03/11/2010

Vous avez dit séparation des pouvoirs?

Dark.jpgPolaroïd 16 : 52

Après le Conseil d'Etat qui censure, voici le Conseil d'Etat qui "déplore", qui "entend que".

Je vous l'accorde, le gouvernement est partie civile dans le procès de la BCGE. A ce titre, il a le droit de faire valoir ses idées, ses opinions, ses sentiments.

Le seul problème, c'est que le Conseil d'Etat est un exécutif. Le seul problème, c'est que la démocratie a inventé un concept: la séparation des pouvoirs.

En reprenant vos propres expressions Très Cher Gouvernement, puisque bien entendu, un CONSEIL d'Etat est composé de SEPT membres:

"Il eut été préférable que vous y envoyiez votre avocat, Maître Eric Alves de Souza".

Enfin, à défaut de violer la séparation des pouvoirs, vous auriez fait semblant.

 

18 : 06 Forum RSR

François Longchamp invoque l'article 124 de la Constitution.

Art. 124  Surveillance des tribunaux

Sans préjudice des règles relatives à l’organisation intérieure et au fonctionnement des tribunaux et sous réserve des compétences disciplinaires du Conseil supérieur de la magistrature, le Conseil d’Etat veille à ce que les tribunaux remplissent leurs fonctions avec exactitude.

Certes. Mais “il eut été préférable que le gouvernement veille aussi aux règles de procédure de la sélection du jury“, non ?

 

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21/10/2010

Quand l'actu tue

Jack.jpgEditorial Radio Cité, 21 octobre 2010

Si j’ai bien compris l’actualité genevoise cette semaine et avec un tout petit peu d’imagination.

Un certain Daniel Quarcoopome souhaitait organiser le concert de Prince à Genève, et plus particulièrement, au Stade de Genève. Un joli stade à 100 millions. Malheureusement, dans le même temps, Michel Chevrolet, décide, lui, de faire construire une gigantesque boîte de nuit sous le pont de la route des Jeunes. Au GHI mardi, il déclare y avoir pensé il y a deux ans déjà, le soir même sur une grande radio nationale, les deux ans se transforment en une année.

A ce rythme là, demain, l’argentin de Buenos Aires nous apprendra qu’il en a rêvé cette nuit.

Bref, le candidat à l’exécutif de la ville de Genève riposte et invoque la clause de concurrence, Daniel Quarcoopome, dévasté par la nouvelle, finit sa nuit à l’hôtel Président, commande trois bouteilles de champagne, bat sa domestique, et s’endort dans les bras de quatre filles, filles d’origine étrangère, mais déclarées non-dangereuses, raison pour laquelle l’initiative UDC ne peut être appliquée.

On connaît la suite, une trentaine de policiers empruntent le nouveau pont de la Rade, financé par une tribu elle-aussi étrangère, mais riche et donc bienvenue. Daniel Quarcoopome est emprisonné illico presto dans une cellule à Palexpo, Champ-Dollon est toujours surpeuplée, et son extension est toujours au point mort.

Michel Chevrolet, lui, est fâché. Blocage, blocage, blocage, Christian Grobet a déposé un référendum pour violation de l’article 135, alinéa 8 point 2 de la LDTR! L’ex-directeur de Léman Bleu cherche donc un lieu de remplacement pour sauver nos jeunes de l’ennui et de la morosité genevoise.

« Moa, j’irai bien à Vernier » dit-il. Pas de bol, l’endroit a failli être sauvé par Olivier Jornot, le nouveau super-héros libéral défenseur de la culture alternative, mais c’est trop tard, son ennemi juré, l’infâme sheriff Stauffer a dégainé plus rapidement. Vite une solution alternative!

François Longchamp propose de louer un hangar à Cointrin. Raté, les syndicats s’y opposent. Le président du Conseil d’Etat soumet alors, l’idée de faire des « afters » aux Automnales, en engageant de chômeurs en fin de droit. Encore raté, Genève ne peut plus prolonger ses indemnités.

Isabel Rochat lance l’idée de reprendre la patente du Velvet. Mais pas de chance, les policiers, eux ont l’habitude de se rendre à la Coupole.

Véronique (!) Künzler décide d’organiser une techno party, en plein air, sur le site de l’Allondon. Malheureusement, les grenouilles sont encore protégées.

Pierre-François Unger retourne sa veste, pas question donc d’ouvrir un club. Mark Muller, lui, essaie toujours d’obtenir des autorisations. Charles Beer et René Longet papotent dans un coin, David Hiler, lui, s’entretient avec Daniel Brélaz sur la question de l’utilité de la pose d’un anneau gastrique. Bon. Michel Chevrolet repart en Argentine, Sami Kanaan, qui ? Oui, le candidat socialiste devient maire de Genève, et nous ?

