20/01/2012

Le fumet de la fin

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Quelle angoissante effluve quand on s'efforce de ne pas l'humer. Même si, contre toute rationalité, sommes-nous obligés de la ressentir. A corps et à chairs défendants? Jamais. L'arôme anciennement enivrant qui se transforme un lourd défilé de Polaroïds aux couleurs fanées. L'odeur jadis des certitudes remplacée subrepticement par la saveur des "si" et des "je le savais". La septicémie soudaine qui remplace les "un jour" par "aujourd'hui".

Il n'y a qu'une certitude, celle-là même considérée à tort comme impie, le désir. Le désir d'elle, de lui, de l'autre ou de l'ailleurs. Celui qui cause la perte, qui enflamme les épidermes, qui engendre les deuils, les fins et les remords. La pesanteur des chapitres qui se tournent, les livres que l'on replace dans la bibliothèque. L'angoisse d'y mettre un terme, parce que personne ne croit plus aux renouveaux. Ni aux erreurs. Le pardon est vulgaire. Les doutes? Bannis.

Il faut assumer, la colonne vertébrale est rigide, la posture est droite. Et dans un processus bien connu de cicatrisation, il n'est plus question de comprendre. Il est question de mentir. A soi-même dans un exercice totalement schizophrénique de justification a posteriori de ses actes. Pour certains, ce n'est que la victoire de la rationalité, pour d'autres? La fatalité, le destin; alors que ce n'est que la fin. Abrupte et sèche, injuste et froide, mais surtout terriblement vraie.

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18/01/2012

Le devoir d'exemplarité ou le royaume des hypocrites

pic-1.jpgPolaroïd 01 : 59

On croit rêver. Le retour de la morale incarnée charnellement, dans ce que certains s'amusent à sortir de leur tiroir de circonstance: le devoir d'exemplarité. Plus hypocrite, tu meurs. L'exemple, c'est quoi? Une femme qu'on chérit, des enfants blondinets et des sorties au grand théâtre? Des positions itérativement répétées de missionnaire et des consommations modérées d'alcool? La course à pied au petit matin, les légumes à midi et un lavement le soir? Fil dentaire après repas, et lecture de Gibran ou de Levy au coucher.

Non. Il suffit de regarder. Les cravates alignés dans la plus digne des verticalités cachent des auréoles nauséabondes sous des aisselles détrempées. Les cachets mentholés ne font office que de paravent aux haleines éthanolées. Sans évoquer l'horizontalité des traits sur des miroirs lustrés, ni les tentatives poisseuses de membres préhensibles sur des postérieurs bombés.

On croirait les voir brandir des crucifix de la main gauche, le texte saint de la droite, les cornes cachées sous une prothèse capillaire et la queue poilue réfugiée sous un imperméable sombre.

Allez, soyez honnêtes. Le vrai devoir d'exemplarité que vous jetez en public en vous léchant la lèvre supérieure, ce n'est que pour mieux dire : "Faites n'importe quoi, mais que cela ne se sache jamais." Ainsi, on ne pourra plus vous taxer d'ignobles hypocrites. C'est déjà ça.

14/01/2012

La vraie affaire de Mark Muller ou comment prendre des vessies pour des lanternes

7468023-trois-lanternes-chinoises-physalis-alkekengi-cherry-de-la-vessie-lanterne-japonais-ou-hiver-cherry.jpgPolaroïd 21 : 58

La vraie affaire de Mark Muller.

Que le conseiller d'Etat se batte, s'empoigne, s'enlace ou ni l'un ni l'autre relève du domaine privé pour autant que cela n'influe pas sur la vie politique. Point final. Des querelles de fin de soirée, il y en a des tonnes, on n'en fait pas tout un plat. Cette affaire met-elle en danger la capacité de Mark Muller à diriger son département? Non. Quant à la manière dont il le dirige, c'est une autre question.

La vraie affaire, bien moins croustillante mais beaucoup plus problématique, est ailleurs.

Rappelons que suite au futur projet d'écoquartier du MàD, l'établissement est censé trouver avec la Ville et/où l'Etat une solution de relogement. Une solution dont l'issue pourrait être favorable ou funeste selon les décisions du magistrat. Que le conseiller d'Etat ait des amis? Tant mieux. Qu'ils soient socialistes, radicaux ou agrariens, ou même qu'il s'agisse d'Eric Stauffer, qu'importe.

