08/11/2011

Maître Bonnant n'est pas maître d'école, encore moins maîtresse de maison

pic.jpgPolaroïd 00 : 30

A propos des propos de Maître Marc Bonnant.

Le verbe est toujours lourd, la syntaxe agglutinante et la sémantique délicieusement indigeste. Mieux, excluante. Oui, le propos est ironique. Maître Bonnant n'est pas maître d'école, encore moins maîtresse de maison. La hausse du coût de l'assurance-maladie? Imputable à une bande de gueux dont les responsabilités sont inversement corrélées à leur propension à tomber malade. Les bonnes? Bonnes à être troussées. Dieu? Un fantasme qui, par essence, n'existe pas mais qui se désire. Le droit à l'oubli? Un mythe. L'Islam? L'autre.

Maître Bonnant n'est pas maître d'école, encore moins maîtresse de maison. Ils l'abhorrent, je crains qu'il ne s'en moque. Le politiquement correct l'insupporte autant qu'un ornitophobiaque, aux psittacus cela va de soit. Paradoxalement pour un homme de planches et de parquets, l'homme est étymologiquement obscène. Pense-t-il ce qu'il dit? Dit-il ce qu'il pense? Je n'en sais rien. "Au début, l'étonnement" disait Jeanne Hersch.

Je ne sais toujours pas s'il faut s'inquiéter pour Marc Bonnant de n'avoir suscité que si peu de réactions, ou s'inquiéter tout court. S'alarmer que le polémiste n'excite plus aucuns filaments épidermiques, synonyme d'aphasie collective. Ou de pythie annonciatrice d'une déchéance annoncée. Celle-là même qui proférait frénétiquement ce cri: Maître Bonnant n'est pas maître d'école, encore moins maîtresse de maison.

08/11/2010

La froide Justice et la squelettique Faucheuse ne font pas de bons amants

Mort.jpgMourra ? Mourra pas ? 8 novembre 2010

Ce qui a fait la une de l’actualité ce week-end, ce n’est ni la réouverture d’une boîte de nuit genevoise, ni la demande de naturalisation du fondateur de Wikileaks, ni le président du MCG assailli par une meute d’humoristes ratés dans la plus fameuse émission de la RSR, non.

Ce qui a fait couler de l’encre dans les rotatives ce week-end, ce qui a alimenté le tube cathodique, c’est un fumeur de joints, un vigneron, un écologiste, un agriculteur, mais surtout un cas d’école bien embarrassant.

Ce qui a fait l’actualité ce week-end est doté d’un prénom : Bernard. Et cette question lancée brillamment par une sordide consœur avinée: ‘’mourra, mourra pas»?

Alors, tout le monde y est allé de son petit avis, de son commentaire, voire pour les plus talentueux, d’un langoureux éditorial. Langoureux certainement, mais totalement inaccessible aux plus basses couches de notre société, éditorial signé Maître Marc Bonnant, page 18 du Matin Dimanche.

Certes, l'avocat manie la plume comme d’autres maîtres usent de l’épée ou du Katana : tranchante et aiguisée ; mais avec ce degré de complexité, avec cette richesse exagérée de vocabulaire, le maître ne coupe plus des têtes, mais des sashimis ou des mille-feuilles accompagnés d’une « cup » de thé anglais, et le petit doigt levé s’il vous plaît. On lui donnera pourtant raison: rien n’est plus insupportable à la Justice que de voir son condamné fuir sa peine dans des limbes sûrement enfumées.

Pour notre confrère, et non pas consoeur, Ariane Dayer, rédactrice en chef du journal dominical, le cas « Rappaz » est tout tranché comme de la mortadelle: « on ne laisse pas mourir les gens dans une démocratie ». Surtout pas quand on est né dans un rupestre canton catholique : le Valais.

D’accord.

La problématique est épineuse. On en vient presque à imaginer Maître Bonnant expulser un orgasmique : « c’est un dilemme ma petite, une tragédie, mon chaton ! » en citant pêle-mêle Thomas d’Aquin, Kant, John Stuart-Mill et Lady Gaga.

