04/01/2012

Christoph Blocher est-il coupable de viol?

peste_bubonica.jpgPolaroïd 23 : 10

Que n'entendons-nous pas? Que l'infâme Christoph ait violé une chose? Oui, le secret bancaire. Et alors? C'est vrai qu'il n'est pas de bon goût de s'attaquer aux morts, je le conçois, la nécrophilie étant difficilement défendable. L'argument des détracteurs est pourtant audible. Christoph B. s'est battu pour la sauvegarde du secret bancaire (mais surtout de sa violation) contre les attaques allemandes et françaises. Donc, violer ce même droit pour attaquer Philipp H., patron de la BNS est inacceptable.

Quelques précisions. Le premier auteur de la dite violation est l'employé de la banque Sarasin, qui a ensuite fourni les documents violés à "un avocat proche de l'UDC". Voilà pour la chaîne causale. Il y a l'auteur. Il y a les complices. Soit. Christoph B. est un complice. Complice de quoi? Nier que le dessein soit éminemment politique, orienté? Non. En effet, l'infâme n'est ni bête, ni dupe, ni crétin. Que l'infâme se soit trompé? Peut-être. Et alors?

Que l'infâme ne dénonce que ce qu'il lui sied ne me pose aucun problème. Vous avez vu un socialiste dénoncer un scandale concernant son parti? Vous avez vu un libéral assassiner un collègue? Bon d'accord, l'affaire est courante. Vous avez vu un radical balancer un copain? Non. Niet. Never. L'argument de la morale, de l'intégrité ne tient pas en politique. Christoph B. se serait-il abstenu de violer qui que ce soit si cela concernait son parti? Certes. A-t-il eu raison de violer lorsque la victime pouvait le servir? Oui.

Je n'hésiterais pas à violer lorsqu'il s'agit d'interroger. Quelles que soient les motivations. Quel que soient les appels à la morale, à la loi et à son respect. La primauté du but sur l'origine.

01/02/2011

Christoph B.

Ch.jpgBillet d'humeur Léman Bleu, Genève à Chaud, 1 février 2011

Très Cher Christoph B.

Oui, je me permets de vous prénommer de la sorte, puisque si j’ai bien compris, c’est de cette élégante façon que vous prénommez les étrangers, attention, criminels de surcroît. Non pas que vous soyez criminels à mes yeux Monsieur B., mais ‘’étranger’’ à mes pupilles. Pupilles bien évidemment dilatées, à force de vous lire et de vous voir encore dans les médias.

Elu un 10 décembre 2003, vous avez mis un visage sur ce parti que nous, romands, traitions de ‘’Säulipuur’’ comme dirait mon beau-frère lucernois que j’apprécie par ailleurs énormément.

En ce jour de décembre, quelle ne fût pas ma peine, mon chagrin, de voir éjectée du Conseil Fédéral ma petite Ruth, Ruth Metzler que j’appréciais particulièrement pour ce sourire si publicitaire, cette coupe de cheveux à rendre jaloux même votre propre président de parti Toni Brunner.

Heureusement, votre entrée au gouvernement a ressuscité l’apparition des läkerlis sur nos tables de Noël, le drapeau suisse sur nos balcons, et l’inévitable Luzerner Alpenbitter dans nos estomacs.

On peut vous aimer ou pas, partager vos idées ou les conspuer, vous traiter de populiste ou de conservateur, ce n’est pas avec ces armes-là qu’on se bat.

C’est avec des arguments, de la sueur, des slogans, des parlementaires, des idées, des mots et surtout les urnes qui finiront par terrasser ou pas, le lion Blocher. Les mêmes urnes qui feront du Lion, peut-être un Phoenix, lorsqu’il s’agira de le présenter au Conseil National, en octobre prochain.

Puisse ses ailes en supporter les brûlures ou la divine caresse, à la lumière de ce qu’autres appellent : la populace.

Très Cher Monsieur Blocher. Bien à vous. Soyez prudents, la relève équestre est ‘’belle’’… et bien là.

17/11/2010

Christophe & Ricardo

LH.jpgChristoph et Ricardo.

Deux prénoms d’emprunt mais bien connus de notre rédaction.

Tous les opposent. La couleur de peau, tout d’abord, l’un a été le premier Conseiller National de couleur à franchir les portes du parlement, l’autre a été le dernier blafard Conseiller Fédéral à en sortir par la fenêtre ou la cave on ne sait pas, à coup de pied au derrière et scalpel dans le dos. Mais ne broyons pas du noir, c’est le jeu de la politique, et la politique est une guerre. Justement, le parti politique ensuite, l’un est UDC, l’autre est socialiste. Enfin, l’un est ultra riche, l’autre ultra pauvre.

Riche à pouvoir s’acheter un grand quotidien bâlois, la Basler Zeitung, l’autre à s’accrocher à son siège, il est vrai que sans les 120'000 francs qu’il gagne chaque année, les cadeaux de Noël se limiteront à un crayon gris Caran d’Ache pour le petit, une poupée Barbie, sans protubérance mammaires, ni cheveux blonds, ni jambes élancées, pour la fille. « C’est le modèle pour les pauvres » répond la vendeuse en ricanant.

Alors que Christoph a toujours été soutenu par sa horde d’agriculteurs, Ricardo, lui, est prié, ô seigneur, de quitter le parti, manu militari. On ne plaisante pas avec la fraude chez nos camarades. Il s’est donc exécuté hier. De quitter le parti, mais pas son siège. Malin le Ricardo.

Bon, il est vrai que le premier avait également été puni pour fraude électorale. En 94, le vil Christoph Blocher avait échappé à la justice pénale, grâce au refus de ses copains de lever son immunité parlementaire. Le petit Christophe n’avait alors reçu qu’un petit blâme.

Il est vrai, encore que, Christophe avait voté à la place de l’un de ses collègues, on est bien loin de 44 bulletins de vote que Ricardo avait signé lors de son élection au Grand Conseil en 2006.

Mais bon, nous dit-on. Notre socialiste « voulait aider les gens à remplir leur bulletins ». L’autre par contre, a agi de manière perfide, la trahison. S’adressant à sa collègue, Lisbeth Fehr, membre de son propre parti, il a dit : « Lisbeth, es gibt ein problem mit deinen Haaren ». S’éclipsant quelques minutes pour refaire son brushing, Christoph avait déjà appuyé sur le bouton, « probablement au cours du débat sur l'égalité entre hommes et femmes », apprend-on de la justice. Traître et misogyne, on est bien loin de notre innocente blanche colombe, qui a pêché par naïveté.

Ce que je propose. C’est qu’on rajoute « la fraude électorale » à la liste des crimes dans l’initiative du renvoi des confédérés-criminels, initiative des jeunesse socialistes.

Du coup, Christoph, au-revoir Bâle, retour Zürich. Ricardo, bye-bye Berne, retour à Berne, puisqu’il est Conseiller National Bernois. Christoph est satisfait, on n’aura jamais renvoyé un criminel pour aussi peu d’argent.

Je vous le dis, tous les opposent. Le pauvre s’accroche au pouvoir, le riche l’a bien évidemment abandonné.