25/11/2014

Cherche appartement dans le Vieux-Carouge

Olivier, Francey, Le Temps, Genève, JournalistePolaroïd 00:33

 

Il ne faut jamais tirer sur l’ambulance. Non. Jamais. Sauf quand l’ambulance, pneumatique dégonflé, s’engouffre dans une allée piétonne. C’est le cas de la conseillère administrative Jeannine de Haller, dont le bilan est sans aucun doute félicité aujourd’hui. On ne manquera pas de lui envoyer une gerbe de fleurs. 

 

Je veux bien entendre que l’élue d’Ensemble à Gauche (à droite, aurions-nous dit la même chose), après presque douze ans d’appartenance à l’exécutif carougeois, décide de devenir candidate à l’attribution d’un appartement, 67 m2, 1600 francs par mois, 9 place du Marché, 1227 Carouge. Certes, elle en a le droit. Après tout, c’est une Carougeoise comme les autres. C’est en tous les cas c’est qu’elle déclare. Vraiment? 268 000 francs de revenu cumulé avec son mari, ex-vice-recteur de l’Université de Genève? D’accord, son revenu va baisser lorsque son mandat prendra fin. D’accord encore, pas facile d’obtenir un nouveau logement lorsqu’on porte l’étiquette d’«extrême gauche». Le député Christian Dandrès, avocat de l’Asloca, est une mine d’or sur le sujet. 

 

Seulement voilà, les pleurs viennent à manquer. Salaire d’une conseillère administrative carougeoise: plus de 112 000 francs par année. Plus un misérable pécule de 1500 francs annuels par magistrat pour les frais de transports. Et une bourse de 14 000 francs pour les frais divers que se partage l’exécutif. Le montant équivaut à un taux d’occupation de 60%, mais chaque magistrat, dit-on, travaille à 100%. Parfait! Mais les glandes lacrymales viennent encore à se tarir un peu plus à s’imaginer que les 19 autres postulants ne répondaient pas aux critères, selon la présidente libérale-radicale de la Fondation Anne Hiltpold. «N’habitant pas la commune, ne disposant pas d’un revenu suffisant», distille entre autres la conseillère municipale et candidate à l’Exécutif. (Ah oui, c’est vrai. Elections municipales, il y aura à Carouge en 2015.). Aucun ne répondait aux critères? Personne? Les misérables usurpateurs! De la légalité de l’attribution de la part de la Fondation du Vieux-Carouge, envahi par des personnes politisées, nul n’en doute. Les membres du Conseil de fondation (ne pouvant voter que pour un et un seul unique candidat) ont donné, âme et conscience inclus, leur opinion. 

 

Le problème n’est pas tant dans la méthode d’attribution (quoiqu'il faudrait des règles limpides), mais plus dans l’attitude de la pluri-conseillère administrative, rodée à la politique. Que la principale intéressée ne voit aucun problème à son cas, rappelle un autre, celui du conseiller d’Etat Mark Muller habitant un sept-pièces, rond-point de Plainpalais, proche d’un loyer mensuel de 2000 francs. Pas une loin enfreinte. Non. Pas une seule. Mais la politique est autre chose que la loi. 


A ce point ne pas saisir que son cas est un cas d’école, laisse dubitatif. Un tel aveuglement, une telle faute politique, ne peut que susciter que les quolibets. De ceux qui voulaient habiter le centre-ville, Carouge ou le quartier de Saint-Jean. Mais qui se retrouvent aujourd’hui en périphérie. Ou ailleurs. En France. Voisine. 

05/11/2013

Ces gens-là

Olivier francey,britney,spears, GenèvePolaroïd 00 : 04

 

C'est quand même incroyable à quel point, à vous entendre, la presse ou les médias en général, sont contre vous. C'est quand même dingue à quel point ils vous détestent tous, les dents acérés, la gencive jaunie par un excès tabacologique. Auquel il faut ajouter une névrose ou deux. 

 

Mais que vous ont-ils donc fait? Bien sûr! Ils vous haïssent tous. Toujours le bon mot pour vous rappeler à quel point vous avez fait faux. A quel point vos propos sont erronés, à quel point ils ont si souvent raison, eux, les gardiens de la morale, les donneurs de bonne leçon. Quelle bonne raison de les haïr! Quelle bonne raison de les enjoindre à vous remplacer. A gauche, ils virent à droite. A droite, ils penchent à gauche.

