05/08/2014

La mandragore

britney, spears, Genève, Polaroïd 00: 33


Je te regarde, je t’écoute et te lis. En citations quand tu n’as pas de courage, mais tu as changé. Tu as compris. Tu n’es pas un crétin, je le reconnais. La vague? Il s’agit de la prendre. C’est donc ça, l’ère de l’image. C’est donc cela l’existence? C’est donc ça, l’ère des citations, l’aire d’autoroute. En sept secondes. En 140 caractères. En phrases incisives qui résument le monde. Le tien. Tu as tellement raison. L’efficacité te caractérise désormais. On ne jouit pas à perte. Fais le plein.

 

Le monde? Tu l’emmerdes. Je l’espère. Mais pourquoi le résumer à tes vacances à Ibiza? David? Un énorme producteur. Un piètre musicien. Ta vie? Est-elle aussi formidable et palpitante que tu ne le prétends? Aimerais-tu te taire? Aimerais-tu clore ta machine à rien? Aimerais-tu cesser de communiquer pour démontrer au monde que tu es heureux? Tu le devrais avant que d’autres réalisent que tu leur mens.


Oui. Ca. Au fond. Tu sais. Le silence. Cette ritournelle-ci. Celle qui manque de paillettes. La mandragore. 

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19/07/2014

L'infidélité. Encore.

Olivier francey,britney,spears, GenèvePolaroïd 01:05

 

Il a cherché l’odeur suave. Et a fini par succomber aux odeurs âcres. Il n’a cessé de se détester depuis. Oh non, juste un peu. Jusqu’à ce que les gouttes de sa propre sueur ne se noient elles aussi un peu plus tard dans ses propres draps. Il ne faudrait pas trop s’en vouloir. Les courbes et les regards l’ont convaincu de l’abandon sous les néons, le linge méticuleusement dressé en face d’un écran crachotant des images d’Epinal, et ce parfum, fort, dont elle s’est entourée pour faire oublier ce qu’elle est. Il n’a jamais pourtant jamais autant cessé de penser à elle. L’autre. Il lui en veut, et cela n’a rien d’exceptionnel.

 

Noyé dans la peau stérilisée, il aurait aimé tenir quelques discussions sur Gaza, l’Ukraine ou la vie, à la lueur d’autre chose qu’une fébrile lumière artificielle. Il aurait aussi aimé lui parler de son incapacité à dire, son handicap à faire. S’égosiller à tenir à une discussion? Ou s’évertuer à cacher ce maudit ventre? Il conclura par évoquer ses dernières vacances à Barcelone prétextant un voyage entre amis. Le courage l’a encore abandonné lorsqu’il s’agit de désir. «Putain», crachera-t-il, seul, dans la rue qui fait l’angle. Et avec lui, l’odeur qui lui colle à la peau avant qu’il ne prenne cette douche. Et lui dise. 

 

Oui. Lui dise. Ce qu’elle voulait entendre.

21/02/2014

Un peu

Olivier francey,britney,spears, GenèvePolaroïd 00: 30


Un peu d’amour, pour ses yeux bleus profonds et ses regard perdus. Un peu de désir, pour cette façon de se chausser, pour cette prestance aquiline, pour ce grain de peau asymétrique, pour ces gestes d’effroi. Il ne s’agirait pas d’être trahie. Non. Jamais.

 

L’abandon? Un peu. Mais pas trop. Le désir? A mort. Mais sans le moindre chuchotement, tant que le fil nous relit. Qu’importe le reste du monde, le rachat de WhatsApp, les émeutes ukrainiennes, les affects post-9 février. «Putain, aime-moi. Je veux tout, tu comprends? Je veux ça, le reste, et les miettes. Je veux le corps et l’esprit, les désirs et les haines, je veux recevoir.» Accueillir, dit-elle prête à tout. 


Un peu, ne suffira pas. Un peu ne suffira jamais. Le fil ne tiendra pas. Il le sait. Là. Quelque part. Il aimerait être moins lâche. Un peu. Il se trompe.

