02/10/2014

La traversée du Douro

mcg, genève,traversée, rade, UDC, FranceyPolaroïd 00 : 51

 

J’aime tout le monde. Je vous le jure. Sur la tête de ma défunte mère épileptique asthmatique sous cortisone. Je leur ai fait confiance lorsqu’ils m’ont dit de voter pour la traversée du Douro. Ils m’ont dit qu’il était question d’une chose en son temps. L’un après l’autre. D’abord la petite, ensuite la grande. J’ai avalé, comme on gobe du Beirão. Je suis fidèle, c’est une évidence.

 

Certes, ils ont hésité. J’y ai cru, à leur contre-projet. Ils m’ont dit qu’ils allaient la soutenir, la grande esseulée. «Le peuple doit trancher», se gargarisaient-ils. Pourtant, rationnels et pragmatiques mais «surtout démocrates», aiment-ils scander, ils ont refusé au dernier moment de soutenir les infidèles. Maudits cousins, me suis-je dis dans un moment d’égarement, crachotant quelques postillons avinés. Mon voisin de droite a bien tenté de vitupérer contre ces misérables qui violent nos femmes et pillent nos terriers, cela n’a pas suffi ni à calmer l’excité, ni même à me faire changer d’avis. Je suis fidèle, rappelez-vous.


D’accord, je concède avoir essayé de comprendre. Mes aller-retour à Lisboa n’ont pas, une seule seconde, allumé ma lanterne. Foutue huile déficiente, foutu lubrifiant de pacotille. Certes, mon mentor disposait dorénavant d’un siège avec les autres heróis do mar


Mais alors, qui est le nobre povo? Pas eux. Non. Celui que l’on laisse, un temps, comme à Ikea, dans un volume non négligeable de boules en polystyrène. 

13/08/2013

Saleté de pauvre

olivier,francey,britney,spears,genèvePolaroïd 03: 00

Quelle suave délectation que de parcourir l'argumentaire d'Yvan Zweifel, vice-président de la section genevoise du PLR, qui s'est fendu d'un billet terriblement corrosif et bougrement argumenté à l'égard de l'initiative 1:12, soumise à votation le 24 novembre. Que demande-t-elle? Elle ne demande pas, elle exige que dans une même entreprise, personne ne puisse gagner en un mois plus que quiconque en une année. Pour le cadre du comité directeur, ce voeu ne serait rien d'autre que de la jalousie sociale, "démontrée mainte fois en sociologie, notamment à travers du jeu de l'ultimatum". Et qui consiste à ce que "la plupart des gens [ne] préfère renoncer à un gain plutôt que d'accepter que d'autres gagnent d'avantages qu'eux". L'argumentaire, somme toute compréhensible, se résume à penser que tout être humain est jaloux de celui dont les revenus sont plus élevés que les siens. D'accord. Nul besoin ici de rappeler (ce serait si mesquin) que malgré le soutien des rangs socialistes, la dite initiative est issue de la jeunesse socialiste. Mais qu'importe, on aura bien compris le propos de Monsieur Zweifel.

1) Selon Monsieur Zweifel, la jalousie est donc "un sentiment solidement ancré en l'être humain". Quelle puissance argumentaire! On me dit aussi que les Zurichois sont racistes et qu'il paraîtrait que des seringues infectées se retrouveraient dissimulées sous les sièges des salles de cinéma. Quant à savoir que le sentiment de "jalousie sociale" a été mainte fois démontré en sociologie, je me réjouis de lire les études que fournira sûrement Monsieur Zweifel. 

2) Par ailleurs, Monsieur Zweifel semble également douter que le fossé entre les riches et les pauvres ne s'élargisse. Je suppute toujours que le cadre de l'instante dirigeante du PLR ne fasse référence à la Suisse, et non pas à la situation mondiale. C 'est donc avec honneur que je lui fournis les statistiques de l'Office fédéral de la statistique (résumés ici avec labeur ici). Entre 2002 et 2010, et si l'on prend les fourchettes les plus basses et hautes des revenus mensuels de la région lémanique, on compte 5,2% de personnes revendiquant entre 0 et 1000 CHF par mois contre 0,9% percevant plus de 20 000 CHF; contre respectivement 6,1% et 1,7% en 2010. Selon l'OFS, il y a bien eu écart statistique. Monsieur Zweifel peut donc être rassuré sur ce point.