Ne pas appliquer la peine, ou permettre à Bernard de rentrer chez lui, donnerait à la fois l’image d’une justice à deux vitesses, mais également des idées aux autres condamnés qui eux aussi, pourraient passer par la case « privé de nourriture ». Appliquer la peine, et sous réserve de la volonté du chanvrier, pourrait susciter une vague amertume et de longues insomnies à la ministre de la justice valaisanne. Reste l’option de renvoyer le chanvrier dans son Valais natal, jusqu’à ce que le Grand Conseil se prononce sur une demande de grâce, le 18 novembre prochain.

Maître Bonnant jubile. La froide Justice et la squelettique Faucheuse ne font pas de bons amants.

Enfin, hier soir, après m’être rendu coupable de la gloutonnerie littéraire et télévisuelle la plus infâme, on a pu enfin, et contrairement à d’autres, se reposer, avaler un petit en-cas, déguster le doigt levé une petite tasse de thé fumé de Covent Garden, en écoutant du Nina Simone. C’est là qu’une petite voix nous a demandé :

« Et Sakineh, la petite iranienne, le lancer de pierres, c’est avant ou après la pendaison ? ».

Ah, la froide Justice et la squelettique Faucheuse ne font définitivement pas de bons amants.

16/09/2010

Ceux qui s’indigèrent ou qui s’enivrent, ne savent ni boire ni manger

IMG_0033 - Botero - El estudio.jpg16 septembre 2010,

Éditorial à la façon Marc B.

Hier, nous accueillions dans notre studio Hani Ramadan. Aujourd’hui place à Marc Bonnant. Hormis la consonance, tous les séparent. Et surtout les femmes. L’un les charme, l’autre les dissuade.

Aujourd’hui donc, et je me dois de corriger sur le champ mon erreur, nous accueillons Maître Marc Bonnant.

Oui les avocats, les notaires, les enseignants ou encore les adeptes du latex, du fouet, et des brûlures de cire et autres colliers de canidés, portent tous et avec confusion le titre honorable mentionné précédemment.

Maître Marc Bonnant nous fait donc le délicieux plaisir d’affronter l’épreuve éprouvante qu’est le Grand Entretien d’Alexandra Cohen. Insinuer que celle-ci, a déjà succombé au charme du sexagénaire ?

Objection, votre Honneur!, répliquera l’avocat. La petite Alexandra, a eu une «enfance calamiteuse». «Un père ivrogne, la banlieue, la cage d'escalier, la drogue. Les tournantes, dont elle est victime». «Pas d'école - ou avec des enseignants de gauche» conclura le tessinois de naissance dans un plaidoyer apoplexique.

Soit. Mon plaidoyer se déroule en deux actes.

Premièrement, pour ma défense, je dirais du dit-avocat, et en bon genevois, que ce n’est qu’une grande gueule. Mais quelle gueule, soit, je le concède. Mais ce que vous ne savez pas, c’est que ce fils de diplomates a toujours préféré l’oral à l’écrit. Et pour preuve, l’homme de droit, et dans le dessein de suivre le mouvement technologique, probablement effrayé à l’idée de rester sur le quai de la gare, porte-cigarette à la bouche, l’homme de droit a ouvert son propre blog, en toute modestie: MarcBonnant.com.

Seulement, Maître, a cessé d’écrire le 7 février 2009, date funeste qui coïncide avec la fin de la journée mondiale sans téléphone portable. Apathie mandibulaire, ou caprice d’enfant qui jette son cadeau de Noël… à Nouvel-An, nous ne le saurons pas.

Deuxième acte, même si l’homme avoue, déclare, déclame, expulse sa fidélité de l’athéisme aux médias, on ne saurait le croire. Il aime ou abhorre trop... Dieu pour pouvoir s’en passer.

Et pour preuve, alors qu’on croyait l’avocat définitivement atteint de paresthésie des membres supérieurs, il fit réapparition dimanche dernier, dans les colonnes d’un hebdomadaire célèbre: le Matin Dimanche, page 17. Hallelujah, Jésus revient.

Et là. C’est la rechute. L’addiction était trop forte, la dose avait manqué, et le manque a triomphé.

L’athéiste militant craque. Le champ lexical bascule: "Le diable, le protestant genevois, le sacrifice, la promesse de l’aube, et enfin la tradition catholique".

Les cathos inondent le cathéter!

Ça y est, Maître Marc Bonnant a replongé.

 

 

Ceux qui s’indigèrent ou qui s’enivrent, ne savent ni boire ni manger, Maître. En est la preuve, ce présent papier indigeste.