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03/02/2014

And this how it starts

Olivier francey,britney,spears, GenèvePolaroïd 01:13

Le graine aride de ta peau, tes courbes dont tu vantes si souvent les imperfections, les mots dont tu ignores la portée, ceux que tu tais et ceux qui t’échappent. Les odeurs que tu dissimules, les silences qui te rendent insaisissables. Il ne s’agit pas d’énoncer. Jamais. Comme s’agissant des hommages aux morts que tu ne connais pas, des sentiments fébriles et des ressentis amers ou des griefs acerbes. Le silence.

 

Parfois tu t’insurges. Délicieuse rébellion aussi précieuse que tu ne la partages jamais. «Il n’y a pas de récompense à attendre des commentaires», dis-tu. «Pas de sourires élargis, aucune dilatation d’organe à voir ses opinions approuvés ou combattues.» La satisfaction ne mesure pas au nombre de retours et d’insultes. «On ne dit pas tout, comme on tire une chasse d’eau.»

 

Les comportements obscènes, étymologiquement «ce qui n’a pas sa place sur scène», tu les évites. «La scène, aimes-tu rappeler, est devenue une partouze géante d’opinions et de commentaires. Rarement argumentées. Et dont on a fréquemment rien à foutre, comme le nouveau romand d’Alexandre Jardin». Ou la protection des zones humides dans le canton de Genève? Tu ris. 

 

Ta haine, tu la réserves, bienveillante, à ceux qui insistent sans savoir pourquoi. Ceux qui veulent dire, faire savoir et être écoutés. A la liberté d’expression, tu réponds «argumentation». A la spontanéité, tu rétorques un sinistre «et alors?». A l’émotivité? Tu te tais. 


Le silence. Ton arme face au monde qui se répand. Face à la peur. Ce qui dit échappe.

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23/01/2014

La salive

Britney, spears, Genève, Polaroïd 00 : XX

C’est l’heure des comptes. Il s’agit de payer. Babines rougeâtres, gonflées par l’attrait du pouvoir et de la victoire supputée, il s’agit de s’expliquer. De vendre. L’irrigation des membres supérieurs - y compris une salivation inhabituelle - n’y fera rien; l’élocution exacerbée par l’adrénaline se vouera à un alignement malheureux de litotes. On ne défend jamais bien ce auquel on ne croit pas. Délictueux plaisir à les contempler se brûler et se noyer, les lèvres dégoulinantes de mauvaise foi, face à un jouissif élenchus. 

 

La mauvaise posture, celle de l’équilibriste, dès qu’on on ose l’apercevoir, distingue les silhouettes et éclaircit les lignes. On voudrait presque y croire, mais la couche superficielle de la peau dit le contraire. 


Lorsqu’il s’agit de signer, l’épiderme nous trahit indubitablement. Mais on le choisit toujours. Dans le faux, ne pas préférer la palpitation est un calcul erroné.

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02/12/2013

La nage

Olivier francey,britney,spears, GenèvePolaroïd 1 : 23


C'est donc cela, la "nouvelle" tendance: celle de nager à contre-courant. Tentante envie que de celle de clamer sa différence et son indépendance d'esprit. Quitte à ne pas penser ce que l'on dit. Pire: ne pas avoir réfléchi avant de l'avoir énoncé. Certes, il faut à tout prix exister, laper la reconnaissance dans l'écuelle du vaguement médiatique. Souffler sur les braises de la polémique pour se réchauffer, nasales aspirations des cendres, éclairage éphémère d'un visage dans la nuit qui tire sur une cigarette. 

 

Devrait-on se réjouir de ceux qui prennent le contre-pied de l'opinion? A coup sûr. Doit-on s'en féliciter lorsqu'ils s'en vantent publiquement? Moins à constater la médiocrité de leur argumentaire. Non, la posture n'est pas un effet de style. C'est une colonne vertébrale. La posture est une ligne droite. Verticale, pas horizontale. A moins de se résigner à faire l'amour sur des lits. Stratégie en trois points, appris dans un livre pour les nuls. En quinze minutes.


Nager à contre-courant. C'est aussi nager. 

