire: la volonté est ailleurs et elle devrait être au Grand Conseil.

En clair, leur faute. En clair, ce dont Genève a besoin. C'est un mouvement politique, ni gauche ni droite, ni le reste, qui encourage: les promoteurs à construire parce qu'on ne construit pas pour des clopinettes, les terrains à être déclassés, des modifications législatives importantes à être effectuées (LDTR?), et enfin un sacré travail de pédagogie envers les électeurs qui a probablement été bâclé. Outre l'égoïsme ou la concupiscence, c'est peut-être le second motif aux blocages.

La vérité, la volonté est ailleurs. Aurai-je dû rajouté encore: le courage politique est ailleurs et il devrait se trouver au Parlement genevois.

Alors félicitations à celui qui a promis 2500 nouveaux logements par année. S'il avait été plus calculateur ou moins courageux, il aurait lui-aussi pu faire parti du Grand Conseil. Et oui, je vous assure c'est un compliment. De droite.

07/06/2010

La vacuité "bis repetita placent"

tonneau-des-danaides.jpg

7 juin 2010,

Il est probablement de bon ton, de critiquer des promesses. Seront-elles tenues?  L'élongation effective de celles-ci n'est pas digne d'un catalogue Veillon, ou Védia, c'est selon l'origine sociale. On aurait en effet pu dire la Redoute.

L'élasticité de la membrane primaire est-elle électo-orientée? Qu'en sais-je?

A savoir si les visions de Genève sont sublimes? Non, elles ne le sont pas. "La nuit est sublime, le jour est beau" disait Kant. "La tragédie est sublime, la comédie est belle", rajouta-t-il.

Le sentiment du beau dégénère, lorsqu'y manque absolument la noblesse, et on le dit alors fade.

Le sont-elles? Oui.

La promesse de tenir toutes ses promesses est-elle fade? Non, elle ne l'est pas si l'intention de celui qui la formule est sincère. Nos sept sages le sont-ils? Pas tous.

Reste la carcasse. Une imposante carcasse.  Des maux sur lesquels, sans doute, ils se repaîtront. La politique est une guerre.

Mais ne vous déplaise, au final, je préfère des mots vides, que pas de maux du tout. Ils auront la mémoire courte, 2013 est si loin. N'en voulez pas à ceux qui gouvernent, plutôt à ceux qui les élisent.