Les questions sont simples. Mark Muller aurait-il du se dessaisir du dossier immédiatement au premier janvier, après que l'altercation ait eu lieu? L'amitié entre une employée et le conseiller d'Etat était-elle appropriée alors que le magistrat empoignait la question du relogement de ce même établissement?

Je sais que les affaires de toilettes sont nettement plus alléchantes que les autres, mais de grâce, intéressons-nous à l'essentiel. Parce que c'est ça, la vraie affaire Mark Muller.

11/01/2012

Ne jamais dire rien à personne

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C'est l'ère de l'hyper communicativité, et tant pis si les puristes de la langue française s'égorgent. De toute façon, tout se sait. Les droits sont abolis. Fini de ne pas répondre aux emails, aux pokes, aux appels téléphoniques, aux twitts et aux messages sibyllins de répondeurs. Les non réponses passent systématiquement, au mieux pour de la goujaterie, au pire pour un manque d'éducation. Les "on peut" se remplacent aisément par des "on doit".

C'est encore l'ère de l'hyper communicativité. Les insolubles questions sont insupportables, les non réponses suscitent des plaques irritant l'épiderme, les absences numériques créent des interrogations. Et les silences? Des coucheries. Supposées. Il ne faut rien dire, se taire, adopter l'interrogation des autres à tout prix, même les épisodes de faiblesse ou de vérité, c'est selon, sont décortiquées aux lumières de l'aube. Il faut bien remplir la machine à dire, l'entreprise à faire, exciter les mandibules et l'hypoglosse.

C'est le contrôle des images et des mots, la victoire des mensonges sur l'instant de vérité. On ne fera plus que l'amour que "comme il se doit". Ce sera alors la fin. Ne jamais dire rien à personne. Ne surtout rien faire. Ne surtout pas. Non. Pas.

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08/01/2012

Elle a l'air de tout

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Elle a l'air de tout. Même si d'autres disent qu'elle n'a l'air de rien. Elle a surtout l'air des possibles, l'air des lendemains, l'air des horizons mais surtout l'air de ne pas s'être résignée. Dieu merci elle s'insurge, elle pestifère, elle ne renonce pas. D'autres disent qu'elle braille, ce sont des crétins. Les mêmes qui rédigent les questions avant d'avoir les réponses, les mêmes qui avouent lire sur les lèvres avant l'expulsion mécanique des syllabes, ou qui lèchent leurs étiquettes dès la première apparition. Les mêmes qui déclament "qu'on ne dispose que d'une seule opportunité d'obtenir une bonne première impression".

Elle est tellement onctueuse la certitude. C'est vrai que les doutes ne font pas les grands hommes. Mais les grands hommes le sont, grands, justement pour leur clarté. Pas pour leur humage quasi psychotique de leur reflet.

Elle est tout sauf cela. Pétri d'angoisses, de complexes et d'incertitudes. Elle a l'air de tout.

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04/01/2012

Christoph Blocher est-il coupable de viol?

peste_bubonica.jpgPolaroïd 23 : 10

Que n'entendons-nous pas? Que l'infâme Christoph ait violé une chose? Oui, le secret bancaire. Et alors? C'est vrai qu'il n'est pas de bon goût de s'attaquer aux morts, je le conçois, la nécrophilie étant difficilement défendable. L'argument des détracteurs est pourtant audible. Christoph B. s'est battu pour la sauvegarde du secret bancaire (mais surtout de sa violation) contre les attaques allemandes et françaises. Donc, violer ce même droit pour attaquer Philipp H., patron de la BNS est inacceptable.

Quelques précisions. Le premier auteur de la dite violation est l'employé de la banque Sarasin, qui a ensuite fourni les documents violés à "un avocat proche de l'UDC". Voilà pour la chaîne causale. Il y a l'auteur. Il y a les complices. Soit. Christoph B. est un complice. Complice de quoi? Nier que le dessein soit éminemment politique, orienté? Non. En effet, l'infâme n'est ni bête, ni dupe, ni crétin. Que l'infâme se soit trompé? Peut-être. Et alors?

