03/03/2014

Blocher, Dieudonné, Soral et Ayoub et les autres

Olivier francey,britney,spears, GenèvePolaroïd 23: 13

 

Non, Dieudonné M’Bala M’Bala ne passe presque plus par les médias «traditionnels» pour s’exprimer. Tout comme Alain Soral, Serge Ayoub, ou Genève Non Conforme. Ce dernier «groupe» n’ayant d’ailleurs jamais semblé émettre la moindre volonté de vouloir répondre à quelque question que ce soit. D’ailleurs, pourquoi? Quels médiums ont-ils choisi pour s’exprimer? La toile. Brillant. Auraient-ils cent fois raison? Presque. Si un seul d’entre eux ameute les millions de vues, les interventions des autres restent relativement confidentielles. Mais sur le fond. Pourquoi répondre aux questions des journalistes orientés et de mauvaise foi, argumentent-ils. C’est vrai. Pourquoi? Il faudrait être crétin de se passer d’un mauvais contradicteur. Moins d'un bon, mais je pourrais me tromper. Surtout que ces médias «traditionnels» reprennent leur propos. Tout du moins, les propos de Dieudonné, mais là n’est pas le sujet. 

 

Le 9 février 2014, un autre personnage n’a pas souhaité commenter sa délicieuse victoire à vif. Christoph Blocher. Aucune velléité de mettre tous ces personnages ou entité sur le même plan (et ils ne sont pas), mais rappelons que le Zurichois a choisi son propre canal de diffusion pour commenter la savoureuse victoire de l’initiative UDC «Contre l’immigration de masse». Christoph Blocher, conseiller national et ancien conseiller fédéral a préféré sa télévision. Et alors? Alors rien. Il s’exprime là où il le désire, avec qui il le souhaite, sous la forme qui lui convient. Aux médias « traditionnels » de ne pas relayer ses propos? Non. Et alors? Oui. Et alors? 


Et après?

15/10/2013

Avaler, les lèvres closes.

Olivier francey,britney,spears, GenèvePolaroïd 01:00

Il suffisait pourtant de les nourrir. La meute carnassière et aboyante aime ronger l'os. Une vraie prostituée. Chuchoter à leurs oreilles. Incurver les angles et distordre les lignes. Ce ne sont que des gueux de l'information. Porter la parole, était-ce si difficile? N'était-ce pas leur unique tâche? Leur raison d'exister?

 

Mais non. Plutôt prêcher la muette. Paradoxal, n'est-ce pas pour des communicants? Affamer la bête, déjà tant affamée, en espérant qu'elle se rassasie. Sans viande, pas de cadavres. Tant mieux s'ils ont cessé d'officier dans le fossoyage. Parier sur la bêche avariée, tranchante comme une lame émoussée.  

 

N'était-ce pourtant pas l'ère des interprètes. De l'hyper-communication, transparente, limpide, "entre nous" chuchotent-ils, avant de ricaner. L'hégémonie de la com, des intermédiaires, des tampons, de ceux qui transforment la boue en eau, puis l'eau en vin. Allelujah. Face aux bouches ouvertes, pupilles éblouies, jambes fébriles et cils tremblants, qu'ont-ils fait? Répondre que le temps était au silence, ou tout du moins à sa promesse. Ils ont bien raison. Cent fois raison. Avale.

10/10/2013

La bave

Olivier francey,britney,spears, GenèvePolaroïd 01:00


Ne plus s'insurger. Face aux communications verrouillées, laisser s'échapper quelques filets de bave, pour rappeler, oui Monsieur, qu'on existe. D'ailleurs qui pour les briser? Feinte insurrection, lèvres closes face aux mensonges, balbutiements lorsqu'il s'agit de contester. Fainéantise et résignation.

 

Se laisser dicter l'agenda, se laisser dicter les propos, se laisser avaler. La glotte visible en disant merci. Ne pas fâcher, ne surtout pas prendre position. Relayer en toute objectivité. Le sig P-220 sur la tempe, la suintante objectivité en ligne de mire.

 

Putain. Ca va être long.  

 

14/01/2013

Donnez-moi ma com!

Olivier, Francey, TDG, Genève, Britney, Spears, Lolita, Morena, franc-maçonPolaroïd 23 : 29


La police municipale aura donc désormais le pouvoir d'arrêter les consommateurs de drogue.