06/10/2013

L'autre

Olivier francey,britney,spears, GenèvePolaroïd 02:11

Le temps des désirs, aussi éphémère que les frottements des peaux. A ce stade, on n'avale plus les mots, on se pourlèche les lèvres. Quelles lèvres. Suffisamment tremblantes mais pas asez closes pour ne pas expulser des promesses. Il fallait être si bête et tant épris pour y croire. Pour croire à ça. A elle, aux lendemains, au poids des mots et à la pesanteur des regards. Le coeur si gonflé, les artères tant encombrées, le pouls si arythmique que même le miroir nous a menti. Dans la ligne, à quoi bon se servir d'un rétroviseur? Dans le trou, quelle utilité à la corde? 

 

Y croire. Y croire fort. Pas cette fois. Par pitié, pas encore. 

 

Si. Encore. Sortie théâtrale. Une porte qui se claque comme des dents, avec pour seuls compagnons: un numéro de chambre, des draps froissés, et un mégot gisant dans un cimetière. On aura espéré du rouge à lèvres sur glace, ce sera le bout de plastique dans la corbeille. Ouf. Elle n'aura ni volé le stylo, ni le savon. Ni clefs de maison, ni portable. Ce serait si bête de devoir l'appeler. L'autre.

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24/09/2013

Mutisme 2.0.

Olivier francey,britney,spearsPolaroïd 02:00


Hormis le fait qu'à défaut de vocabulaire, on se résume, par fainéantise, à qualifier une funeste disparition "d'affaire".

Hormis le fait que le gouvernement genevois a rappelé (13.09) n'avoir que des dizaines de minutes (!!!) à consacrer aux questions de la presse (de mémoire très sélective: "Soyez bref, le temps nous est imparti. Nous devons partir dans une demi-heure.").

Hormis les déclarations du conseiller d'Etat sortant Pierre Maudet au quotidien Le Matin (20.09) - qui déclare ne pas vouloir assister aux funérailles ("La famille ne souhaite pas la présence des autorités, aussi bien politiques qu'administratives, et nous respecterons ce choix") - et qui pourtant, a répondu présent (ATS, 23.09) in persona aux obsèques (nda: mais nous n'avons pas d'explications sur ce point). 

Enfin hormis les informations nauséabondes (parce que non vérifiées!) relayées conjointement par l'AFP, France Info et TF1 dans une débauche médiatique. 

Reste les insolubles questions des droits à la présomption d'innocence et au droit numérique à l'oubli. Ou tout du moins à l'anonymat relatif.

 

Je crois avoir compris que l'auteur d'un homicide, avant d'avoir été jugé et condamné n'était que présumé. A ce titre, son image ne devrait-il pas être floutée, et ce dès lors qu'il avait été retrouvé? Oui. Quant à la victime ainsi reconnue comme telle, une règle similaire ne devrait-elle pas s'appliquer? Oui. Quant à lancer un appel à disparition en rendant méconnaissable l'auteur présumé du délit, on frise la bêtise. Ces choses-là ont-elles été faites? En partie. 

Voilà pour la théorie.

 

Seulement, en pratique, ces règles échouent lamentablement face au 2.0. Les archives (de Google et les captures d'écran relayés par les réseaux sociaux, les blogs, Tumblr et Vine et...) le rappellent allègrement. Voilà ce que nous dit aussi cette sombre histoire. Rien ne se perd. Ni les propos des candidats au Conseil d'Etat ou au Grand Conseil. Ni ceux des élus, conseillers communaux, municipaux ou députés. Ni les vôtres. Ni les nôtres. Pour le meilleur. Mais surtout pour le pire. N'est-ce pas? 

 

Se taire? Hallelujah. Et si seulement, pour dire. Ca.

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22/07/2013

Avec un h aspiré

Olivier, Francey, Journaliste, TDG, Tribune, Genève, Britney, SpearsPolaroïd 23 : 05


Elle se craint. Pourtant comment ne pas en tomber follement amoureux. Comment ne pas la désirer, pourquoi l'éviter alors qu'elle est si délicieuse. Si âpre, parfois amère comme des fraises des bois. A peine acidulées, de quoi susciter l'amertume au palais et les retournements de langue sur le flanc vaseux de joues asséchées. Pour mieux sentir le claquement des dents sur une mâchoire déjà abîmée? Of course. Le rictus ne tue pas. On l'aimerait intellectualisée, elle demeure ventrale. A côté, l'agglutination médiatique aux nouveaux-nés ou aux tueurs en série (mais d'enfants!) suscite vaguement un sourire, dévoilant des dents joyeusement jaunâtres. 