3) Seulement voilà, pour reprendre les termes de Monsieur Zweifel, si le fossé s'élargit "en valeur absolue", ce même fossé rétrécirait en "valeur relative". Est-ce réellement le cas? Concédons d'emblée que le taux de pauvreté, toujours selon l'OFS (télécharger ici), a diminué entre 2008 et 2010. Pour autant, difficile d'obtenir des données sur l'évolution des revenus les plus bas par rapport au plus hauts. Seules données disponibles, toujours celles de l'OFS indiquant qu'entre 1998 et 2008, l’augmentation des salaires du deuxième décile [ndlr: la division de la population selon le salaire, de sorte que chaque partie représente un dixième de la population] s’élève à 13% à 4441 francs mensuels. Et qu'en revanche, l’augmentation du dernier décile a crû de 21% à 10753 francs. Notons encore que mise à part le premier décile (+15%), la progression est linéaire.

4) Dernier point, la cerise sur le gâteau, le pompon comme dirait Voltaire: l'illustre graphique que joint Monsieur Zweifel à son plaidoyer. Surtout que ce dernier (pas Monsieur Zweifel, mais le complexe diagramme) démontre l'exact contraire de ce qui est avancé. A savoir, que le "fossé" entre les riches et les pauvres s'est accru de 1800 à aujourd'hui. Nul doute que l'éminent libéral-radical précisera: "Oui, mais voyez donc comme ces pauvres se sont enrichis!". Oui. Mais pas aussi vite que les riches.

Bref, tout ces billevesées dans l'attente d'autres arguments de Monsieur Zweifel. Lequel ne souhaiterait, pour un penny, qu'on vote socialiste. Pardon, jeune socialiste.

24/05/2013

Essayez de nourrir un chat

Olivier, Francey, Britney, Spears, Genève, ObamaPolaroïd 00:54

Regardez-moi. Mes pieds, mes ongles vernis, mon visage, mes nuits ou mon chien, je m'en fous. Violez ma sphère privée, ou violez-là tout court, tant que j'existe. Tant qu'à faire, autant désirer l'existence numérique. Les mots remplaceront les lèvres que l'on écharpe, et celles que l'on déchire. Je me prélasse de la douce mélopée des mots, des 140 caractères, gorge et trachée béantes. Faites-moi exister de vos regards doux et de vos regards posés. Je veux entendre la douce mélopée avant de me coucher. Et vous livrez ces derniers instants, en vous laissant légèrement suintants. 

 

Regardez-moi. Moi, moi, moi. N'importe comment, n'importe où. Dites-moi que je suis beau. Dites-moi que je suis belle. Je veux l'attraction sans la gravité. Sans les habitudes, sans efforts, sans salive.

 

"Essayez de nourrir un chat. Et il vous adoptera." Oui. Done.

 

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13/03/2013

Je sais

Olivier, Francey, Journaliste, TDG, Tribune, Genève, Britney, SpearsPolaroïd 00:00

 

Quelle putride démangeaison d'évoquer la vie privée. Quelle jouissance de dire qu'on sait et quel pouvoir de le faire savoir, comme autant de caresses que l'on se prodigue comme on caresse les poils d'un chat, qui ronfle à chaque doigt qui le touche. On a le chat qu'on mérite. Le nez écrasé, les fosses nasales obstruées qui suintent. Quoi de plus normal, quand son fond de commerce se vend au nombre de sourires gluants et à celui des dents blanches alignées. Des poignées de mains humides et des rires qui résonnent dans l'enceinte des cabinets.

 

Jouissance quand il s'agit de dénoncer les privilèges ainsi supputés, alors qu'on a pas foutu un doigt dans l'engrenage, ni visité le 40 m2 de l'ancien élu. Ah oui, pas besoin de le visiter. Le con n'a pas souhaité nous répondre. Tant pis pour lui. Sa main tremblante est un handicap, il n'avait qu'à la régler, cette foutue déficience. Merde, le peuple l'avait élu. C'est vrai, pas besoin d'en savoir plus. J'ai déjà avalé et pas une ombre d'envie de régurgiter. Non. Pas une ombre. 

