26/08/2011

Politiciens, fermez vos braguettes!

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J’aime l’éditorial de Sandra Jean, dans Le Matin du 24 août.

Je l’avoue, deux jours de protubérances épidermiques, de fermentation et de masticage intensif de la mandibule auront accouché de ce misérable papier. C’est long. La rédactrice en chef du quotidien orange rappelle à quel point nos politiciens doivent être ‘‘irréprochables’’. Elle a raison, à en croire ceux qui ont franchi la ligne, et surtout quand ils sont valaisans. Le titre est explicite : ‘‘politiciens, fermez vos braguettes’’.

Angle d’attaque ? Quoi qu’il se soit passé dans la suite 2806 d’un Sofitel New-Yorkais, la carrière de DSK est brisée. Selon elle, il ne faut retenir de cette histoire qu’une seule chose : ‘‘c’est que tous ces messieurs surexposés médiatiquement n’ont qu’à bien se tenir et garder leurs attributs bien au chaud’’.

Ce que j’aime encore plus, ce sont les exemples cités par la journaliste et imprimés en page deux du quotidien, à savoir : ‘‘Bill Clinton, Silvio Berlusconi, Arnold Schwarzenegger, j’en passe et des meilleurs’’. Comme si des ‘‘j’en passe et des meilleurs’’ allait assouvir ma soif de curiosité.

Ce que j’aime, c’est que le saxophoniste continue à dispenser ses conférences dans le monde entier, rémunérées grassement ;  que le Cavaliere, jusqu’à preuve du contraire, est toujours président du Conseil, détenant le record de longévité sous la République italienne ; et qu’enfin, l’ex gouverneur-cyborg traîne toujours son endosquelette à Genève pour promouvoir son association factice ‘‘R20’’.

Ce que j’aime, c’est que Nassifatou Diallo sera toujours suspectée d’avoir menti ou d'avoir fomenté un guet-apens. Au mieux, elle touchera des billets verts. Ce que j’aime, c’est qu’il n’est pas sûr que la carrière de l’ex directeur du FMI ne soit enterrée, au pire, écartée de la ligne droite.

Ce que j’aime enfin chez Sandra Jean, et aussi sordide que cela puisse paraître, c’est qu'elle pense qu'ouvrir des braguettes, referme des portes. A en croire les ''politiciens'' auxquels elle fait référence, surveiller sa braguette n'est défintivement qu'une option, pas une porte close.

 

06/06/2011

Concombres, DSK, Kadhafi et autres objets intrusifs

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Comme un crétin, je n’ai pas pensé une seule seconde à vérifier l’origine de la source. Celle qui ‘’disait’’ que les concombres étaient maléfiques. Tant de médias agglutinés à l’information, distillant avec bienveillance la malfaisance de l’herbacée. Journalistes se confondant avec la plante potagère, croquant un radis de leurs dents jaunâtres ou de leur limbe denté, devant un flux de dépêches. Certains d’entre eux, sûrement les plus vieux, diront que le terrain leur manque. Les gens aussi.

‘’Prends ton téléphone’’, leur rétorquera l’habile rédacteur en chef. ‘’C’est moins cher, et tout autant efficace’’ rajoutera-t-il en maniant un stylo noir sur un tableau blanc ‘’imitation latex 36 rue de Monthoux’’, en expectorant quelques formules telles que ‘’synergie convergente’’, ‘’complémentarité’’ et ‘’discrimination positive’’. A quelques mots près, on se croirait presque à une conférence de presse de l'office cantonal de l'emploi.

Le même rédacteur qui arrosera ses troupes du précieux liquide, fertilisant, pour les pousser à réaliser une maquette en trois dimensions de l’appartement de DSK. ‘’Trente minutes d’un journal de 20 heures sur le même individu, c’est long’’, persiflera un stagiaire payé à coups de cerfeuils, de rhubarbes et de tétragones. On lui demandera de réaliser un reportage sur le troussage de domestiques pour le punir. Marc B. lui, exulte. ‘’C’est bien mon petit’’ lui susurrera-t-il à l’oreille et de sa sombre voix imposante, religieuse et hétérosexuelle, tout en claquant le derrière d’un tendre éphèbe stagiaire.

Trente minutes exquises, autant qu’un cadavre, à supputer et prédire, pour finalement jouir sur l’expertise. Celui qui sait. Paradoxalement, lui même supputant et prédisant.

Pendant ce temps-là, un ex président d’une petite bourgade ronge sa cucurbitacée, en se remémorant le temps où il était bon de brandir l’article 296 du code pénal : ‘’outrage à concombres étrangers’’. ''Appelle Mouammar, et demande-lui s'il se considère comme un dictateur'' glissera le vieux chêne, en tirant âprement sur un bolivar asséché.