18/01/2012

Le devoir d'exemplarité ou le royaume des hypocrites

pic-1.jpgPolaroïd 01 : 59

On croit rêver. Le retour de la morale incarnée charnellement, dans ce que certains s'amusent à sortir de leur tiroir de circonstance: le devoir d'exemplarité. Plus hypocrite, tu meurs. L'exemple, c'est quoi? Une femme qu'on chérit, des enfants blondinets et des sorties au grand théâtre? Des positions itérativement répétées de missionnaire et des consommations modérées d'alcool? La course à pied au petit matin, les légumes à midi et un lavement le soir? Fil dentaire après repas, et lecture de Gibran ou de Levy au coucher.

Non. Il suffit de regarder. Les cravates alignés dans la plus digne des verticalités cachent des auréoles nauséabondes sous des aisselles détrempées. Les cachets mentholés ne font office que de paravent aux haleines éthanolées. Sans évoquer l'horizontalité des traits sur des miroirs lustrés, ni les tentatives poisseuses de membres préhensibles sur des postérieurs bombés.

On croirait les voir brandir des crucifix de la main gauche, le texte saint de la droite, les cornes cachées sous une prothèse capillaire et la queue poilue réfugiée sous un imperméable sombre.

Allez, soyez honnêtes. Le vrai devoir d'exemplarité que vous jetez en public en vous léchant la lèvre supérieure, ce n'est que pour mieux dire : "Faites n'importe quoi, mais que cela ne se sache jamais." Ainsi, on ne pourra plus vous taxer d'ignobles hypocrites. C'est déjà ça.

04/02/2011

Mark Muller

Muller_Mark_0.jpgMark Muller, 4 février 2011, 00 : 46

Je crois l’homme honnête. Je crois également l’homme légèrement dépassé par les évènements.

Je ne m’intéresse guère de savoir qui a fourni l’audit aux médias, même si entendre l’un traiter l’autre de menteur, ou l’autre traiter l’un de délateur, a de quoi susciter un sourire, à l’aube d’une date électorale importante.

 

 

© Olivier Vogelsang / TdG

L’argument qui consiste à dire que la Commission de gestion de contrôle du Grand Conseil ne pourra plus désormais fonctionner correctement me paraît relativement pertinent, tout autant que les fuites, bien que pouvant être motivées par de ‘’très nobles’’ intérêts, me semblent également concourir à ce sentiment ‘’que nul comportement ne sera impuni’’, étant essentiel à la démocratie.

La question se pose : comment un magistrat à la tête d’un département ne pouvait-il pas se douter d’un tel dysfonctionnement ?

Je le crois quand il affirme ne pas l’avoir été. Je le crois également quand il affirme ‘’qu’il n’avait pas attendu ce rapport pour se rendre compte qu’il y avait des problèmes à la gérance de l’Etat’’.

C’est juste que lorsque l’on se doute ‘’d’anormalités’’, j’aurais ressenti la naïve impression que l'on essaie de les corriger. Cinq ans, c’est long.

L’argument qui consiste à sous-entendre que ce sont les précédents magistrats qui auraient fauté, est certes intelligible, mais n’excuse pas l’inactivité de son successeur sur ce dossier.

 

Gouverner, c’est prévoir. Et aujourd’hui, c’est assumer.