 

On la rencontre souvent petite et fragile. Née de rien, des trahisons du quotidien, des promesses des imbéciles et des délices de la peau. Alors que la petite se suçote, la grande gronde. L'injustice appartient à cette dernière catégorie. De celles qui imposent les postures d'indignation. Celles-là ne touchent que la chair. 

 

Et puis il y a les autres. Les vraies, les sombres, les noires. Celles que l'on traîne, jours après jours, saisons après saisons comme une ombre syphilitique dans le si misérable espoir que l'autre en crève. Ainsi s'apaisera la Haine. La grande, la vraie, la pure. Je vous le promets. Elle l'a promis. Pourquoi pas moi?

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16/07/2013

Un jour de juillet

Pour, toi, Merci, as, always, LPolaroïd 01:06


Sa peau perle. Suintante sueur. On aimerait accabler la chaleur moite de l'été. Ce n'est que l'odeur de la peur. Ou alors de la fin. La vraie. Celle-là n'attendra pas le printemps indien. Sans rien dire, sur des pas à peine plus lourds que le vent qui souffle sur le lac. On aurait aimé repousser le crépuscule, ne serait-ce que pour que les yeux se closent dans ses draps et sur ses cadres aujourd'hui poussiéreux. Fallait-il encore douter que la sépia ravivait autant de couleurs? Celle des baisers, des promesses fallacieuses tenues au petit matin mais des vraies larmes. Celle des ombres acceptées et des allumettes qui illuminèrent son visage désormais découvert. On la savait fourbe sans jamais l'avoir senti haleter dans son cou. Fascinante fétidité.

 

Fascinante parce que suspendant le temps aux aiguilles. Des montres et des injections. Attente paralysante, comme le Jura qui se fige dans le lac, lorsqu'il se fait huile. Lisse. Pas un cheveu. L'angoissante palpitation de l'horizontalité des lignes et la phobie des zéros. Les conversations se résument, faute d'intérêt et de présence, à lire sur des lèvres, pupilles dehors mais pupilles vides. 

 

"Elle va mourir?" 

 

"Oui."

 

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23/06/2013

Studio 54

Olivier, Francey, Journaliste, TDG, Tribune, Genève, Britney, SpearsPolaroïd 04 : 14


Tu n'en est plus à penser avoir raison, tu es bien au-delà. Tu hais. La majorité t'importe peu. Tu dois sûrement avoir raison. Parce qu'au fond, tes idées sont forgées, l'argumentaire répété. La haine des masses, la haine de la bêtise, la haine du populisme. Toi, tu as des convictions, tu as des principes, tu as étudié et écrit. Certains s'efforcent de te signaler que "parfois, si la majorité a parfois tort, la minorité n’a pas toujours raison". Mais tu ne t'en soucies guère, oubliant que paradoxalement, l'inverse étant aussi vrai.

 

Tu dois probablement avoir raison de te battre, même si ce n'est qu'une bataille 2.0. Version réseau social, version pamphlet, version électronique. Et quelques happenings et récoltes de signatures. J'ose imaginer te voir un jour dans la masse, espérant que le réflexe si contestataire ne t'habite plus. Tu auras alors triomphé. Tu feras parti d'eux. Mais ça, tu t'en fous. Pour toi, il ne s'agit pas de gagner, il s'agit de défendre des valeurs, n'est-ce pas?


Les convictions. A mort. Sans se salir. Tu les préfères mortes. Que réalisées. D'accord.

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11/06/2013

Qui chevauche en silence

Olivier, Francey, Journaliste, TDG, Tribune, Genève, Britney, SpearsPolaroïd 12:21


Ne jamais rompre le fil. Quelles que soient les distances, les haines surannées, les rancunes des abandons de l'aube et les trahisons de la nuit. Pas les vraies, pas les épidermiques. Ils en discutent sous couvert d'ivresse mais se trompent pour la plupart. Elles blessent. On égratigne les cosmétiques, pas la peau.

