24/08/2011

La rentrée? Elle sera sécuritaire.

pic.jpgPolaroïd 19 : 00

Je ne sais toujours pas trop ce qu'est l'insécurité. Ni ce qu'est un ''sentiment'' d'insécurité. Sûrement parce que je ne me suis pas encore fait ''car-jacké'' ni agressé. Tout juste bousculé par une odeur nauséabonde d'un dessous de bras exsudant dans un tram bondé. Ou une main sale au détour d'un office postal ou d'une banque. Pourtant, ce n'est pas faute d'avoir traîné dans les quartiers mal réputés, de lire avec assiduité les faits divers, le profil FaceBook de Michel Chevrolet ou de Lee Ramirez, et sillonner le parc Saint-Jean à la nuit tombée pour inéluctablement finir par converser avec des pelleteuses.

J'avais pourtant bien appris ma leçon: la droite de l'échiquier politique m'avait enseigné l'insécurité, avec ses termes imagés et autres adjectifs faisant appel aux consonnes fricatives uvulaires voisées. La gauche? Le sentiment d'insécurité fourni avec le manuel: trois cent pages de la chaîne causale qui mène l'agneau immaculé au malfaisant chacal.

Toujours rien. Aucune palpitation ventriculaire. L'ECG est plat. J'ai eu beau grandir dans la même rue que Micheline au Grand-Lancy, toujours pas de battements convulsifs ni de grave constat de détérioration. J'imagine alors qu'être Conseiller Fédéral peut troubler les fonctions cognitives, c'est vrai, pour sa défense, je ne suis pas fils de diplomates. Une érosion? Je le concède, sans m'habituer néanmoins à la consommation régulière de Xanax. Inéluctable? Je m'y résigne. Pas malin pour un sou, j'ai quand même deviné que la pose de caméras aux frontières allait nous permettre d'attraper de vils brigands, même si je ne comprends toujours pas comment la douzaine d'hommes qui compose la brigade volante allait les arrêter. J'ai aussi bien compris que la situation était grave, à en croire le renforcement de la présence policière la nuit, annoncée aujourd'hui par Isabel Rochat. Visiblement, elle est grave depuis deux semaines.

En clair, je n'y comprends plus rien. J'ai cru à une année sans nucléaire et au retour des centrales à gaz et autre énergie hydro-électrique, à une année sans femme de ménage, une autre sans la Grèce, après? Sans l'Europe.  Heureusement, après avoir écouté Roberto Broggini, Céline Amaudruz et Christian Antonietti à Forum sur la RSR ce soir, j'ai tout compris. Limpide. Cette rentrée? Elle serait sécuritaire.

10/05/2011

L’été meurtrier. Des roms.

pic.jpgL’été meurtrier. Des roms.

Seul une légère caresse d’un vent venu du nord pouvait encore effacer cette horrible puanteur. La putrescente puanteur de celui qui a fait de son habitat, ses propres fesses. Son jardin ? L’angle d’une UBS ou de la Migros. ‘’Il n’est pas complètement crétin’’, avouera à mots ricanés un homme de passage. Le gnome, visiblement demi homme à en croire sa posture, dérange. ‘’Moi pas avoir argent’’, ‘’Moi enfants’’ sont les seules syllabes qu’il expulsera dans un français approximatif et une lourde logorrhée. La grammaire étant optionnel pour ceux qui auront reçu ‘’ce cadeau qu’est l’école’’, rajoutera le badaud n’ayant apparemment pas détourné son regard de l’horizon. C’est vrai, ‘’leur tenue, tant vestimentaire que physique’’ créent un sentiment d’insécurité. Sans compter ‘’leur problème d’alcool’’, déclarera un illustre porte-parole de la police.

Le conseiller National Christian Lüscher, qui visiblement lit avec attention le Temps, s’offusque des 40'000 francs suisses offerts par la ville de Genève à l’association Mesemrom. ‘’Association de défense et de soutien aux roms de passage à Genève’’, peut-on lire sur leur site internet.

 

Très Cher Monsieur Lüscher.

Affirmer que ‘’le but principal [de l’association Mesemrom] consiste à contester les amendes infligées aux mendiants illégaux et à calomnier les policiers qui ne font pourtant que leur travail’’ est une accusation légèrement approximative.

