06/12/2010

Conversations du Soir

Haldas.jpg

Polaroïd 17 : 55

'' Traverser le boulevard pour passer de l'éphémère à l'essentiel''. C'est en ces mots que débute la lecture des conversations échangées entre Jean-Philippe Rapp et Georges Haldas.

Moment suspendu, loin de tout, ça. La mort, la disparition, de soi, des gens, des petits commerçants, des souvenirs. La crainte du néant, du temps qui passe.

L'amour du mot juste, le refus de celui qui part d'un bon sentiment.

Coller au plus près à l'émotion. Et la beauté du détail, du quotidien, de l'infiniment petit qui en dit infiniment plus.

 

 

A lire. Quand le temps est lourd sur Genève.

 

Editions Favre, 2010.

08/11/2010

Rien

pic.jpgPolaroïd 16 : 26

 

On ne donnera pas tort à Michel.  ‎"Tout peut arriver dans la vie, et surtout rien".

 

19/09/2010

Devrais mais n'arrive pas

dead-end-467x300.jpg19 septembre, 00 : 40


Devrais écrire sur le premier mariage fécondé par la télé-réalité.

Devrais une fois s’intéresser au sport.

Devrais essayer de s’intéresser à Karin, Simonetta, Johan, Brigit, Jacqueline, et le courageux Jean-François.

Devrais une fois assister aux séances de la Constituante.

Devrais une fois écouter ses amis qui déclarent : « la politique n’intéresse que les journalistes, les politiciens, les banquiers et les avocats ».

Devrais apprendre une fois par cœur les paroles de l’hymne national.

Devrais réécouter Jimi.

Devrais cesser de ne pas répondre aux sms, aux appels des gens que je n’ai pas envie d’entendre.

Devrais apprécier le cirque traditionnel.

Devrais faire le CRFJ.

Devrais cesser de penser que c’est toujours la faute aux autres.

Devrais se rendre compte que le week-end, l’actualité s’arrête, le sport, non.

Devrais trouver génialement génialissime que les artistes s’engagent, même sur des sujets dont ils n’ont rien à faire.

Devrais ne plus s’énerver sur les soirées « expat » de Genève.

Devrais penser à acheter du lait, parce que le café noir, c’est bon pour les puristes.

Devrais comprendre que le cigare, ça fait chic.

Devrais apprendre à aimer Ruquier. Devrais aussi s’acheter une télévision.

Devrais changer de cépage, et d’assemblage.

Devrais cesser d’abhorrer les femmes qui parlent de l’âge de leur(s) enfant(s) en nombre de semaine.

Devrais admettre que ses amis mariés ne peuvent être vus qu’une fois tous les trois mois.

Devrais concevoir que l’on puisse passer sa vie avec quelqu’un « qu’on aime bien ».

Devrais admettre qu’à la nuit des Bains, il n’y a pas que des bobos et des escort-girls.

Devrais concevoir qu’on peut coucher sans réussir.

Devrais aussi concevoir que l’on peut réussir en couchant.

Devrais réussir à concevoir.

Devrais réussir à.

Devrais réussir.

Devrais.

Mais n’arrive pas.

 

 

16/09/2010

Ceux qui s’indigèrent ou qui s’enivrent, ne savent ni boire ni manger

IMG_0033 - Botero - El estudio.jpg16 septembre 2010,

Éditorial à la façon Marc B.

Hier, nous accueillions dans notre studio Hani Ramadan. Aujourd’hui place à Marc Bonnant. Hormis la consonance, tous les séparent. Et surtout les femmes. L’un les charme, l’autre les dissuade.

Aujourd’hui donc, et je me dois de corriger sur le champ mon erreur, nous accueillons Maître Marc Bonnant.

Oui les avocats, les notaires, les enseignants ou encore les adeptes du latex, du fouet, et des brûlures de cire et autres colliers de canidés, portent tous et avec confusion le titre honorable mentionné précédemment.

Maître Marc Bonnant nous fait donc le délicieux plaisir d’affronter l’épreuve éprouvante qu’est le Grand Entretien d’Alexandra Cohen. Insinuer que celle-ci, a déjà succombé au charme du sexagénaire ?

Objection, votre Honneur!, répliquera l’avocat. La petite Alexandra, a eu une «enfance calamiteuse». «Un père ivrogne, la banlieue, la cage d'escalier, la drogue. Les tournantes, dont elle est victime». «Pas d'école - ou avec des enseignants de gauche» conclura le tessinois de naissance dans un plaidoyer apoplexique.

Soit. Mon plaidoyer se déroule en deux actes.

Premièrement, pour ma défense, je dirais du dit-avocat, et en bon genevois, que ce n’est qu’une grande gueule. Mais quelle gueule, soit, je le concède. Mais ce que vous ne savez pas, c’est que ce fils de diplomates a toujours préféré l’oral à l’écrit. Et pour preuve, l’homme de droit, et dans le dessein de suivre le mouvement technologique, probablement effrayé à l’idée de rester sur le quai de la gare, porte-cigarette à la bouche, l’homme de droit a ouvert son propre blog, en toute modestie: MarcBonnant.com.

Seulement, Maître, a cessé d’écrire le 7 février 2009, date funeste qui coïncide avec la fin de la journée mondiale sans téléphone portable. Apathie mandibulaire, ou caprice d’enfant qui jette son cadeau de Noël… à Nouvel-An, nous ne le saurons pas.

Deuxième acte, même si l’homme avoue, déclare, déclame, expulse sa fidélité de l’athéisme aux médias, on ne saurait le croire. Il aime ou abhorre trop... Dieu pour pouvoir s’en passer.

Et pour preuve, alors qu’on croyait l’avocat définitivement atteint de paresthésie des membres supérieurs, il fit réapparition dimanche dernier, dans les colonnes d’un hebdomadaire célèbre: le Matin Dimanche, page 17. Hallelujah, Jésus revient.

Et là. C’est la rechute. L’addiction était trop forte, la dose avait manqué, et le manque a triomphé.

L’athéiste militant craque. Le champ lexical bascule: "Le diable, le protestant genevois, le sacrifice, la promesse de l’aube, et enfin la tradition catholique".

Les cathos inondent le cathéter!

Ça y est, Maître Marc Bonnant a replongé.

 

 

Ceux qui s’indigèrent ou qui s’enivrent, ne savent ni boire ni manger, Maître. En est la preuve, ce présent papier indigeste.