 

Aucun désir de savoir si l'heure est exacte, qu'importe la régularité de l'aiguille, sur cadran noir et blanc, tant qu'on connaît sa provenance. Donnez-moi de la morale, des corps qui se mélangent, malheureusement au pied du Salève ou près de l'Arve. Ou des partis de badminton l'après-midi près de Lausanne. Donnez-moi des portes qui se ferment, tant que je n'ai pas vraiment à les ouvrir. Juste parce que je sais. Oui, je sais. Et je vous le dis. Croyez-moi. Je sais tout.

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02/08/2012

Son regard saupoudré de longs cils

Alouette.JPGPolaroïd 12 : 36 ("From Bruson, Switzerland", extraits de l'article paru le 2 août 2012 dans la Tribune de Genève)

Les véritables stars du 1er Août en ville de Genève ont été, sans conteste, les vaches d’Hérens. Reines des alpages, elles ont réussi le pari d’attirer des milliers de curieux sur la plaine de Plainpalais, transformée pour l’occasion en arène. Dans une finale musclée mais relativement courte, pour cause de forte chaleur,Vampire des frères Meunier de Fully s’est défait de Nona, haute-valaisanne d’Agarn. La reine des reines, c’est elle. Consacrée en terre genevoise, il s’agit d’une première pour le canton. Et visiblement, la première est une réussite, à constater le nombre de déçus n’ayant pas pu assister au rituel identitaire.

Une affluence à laquelle ne s’attendaient visiblement pas les organisateurs. «Lorsque j’ai entendu l’épicier du coin de ma rue me parler des combats de reines, j’ai compris que nous avions peut-être sous-estimé le fort intérêt de la population pour l’événement», confiait encore la veille Eric Linder, l’un des organisateurs mandaté par la Ville pour animer les festivités. Inviter ces vaches-là? C’est son idée. Celle d’offrir de la montagne à la ville. Mais surtout celle de faire connaître une tradition, un art de vivre et de sensibiliser le public genevois et international aux difficultés que rencontrent les éleveurs.

L’idée de suivre l’une d’elles, dans son périple depuis son mayen (pâturage d’altitude moyenne) jusqu’à la plaine? C’est la notre. Le périple a lui aussi droit à sa star. Elle se prénomme Alouette. Ne souriez pas, c’est l’une des vaches qui n’a pas souhaité combattre hier.

A la rencontre de la star

La rencontre a lieu en Valais mardi soir, veille de fête nationale. L’un des éleveurs de la mythique vache de la race d’Hérens est prêt à nous accueillir. Chez lui. L’émulation est palpable. L’excitation à la hauteur de la tâche: décrire au mieux le parcours d’une future potentielle reine vers Genève. Sera-t-elle couronnée sur la plaine de Plainpalais? Elle ne l’a pas été, du haut de ses 4 ans seulement. Mais qu’importe, Alouette est déjà reine, à en croire la lueur qui scintille dans les yeux de son éleveur, Eric Fellay. Lui dit «agriculteur ou paysan». Des mots qui résonnent avec justesse dans sa bouche.

L’arrivée mardi soir à Bruson, village perché sur un flanc du val de Bagnes, est douce. Le soleil ocre qui caresse le hameau n’y est pas pour rien. Comme pour rappeler que Bruson remplit parfaitement son rôle «d’envers du décor». Et pour cause, il fait face à la clinquante Verbier. «On y a construit n’importe comment, peste le tout juste trentenaire. Vous direz à vos lecteurs que je trouve que l’initiative Weber est une bonne chose pour le Valais. » C’est fait.

Les discussions s’enchaîneront jusque tard dans la nuit. Sur sa passion de la race d’Hérens, la beauté de la compétition (avec visionnage des archives de combats de reines depuis 1998), ses fromages et sa viande. Oui, l’homme aime ses bêtes mais parle sans tabou de boucherie. «La passion, c’est bien. Mais ça ne nourrit pas. » Sans aucun doute, Eric Fellay est un homme de terre. La preuve? «Demain, rendez-vous à 6 h 20. »

Caféine et yeux embués

Le réveil retentit. Comme une sonnette, sauf qu’en Valais, ce sont les cloches des vaches qui sont nommées ainsi. Quelques minutes à s’émerveiller de la sombre lumière bleutée du ciel qu’Eric Fellay a déjà préparé sa bétaillère. Il faut aller cueillir Alouette dans son mayen. Pourquoi elle? «Parce que les trois autres sont toujours collées les unes aux autres. Je ne tenais pas à les séparer. » Ça pue l’amour.