Que l'infâme ne dénonce que ce qu'il lui sied ne me pose aucun problème. Vous avez vu un socialiste dénoncer un scandale concernant son parti? Vous avez vu un libéral assassiner un collègue? Bon d'accord, l'affaire est courante. Vous avez vu un radical balancer un copain? Non. Niet. Never. L'argument de la morale, de l'intégrité ne tient pas en politique. Christoph B. se serait-il abstenu de violer qui que ce soit si cela concernait son parti? Certes. A-t-il eu raison de violer lorsque la victime pouvait le servir? Oui.

Je n'hésiterais pas à violer lorsqu'il s'agit d'interroger. Quelles que soient les motivations. Quel que soient les appels à la morale, à la loi et à son respect. La primauté du but sur l'origine.

371 francs l'aggloméré

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C'est toujours la première disparition qui est difficile. Le premier abandon. On l'espère de coton, de marques de draps froissés, une porte qui claque, des mots au rouge à lèvres sur un miroir, une lettre confuse en explications ou un message dégoulinant de bons sentiments sur un répondeur qui se termine par un "appelle-moi si tu en as besoin". Elle est pourtant parfois d'ébène, de plomb ou en aggloméré 18 millimètres. Pratique pour les petits budgets: 371 francs compte tenu du cours de l'euro, mais seulement destiné à l'incinération. On s'en contentera. Il faut bien que la pompe aortique, à défaut d'être morcelée, puisse encore servir à rédiger des annonces, commander des fleurs et choisir la musique.

Elle, a eu droit au moins droit aux doutes quand on a reçu que de la fatalité. Elle, c'est la disparition sans aucune forme d'explication. Sans aucune syllabes ni mélopées. Sans trompette ni tambour.  Elle a eu droit au manque de chance, au mauvais moment du mauvais endroit lorsqu'on a eu droit au déroulement chronologique des faits. Irrépressible envie de comparer. Envie de crier, envie de s'insurger. "Je veux des doutes, je veux du mystère, je veux autre chose que des causes crétines".

Les interrogations contre le vide. Les questions contre l'absurdité. Et pourtant, les mêmes réflexes, les mêmes manques. Le même trou. "Pas facile de comparer les morts", marmonne-t-il en jurant qu'on ne l'y reprendra plus.

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02/01/2012

Les bêtes et autres mammifères politiques

3091322044066.jpgPolaroïd 22 : 54

J'apprécie les hommes et les femmes politiques. Pour leur courage parfois, pour leurs adultères aussi, pour leur mauvaise foi, pour leur obstination, pour leur mensonge qui le rendent si familiers, pour leur intelligence ou pour leur bêtise incommensurable.

Aujourd'hui sur la RTS lors de l'émission Forum, quelle ne fut pas ma joie que d'ouïr le débat suivant: "La libre circulation, le sujet qui va enflammer la politique suisse en 2012?" N'est-ce pas jouissif de lire Christian Levrat, président du Parti socialiste suisse, dans la SonntagsZeitung qui revendique le droit de thématiser la "libre circulation"? On se rappelle presque ce même parti revendiquer le droit de parler d'insécurité. C'est vrai qu'électoralement parlant, cela devient difficile de passer à côté, non? Aujourd'hui, difficile de trouver un homme politique pour la défendre, la libre circulation. Bon d'accord, "pas de préférence cantonale", dira un conseiller d'Etat radical, pas d'illégalité avec les accords de Schengen-Dublin, pas de nationalisme, pas de suivisme populiste. "Du bon sens", disent-ils en choeur. D'accord, je ne suis pas juriste.

Il n'y a plus personne. Aucun pour nous dire combien la Suisse a bien profité de la libre circulation des personnes, aucun pour nous dire qu'on en a bien profité lorsque tout allait bien. Aucun patron pour nous dire qu'à compétence égale, il engage un employé moins onéreux. Aucun pour nous dire qu'il faudrait être crétin pour ne pas le faire. Cela frise la schizophrénie. Délicieuse période de repli. Il n'y a pas de problème de libre circulation, juste des mesure d'accompagnement qu'il faut utiliser à bon escient.

Il faut "requalifier" les chômeurs. Ah? Parce qu'avant non? Non. Parce qu'avant, ça allait bien. Parce qu'en période prospère, cela n'a aucune sorte d'importance.

J'apprécie les hommes et les femmes politiques. Pour leur courage parfois, pour leurs adultères aussi, pour leur mauvaise foi, pour leur obstination, pour leur mensonge qui le rendent si familiers, pour leur intelligence ou pour leur bêtise incommensurable. Je préfère malheureusement toujours ceux qui suivent leur conviction à ceux qui suivent le vent.