 

Ne jamais rompre le fil, même si les draps défaits ressemblent à des batailles perdues. On n'oublie pas les mots, on ne délaisse pas les numéros comme on se déleste des feuilles de papiers, griffonnées à l'orée des néons. 


Ne serait-ce que pour différencier l'animal, de l'animal aimant. Hideux et avachi, certes. Mais fidèle.

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07/06/2013

Et alors?

olivier, Francey, Journaliste, TDG, Tribune, Genève, Britney, SpearsPolaroïd 00:13

Mais comment ne pas aimer tes commentaires. Toi qui réagit si épidermiquement à chaque sujet d'actualité que tu comprends. Ainsi coulent le fiel, l'indignation, au son du battement de tes palpitations cardiaques. La pression monte, je te comprends. Membres massivement irrigués, si seulement une certaine insatisfaction sociale te faisait parler. Si seulement, tes tripes te faisaient régurgiter quelques syllabes. Dommage que ce ne soit que la bêtise. J'attendais de toi au moins la haine comme carburant.

 

Mais non. Tu as choisi de crier, la salive blanche aux allures de décor de lèvres. Celles-là qui ne cessent de s'écarter pour hurler à la lecture de la première ligne. Parce qu'au final, qu'importe les secondes. Lignes, j'entends. Un seul mot clé et la machine s'emballe, les mots t'échappent, partant du principe que tu les comprends. 

 

Rassure-toi, tu n'appartient au premier cercle, non toi, tu caresses le deuxième. Celui de ceux qui disposent d'assez de connexions neuronales pour faire semblant. Avec pour seul but, de prétendre à montrer que la réflexion a précédé l'action. Ton signet favori, après youtube ou youporn, reste le dictionnaire des synonymes. Pas celui de l'université de Caen. Non, celui de "linternaute.com". 

 

"Et alors", me questionnera-tu. "Oui. Et alors", te rétorquerai-je. Je te donnerai raison. A quoi bon réfléchir.

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30/05/2013

Ces si petits riens

Olivier, Francey, Britney, Spears, GenèvePolaroïd 20 : 20

Je le regarde. Le col serré, la peau moite et perlée de ces gouttes de sueur légèrement avinées. «Du vaudois», me dis-je alors. Le double-menton est agité à intervalles réguliers de spasmes frénétiques. Il rit. Ah?

Je ne peux m’empêcher de regarder ce maudit bouton de chemise prête à exploser. J’y pense. Fasciné. Lui, persiste dans le regard moitié vitreux, moitié pervers, les dents lavées à la fange. L’air porcin n’est pas rafraîchissant mais suscite néanmoins une vague empathie. Là. Quelque part. Au fond de l’estomac.

Je l’écoute. Oh oui, je l’écoute. Il me dit que le trac, «il ne connaît pas». J’ai envie de lui répondre que cela viendra avec le talent. Il me demande alors «à quoi on reconnaît le talent».

A la colère.

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24/05/2013

Essayez de nourrir un chat

Olivier, Francey, Britney, Spears, Genève, ObamaPolaroïd 00:54

Regardez-moi. Mes pieds, mes ongles vernis, mon visage, mes nuits ou mon chien, je m'en fous. Violez ma sphère privée, ou violez-là tout court, tant que j'existe. Tant qu'à faire, autant désirer l'existence numérique. Les mots remplaceront les lèvres que l'on écharpe, et celles que l'on déchire. Je me prélasse de la douce mélopée des mots, des 140 caractères, gorge et trachée béantes. Faites-moi exister de vos regards doux et de vos regards posés. Je veux entendre la douce mélopée avant de me coucher. Et vous livrez ces derniers instants, en vous laissant légèrement suintants. 

 

Regardez-moi. Moi, moi, moi. N'importe comment, n'importe où. Dites-moi que je suis beau. Dites-moi que je suis belle. Je veux l'attraction sans la gravité. Sans les habitudes, sans efforts, sans salive.

 

"Essayez de nourrir un chat. Et il vous adoptera." Oui. Done.

 

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