 

Mais alors pourquoi, n'hésitez-vous pas plus à renoncer à les appeler lorsqu'ils servent vos intérêts. Ô, pas tous. Certains n'en ont pas besoin. Mais les autres. Oui, les autres qui composent le numéro comme on part aux toilettes. Une urgence. De quoi oublier tous les adjectifs précédemment utilisés, les qualificatifs nauséabonds et les rances rancoeurs. 

 

Il y ceux qui composent et ceux qui répondent. Il y a ceux qui s'abstiennent. Ce qui les différencie? La mémoire. Monsieur. La mémoire. 

 

10/10/2013

La bave

Olivier francey,britney,spears, GenèvePolaroïd 01:00


Ne plus s'insurger. Face aux communications verrouillées, laisser s'échapper quelques filets de bave, pour rappeler, oui Monsieur, qu'on existe. D'ailleurs qui pour les briser? Feinte insurrection, lèvres closes face aux mensonges, balbutiements lorsqu'il s'agit de contester. Fainéantise et résignation.

 

Se laisser dicter l'agenda, se laisser dicter les propos, se laisser avaler. La glotte visible en disant merci. Ne pas fâcher, ne surtout pas prendre position. Relayer en toute objectivité. Le sig P-220 sur la tempe, la suintante objectivité en ligne de mire.

 

Putain. Ca va être long.  

 

13/08/2013

Saleté de pauvre

olivier,francey,britney,spears,genèvePolaroïd 03: 00

Quelle suave délectation que de parcourir l'argumentaire d'Yvan Zweifel, vice-président de la section genevoise du PLR, qui s'est fendu d'un billet terriblement corrosif et bougrement argumenté à l'égard de l'initiative 1:12, soumise à votation le 24 novembre. Que demande-t-elle? Elle ne demande pas, elle exige que dans une même entreprise, personne ne puisse gagner en un mois plus que quiconque en une année. Pour le cadre du comité directeur, ce voeu ne serait rien d'autre que de la jalousie sociale, "démontrée mainte fois en sociologie, notamment à travers du jeu de l'ultimatum". Et qui consiste à ce que "la plupart des gens [ne] préfère renoncer à un gain plutôt que d'accepter que d'autres gagnent d'avantages qu'eux". L'argumentaire, somme toute compréhensible, se résume à penser que tout être humain est jaloux de celui dont les revenus sont plus élevés que les siens. D'accord. Nul besoin ici de rappeler (ce serait si mesquin) que malgré le soutien des rangs socialistes, la dite initiative est issue de la jeunesse socialiste. Mais qu'importe, on aura bien compris le propos de Monsieur Zweifel.

1) Selon Monsieur Zweifel, la jalousie est donc "un sentiment solidement ancré en l'être humain". Quelle puissance argumentaire! On me dit aussi que les Zurichois sont racistes et qu'il paraîtrait que des seringues infectées se retrouveraient dissimulées sous les sièges des salles de cinéma. Quant à savoir que le sentiment de "jalousie sociale" a été mainte fois démontré en sociologie, je me réjouis de lire les études que fournira sûrement Monsieur Zweifel. 

2) Par ailleurs, Monsieur Zweifel semble également douter que le fossé entre les riches et les pauvres ne s'élargisse. Je suppute toujours que le cadre de l'instante dirigeante du PLR ne fasse référence à la Suisse, et non pas à la situation mondiale. C 'est donc avec honneur que je lui fournis les statistiques de l'Office fédéral de la statistique (résumés ici avec labeur ici). Entre 2002 et 2010, et si l'on prend les fourchettes les plus basses et hautes des revenus mensuels de la région lémanique, on compte 5,2% de personnes revendiquant entre 0 et 1000 CHF par mois contre 0,9% percevant plus de 20 000 CHF; contre respectivement 6,1% et 1,7% en 2010. Selon l'OFS, il y a bien eu écart statistique. Monsieur Zweifel peut donc être rassuré sur ce point.

