11/04/2012

La dilution politique des responsabilités

Polaroïd 00 : 31organigramme-rouge3.jpg

La tendance est la hausse. On dénombre plus de 700 personnes affiliées de près ou de loin à la communication (parfois interne) à Berne, pour environ 120 journalistes. A Genève, ils se multiplient aussi (Rassurez-vous, les communicants, pas les autres). Rares sont les conseillers d'Etat qui vous répondent directement, rares sont les services qui outrepassent leur sacro-service de communication. On est pas loin de passer par le formulaire AR-123 pour chaque infime demande.

Un fait est limpide: les buts que visent d'une part les "officiers de communication" et les journalistes sont bien différents. Les premiers espèrent faire passer leur message lorsque les deuxièmes sont censés recueillir les faits et des réponses. Sans réelle surprise, les intérêts des uns croisent parfois ceux des autres. Ne soyons pas dupes, au final, il ne s'agit souvent que de savoir qui de l'un ou de l'autre se fera abuser. Ni plus, ni moins.

Reste que cette relation (somme toute relativement malsaine lorsqu'elle effleure la connivence, pire l'amitié) devient de plus en plus compliquée. Sûrement parce que la communication est devenue sans surprise une arme politique, bien plus efficace que la compétence. Et parce n'importe quelle information, mal ou faussement relayé par un média n'est pas sans conséquences. D'accord.

D'autres pistes semblent également se dégager. Soit l'effroi suscité par la question est réelle, soit le journaliste n'effraie plus personne. Dans le premier cas, rien ne vaut la dilution de la responsabilité politique dans une hiérarchie tout aussi vaseuse, où personne n'est responsable (ou au mieux, tout le monde l'est un peu moins). Dans le deuxième, il n'y a plus rien à espérer.

Ah si. Que le journaliste outrepasse les services de communication. A défaut d'espérer qu'ils soient compétents.