27/08/2010

Celui qui se querelle avec un ivrogne frappe un absent

 

pendaison.jpg27 août 2010

Acta fabula est. Les rideaux se sont clos, ses yeux avec. L'acteur se sera finalement effondré, seul sur la scène. Obscène: qui n'a pas sa place sur les planches, où quand les planches servaient à l'échafaud.

La tempête s'est éloignée. Du tonnerre ne reste qu'un vague pouls arythmique. Du front du spectateur bien-pensant ne reste que des gouttes de pluie ou de sueur. La lame aura touché, le but atteint.

Vouloir réintroduire la peine de mort a suscité une vague d'indignations. On a débattu. La machine médiatique s'est affolé, ou fait avoir, c'est selon. Sur les blogs, sur les réseaux dit-sociaux, sur les lèvres des politiques et des journalistes; la honte a porté la couronne.

Mais qui, pour s'intéresser aux motivations de ceux qui ont déposé le texte? Qu'ont-ils vécu? Pourquoi? Le pouls arythmique est devenu asynchrone, et a fini par mourir.

Je me souviens avoir entendu mon grand-père tenir des propos racistes. Je me souviens avoir partagé un été avec un collègue profondément anti-frontalier. Je me souviens avoir demandé à Evelyne Widmer-Schlumpf comment comptait-elle s'en prendre à l'islamophobie.

Aux pourquoi, mon grand-père m'a répondu: l'adultère. Mon collègue: le chômage. Evelyne: quelle islamophobie?

"Comme si l'Histoire ne servait à rien" écrivait Pascal Décaillet. " Comme si tout, à chaque fois, était à recommencer". Je ne peux que lui donner raison.

 

Les rideaux se sont clos, ses yeux avec.