3) Seulement voilà, pour reprendre les termes de Monsieur Zweifel, si le fossé s'élargit "en valeur absolue", ce même fossé rétrécirait en "valeur relative". Est-ce réellement le cas? Concédons d'emblée que le taux de pauvreté, toujours selon l'OFS (télécharger ici), a diminué entre 2008 et 2010. Pour autant, difficile d'obtenir des données sur l'évolution des revenus les plus bas par rapport au plus hauts. Seules données disponibles, toujours celles de l'OFS indiquant qu'entre 1998 et 2008, l’augmentation des salaires du deuxième décile [ndlr: la division de la population selon le salaire, de sorte que chaque partie représente un dixième de la population] s’élève à 13% à 4441 francs mensuels. Et qu'en revanche, l’augmentation du dernier décile a crû de 21% à 10753 francs. Notons encore que mise à part le premier décile (+15%), la progression est linéaire.

4) Dernier point, la cerise sur le gâteau, le pompon comme dirait Voltaire: l'illustre graphique que joint Monsieur Zweifel à son plaidoyer. Surtout que ce dernier (pas Monsieur Zweifel, mais le complexe diagramme) démontre l'exact contraire de ce qui est avancé. A savoir, que le "fossé" entre les riches et les pauvres s'est accru de 1800 à aujourd'hui. Nul doute que l'éminent libéral-radical précisera: "Oui, mais voyez donc comme ces pauvres se sont enrichis!". Oui. Mais pas aussi vite que les riches.

Bref, tout ces billevesées dans l'attente d'autres arguments de Monsieur Zweifel. Lequel ne souhaiterait, pour un penny, qu'on vote socialiste. Pardon, jeune socialiste.

20/06/2013

Le retour de la morale

olivier, Francey, Journaliste, TDG, Tribune, Genève, Britney, SpearsPolaroïd 

Le retour de la morale. 

 

C'est l'impression que donne la direction des Verts, qui a décidé de ne pas traiter à son ordre du jour, ce mercredi soir, de la question d'une alliance avec le Parti Pirate genevois. La cause? Les accointances de l'un des trois candidats pirates au Conseil d'Etat avec le milieu de la prostitution. Exit la question. Sans questions, pas de réponses, ni décision. 

 

Ce n'est pas tant le choix qui pose problème, c'est plutôt la méthode. Pourquoi ne pas laisser les militants se prononcer par eux-mêmes? Non, en amont, on a dit niet.  Aux allures des usuels commentaires? "Quoi? La prostitution, c'est mal. On pourrait encourir d'endommager notre image, ne penses-tu pas? Ou alors "Ben quoi, il y a forcément contrainte. On ne fait jamais ce métier par plaisir." Ah bon? "Ben oui, toi, tu aimerais te prostituer, finir à 5 heures du matin et coucher avec des inconnus..." 


Pour dire vrai, c'est un autre débat. Celui-là que les Verts n'auront jamais empoigné. On a choisi aujourd'hui de se taire et de balayer. Aujourd'hui, les Verts ont une morale. Pardon, une majorité de la direction des Verts genevois a une morale.

05/05/2013

Et alors?

Olivier, francey, Britney, Spears, Genève, ObamaPolaroïd 23 : 12

Les connivences de caniveau. Celles qui se traitent à la bonne parole, aux idées vraies, au siège du sage, à la raison. Aux alliances, aux chevalières rubis taillés en trois points, aux répartitions de territoire tant qu'on bouffe le dessert. L'abricotine? "C'est pour moi", lancent-ils toutes dents dehors. 

 

Les autres bouffent du bitume. La distribution de muguets, la bénédiction des motards, les manifs au parlophone, la stigmatisation facile, les roses et encore les roses, les ballons ou les abonnements téléphoniques offerts aux premiers connectés. Oui d'accord, les hurlements, les aboiements, les coups médiatiques. Et alors? 

 

Nul doute que ceux qui siègent, le derrière confortablement bien assis, méritent la chaise. Probablement. Ils ne sont pas tous crétins, Dieu soit loué. L'arrogance de la hauteur ne les a tous pas encore atteints. Quant aux autres, ils demeurent les premiers à hurler au populisme. C'est à ça qu'on les reconnaît. Ils ne sont pas plus malhonnêtes que les autres. Ils jugent juste qu'ils n'ont pas besoin de fouler le pavé. C'est tout. Mais c'est déjà ça.


Et à ceux qui se demandent pourquoi préférer les fâchés? Parce qu'ils nous font rêver. Un jour. Jamais. C'est pareil.

21/03/2013

I >3 PDC

Olivier, Francey, Journaliste, TDG, Tribune, Genève, Britney, SpearsPolaroïd 02 : 00

 Mais que se passe-t-il au PDC?