 

C'est l'annonce faite aujourd'hui, de concert, par les magistrats Pierre Maudet, Guillaume Barazzone et Thierry Apotheloz. Lesquels ont dévoilé leur nouveau projet de loi sur les agents de police municipale (LAPM). Ces trois élus ont souhaité mettre l'accent sur les consommateurs et non pas sur les dealers. ( p. 6 LAPM: La détention de produits de stupéfiants en vue de consommation est particulièrement visé (...).) Pour être tout à fait précis, le projet de loi (article 5, al. 2) indique que les agents de police municipale (APM) sont "chargés notamment: (...) de la répression des contraventions à la législation sur les stupéfiants".


Fuckin' brilliant, disent les Anglais. Les agents de police municipale ne seront donc plus inutiles, lorsqu'il s'agira de combattre le Crime. Avec une majuscule, may I say

 

Seulement, on ne dit pas si les APM auront le devoir d'arrêter les dealers. Et pour cause: les APM ne sont pas armés. C'est en tous les cas, que laisse sous-entendre, en filigrane, le parole délivrée. (Pas d'arme = pas d'arrestation de méchants et violents dealers. Ou alors: laissez la police cantonale s'en occuper.) Donc, on s'attaque aux "sympathiques" consommateurs, ceux-là même qui sont un peu plus inoffensifs. D'accord.

 

Ainsi voilà pourquoi tout cela relève de la plus brillante opération de communication. Un consommateur de drogue intelligent n'achète pas dans la rue, il dispose de son propre dealer. Un consommateur moins intelligent l'achète dans la rue. Mais alors que fera notre APM? Procéder à l'arrestation du consommateur sans arrêter le dealer? Comment arrête-t-on un détenteur de drogue? Au faciès, à l'instinct, au flair? En attendant que l'achat soit scellé? Trouvez-moi un consommateur de drogue dans la rue et je vous l'arrête. Non. Les horaires de l'agent de police municipale seront-ils étendus, bien au-delà de minuit? Sera-t-il en service à la fermeture des boîtes de nuits, des clubs et des lieux alternatifs? Nous n'en savons rien.

 

Alors quoi? Devra-t-on constater une diminution du trafic automobile aux Pâquis et dans le secteur proche de l'Usine, et une réduction du tourisme pédestre près du Jardin anglais? Le consommateur sera-t-il désormais terrifié à l'idée d'acheter dans la rue (oui, mais seulement dans les heures ouvrables) ?


Allez. Comment dire au monde entier qu'on lutte contre les consommateurs, la drogue, la maladie de Newcastle et la misère dans le monde alors qu'en fait...  on communique?

07/10/2012

Salaud de riche!

titanic-kate-winslet_320.jpgPolaroïd 14 : 28

 

Il y a un truc qui me chiffonne, avec cette marche qui a fait tant couler d'encre dans les journaux (à croire que le liquide ainsi suscité ne l'est que par la jouissance de l'expulsion du mot sur le papier). Alors on nous dit que ce grand rassemblement est une réponse aux propos d'un policier canadien, qui a prétendu que "les femmes devraient éviter de s'habiller comme des salopes si elles ne veulent pas être victimes d'agressions sexuelles". On nous dit aussi qu'être habillé "sexy n'est pas une invitation", sous-entendez à un rapport contraint. 

 

Plus banal, tu meurs, difficile d'être en désaccord. Un peu comme dire: être noir n'est pas une invitation au racisme. Sans blague. Qu'on me comprenne bien. Les propos de ce policier sont inacceptables.

 

Non, le truc qui me chiffonne, c'est la différence de traitement. Lorsqu'un riche se balade avec sa Cartier et son porte-monnaie rempli de billets violets et qu'il se fait agresser, on dit quoi? Et bien on dit, je dis, que c'est bien fait pour lui, qu'il est complètement crétin et qu'il n'avait pas à exposer son opulence dans des endroits mal famés. Pourquoi prend-on la défense d'une femme face à son violeur, d'un noir face à son raciste, mais moins d'un riche face à son agresseur? 

 

Parce qu'être femme ou être noir, c'est porter l'habit de la victime. Alors qu'être riche, c'est par principe se le voir refuser? Il y a des statuts qui suscitent la compassion, d'autres pas. Il y a des actes qui se condamnent. D'autres moins. Pour défendre le droit d'être habillée comme une "salope" n'importe où, on descend dans la rue. Et qui pour défendre une exhibitionniste qui s'est pris trois coups de couteau parce qu'elle avait extériosé ses signes de richesse?

