09/07/2010

Quand la vacuité effleure le vide

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09 juillet 2010

A quoi tout cela tient? Certains pour sûr, diront le destin. D'autres la fatalité, le reste: le néant. Ou l'absurde c'est selon.

A quoi tout cela tient? A un mot de trop, ou à un mot en moins. A un fil, pour les plus poétiques, à rien pour les plus désabusés. A un tram raté, à une humeur belliqueuse, à un sms aviné, à un moment, à une erreur.

A une démission, à une démission qui n'arrive pas. A la fainéantise, à la revanche sociale, au prix d'une lettre de faire-part ou celle d'un décès, au prix d'un berceau ou celle d'une gravure de pierre tombale (ne surtout pas épelez le mot en entier Monsieur). A un avortement, un accident, un moment de grâce. A une revanche, une faiblesse, un sourire, un dépit.

A un désir, un vice, une vicissitude, un penchant, une nature diront les plus fourbes, un agenda, un calendrier, un tic-tac, ou encore, un pneu crevé ou un peu d'argent dans les bordels de Johannesburg.

A un adultère, ou à une aveugle fidélité, à un renoncement ou à une obstination, à elle, à lui, à eux, à ça.

A rien.

Me. M.  parlait d'humanité, mais ne supportait pas le bruit de mendiants en contrebas de sa fenêtre. Il clôt ses volets. Le sujet avec.

10/06/2010

La vacuité rédactionnelle

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10 juin 2010,

Parler pour ne rien dire est un exercice périlleux. Pourtant, elle est affaire commune.

A préférer être aphasique, certains préfèrent briller. Le diable se cache pourtant dans le détail, et Sirius n'en est pas dépourvu.

Des affaires, il y en a eu. L'affaire des infirmières, l'affaire Mitterrand, l'affaire Polanski, l'affaire Dreyfuss, l'affaire Woods, l'affaire Jackson, l'affaire Coleman (même si personne ne s'en soucie vraiment), l'affaire Ribéry (corollaire: Zahia), ou encore l'affaire Kadhafi.

L'affaire est un mot fourre-tout. Au même titre que changement, culture, concept, ou encore passion. La polysémie se perd dans la langue, la langue devient alors humide et gluante, alors qu'elle devrait être sèche et rugueuse.

Un merdiateur aurait pu dire Boris Vian. "Un expert" du monde arabe, disent-ils. Qui est-il? Quelle légitimité à le faire s'exprimer dans vos colonnes?  De concert, "un expert" répondent-ils.

Comme une vieille amante, l'expert s'exprime, parole d'évangile. Jean de Saint-Facond, né un 12 juin (coïncidence), sera reconnu pour ses talents de prédicateur. Les bras fatigués, l'usure du métier, dit le journaliste. La facilité rétorquera le naïf.

Reste les oies que l'on gave jusqu'à plus faim. A force d'être gavé, il ne vous croit plus, il ne vous lit plus. Lui aussi, devient aphasique.

De la nourriture pour cochons!

Le cochon s'est transformé en canard, à grandes cuillerées d'insipidité. Le ventre vide, ne discerne plus la différence entre "article" et "publi-reportage".

Le cochon, lui, de sa tour d'ivoire lausannoise, n'y pense même plus.

 

Un expert, m'a-t-on dit. Un expert.

 

 

 

 

 

09/06/2010

Mais Monsieur, pensez à ouvrir un bar!

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8 juin 2010,

A la question, mais Monsieur, pourquoi voulez-vous tant faire ce métier?

Les secondes avaient alors parues des heures, la tonne avait remplacé le grave aux Archives de France.

Sueur au front, ou mors aux dents, Antoine Lavoisier finira guillotiné. Yeux ulcérés, l'écume aux lèvres, Antoine (prénom fictif) se devait de répondre à P.N. (prénom tout autant fictif).

Faire un métier? se dit-il dans élan qui finira par le perdre. Faire?... Accomplir une action? Avoir l'air? Antoine n'allait sûrement pas discuter de la transitivité du verbe, son protagoniste attendait déjà la réponse.

Un héros distribuant héroïne au ciguë-dépendant. On aurait dit Ajax, aveuglé par Athena, massacrant le bétail de l’armée achéenne en croyant s’en prendre à ses guerriers.

Antoine finit de s'achever en expulsant: "parce que j'aime les gens".

"Mais Monsieur, pensez à ouvrir un bar!"

Le silence fut de plomb. Les années remplacèrent les secondes, une plume la tonne.

Aphone, Antoine regagna son reflet. A force d'avoir d'avoir le dos tourné, P.N. ne vit que son ombre.

 

"parce que j'aime les gens" répondit-il encore trois ans plus tard. P.N., lui, continue de faire.