Je n’oserais remettre en cause, bien évidemment, votre hostilité à ces gens qui harcèlent le bon citoyen, à ceux qui s’enivrent aux frais d’une bourse subtilisée, ou encore la gêne occasionnée par tant de misère urbaine et la descente verticale d’une pupille dilatée sur un homme tronc. Non.

Ne méprenez pas mes propos. Mesmerom joue son propre rôle : ‘’défendre’’. Vous ? Vous attaquez. Les roms sont-ils tous respectueux des lois ? Visiblement pas à en croire l’illégalité de la mendicité dans notre canton. La police outrepasse-t-elle ses droits ? Vous connaissez la réponse.

Je tiens à rappeler que ‘’le problème’’, puisqu’il l’est à vos yeux et aux yeux d’un nombre conséquent d’autres genevois, que la problématique des roms dépasse largement les compétences de la ville de Genève, et probablement de nos autorités fédérales. La solution à cette problématique n’est visiblement pas, pour le moment, légale, à en croire la lenteur des procédures (amendes, poursuites, etc.) mais bien sociale.

Vous offusquer alors de ces 40'000.- me paraît alors relever de l'émergence hirsute et émotionnelle d'une pilosité érectile. Comme l’été.

21/03/2011

Faut-il engager des frontaliers comme Assistants de sécurité publique ?

dyn004_small150_300_350_jpeg_47953_ab7845ac2269e6a4601d5680dfde7f11.jpgFaut-il engager des frontaliers comme Assistants de sécurité publique ?

C’est ce qui a provoqué l’indignation du président de l’union du corps du personnel de la Police genevoise, Christian Antonietti, en apprenant, qu’effectivement, trois ASP frontaliers auraient été formés l’an passé.

Première constatation avant de crier aux invasions barbares : un agent de sécurité publique n’est pas un gendarme. Il est considéré, aux yeux de la loi, comme un fonctionnaire. Il occupe des tâches administratives. Un fonctionnaire particulier certes : un secrétaire qui répond au téléphone, une personne qui se charge du transfert des détenus ou encore un individu qui protège nos ambassades, en rappelant que cette mission avait été confiée à l’armée, autant dire: à vous, à moi, au fleuriste et l’avocat. En outre, sa formation dure 4 mois contre 12 pour suivre une école de police traditionnelle.

Deuxième constatation : on comprend bien la prise de position du syndicat qui craint, à juste titre peut-être, qu’on crée une police ‘’au rabais’’. Un syndicat étant en charge de la défense des intérêts du corps de métier qu’il défend, nul doute que Christian Antonietti est entièrement légitimé à pousser des hurlements. Le problème, c’est que dans l’acronyme UPCP est contenu le mot ‘’police’’, et que les agents de sécurité publique ne sont pas des policiers.

Troisième constatation : le département d’Isabel Rochat évoque trois personnes dans cette situation. Chiffre à relativiser quand on connaît le nombre total d’agent de sécurité publique : 160 et que le nombre de gendarmes à Genève se monte aux alentours des 1300. Même si je réitère l’argument : les ASP ne sont pas des policiers mais bien des fonctionnaires.

Que des infirmière nettoient nos vieux, oui. Mais ne venez pas me parler de sécurité?  C'est l'étrange amalgame envoyé hier par l'UPCP. Etonnant quand on sait que Christian Antonietti rêve de voir ses policiers dans la rue.

C'est aussi le titre de mes confrères de la Tribune de Genève: ''la Police genevoise a engagé des travailleurs frontaliers''. Ils auraient pu tout autant titré: ''les HUG engagent des travailleurs frontaliers''.

07/02/2011

Comme un lundi

439.jpgPolaroïd 19 : 07

Comme un lundi 7 février.

08:07 Tribune de Genève: Lire en page 19 qu'Isabel Rochat ne sait pas pourquoi le nombre de détenus chute à Champ-Dollon.

18:35 Plate-forme des blogs de la Tribune de Genève: Assister à un pugilat verbal entre Boris Drahusak et Michel Chevrolet sur la nature des investissements.

18:44 Plate-forme des blogs de la Tribune de Genève: Lire Antoine Bertschy, supputant que les fuites de la Commission de Gestion de contrôle pourraient provenir d'un exécutif.

