12/10/2011

Le Grand Débat. Ou une énième version de ''Tournez manège!''.

262c50c2-1418-11e0-b753-e4ab4dac0112.jpgPolaroïd 23 : 27

Le service public nous a offert ce soir, à deux semaines des élections fédérales, son ''Grand Débat''. Plus d'une trentaine de candidats aux chambres fédérales, pour tenter de développer et débattre des thèmes majeurs, à savoir notamment ''la crise'', la sécurité, notre système de santé, la famille ou encore le nucléaire.

Que dire de ces 150 minutes de flot continu, vaguement interrompu, de consonnes sonnantes qui s'entremêlent et qui se superposent dans un coït impeccablement insupportable, sauf peut-être pour l'une des guest-stars de l'émission, se délectant de cette masse informe copulante, Marc Bonnant.

Que dire de ces temps de parole approximatifs, de ces questions laissées veuves. De ces ''vous avez voté ceci'', ''vous avez voté cela'', caressés par de doux borborygmes.

Que dire de Maître M.B., défenseur des initiales, impérialement irrévérencieux sauf pour ceux qui pensent que l'homme est infiniment sérieux dans ses propos. Ceux-là mêmes qui auront compris que l'incarnation est, par essence, droite. Et qui en auront conclu que la nouvelle star romande des médias, Stéphanie Pahud est délicieusement, gauche.

Que dire de ce couple improbable, en voie de divorce, mais agréablement soutenu par une musique d'ascenseur, réminiscence d'un célèbre jeu télévisé populaire, où se cachaient les futurs esseulés.

Que dire de ces intermèdes humoristiques, lunaires imitations du rire, bouffées anaérobies d'un asthmatique en cure de Sérétide.

Que dire, surtout in fine, de l'électeur, qui aura souhaité, l'instant fantasmé d'une palpitation ventriculaire ou d'un spasme de son organe préhensile, remplir un papier jaunâtre ou gris.

Que dire. Que je suis austère, dépourvu de zygomatiques, et xanaxo-attracté.

Que dire. Il aura obtenu de l'humour, c'est vrai, on peut rire de tout, ne manquait que les clowns, les cracheurs de feu et le prestidigitateur. Il voulait des réponses, il aura ingurgité du pâté. Que dire. Qu'il attendait le Grand Débat. Il aura eu ''Tournez manège!''. Sans Evelyne ou Fabienne, mais avec Marc et Stéphanie. En ce sens, ce ne peut être une soirée gâchée. Totalement.

27/09/2011

L'erreur de communication de l'Entente genevoise.

h-20-1551550-1243365007.jpgÉditorial Radio Cité Genève, 27 septembre 2011

L'erreur de communication de l'Entente genevoise.

Impossible de passer à côté des publicités de l'Entente genevoise et du Parti Libéral-Radical publiés dans la Tribune de Genève .

La semaine dernière, le PLR accusait le PS de ''refuser d'avoir plus de gardes-frontières à Genève''. Aujourd'hui, l'Entente élargit ses critiques aux Verts et au PS, déclarant que ces partis ''veulent punir les agressions physiques en jours-amende''.

Qu'importe ici de savoir si ces critiques sont fondées ou pas, vous l'aurez bien compris, ce n'est pas le dessein de ce billet. Pourquoi la communication de l'Entente et du PLR est-elle mauvaise?

Une personne se définissant par ''ce qu'il n'est pas'' n'envoie jamais un signal fort. Déclarer ''je ne suis pas comme vous'', ''je ne suis pas comme eux'' dénote souvent (mais pas toujours) un complexe d'infériorité. Ce qui est d'ailleurs le cas aujourd'hui où l'Entente pourrait bien perdre au moins un siège au Conseil National. Pire encore, il pourrait dénoter un manque d'identité propre. C'est ce que beaucoup ont, par ailleurs, dénoncé en accusant le PLR suisse (la droite traditionnelle plus généralement) de n'avoir été que ''réactif'' vis-à-vis de l'UDC, et non considéré comme une force propositionnelle. Se démarquer, c'est essayer d'exister. Oui mais par rapport à.

Il n'est pas certain, non plus, que l'action qui consiste à ''pointer du doigt'' ou stigmatiser un ennemi politique n'accouche de résultats satisfaisants. Il suffit de penser aux qualificatifs plutôt virulents employés à l'encontre de l'UDC ou du MCG. La stigmatisation a souvent été synonyme de victimisation, et donc source quasi ''pavlovienne'' de soutien.

Enfin vulgairement, n'est-ce pas un peu crétin de se payer une campagne de pub à quelques milliers de francs, pour citer à chaque fois le nom de la personne à abattre?

Ceci étant dit, c'est tout autant sot (comme le rappelle Pascal Décaillet) de la part de la gauche de reprocher à la droite, dans un communiqué publié aujourd'hui, de ''n’avoir pas d’autres idées que de s’en prendre à ses adversaires''...