 

Commençons par utiliser ses doigts. Delphine Perella-Gabus part au MCG avec la conseillère municipale Sandra Golay, accompagné de l'ancien conseiller d'Etat Philippe Joye. Sanja Lopar jette l'éponge pendant que le démocrate-chrétien lancéen, Sébastien Grosdemange, directeur du service juridique de la police genevoise quitte le navire. Dernière défection en date, le départ d'Ornella Grillet, co-présidente de "jeunes" femmes PDC, qui rejoint les troupes du PS.

 

Je sais compter. Ils sont six à avoir déserté le navire démocrate-chrétien. "Si nous devions virer de bord à chaque fois qu'un membre mécontent ou déçu quitte le bateau, ce serait inquiétant", avait lancé la présidente du PDC, Béatrice Hirsch. Ben ouais quoi? Pour le nouveau chef de groupe au Grand Conseil, le député Vincent Maitre, "on oublie l'arrivée de 46 nouveaux membres". Parfait. Vive l'arithmétique. 46 - 6 = 40. 

 

Loin de moi l'idée de critiquer la bonne ambiance qui règne, cela va de soit, au PDC genevois. Ni d'imaginer que le bon docteur Morel, feu chef de groupe des démocrates-chrétiens au Grand Conseil invité à saisir la porte (pardon, poliment invité à renoncer à sa fonction) n'ait été cordialement poussé à l'ouvrir, cette foutue porte. On est pas à une valve près, c'est vrai. On n'est pas non plus à une place sur une liste. 

 

Y'a rien à voir. Tout va bien. Les médias sont vilains. Vraisemblablement instrumentalisés par les citoyens genevois. Et l'appât du sang et des scandales. Si nous devions virer de bord à chaque fois qu'un membre mécontent ou déçu quitte le bateau, ce serait inquiétant, non?

 

14/01/2013

Donnez-moi ma com!

Olivier, Francey, TDG, Genève, Britney, Spears, Lolita, Morena, franc-maçonPolaroïd 23 : 29


La police municipale aura donc désormais le pouvoir d'arrêter les consommateurs de drogue.

 

C'est l'annonce faite aujourd'hui, de concert, par les magistrats Pierre Maudet, Guillaume Barazzone et Thierry Apotheloz. Lesquels ont dévoilé leur nouveau projet de loi sur les agents de police municipale (LAPM). Ces trois élus ont souhaité mettre l'accent sur les consommateurs et non pas sur les dealers. ( p. 6 LAPM: La détention de produits de stupéfiants en vue de consommation est particulièrement visé (...).) Pour être tout à fait précis, le projet de loi (article 5, al. 2) indique que les agents de police municipale (APM) sont "chargés notamment: (...) de la répression des contraventions à la législation sur les stupéfiants".


Fuckin' brilliant, disent les Anglais. Les agents de police municipale ne seront donc plus inutiles, lorsqu'il s'agira de combattre le Crime. Avec une majuscule, may I say

 

Seulement, on ne dit pas si les APM auront le devoir d'arrêter les dealers. Et pour cause: les APM ne sont pas armés. C'est en tous les cas, que laisse sous-entendre, en filigrane, le parole délivrée. (Pas d'arme = pas d'arrestation de méchants et violents dealers. Ou alors: laissez la police cantonale s'en occuper.) Donc, on s'attaque aux "sympathiques" consommateurs, ceux-là même qui sont un peu plus inoffensifs. D'accord.

 

Ainsi voilà pourquoi tout cela relève de la plus brillante opération de communication. Un consommateur de drogue intelligent n'achète pas dans la rue, il dispose de son propre dealer. Un consommateur moins intelligent l'achète dans la rue. Mais alors que fera notre APM? Procéder à l'arrestation du consommateur sans arrêter le dealer? Comment arrête-t-on un détenteur de drogue? Au faciès, à l'instinct, au flair? En attendant que l'achat soit scellé? Trouvez-moi un consommateur de drogue dans la rue et je vous l'arrête. Non. Les horaires de l'agent de police municipale seront-ils étendus, bien au-delà de minuit? Sera-t-il en service à la fermeture des boîtes de nuits, des clubs et des lieux alternatifs? Nous n'en savons rien.