11/06/2012

La légitimité des langues qui s'étreignent aux ondes

maltese_doggy-12550.jpgPolaroïd 20 : 15

"J'ai pour habitude, comme n'étant affilié à aucun parti politique, de ne pas opérer mon cri sur la foi de présomptions, de rejets, d'aprioris. Mais sur les idées qui sont exprimées. Et je dois dire que dans ce registre, c'est à dire essentiellement celui de la sécurité et celui de la répression, au regard de la délinquance qui sévit dans le canton de Genève, ni la politique proposée par les trotskystes de l'époque dirigés par Monsieur Moutinot, ni par la droite supposément incarnée par Mme Rochat ne proposent de politiques efficaces, raisonnables, concrètes. (...) Ce n'est pas une question de coquetterie, mais encore une fois, je trouve que beaucoup de prises de position qui sont adoptées à l'égard de Monsieur Stauffer, rappellent celles qui sont prise en France à l'égard du Front National."

Me Dominique Warluzel, interrogé ce soir par Philippe Revaz, Forum, RTS.

 

Au fait, Lolita Morena, elle en pense quoi?

 

 

07/05/2012

Qu'enfin, nos oreilles puissent ouïr correctement

600px-Tower_of_Babel_cropped_square.jpgPolaroïd 23 : 01

Très Cher Monsieur Oppikofer, rédacteur en chef du magazine "Tout l'Immobilier,

J'ai cru tout d'abord avoir mal lu ou être victime d'une sombre drogue qu'une fille de l'Oural (ou d'ailleurs sur le continent africain, c'est entendu) aurait versé dans mon verre. Après double relecture, vos propos tenus sur un réseau social célèbre ne m'apparurent plus comme sibyllins. Vous déclarez "implorer" vos amis de Léman Bleu de disposer de sous-titres "en français" lorsque "c'est Medeiros qui parle". Entendons par ce nom, le raccourci qui mène à Carlos Saraiva Medeiros, conseiller municipal MCG et accessoirement vice-président du parti éponyme.

Et bien sachez que je compatis plus que sincèrement avec votre grief. Que l'on bannisse les lusitaniens des plateaux de télévision, que l'on coupe la parole aux gens de petite taille, si peu adaptés aux écrans plats de haute définition et enfin, que l'on corrige la balance des couleurs lorsque l'invité supporte un teint pâle ou blême. Censurons les toxicomanes des reportages de Temps Présent lorsque la logorrhée se fait vaseuse, changeons la bande-son de ce misérable accordéon tzigane et remplaçons-là par de la musette.

Qu'enfin, nos oreilles puissent ouïr correctement. Parce que confondre Sandrine Serono avec une autre magistrate, c'est du plus mauvais genre.

Bien à vous, Olivier Francey.

14/04/2012

Les vierges étroites

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Quel délicieux plaisir que de lire les gens s'entre-tuer sur l'anonymat des auteurs des commentaires sur les blogs. Le débat est stérile, quasi infécond.

D'une part, aux auteurs de modérer leur blog, il en va de leur responsabilité. De l'autre, aux hébergeurs de censurer les commentaires insidieux non-filtrés. S'il faut une toute-puissante morale, qu'elle existe. Qu'elle sanctionne et qu'elle censure. Fichtre. Qu'elle assume!

Mais que Diable, qu'on arrête de nous distribuer la sacro-sainte soupe de la liberté d'expression. Elle est déjà quasi morte. Si elle ne l'est pas, elle est froide, lisse, gélatineuse et insipide. La liberté d'expression? Elle réside partout ailleurs. D'accord, dans des réseaux sombres et peu fréquentables, c'est la règle du jeu. Et quand je dis partout, c'est partout. Ne me dites pas que vous ne l'avez pas trouvée. Quelles que soient vos opinions, de gauche, de droite, d'extrême ou bien plus obscures, la plate-forme existe. Cessez de jouer les vierges étroites. Cessez de hurler, vous êtes terriblement agaçants. On ne vous a forcé à rien, et vous chantez faux.

Le jeu? On y joue en acceptant les règles. Ou alors on les viole. Mais on ne se lamente pas. Non. On ne se lamente pas.

