28/07/2011

La co-responsabilité de l'extrême droite de Carlo Sommaruga

300px-ErnstStavroBlofeld.jpgPolaroïd 23 :14

Carlo Sommaruga s’est fendu d’un billet fort intéressant sur son propre site pour pointer du doigt ‘‘la droite nationale populiste’’ qu’il exhorte à ''assumer sa co-responsabilité intellectuelle’’ dans cette tragédie norvégienne. Le Conseiller National va plus loin encore : ‘‘la droite nationale-populiste européenne, mais aussi suisse, est intellectuellement co-responsable du terrorisme politique qui a fauché à Oslo des dizaines de vies innocentes’’.

Selon lui, ‘‘cet acte de terreur’’ ne peut être dissocié du ‘‘climat politique et social créé par les partis d’extrême droite européens qui déversent inlassablement sur les populations leur haine et leurs idées racistes et anti-islamistes’’. Voilà pour le squelette de l’argumentaire, je vous invite cordialement à lire ce papier ici dans son intégralité.

Carlo Sommaruga identifie deux stratégies de l’extrême droite afin de se déresponsabiliser : celle de prétendre que ''l’on est confronté à un acte isolé d’un aliéné'', et celle ''d’invoquer la récupération politique pour tenter de mettre hors-jeu l’interlocuteur’’.

Difficile d’argumenter avec le Conseiller National sur le terrain brumeux de la responsabilité, les réponses n’appartiennent qu’à la classe marécageuse des supputations. Tâche ardue que de trouver des coupables, ‘‘co-responsables’’ n’hésitera pas à préciser le genevois, la causalité des actes humains tombant sous le joug des probabilités. Qu’un homme puisse s’inspirer des thèses extrémistes pour passer à l’acte est une possibilité, une parmi d’autres et sûrement pas la seule.

Quelle est la responsabilité de ceux qui émettent des messages ? Comment les messages sont-ils entendus ?

A la seule différence de Carlo Sommaruga, là où le Conseiller National voit un ''lien intellectuel bien réel'', je vois une doxa, une impression. Là où il voit des discours haineux inspirants, je vois aussi de la liberté d’expression. Nauséabonde parfois également. J’apprécie la tentative d’explication. Je crains qu’il n’y en ait pas. Ni en Norvège, ni en Suisse. J'apprécie la tentative d'esquisser les causalités, même si elles m'apparraissent vaporeuses. J'apprécie, mais trouve Carlo Sommaruga bien confiant. De ses opinions...

 

 

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11/06/2011

Sommaruga, Rielle et Zysiadis ou l’art de faire du bateau

shapeimage_1.jpgPolaroïd 23 : 28

Je sais, je me faire insulter. Mais je me réjouis de les entendre sur ce sujet.

Pour tout vous avouer, je ne suis ni pro ni anti palestinien. Pour tout vous avouer encore, je n’y ai jamais foutu un seul de mes pieds. Un peu plus du côté de la frontière libano-israélienne. Un peu plus du côté israélo-libanais. Y compris dans les camps palestiniens.

Enfin, pour tout vous avouer, je me pose beaucoup de questions quant à cette flottille poétiquement intitulée ‘’Freedom Flottilla II’’, escapade humanitaire composée, à ce jour, de 20 bateaux représentant 20 pays.

Qu’on souhaite ‘’libérer’’ la Palestine, que ses affinités avec les choix du gouvernement israélien se rapprochent de zéro, ne me posent aucuns problèmes. On est encore libre de défendre les causes qu’on veut, y compris celle de vouloir faire du bateau ou de vouloir cesser de rembourser le dépistage du cancer du sein pour les femmes. On s’en fout, on nous rembourse le dépistage du cancer de la prostate.

Revenons à nos moutons blancs.

Si j’ai bien compris, parmi les moussaillons de cette flottille helvétique: quelques conseillers nationaux, à savoir Joseph Zysiadis (POP), Carlo Sommaruga (PS) et Jean-Charles Rielle (PS). On l’aura bien compris, le geste est symbolique. 4'000 tonnes d’aides humanitaires ne sauveront pas le peuple palestinien des misères qu’il endure. ‘’Pourquoi ? Comment ?’’ n’est pas le sujet de ce présent billet. Leur but ? Dénoncer le blocus de Gaza et réaffirmer la souveraineté des palestiniens sur leurs territoires. D’accord.

Vous me direz : ‘’c’est mieux que rien’’. Je vous l’accorderai sans concessions. Non, ce qui me dérange, c’est la présence de nos trois conseillers nationaux. C’est vrai, à titre individuel, ils sont encore libres de défendre n’importe quelles causes. C’est vrai également, on peut, tout à fait, aussi symboliquement expulser une fois par année ou deux, notre indignation.

C’est juste que j’ai beaucoup de peine, en général, avec les gens qui défendent 160'000 causes par année. Comment peut-on sauver la Palestine et, dans le même créneau horaire, voter la sortie du nucléaire, le droit de recours, et les bilatérales III ?  Soit on s’engage pour ‘’libérer la Palestine’’ (comme si le conflit israélo-palestinien se résumait à cela) et on arrête de siéger à Berne, soit on s’occupe de ce pourquoi on a été élu.

De un, je pense sincèrement, et s'il s'agit du but, qu’il y a beaucoup mieux à faire pour aider le peuple palestinien, ou la pacification israélo-palestinienne. A Genève, terre d'accueil de l'ONU et au parlement, par exemple. De deux, l’activité qui consiste à monter sur un bateau frôle l’opportunisme politique. Mais, je réitère: je me réjouis de les entendre sur ce sujet.