 

Alors quoi? Devra-t-on constater une diminution du trafic automobile aux Pâquis et dans le secteur proche de l'Usine, et une réduction du tourisme pédestre près du Jardin anglais? Le consommateur sera-t-il désormais terrifié à l'idée d'acheter dans la rue (oui, mais seulement dans les heures ouvrables) ?


Allez. Comment dire au monde entier qu'on lutte contre les consommateurs, la drogue, la maladie de Newcastle et la misère dans le monde alors qu'en fait...  on communique?

08/09/2012

Quand Bender et Varone partagent tous deux une passion pour les pierres

pic-1.jpgPolaroïd 11 : 16

 

L'information tombe à 10 heures 57 sur un vieux téléscripteur crachotant. Nul besoin d'en préciser la source, elle est limpide comme un torrent. Le message invite à visionner les archives de Canal 9, télévision d'état valaisanne. L'émission? "Croire", c'est son nom. L'invité est un certain Philippe Bender, historien libéral-radical et fils du conseiller d'Etat Arthur Bender (1965-1979). Philippe Bender, c'est aussi celui qui qualifie le parcours politique de Christian Varone de "page blanche".

 

Ironie du sort ― pour celui qui, disons-le, affiche une certaine animosité envers le chef de la police valaisanne ― puisque les deux hommes ont désormais un nouveau point commun (hormis d'appartenir officiellement au même parti): celui d'avoir tous les deux un caillou dans leur valise. A la 38ème seconde de la 5ème minute, Philippe Bender avoue avoir toujours sur soi (ou "sur son bureau à Berne") un "petit objet". Oh, rien de très précieux. Un petit bouquetin en pierre vieux de deux mille ans retrouvé dans une tombe romaine près de Mazembroz.

 

Comme quoi. On peut se détester et partager une passion pour l'archéologie.

 

25/06/2012

Questions pour un champion

MT.jpgPolaroïd 19 :41

Je ne livre aucun nom. Pas même un couple, pas même un clan.

Je dégaine et tire. Sans recharger. Sur des cibles dont je préfère taire l'identité. "Oui mais vous savez, le 20 Minutes, c'est un journal fast-food", irai-je déclarer. Il faut abattre, quitte à ce que cela soit l'un de mes pieds. Qu'importe.

Je ne suis pas candidat, ai-je déclaré au Temps. Mais à disposition de mon parti. "Pour élaborer une stratégie, dit-on".

Je ne suis pas un punching-ball.

Je suis. Je suis. Je.

 

"Souffrez Monsieur le maître Dieu que je finisse une question avant d'y répondre", expulsera l'interrogeant. "Souffrez Monsieur le maître Dieu que vous y répondissiez", se laisserait-on presque à vouloir ajouter, dans une quête sûrement désespérée d'un peu de hardiesse.

22/06/2012

La gauche la plus bête du monde

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Quel délectable spectacle a offert le parti socialiste genevois. La pulpe des doigts est encore humide, à force de se les être pourléchés. Douze minutes de bonheur, ce sera la durée de l'état de grâce qu'auront insufflé Manuel Tornare et Romain De Sainte-Marie, ce vendredi soir sur l'antenne de la RTS.

Un président de parti dont la parole est itérativement coupée par son conseiller national "qui concocte des stratégies en trois jours". Moi, ajoutera-t-il. Un frontal Manuel Tornare qui s'autorise à moucher son président: "On n'a pas besoin de sociologues de l'Université de Genève pour expliquer ce qui s'est passé, comme certains jeunes technocrates du parti nous font comprendre", dira sa Sainteté. A la question adressée au président du PS, à savoir si l'ancien Maire ferait un très bon Conseiller d'Etat, ce n'est pas le président du PS qui répond. Non, c'est le silence. Trois secondes. Et Dieu sait si ces secondes là sont interminables en radio.

Les anachroniques "Camarades par ci et Camarades par là" suscitent désormais des sourires chez les uns. Mais des rictus épineux au PS. Si Manuel Tornare a presque flingué au colt 45 toute chance d'une candidature en 2013, Romain De Sainte-Marie, lui, a failli vis-à-vis du statut qui est le sien. Président. Ce soir, on a entendu le jeune contre l'ancien.

Même si, au final, la seule véritable faille, c'est d'avoir accepté de débattre en public des problèmes internes du parti socialiste. A ce titre là, la droite est abilitée à décerner le prix qu'elle aurait obtenu l'année passée. Celui de la gauche "la plus bête du monde".