19: 05 Genève à Chaud, Léman Bleu: Entendre Thierry Oppikofer suspecter Christian Grobet d'être à l'origine des ''villas à 950 .-''.

 

Je comprend mieux la déclaration du président du syndicat de police ce matin, 07:14 sur Radio Cité Genève:

''les policiers n'arrêtent plus''.

Bien évidemment, sans une feuille d'avis officiel, pour vérifier l'une, et une seule, de ces informations.

01/02/2011

Antonio H. VS Christian L. VS Pascal D.

001226bb_medium.jpegPolaroïd 13 : 00

Je constate (dans la plus grande des délectations) avec quelle fougue, quelle verve les esprits se sont échauffés suite au billet fortement inspiré, pour ne pas dire inhalé, de mon confrère, Pascal Décaillet sur le voyage du frère Antonio en Tunisie.

Je constate surtout avec quelle maîtrise du machiavélisme dans sa forme originel (celle de Nicolas), le journaliste a suscité la cinquantaine de commentaires sur le profil du Vert genevois.

Bien entendu, celui que certains appellent déjà le Maître, aura eu raison de laisser les langues se délier et les plumes couler, puisque personne ne semble avoir pris le temps de questionner le principal intéressé. Une sorte de Grand Architecte, mais sans compas ni équerres.

 

21/01/2011

Christian G.

slow-motion-bullets-1.jpgPolaroïd 11 : 10

Christian G.

C’est un vieux renard. Un technicien du législatif. Un fou de la LDTR. Les yeux ulcérés, l’écume aux lèvres. Il ne nous regarde jamais, une absence révélatrice.

Qu’importe la bannière, qu’importe le socialisme, qu’importent le Conseil d’Etat, le Conseil national ou le Conseil Fédéral.

Qu’importent les critiques, qu’importent les erreurs, qu’importent les louanges.

Qu’importe l’âge.

Il ne gagne pas à tous les coups, suscitant admiration et haine. Il se bat comme un chien de combat, alimenté aux amphétamines idéologiques. Il ne desserrera pas la mâchoire.

Comme une balle dans un champ de guerre, déchiquetant au passage, muscles, tendons et viscères.

Comme Christian G.

03/11/2010

Lettre ouverte à Christian L.

Camarade.jpgLettre ouverte à Christian Levrat, président du parti socialiste suisse.

Très Cher Camarade.

Je me permets de prendre la plume aujourd’hui pour vous écrire ce petit message. J’ai bien léché mon timbre : courrier A, mais plus de 100 grammes donc 1 franc 30; parce que vous le savez bien, j’y ai glissé, non pas un explosif, mais une bombe pour le réveillon: cotillons, masques et sifflets rigolos qui font du bruit! J’espère que vous apprécierez.

Très Cher Camarade, je prie tous les jours que Dieu fait, que vous recevrez cette lettre le plus vite possible dans votre case postale, numéro 7876, Spitalgasse 34, 3001 Berne.

Je suis actuellement à l’école de recrue de Savatan, en Valais. On s’y amuse bien, mes camarades-recrues sont gentils avec moi, même si le Fendant a tendance à me faire mal à la tête. Heureusement, Maman m’envoie toutes les semaines un immense paquet avec mes deux journaux préférés, Spirou Magazine et le Courrier… Elle m’a également fait parvenir quelques aspirines et une boîte de préservatifs aromatisés à la williamine, « les valaisannes ne sont pas farouches » m’a-t-elle prévenu.

J’ai longuement hésité, avant de vous faire parvenir cette lettre. J’ai appris que l’armée allait disparaître !

Très Cher Camarade… allez osons, appelons-nous par nos prénoms. Très Cher Christian, j’ai eu très peur quand votre parti a souhaité la mort de notre « Schweizer Armee ».

Tout d’abord, j’ai cru que vous étiez très fâché contre moi.

Je sais, je vous ai déjà appelé à de nombreuses reprises sur votre portable : le 079 240 75 57. Je vous jure, Christian, ce n’était pas du harcèlement, j’avais juste quelques questions à vous poser… pour moi, ou pour nos auditeurs. (Ah oui, j’oubliais Camarade, je travaille dans une radio).