Hier matin, comme Alouette, onze vaches d’Hérens se sont mises en mouvement des quatre coins du Valais pour rejoindre Martigny. Comme des bisses qui ruissellent vers les prairies. Sauf que ces reines-là ne sont pas des rivières paisibles. Ce sont des torrents. Frontales pour sûr, ne reculant jamais pour la plupart mais paradoxalement douces dans leur regard saupoudré de longs cils. «Elles ne se battent que pour imposer une hiérarchie, avance Benoît Berguerand, membre du comité de la Fédération suisse d’élevage de la race d’Hérens. Il suffit de les voir lutter pour comprendre. La reine d’un troupeau n’est pas reine pour la gloire, elle l’est pour le bon fonctionnement de la "meute". Aussitôt la lutte terminée, l’animal redevient calme. »

L’angoisse des éleveurs

Calme, Benoît Berguerand ne l’est pas. Au contraire, c’est d’anxiété qu’il est habité. «Certains nous attendent au tournant. Nous ne pouvons pas nous permettre d’erreur. » La récente polémique sur la venue des vaches à Genève et l’opposition de la Ligue suisse contre la vivisection ont laissé des stigmates, «même chez nos propres éleveurs, où certains étaient défavorables à notre venue chez vous. Ils ont peur qu’on leur pique leur race. » Lui préfère parler de promotion de l’image du Valais et de ses produits. L’anxiété sera vaine. Aucune vache ne sera blessée.

Hier, le public, pourtant assommé par un soleil de plomb, n’a pas caché son enthousiasme ni son intérêt pour la «bête». Les questions ont fusé, sur les blessures qu’elle peut encourir (essentiellement des cornes brisées, rarement les yeux), sur ce qui la meut à se battre (l’instinct) ou encore sur le record de durée d’un combat (plus de quarante minutes).

Alouette n’a pas gagné. Et alors? Eric Fellay doit avoir raison. Sa vache est une star. Pour preuve, elle refuse de combattre. C'est ça, être une vraie reine.

15/07/2012

Sortez du bois que je vous abatte!

670282-pn-feral-pig.jpgPolaroïd 23 : 14

Vous n'avez rien compris, c'est pourtant facile. Il y a un siège à récupérer. Celui de Pierre Maudet, surnommé PierreMaudet.com par élu municipal. Ce dernier étant plus que chahuté pour son accent lusitanien par un journaliste spécialisé dans l'immobilier dont l'occupation quasi journalière et pathologique semble s'être porté vers la critique orthographique d'un quotidien radical.

Il y a quelque jours, seulement cinq candidats étaient en lice, et "toujours en lice" pour suivre avec zèle les recommandations d'une bien trop éminente femme de président de parti. Eric Bertinat (UDC) connu pour avoir fait de la politique, une source de revenu majeure. Olivier Fiumelli (PLR) dont un collègue de parti dira qu'il ne peut pas se présenter parce qu'il est "libéral et fonctionnaire". Adrien Genecand, lui aussi PLR mais pas fonctionnaire (c'est vrai, on n'est plus fonctionnaire désormais à l'UBS). Alain de Kalbermatten (PDC), et Salika Wenger (PdT). Sur ce dernier cas, disons juste que son groupe ne présente pas de candidats, mais qu'elle se présente quand même, bien qu'elle ait été élue sous une bannière de groupe mais pas de parti. On n'est pas à une hallucination près avec l'extrême-gauche.

Bref. Le jeune Adrien Genecand, dont certaines langues ainsi profilées se plaisent à user du mot "jeune" avec une récurrence trop élevée pour être honnête, décide d'abandonner la course. "Je reviendrai", dira-t-il en crachant sur leur dos. Coup de tonnerre: celui qui assurait pourtant il y a deux semaines ne pas pouvoir assumer la fonction de conseiller administratif, parce que peu "compatible, dans les faits, avec un mandat de député au Grand Conseil" revient sur le ring. Et pour cause, les "pontes" lui ont ciré les pompes. Drame à l'Entente. Celui qui est qualifié par certains de semi-demiurge crie à la magouille hospitalière. Propos niés dans la foulée par son président de parti sur les ondes d'une radio nationale. Psycho-drame, la matière grise du PLR sacrifie comme un mouton son poulain, Olivier Fiumelli. "Nous ne cherchons que le meilleur candidat", assure robotiquement Alain Dominique-Mauris.