11/04/2012

La dilution politique des responsabilités

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La tendance est la hausse. On dénombre plus de 700 personnes affiliées de près ou de loin à la communication (parfois interne) à Berne, pour environ 120 journalistes. A Genève, ils se multiplient aussi (Rassurez-vous, les communicants, pas les autres). Rares sont les conseillers d'Etat qui vous répondent directement, rares sont les services qui outrepassent leur sacro-service de communication. On est pas loin de passer par le formulaire AR-123 pour chaque infime demande.

Un fait est limpide: les buts que visent d'une part les "officiers de communication" et les journalistes sont bien différents. Les premiers espèrent faire passer leur message lorsque les deuxièmes sont censés recueillir les faits et des réponses. Sans réelle surprise, les intérêts des uns croisent parfois ceux des autres. Ne soyons pas dupes, au final, il ne s'agit souvent que de savoir qui de l'un ou de l'autre se fera abuser. Ni plus, ni moins.

Reste que cette relation (somme toute relativement malsaine lorsqu'elle effleure la connivence, pire l'amitié) devient de plus en plus compliquée. Sûrement parce que la communication est devenue sans surprise une arme politique, bien plus efficace que la compétence. Et parce n'importe quelle information, mal ou faussement relayé par un média n'est pas sans conséquences. D'accord.

D'autres pistes semblent également se dégager. Soit l'effroi suscité par la question est réelle, soit le journaliste n'effraie plus personne. Dans le premier cas, rien ne vaut la dilution de la responsabilité politique dans une hiérarchie tout aussi vaseuse, où personne n'est responsable (ou au mieux, tout le monde l'est un peu moins). Dans le deuxième, il n'y a plus rien à espérer.

Ah si. Que le journaliste outrepasse les services de communication. A défaut d'espérer qu'ils soient compétents.

14/02/2012

Aux aphones

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Je vous apprécie.

Certains vilains libéraux pure souche ont l'outrecuidance de vous traiter de faux derrières. Ils s'indigneraient presque. Quel toupet! Mais vous, c'est tout autre chose. Vous? Vous êtes de vrais indignés du système. Vous vous épanchez dans l'expulsion de quelques phonèmes à la radio tout en reconnaissant que vous êtes médiocres. Ah, c'est vrai, la radio? C'est un art. Votre art est différent, c'est celui de vous improviser écrivain ou révolutionnaire. C'est drôle. D'autres, à votre âge, n'ont pas eu le courage de prendre la philosophie comme branche principale à l'Université (organe que vous n'avez pas souhaité empoigner, je le comprends avec compassion). La philosophie? Ils l'ont, avec la plus grande des fourberies, substituée à une branche subalterne. Histoire de l'Art, linguistique computationnelle ou grec ancien? Oui. Mais pas vous.

Vous? Vous êtes écrivain, ou parlementaire. Autoproclamé sans avoir publié une seule ligne digeste ou lancé une seule consonne nasale. Sauf sur les réseaux sociaux ou un blog. A en croire que votre réseau social se résume à des toiles tissées dans l'univers virtuel. Et que votre seule activité physique (manuelle, n'ai-je pas osé rajouté) s'accomplit dans la juxtaposition des commentaires. Activité qui semble très en vogue au sein de votre génération. J'aimerais que vous vous épanouissiez, je vous le promets.

Votre activité générationnelle? Celle de vitupérer avec un culot, somme toute assez rafraîchissant, sur n'importe quoi. Mais surtout celle de l'incapacité de vous exprimer dans un hémicycle, même rectangulaire, ou dans un microphone. Ne vous reste que de fantomatiques adolescentes assoiffées de rébellion en guise de trophée. Espérons qu'elles comblent votre soif de certitudes, se pourléchant leur lèvre humide en clamant que vous êtes un bon parti.

Lequel? Celui de ceux dont on attend qu'ils fassent quelque chose. Ô, trois fois rien. Une seule. Ce serait déjà bien.

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08/02/2012

Avaler ou pas

woman-taking-a-pill.jpgPolaroïd 00 : 30

On m'accusera de corporatisme, je l'accepte avec un malin plaisir. Le fantasme de connivence est excitant. Pas impossible. Mais surtout terriblement érogène. N'est-ce pas terriblement érotique que de penser que les politiciens usent de leurs charmes pour convaincre les misérables journalistes? Ah bon? Oui, c'est un peu leur boulot. Que les journalistes se laissent séduire par de douces mélopées? Oui. On appelle cela le talent. Talent politique, cela va de soit. Que les journalistes se complaisent d'être dans le secret des dieux? Sûrement. Il ne faudrait pas, ô c'est certain. L'esprit libre, la virulence, le sens critique, la répartition égale des opinions? Un atout.

