03/03/2011

Délivrez-nous du mal!

17 RUBENS TEMPTATION OF CHRIST.jpgBillet d'humeur, Radio Cité Genève, 3 mars 2011

Vous m’en voyez désolé, mais j’ai l’impression, ces dernières semaines, de voir le mal partout.

Tenez, par exemple : j’apprends que l’un des candidats à la course au Conseil administratif, le PDC Michel Chevrolet encourage les électeurs étrangers à se rendre dans les bureaux de vote. C’est vrai, qu’après les jeunes, les handicapés, les paquisards, le hockey sur glace, la programmation de l’Usine, les soirées de soutien aux associations, ne manquaient qu’à l’appel : les étrangers.

Je taquine, je taquine, c’est le principe même d’être en campagne.

Alors vous imaginez ma déception, à la lueur du résultat du candidat PDC sur le site smartvote.ch, d’apprendre que le même Michel Chevrolet refusait d’accorder le droit de vote et d’éligibilité au niveau communal pour les étrangers.

Alors de deux choses l’une : soit notre candidat est dyslexique de la souris, soit il préfère que les étrangers votent pour lui, mais sans pouvoir se présenter à des élections. Ce qui serait drôlement malin de sa part.

Autre exemple : un confrère bien intentionné, cela va de soit, me signale qu’une intéressante conférence se donne le 9 mars prochain au Club Suisse de la Presse. Pour les novices, sachez que le Club Suisse de la Presse est un bel endroit, près de l’hôtel Intercontinental, où les journalistes peuvent siroter un verre de blanc et rencontrer des grandes stars qui font la une des médias : Micheline Calmy-Rey, Julian Assange, Michel Platini, même Evelyne-Widmer Schlumpf s’y est rendue, nous affirmant ‘’qu’il n’y avait pas de problèmes avec les étrangers’’. C’était quelques mois avant les votations sur l’érection, ou pas, de tours pointues.

Je disais, le 9 mars, se tiendra une conférence pour présenter le nouveau livre de Guy Mettan et de Christophe Büchi : le dictionnaire impertinent de la Suisse. Super Tip Top !

Seul anicroche: Guy Mettan n’est autre que le directeur du même Club suisse de la Presse. C’est un peu comme si je m’invitais moi-même, sur cette antenne, pour parler de ma propre émission, pour vous dire à quel point je suis formidable, c’est comme si un administrateur de Palexpo organisait ses propres expositions dans ses propres hangars. Le salon de l’Auto au hasard. Comme si c’était le Canton de Genève qui était actionnaire majoritaire de Palexpo. Comme si les équerres étaient en exposition au Salon du Livre.

Bref passons, je vous le disais, je vois le mal partout.

Quant il faut y voir des plumes, j’y vois des objets contendants, de l’encre, du sang, des gens qui toquent à me fenêtre, des car-jackers. Quand il faut y voir des amis, j’y vois des traîtres, quand il faut il y voir des dictateurs, j’y vois des acteurs de cinéma, quand il faut y voir du rouge à lèvres, j’y vois du maquillage, enfin quand il faut y voire des mendiants voleurs-de-poule, ce ne sont que des policiers.

C’est décidé, aujourd’hui, je ne me fierai qu’à une seule chose: les larmes.

24/11/2010

κριτικός : qui discerne.

Paris.jpgÉditorial Radio Cité, 24 novembre 2010

En honneur à Guy Mettan.

Et si vous n’avez absolument aucune idée quant à l’identité de ce personnage, pourtant public ; dirons-nous alors qu’il est encore pour quelques temps, président du Grand Conseil.

Il est aussi victime du rejet des Vieux-Grenadiers. Étonnant ! Il est valaisan d’origine. On imagine que les amateurs de chasselas n’ont probablement pas voulu d’un féru de petite arvine.