Dernier acte en date, d'Artagnan offre sa candidature libéral-radical. Les compétences? Il les a. Mieux. "A la différence de tous les autres, elles sont reconnues." Alain de Kalbermatten sort sa perceuse-taraudeuse De Walt, Eric Bertinat expulse des versets, la princesse rouge lance un appel aux camarades et Guillaume Barazzone émet un avis de droit.

"Nous ne cherchons que le meilleur candidat", susurre une petite voix dans les travées pavées de linoléum verdâtre d'un grand établissement autonome.

25/06/2012

Questions pour un champion

MT.jpgPolaroïd 19 :41

Je ne livre aucun nom. Pas même un couple, pas même un clan.

Je dégaine et tire. Sans recharger. Sur des cibles dont je préfère taire l'identité. "Oui mais vous savez, le 20 Minutes, c'est un journal fast-food", irai-je déclarer. Il faut abattre, quitte à ce que cela soit l'un de mes pieds. Qu'importe.

Je ne suis pas candidat, ai-je déclaré au Temps. Mais à disposition de mon parti. "Pour élaborer une stratégie, dit-on".

Je ne suis pas un punching-ball.

Je suis. Je suis. Je.

 

"Souffrez Monsieur le maître Dieu que je finisse une question avant d'y répondre", expulsera l'interrogeant. "Souffrez Monsieur le maître Dieu que vous y répondissiez", se laisserait-on presque à vouloir ajouter, dans une quête sûrement désespérée d'un peu de hardiesse.

22/06/2012

La gauche la plus bête du monde

pic.jpgPolaroïd 23 : 52

Quel délectable spectacle a offert le parti socialiste genevois. La pulpe des doigts est encore humide, à force de se les être pourléchés. Douze minutes de bonheur, ce sera la durée de l'état de grâce qu'auront insufflé Manuel Tornare et Romain De Sainte-Marie, ce vendredi soir sur l'antenne de la RTS.

Un président de parti dont la parole est itérativement coupée par son conseiller national "qui concocte des stratégies en trois jours". Moi, ajoutera-t-il. Un frontal Manuel Tornare qui s'autorise à moucher son président: "On n'a pas besoin de sociologues de l'Université de Genève pour expliquer ce qui s'est passé, comme certains jeunes technocrates du parti nous font comprendre", dira sa Sainteté. A la question adressée au président du PS, à savoir si l'ancien Maire ferait un très bon Conseiller d'Etat, ce n'est pas le président du PS qui répond. Non, c'est le silence. Trois secondes. Et Dieu sait si ces secondes là sont interminables en radio.

Les anachroniques "Camarades par ci et Camarades par là" suscitent désormais des sourires chez les uns. Mais des rictus épineux au PS. Si Manuel Tornare a presque flingué au colt 45 toute chance d'une candidature en 2013, Romain De Sainte-Marie, lui, a failli vis-à-vis du statut qui est le sien. Président. Ce soir, on a entendu le jeune contre l'ancien.

Même si, au final, la seule véritable faille, c'est d'avoir accepté de débattre en public des problèmes internes du parti socialiste. A ce titre là, la droite est abilitée à décerner le prix qu'elle aurait obtenu l'année passée. Celui de la gauche "la plus bête du monde".

15/06/2012

La puanteur

jacuzzi_40671.jpgPolaroïd 12 : 04

La zone d'exclusion? Vous avez bien entendu. Exclusion. Cinq mètres? C'est la taille du périmètre choisie par la Municipalité de Lausanne pour éloigner les mendiants "des distributeurs, horodateurs et autres lieux où l'on sort son porte-monnaie". Bravo. Moi je dis bravo. Qu'on éloigne ces gueux, organisés en réseaux souterrains nauséabonds. Dites la mafia, j'avale. Le crime organisé? Je gobe. "Les endroits de quiétude (parcs, places de jeux ou cimetières) seront aussi prohibés", nous dit-on. Fichtre oui! Qui n'a pas été houspillé à la sortie de funérailles par un vil "roumain"? (Hein quoi, ils ne sont pas roumains?) Quel chérubin n'a pas été dérangé par un "S'il vous plaît Monsieur" à la sortie d'une balançoire ou d'un toboggan en forme d'éléphant?

