19/12/2011

Alain au palais, Muriel aux fourneaux

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J'aime bien Peter Rothenbühler, son sourire de vieux renard à qui on ne fait pas la leçon, ses écrits toujours à propos, sa fine connaissance de Genève. Tous les dimanches, sa chronique dans l'hebdomadaire orange remplit de joie mes pupilles encore opaques d'un réveil trop brutal. Je me dis pourtant qu'il faudrait enfin rompre le cordon de l'addiction. En vain.

Hier, Peter R. s'est encore fendu d'un billet audacieux. Le thème: Muriel Zeender-Berset. L'ex-rédacteur en chef du Matin félicite la femme du nouveau conseiller fédéral socialiste pour avoir décidé d'assumer toutes les tâches. Les enfants, la carrière et les "fourneaux", hallucinant terme anachronique, mais ne doutons pas que le journaliste l'ait utilisé sciemment à des fins stylistiques.

Peter Rothenbühler pose la question : "Si vous aviez été élue à la place de votre mari, toute la nation s’interrogerait: mais qui garde les enfants?" Le chroniqueur a parfaitement raison. Lorsqu'une femme quitte son foyer, c'est toute une NATION qui s'interroge: mais qui donc va s'occuper des progénitures? Lorsqu'il s'agit d'un homme? Rien. Parce qu'en toute évidence, c'est l'autre qui s'en charge.

"Femmes de ce pays, prenez exemple", lâche Peter. Oui, ô oui Peter. Qu'elles arrêtent de se plaindre, qu'elles nous épaulent, qu'elles nous supportent, qu'elles se taisent, qu'elles affirment que "cela ne change pas trop leur train de vie actuel". Fichtre oui, la femme parfaite existe, hein?

Le couple parfait aussi, à en croire Peter Rothenbühler: "Alain au palais, Muriel aux fourneaux". Ca fait rêver. C'est frais, c'est moderne, c'est simple.