Il est enfin accessoirement auteur d’un blog sur lequel il a récemment tiré le bilan de son année de présidence démocrate-chrétienne. Oui, Guy Mettan est aussi journaliste, il assiste d’une main de maître le club suisse de la presse. Il fût aussi dans ses plus espiègles années, rédacteur en chef d’un grand quotidien genevois.

Guy mettant empoigna la plume pour rédiger ses mémoires, intitulé : le bilan de moi-même, écrit par moi-même. S’il le peut, je le peux aussi. C’est ma façon à moi de lui rendre hommage aujourd’hui. Et quoi de plus révérencieux que de dédier, à un homme qui a toujours su garder son indépendance d’esprit, une hymne à la liberté de la presse.

Vous n’êtes pas sans savoir que la plus grande garden-party du gouvernement vient de fermer ses poternes. Ce sont les Automnales.

Alors je vous vois venir. Travailler dans une radio, détenue par une maléfique créature qui, de ses charmes envoûtants, a œuvré, avec le Malin, dans la destruction de la Foire de Genève, peut ''prêter à collusion''.

Ceci étant dit, si les faits s’avèrent véridiques, nul doute que je finirai transformé en crapaud boutonneux. Et probablement au chômage.

Non, là n’est pas la question. La question est la suivante : pourquoi ne nous a-t-on pas dit, ouvertement, que les Automnales étaient une magnifique fête, organisée par un brillant gouvernement, et payée par des contribuables, adeptes de Marie-Paul Belle ?

Qu’on organise des fêtes ne me dérange pas, et même si nous en sommes les aimables contributeurs. Ce qui me dérange un peu plus, c’est la dépêche de l’agence télégraphique suisse qui nous dit que les Automnales ont été un succès. Un succès pour qui ?

108'000 visiteurs, c’est 12'000 de moins qu’attendu, pas grave. 28'000 de plus qu'en 2009, soit. Mais c’est 52'000 de moins, au vu des 160'000 billets offerts gracieusement. A 10 francs l’entrée, c’est 1,6 million de francs, mais cela, personne n’en parle.

Ce qui me dérange aussi, c’est l’absence de sens critique sur la manifestation. Combien va-t-elle nous coûter ? Est-il vrai que les exposants sont payés pour s’exposer aux Automnales ? Si oui, combien ? Pourquoi?

Enfin ce qui me dérange encore, c’est l’absence de critiques quant aux 500'000 francs dépensés en marketing. C’est vrai, c’est ‘’peanuts’’ en comparaison du budget de l’Etat, et des 14 millions du MOA Club.

En fait, ce qui me dérange, c’est l’absence de sens critique tout court. Tout le monde s’en fout, on dresse des portraits élogieux, on se fait agent de communication décérébré, le qualificatif « reportage publicitaire » est certes lisible, oui, mais avec une loupe et une bonne acuité visuelle.

Bravo ! Merci à tous, la fête est finie, l’Automne avec. Guy, s’il vous plaît, revenez au journalisme.

 

''L'automne a beau se parer, comme une vieille coquette, s'orner de feuillages pourpres ou mordorés, il n'est que leurre et trompe-l'œil''.

20/09/2010

La valse des plaintes

Derviche.jpg20 septembre 2010, 09 : 53

 

Genève ou la valse des plaintes. Et une plainte, une!

 

«Et une plainte pénale pour Monsieur Mettan. Je vous avais mis en garde. Vos propos sont mensongers. J'annonce ce matin que je dépose une plainte pénale à votre encontre». Le propos est signé le président du MCG, Eric Stauffer.

Invité ce matin dans le 7-9 de Radio Cité pour évoquer la plainte déposée par Thierry Cerutti à l'encontre des municipaux de Vernier pour violation du secret de fonction, Eric Stauffer n'a pas apprécié les propos de Guy Mettan, le président du Grand Conseil genevois l'accusant d'être «le spécialiste de la violation du secret de fonction».


«Je confirme que je déposerai plainte!» dixit Eric Stauffer en direct sur les ondes de la radio genevoise.

Et à réécouter ici.

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