Un seul problème subsiste. Comment empêcher les ignominieux félons d'alpaguer vocalement l'honnête citoyen lorsque le dit bandit se trouve à plus de cinq mètres? "Qu'on lui coupe les cordes vocales", dira sans doute le pragmatique. Pourquoi ne pas imaginer qu'en lieu et place de placer des Mosquitos contre les jeunes, que l'on puisse installer les mêmes appareils contre les Roms (parce que "mendiants", c'est un peu faux-cul, vous me l'accorderez)?

La Municipalité lausannoise souhaite "créer la coexistence la plus pacifique possible" entre les mendiants et sa population? Le conseiller municipal Marc Vuilleumier (POP), responsable de la sécurité publique, évoque le "compromis". Mais Diable, ne faites pas semblant et cessez de jouer les pisse-froid! Qu'on les pende par les pieds, qu'on les expulse en vol-charters ou en calèches. Faites preuve d'imagination! Le napalm, le gaz orange voire des petits coups de bâtons ou de taser.

D'ailleurs, c'est quoi déjà la portée d'un taser?

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13/06/2012

Elles, au moins, elles ratent les trains

pic.jpgPolaroïd 00 : 11

Quel plaisir de te lire. Toujours un commentaire bien placé, une remarque pertinente, une vision. Sur le monde, sur la vie, les gens qui t'entourent. Non, en fait sur tout. La littérature, la poésie, la philosophie grecque, Godard, Lynch, Beigbeder et Barack Obama. La politique hexagonale n'a pas de secrets pour toi, la Berne fédérale? Tu la connais. Comment? On ne le sait pas. Qu'importe, les gens te commentent. N'est-ce pas amusant, toutes ces personnes qui commentent des commentaires? A quand, ceux qui commentent des commentaires sur tes propres commentaires? Suis-je bête. C'est déjà le cas.

Tu postes comme on tire, tu dégaines les tweets comme on crache. Ne te reste, que comme ultime douille, qu'à lécher les propres commissures de tes lèvres. A croire que l'idée de rester sur le quai t'est insupportable. Il faut avaler, aspirer sa salive par des légères succions épileptiques avant de plonger. Tête baissée. C'est certain, on ne rate pas les trains. On les prend, on ne cesse de saisir, il faut attraper.

Il faut surtout exister, c'est bien cela même qui t'est reproché. Tu en sais beaucoup trop sur tout. Un peu comme ces "je t'aime" lancés à la première qui fait convulser ton coeur meurtri. Et qui se dégonflent aux oreilles des dix qui suivent.

Elles, au moins, elles ratent les trains.

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11/06/2012

La légitimité des langues qui s'étreignent aux ondes

maltese_doggy-12550.jpgPolaroïd 20 : 15

"J'ai pour habitude, comme n'étant affilié à aucun parti politique, de ne pas opérer mon cri sur la foi de présomptions, de rejets, d'aprioris. Mais sur les idées qui sont exprimées. Et je dois dire que dans ce registre, c'est à dire essentiellement celui de la sécurité et celui de la répression, au regard de la délinquance qui sévit dans le canton de Genève, ni la politique proposée par les trotskystes de l'époque dirigés par Monsieur Moutinot, ni par la droite supposément incarnée par Mme Rochat ne proposent de politiques efficaces, raisonnables, concrètes. (...) Ce n'est pas une question de coquetterie, mais encore une fois, je trouve que beaucoup de prises de position qui sont adoptées à l'égard de Monsieur Stauffer, rappellent celles qui sont prise en France à l'égard du Front National."

Me Dominique Warluzel, interrogé ce soir par Philippe Revaz, Forum, RTS.

 

Au fait, Lolita Morena, elle en pense quoi?

 

 

09/06/2012

A s'asseoir. Pas à changer

pic.jpgPolaroïd 17 : 55

Passionnante, l'élection complémentaire au Conseil d'Etat. Passionnante, parce que portée sur les nervures, les failles, les plaies et les peaux des candidats. "Une élection sur la personne", entend-on dire. Ils ont presque raison, peu d'entre eux sont des personnages. Un seul l'est. Médiatiquement, bien entendu.