J’ai cru donc, que vous étiez très fâché contre moi… mais, quel sot je suis, vous ne répondez plus aux radios locales, « trop peu d’auditeurs » m’aviez-vous répondu. Pas grave Christian, je vous rassure, je n’ai pas pris ma carte chez les communistes !

Ensuite, je me suis dit : ça y est, Christian ne veut plus que je lui envoie des lettres par courrier militaire. Ou alors : Christian ne veut plus que Maman m’envoie du saucisson de cerf fumé et du pinot blanc genevois. Et le meilleur moyen d’y parvenir, je vous le donne dans le mille : abolir l’armée !

Je savais que vous étiez un fin stratège, mais à ce point-là, Christian, vous n’êtes plus le roi de la manigance, mais le pape de la fourberie, le seigneur de la machination, le Eric Stauffer d’Onex-sous-Bois.

Et puis, je ne suis pas idiot tout de même, je me suis bien rendu compte que tout le monde autour de moi, pestait contre l’armée. Mes camarades-recrues tout d’abord, qui se plaignent de perdre leurs temps à ne rien faire, sauf les valaisans, qui en profitent pour siroter au goulot une bouteille de petite arvine, mon patron qui peste contre cette longue absence de son plus innocent employé, mes amis qui ne comprennent pas bien comment on allait sauver la Suisse des envahisseurs à coup de blindés et de fantassins, et enfin ma Maman adorée, qui pleure de ne pas revoir son fils chéri.

Si j’ai bien compris, personne n’est satisfait par notre grande armée. J’avais aussi saisi que vous ne m’en vouliez pas personnellement. Ouf !

Bon, je dois vous le confesser Christian, je n’ai pas compris pourquoi de vilains journalistes et de fourbes politiciens vous accuse de trahir votre statut de parti gouvernemental, pourquoi on dit de vous, que vous êtes rentré dans l’opposition.

Moi, du haut de mes 18 ans, je vois en vous un grand homme, un visionnaire, un génie, le Pablo Picasso de la politique, le Che Guevara helvète, le Lennon du parti social-démocrate. Moi, comme vous, j’ai plein d’idées à vous faire partager: augmenter la taille des tubes de Cenovis, rajouter du gaz au Rivella, ou alors construire plein de logements à Genève.

Alors comme vous ne répondez plus à votre téléphone, Christian, je vous donne le mien : c’est le 079 904 71 48. Appelez-moi Camarade !

28/10/2010

Quand le lion dort, la hyène rit

Seins.jpgPolaroïd, 10 : 32

Dans un éclair de génie ou de flair de hyène, le MCG modifie son affiche. «Vous ne vouliez pas du père?», «Je vous livre le fils !».

Et si Mouammar a pris en otage deux ressortissants suisses, le parti d'Eric Stauffer kidnappe les médias.

«Si cette nouvelle affiche entre également dans le séquestre provisoire, le MPC devrait étendre cette mesure à l’ensemble des médias présents et actifs en Suisse. Cela signifie qu’il faudrait retirer de l’ensemble des sites Internet tous les articles causant un outrage aux citoyens Khadafi, souligne le MPC».

Génial, non?

Croyez-bien que je ne suis ni sbire ni suppôt ni porte-parole, et si je le suis, c'est à mon insu, je vous le jure Monsieur le Président.

Je n'aime juste pas la censure, ni le bon goût, ni l'amère impression qu'on fait usage sélectivement de la loi.

Quant aux propos de Me Luscher (l'umlaut n'étant plus nécessaire, le Conseiller National PLR jure qu'il ne sera jamais Conseiller Fédéral), ce matin sur nos ondes:

«ô, vous savez le MCG, c'est un peu le miroir de nos faiblesses politiques, nous les partis traditionnels. Si le MCG existe, c'est un peu de notre faute donc, maintenant nous devons vivre avec. (...) Les électeurs leur ont laissé une première chance, il n'y en aura pas deux».

Oui Monsieur Luscher, s'il existe, c'est de votre faute. Et si «vivre avec» est votre seule réponse, c'est effarant.

Quant à votre dernière prédiction, c'est justement avec un telle assurance (mépris?) que le MCG a raflé 17 sièges au Grand Conseil.