Un mythe. Un idéal. Nul doute que certains l'atteignent plus que d'autres. Nul doute non plus que certains autres ne s'offusquent de n'être pas dans les "bons papiers". Qu'ils s'offusquent avec virulence. Qu'ils hurlent à la censure, qu'ils vous appellent, ou appellent à la déontologie et au conseil de la presse, c'est leur droit.

Restent les autres. Ceux qui crachent sur la toile, les blogs et les réseaux sociaux. Qu'ils vitupèrent et distillent. La pression n'est jamais vaine, même si contre-productive si les assises ne sont pas solides.

Il n'y a malheureusement qu'une répartie. Affreusement paradoxale. Celle de vulgairement s'en foutre. Celle de juger sur les idées. Celles misérablement mieux vendus par certains que par d'autres. C'est un art. D'un côté comme de l'autre. Que d'avaler, ou pas.

28/01/2012

O, deux fois rien

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Je ne sais plus s'il faut en rire, s'il faut s'en réjouir ou tout simplement en pleurer. En fait, je ne sais même plus si ça sert encore à quelque chose, un journaliste. (Oui, premier au classement des professions les plus abhorrées...)

Quel intérêt, alors qu'on dispose d'une multitude de "lecteur-reporter", capturant l'immédiateté de l'actualité. Qu'on n'hésite pas à propulser sur le web, eux, leur témoignage et leurs images. Vous me direz, ça peut jouer pour un incendie, une inondation ou un accident de voitures. J'ai toujours rêvé de faire un photo montage et de l'envoyer aux rédactions pour voir s'ils me publient. Avec un peu de talent et de malice, j'imagine que cela devrait être possible. Parce qu'en fait, c'est vrai. C'est terriblement fatiguant de sortir de ses bureaux.

Dernièrement, j'ai été aussi très étonné par la manière dont on gère les commentaires des articles. Oh non, pas ici. Ailleurs. Le premier article suscite 109 commentaires. Pas grand chose, une affaire, une "story" comme le disent si bien nos amis alémaniques. Quelques jours plus tard, autre article mais même sujet. D'accord. Mais pourquoi donc retrouve-t-on en pied d'article les 109 commentaires du précèdent papier? Parce que c'est le même sujet? Je propose qu'on garde tous les commentaires de tous les meurtres de l'année 2011, et qu'on les réutilise à chaque nouveau meurtre de l'année 2012. Ben quoi, c'est presque le même sujet!

28/12/2011

Très Chère Laurence Desbordes

pic.jpgPolaroïd 21 : 50

Très Chère Laurence Desbordes,

C'est par le plus grand des hasards que je suis tombé sur l'un de vos éditoriaux dans le magazine Edelweiss. Vous vous offusquiez alors de ces "chiennes de garde" qui se battent pour ôter des formulaires administratifs français l'appellation contrôlée "Mademoiselle". Ces mots que vous avez couché ont retenu ma plus grande attention: "Ce qui est intolérable, c'est plutôt d'appeler madame une jeune fille de 18 ans et de vouloir la faire entrer dans le moule normatif d'une société qui dénigre la jeunesse ou le droit de ne pas s'affirmer en tant que femme mariée". J'aime beaucoup. Malgré la longueur interminable de la dite phrase et du conglomérat gluant de mots dont vous usez avec une certaine aisance.

"Fichtre, C'est audacieux!", me suis-je dit en recherchant d'autres traces que vous auriez pu laisser dans un papier glacé. Oui, ce mensuel que vous qualifiez d'innovant et de pertinent. Une brève demande à ma voisine "qui vous adore" aura suffi à ce que votre péché du mois de décembre tombe sur mon bureau (imitation Le Corbusier de chez teo jakob, cela va de soit). Tout vous offusque encore (même si vous estimez que c'est "marrant") à en croire la thématique choisie: "Ce besoin des journalistes de faire dans le misérabilisme".