Aguichante aussi à constater avec quelle véhémence les médias sont conspués, pour leur partialité, pour leur choix, pour leur prise de position. A croire que les éditoriaux "thèse-antithèse-synthèse" putréfiants sont excitants. Ils ne le sont pas. Tout simplement pas. Ou simplement lorsqu'ils soufflent un autre vent. Ils ont pris parti pour celui-là? Tant mieux. Ils critiquent celui-ci? Que n'avez-vous pas compris dans le mot "éditorial"?

Alors d'accord, on pourrait parler "égalité des chances, visibilités égales". Ce sera une autre fois.

C'est avec délectation que l'on assiste à la scène, et avec fascination que l'on subit le jeu ou comment la fébrile importance des enjeux peut autant attiser les braises, celles-là mêmes qui se comptent en mois. A quoi bon?

A s'asseoir. Pas à changer. Un pas dans une commissure vaut mieux qu'une porte fermée. Certes.

01/06/2012

Plutôt crever assassiné que flagellé

2012-06-01_173537.jpgPolaroïd 00 : 00

C'est l'heure du sacrifice. Plutôt mourir sous les coups, les balles ou les lames des fomentateurs, des cercles et des réseaux que mettre fin à sa vie soi-même. Plutôt pointer l'ennemi (et qu'importe s'il l'est ou pas) que de se couper le doigt, de scier la branche putride et moisie. Prenez ce martinet expiatoire et fouettez-moi! Plutôt crever assassiné que flagellé. Merde, je veux crever en héros. En victime. Que le sang coule, le mien de préférence. Les électeurs s'en délectent.

Je veux être l'ennemi et le sauveur, le juste et le cabossé. Je suis seul contre tous, contre le système, contre les édiles et les élites. En fait, je suis contre tout. Sous le feu des néons calorifiques que je m'évertue à lécher, je brille et me consume.

Je suis meilleur dans l'opposition. J'aime trop la lumière. Celle qui va me noyer. La revanche est souvent un mauvais carburant. Accompagnée de la soif, elle tue.

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27/05/2012

Elle

prostitutionndjo8.jpgPolaroïd 19 : 59

Elle a bon dos, lorsqu'elle vous le tourne. Complaisante, peu curieuse, bonne ou encore "d'investigation" (les guillemets, élément grammatical de lâcheté), elle est si subjective lorsqu'elle vous égratigne. Si partiale lorsqu'elle vous écorche. Erronée? On ne l'espère pas. Approximative? Peut-être.

Lorsqu'elle s'en prend à vos ennemis, elle est si gracieusement critique, encensée, brillante. Ses sbires? Intelligents, frondeurs et persévérants. Tant pis si aujourd'hui, ils sont si complaisants, sans aucun doute manipulés et orientés. Le vent est si agréable lorsqu'il souffle dans la nuque. Chaud? Une caresse érotomaniaque.

Rappelons juste que l'homme fait le portrait. Pas le sbire.

22/05/2012

De l'art de se préoccuper

girouette1_m.jpgPolaroïd 01 : 10

Merck-Serono rapatrie à Darmstadt. Le Département de l'économie et de la santé tient une conférence de presse sur les "cleantechs". Hasard du calendrier. D'accord.

Des entreprises "très importantes pour la diversification de l'économie", chantera de manière incantatoire, à deux reprises sur le plateau de Genève à Chaud ce lundi soir, Pierre-François Unger, ministre du dicastère concerné.

Etonnant de se rappeler à quel point la levée de boucliers, lorsque la conseillère administrative Sandrine Salerno s'était exprimée dans le magazine de la Ville de Genève sur le même thème, avait été massive.

Etonnant surtout de constater (et sans juger du fond des arguments des uns et des autres) avec quelle rapidité, il s'agit aujourd'hui de penser la nature du développement économique genevois. C'est vrai que quelques centaines d'emplois biffés en une des médias transforment les rires narquois en sujets de préoccupation. Tout simplement magique.

 

 

Note: 23.05 Les services du Département susmentionné me signale que l'intérêt de l'Etat pour les cleantechs ne date, ni d'hier, ni de l'annonce du départ de Merck-Serono. Qui précise également que la conférence de presse était agendée depuis longtemps. Bien.

Reste que les mots alignés tels que «diversification du tissu économique genevois» ou «modèle de développement» semblent fleurir dans les cavités buccales des édiles. Sûrement le printemps.