18/01/2012

Le devoir d'exemplarité ou le royaume des hypocrites

pic-1.jpgPolaroïd 01 : 59

On croit rêver. Le retour de la morale incarnée charnellement, dans ce que certains s'amusent à sortir de leur tiroir de circonstance: le devoir d'exemplarité. Plus hypocrite, tu meurs. L'exemple, c'est quoi? Une femme qu'on chérit, des enfants blondinets et des sorties au grand théâtre? Des positions itérativement répétées de missionnaire et des consommations modérées d'alcool? La course à pied au petit matin, les légumes à midi et un lavement le soir? Fil dentaire après repas, et lecture de Gibran ou de Levy au coucher.

Non. Il suffit de regarder. Les cravates alignés dans la plus digne des verticalités cachent des auréoles nauséabondes sous des aisselles détrempées. Les cachets mentholés ne font office que de paravent aux haleines éthanolées. Sans évoquer l'horizontalité des traits sur des miroirs lustrés, ni les tentatives poisseuses de membres préhensibles sur des postérieurs bombés.

On croirait les voir brandir des crucifix de la main gauche, le texte saint de la droite, les cornes cachées sous une prothèse capillaire et la queue poilue réfugiée sous un imperméable sombre.

Allez, soyez honnêtes. Le vrai devoir d'exemplarité que vous jetez en public en vous léchant la lèvre supérieure, ce n'est que pour mieux dire : "Faites n'importe quoi, mais que cela ne se sache jamais." Ainsi, on ne pourra plus vous taxer d'ignobles hypocrites. C'est déjà ça.