Impossible de faire pire, vous l'avez pourtant fait. C'est vrai. Que c'est embêtant qu'on nous "rabatte les oreilles avec la crise, la Grèce, l'avidité de certaines multinationales". C'est vrai encore. Que c'est enquiquinant de parler "d'inégalités sociales, du surpeuplement de la planète et de la pauvreté". Vous? C'est une découverte scientifique française qui vous illumine: celle de faire retourner en enfance des cellules centenaires. "L'âge permanent de tous les possibles", dites-vous. C'est classe, c'est sobre. C'est surtout vide de sens, mais utile en société. Vous avez une énième fois raison.

En 2093, votre souhait?  "Commander une poussette avec plein de Barbie princesse et une panoplie rose et argentée de fées", écrivez-vous encore. Moi en 2093, je suivrai vos conseils. Vous écrivez "je laisse à mes confrères le soin de traiter ces objets accessoires". En effet, c'est mieux. Surtout quand je constate que vous aviez l'opportunité de remplir une page A4 avec du contenu, et que vous avez choisi au mieux, l'ironie. Au pire, la médiocrité.

19/12/2011

Alain au palais, Muriel aux fourneaux

housewife.jpgPolaroïd 11 : 27

J'aime bien Peter Rothenbühler, son sourire de vieux renard à qui on ne fait pas la leçon, ses écrits toujours à propos, sa fine connaissance de Genève. Tous les dimanches, sa chronique dans l'hebdomadaire orange remplit de joie mes pupilles encore opaques d'un réveil trop brutal. Je me dis pourtant qu'il faudrait enfin rompre le cordon de l'addiction. En vain.

Hier, Peter R. s'est encore fendu d'un billet audacieux. Le thème: Muriel Zeender-Berset. L'ex-rédacteur en chef du Matin félicite la femme du nouveau conseiller fédéral socialiste pour avoir décidé d'assumer toutes les tâches. Les enfants, la carrière et les "fourneaux", hallucinant terme anachronique, mais ne doutons pas que le journaliste l'ait utilisé sciemment à des fins stylistiques.

Peter Rothenbühler pose la question : "Si vous aviez été élue à la place de votre mari, toute la nation s’interrogerait: mais qui garde les enfants?" Le chroniqueur a parfaitement raison. Lorsqu'une femme quitte son foyer, c'est toute une NATION qui s'interroge: mais qui donc va s'occuper des progénitures? Lorsqu'il s'agit d'un homme? Rien. Parce qu'en toute évidence, c'est l'autre qui s'en charge.

"Femmes de ce pays, prenez exemple", lâche Peter. Oui, ô oui Peter. Qu'elles arrêtent de se plaindre, qu'elles nous épaulent, qu'elles nous supportent, qu'elles se taisent, qu'elles affirment que "cela ne change pas trop leur train de vie actuel". Fichtre oui, la femme parfaite existe, hein?

Le couple parfait aussi, à en croire Peter Rothenbühler: "Alain au palais, Muriel aux fourneaux". Ca fait rêver. C'est frais, c'est moderne, c'est simple.

25/11/2011

La pureté de Lilliane Maury Pasquier

3697-1_1.jpgPolaroïd 18 : 13

Le quotidien Le Courrier s'est lancé dans la thématisation de sa différence, à savoir strico sensu: "Ce journal n'appartient pas à Tamédia". Je ne peux que les féliciter de cette démarche, il faudrait être décérébré pour ne pas soutenir l'idée d'une presse plurielle, d'une diversité des opinions et des regards. Non, ce qui a attiré le mien en seconde page du quotidien de gauche d'aujourd'hui, ce sont les propos de la socialiste Liliane Maury Pasquier.

"Le Courrier n'est ni une feuille de sous, ni une feuille de chou. (...) Il s'achète mais ne vend son âme à aucun grand groupe de presse."

J'invite donc la conseillère aux Etats réélue à ne plus jamais répondre aux questions des "journalistes de grand groupe de presse qui ont vendu leurs âmes". Parce qu'à en croire la présence médiatique de la socialiste à la TSR (SSR SRG Idée Suisse), à la RSR (SSR SRG Idée Suisse), à la presse régionale (Edipresse) et au quotidien gratuit 20minutes (Tamédia), je n'ai jamais eu l'impression que le manque d'âme l'avait dérangée.

J'invite donc l'élue de la chambre haute à se faire réélire dans quatre ans. Sans se corrompre. Ni vendre son âme.