Nous. On organise un petit dîner en tête-à-tête avec la chancelière, dans un ballon suspendu au-dessus du jet d’eau… parce que les fiestas géantes à Plainpalais, ce n’est définitivement pas assez compliqué pour notre canton.

30/09/2010

Ainsi soit-il!

Pigeon.jpgÉditorial Radio Cité 30 septembre 2010

Les sept oublis capitaux. J'imagine que vous voyez de quoi je parle.

Nous apprenions donc hier que les funérailles de Monseigneur Genoud avaient été «oubliées» par les autorités genevoises.

 

Prenez une séance du Grand Conseil, rajoutez-y une élection soporifique au Conseil Fédéral, vous obtenez une occultation de l'esprit du Conseil d'État. Pas un esprit, pas deux esprits, pas trois esprits, mais sept esprits qui auraient, dans un élan communautaire de télépathie, enterré, tous ensemble, l’événement pourtant majeur en Suisse romande.

Soit.

Prenez le statut FaceBook d'un Conseiller d'Etat le 25 septembre dernier, jour des obsèques et vous obtenez son état d'esprit : "Allez Serveeeette !". Bon, pour sa défense, disons que c’est le seul représentant du gouvernement genevois qui est présent sur le réseau social. Malheur lui en a pris, le réseau social, lui ne l’aura pas oublié.

Soit.

Alors soyons clair. Que nos sept sages n’assistent pas à des funérailles ne relève pas de la faute grave, tout juste de la légère faute de goût ou de courtoisie.

Que certains croient que le Conseil d'État se soit transformé en une sorte d’escadron anti-catho brandissant le glaive de la laïcité, cela relève de la psychose. De penser qu’il vaille mieux s’afficher avec un rabbin, un imam ou un pasteur, «plus tendance», cela relève carrément de la paranoïa.

Je comprends mieux désormais les propos officiels du gouvernement dans son point presse d'hier et dans l’utilisation d’un glacial et hautain «plus-que-parfait», écoutez : "Le Conseil d'État indique qu’il eût été préférable qu’il y fût officiellement représenté".

Alors, Messieurs et Mesdames les sept victimes d’Alzheimer, on peut comprendre que vous aviez bien d’autres choses à faire, un 25 septembre. Du baby-foot, du patinage sur glace, vous engager pour un avenir durable, pester sur votre blog contre une amnistie fiscale ou profiter d’une soirée de gala, cigare à la bouche.

Mais de grâce, arrêtez de nous rouler dans la farine. Ne nous parlez pas d'oubli. Et dites-le franchement: Monseigneur Genoud, qui?

Et ainsi soit-il!

 

29/09/2010

Les 7 oublis capitaux

n746288132_739291_6363.jpg29 septembre 2010, 17 : 21

Nous apprenons donc que les funérailles de Monseigneur Genoud ont été oubliées par les autorités genevoises. Prenez une séance du Grand Conseil, rajoutez-y une élection soporifique au Conseil Fédéral, vous obtenez une occultation de l'esprit du Conseil d'Etat. Pas un esprit, pas deux esprits, pas trois esprits, mais sept esprits.

Soit.

Prenez le statut FaceBook d'un Conseiller d'Etat le 25 septembre dernier, vous obtenez son état d'esprit (je cite): "Allez Serveeeette !"

Soit.

Je comprends mieux désormais les propos officiels du gouvernement dans son point presse d'aujourd'hui: "Le Conseil d’Etat indique qu’il eût été préférable qu’il y fût officiellement représenté".

Mais de grâce, ne me parlez pas d'oubli. Et dites-le: Monseigneur Genoud qui?

Ainsi soit-il!

07/06/2010

La vacuité "bis repetita placent"

tonneau-des-danaides.jpg

7 juin 2010,

Il est probablement de bon ton, de critiquer des promesses. Seront-elles tenues?  L'élongation effective de celles-ci n'est pas digne d'un catalogue Veillon, ou Védia, c'est selon l'origine sociale. On aurait en effet pu dire la Redoute.

L'élasticité de la membrane primaire est-elle électo-orientée? Qu'en sais-je?

A savoir si les visions de Genève sont sublimes? Non, elles ne le sont pas. "La nuit est sublime, le jour est beau" disait Kant. "La tragédie est sublime, la comédie est belle", rajouta-t-il.

Le sentiment du beau dégénère, lorsqu'y manque absolument la noblesse, et on le dit alors fade.

Le sont-elles? Oui.

La promesse de tenir toutes ses promesses est-elle fade? Non, elle ne l'est pas si l'intention de celui qui la formule est sincère. Nos sept sages le sont-ils? Pas tous.

Reste la carcasse. Une imposante carcasse.  Des maux sur lesquels, sans doute, ils se repaîtront. La politique est une guerre.

Mais ne vous déplaise, au final, je préfère des mots vides, que pas de maux du tout. Ils auront la mémoire courte, 2013 est si loin. N'en voulez pas à ceux qui gouvernent, plutôt à ceux qui les élisent.