09/06/2012

A s'asseoir. Pas à changer

pic.jpgPolaroïd 17 : 55

Passionnante, l'élection complémentaire au Conseil d'Etat. Passionnante, parce que portée sur les nervures, les failles, les plaies et les peaux des candidats. "Une élection sur la personne", entend-on dire. Ils ont presque raison, peu d'entre eux sont des personnages. Un seul l'est. Médiatiquement, bien entendu.

Aguichante aussi à constater avec quelle véhémence les médias sont conspués, pour leur partialité, pour leur choix, pour leur prise de position. A croire que les éditoriaux "thèse-antithèse-synthèse" putréfiants sont excitants. Ils ne le sont pas. Tout simplement pas. Ou simplement lorsqu'ils soufflent un autre vent. Ils ont pris parti pour celui-là? Tant mieux. Ils critiquent celui-ci? Que n'avez-vous pas compris dans le mot "éditorial"?

Alors d'accord, on pourrait parler "égalité des chances, visibilités égales". Ce sera une autre fois.

C'est avec délectation que l'on assiste à la scène, et avec fascination que l'on subit le jeu ou comment la fébrile importance des enjeux peut autant attiser les braises, celles-là mêmes qui se comptent en mois. A quoi bon?

A s'asseoir. Pas à changer. Un pas dans une commissure vaut mieux qu'une porte fermée. Certes.

01/06/2012

Plutôt crever assassiné que flagellé

2012-06-01_173537.jpgPolaroïd 00 : 00

C'est l'heure du sacrifice. Plutôt mourir sous les coups, les balles ou les lames des fomentateurs, des cercles et des réseaux que mettre fin à sa vie soi-même. Plutôt pointer l'ennemi (et qu'importe s'il l'est ou pas) que de se couper le doigt, de scier la branche putride et moisie. Prenez ce martinet expiatoire et fouettez-moi! Plutôt crever assassiné que flagellé. Merde, je veux crever en héros. En victime. Que le sang coule, le mien de préférence. Les électeurs s'en délectent.

Je veux être l'ennemi et le sauveur, le juste et le cabossé. Je suis seul contre tous, contre le système, contre les édiles et les élites. En fait, je suis contre tout. Sous le feu des néons calorifiques que je m'évertue à lécher, je brille et me consume.

Je suis meilleur dans l'opposition. J'aime trop la lumière. Celle qui va me noyer. La revanche est souvent un mauvais carburant. Accompagnée de la soif, elle tue.

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27/05/2012

Elle

prostitutionndjo8.jpgPolaroïd 19 : 59

Elle a bon dos, lorsqu'elle vous le tourne. Complaisante, peu curieuse, bonne ou encore "d'investigation" (les guillemets, élément grammatical de lâcheté), elle est si subjective lorsqu'elle vous égratigne. Si partiale lorsqu'elle vous écorche. Erronée? On ne l'espère pas. Approximative? Peut-être.

Lorsqu'elle s'en prend à vos ennemis, elle est si gracieusement critique, encensée, brillante. Ses sbires? Intelligents, frondeurs et persévérants. Tant pis si aujourd'hui, ils sont si complaisants, sans aucun doute manipulés et orientés. Le vent est si agréable lorsqu'il souffle dans la nuque. Chaud? Une caresse érotomaniaque.

Rappelons juste que l'homme fait le portrait. Pas le sbire.

03/04/2012

La sertitude

harem.jpgPolaroïd 23 : 08

Je cumule les communiqués de presse, j'arrose. Tout est bon dans l'actualité pour me faire parler, la bave aux commissures de lèvres, je rebondis sur tout et sur rien. Comme les tentatives itératives de m'envoyer dans les draps ou m'enrouler dans ses bras, l'une d'entre elles acceptera bien de m'accueillir, pour une seconde de plénitude ou un instant d'humanité.

J'houspille les passes à 4'000 francs. De ses dents jaunies par une consommation excessive de tabac, elle sourit. Elle. Elle se fait 300 à 400 francs par jour. Les projets de réinsertion dans son pays? Elle les balaie d'une main manucurée. Pas toutes, c'est certain. L'une d'entre elles, sûrement. Une dizaine au bas mot, dit-on.

Qu'importe. Dans le faux ou dans le vrai, dans les ignominies et les vérités, je communique. Je sers la cause. Je sers. Fort. Ma cause.