28/12/2011

Très Chère Laurence Desbordes

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Très Chère Laurence Desbordes,

C'est par le plus grand des hasards que je suis tombé sur l'un de vos éditoriaux dans le magazine Edelweiss. Vous vous offusquiez alors de ces "chiennes de garde" qui se battent pour ôter des formulaires administratifs français l'appellation contrôlée "Mademoiselle". Ces mots que vous avez couché ont retenu ma plus grande attention: "Ce qui est intolérable, c'est plutôt d'appeler madame une jeune fille de 18 ans et de vouloir la faire entrer dans le moule normatif d'une société qui dénigre la jeunesse ou le droit de ne pas s'affirmer en tant que femme mariée". J'aime beaucoup. Malgré la longueur interminable de la dite phrase et du conglomérat gluant de mots dont vous usez avec une certaine aisance.

"Fichtre, C'est audacieux!", me suis-je dit en recherchant d'autres traces que vous auriez pu laisser dans un papier glacé. Oui, ce mensuel que vous qualifiez d'innovant et de pertinent. Une brève demande à ma voisine "qui vous adore" aura suffi à ce que votre péché du mois de décembre tombe sur mon bureau (imitation Le Corbusier de chez teo jakob, cela va de soit). Tout vous offusque encore (même si vous estimez que c'est "marrant") à en croire la thématique choisie: "Ce besoin des journalistes de faire dans le misérabilisme".

Impossible de faire pire, vous l'avez pourtant fait. C'est vrai. Que c'est embêtant qu'on nous "rabatte les oreilles avec la crise, la Grèce, l'avidité de certaines multinationales". C'est vrai encore. Que c'est enquiquinant de parler "d'inégalités sociales, du surpeuplement de la planète et de la pauvreté". Vous? C'est une découverte scientifique française qui vous illumine: celle de faire retourner en enfance des cellules centenaires. "L'âge permanent de tous les possibles", dites-vous. C'est classe, c'est sobre. C'est surtout vide de sens, mais utile en société. Vous avez une énième fois raison.

En 2093, votre souhait?  "Commander une poussette avec plein de Barbie princesse et une panoplie rose et argentée de fées", écrivez-vous encore. Moi en 2093, je suivrai vos conseils. Vous écrivez "je laisse à mes confrères le soin de traiter ces objets accessoires". En effet, c'est mieux. Surtout quand je constate que vous aviez l'opportunité de remplir une page A4 avec du contenu, et que vous avez choisi au mieux, l'ironie. Au pire, la médiocrité.

25/12/2011

C'est encore l'heure des comptes

389520_10150388919168133_746288132_8263988_590153942_n.jpgPolaroïd 18 : 41

C'est encore l'heure des comptes, des bilans, des remises en question. L'heure de tourner la tête, du nettoyage de rétroviseur à l'ammoniac. On désirait le Kärcher, on a que des mouchoirs, question de classe sociale. On y arrive aussi, mais c'est plus long. Période fallacieusement féconde en promesses, mais terriblement pauvre en naissances.

Les âmes charitables se multiplient autant que les sourires, les regrets, les remerciements aux caissières (caissiers, diront d'autres) ou le vin... question de religion. "Il n'y a rien à faire, autant penser", croit-t-on encore lire sur les lèvres. Bouffée tout court, ou bouffée d'oxygène remplissant des poumons atrophiés le reste de l'année. On s'en fout, c'est l'instant de grâce. C'est l'éphémère des possibles, mais surtout l'ivresse du moment.

C'est encore l'heure des comptes. Des comptes falsifiés, des promesses de raisin, mais jamais de raison. Dans quelques jours, "tout redeviendra comme avant", lit-on sur des lèvres bleutées. Ce ne sont malheureusement pas celles de celle qui nous regarde. Là. Maintenant. Question de temps, "elle est encore trop jeune", jette en l'air un invité aviné. L'instant de grâce nous rappelle qu'on ne peut lui cracher au visage. Question de temps, non?

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19/12/2011

Alain au palais, Muriel aux fourneaux

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J'aime bien Peter Rothenbühler, son sourire de vieux renard à qui on ne fait pas la leçon, ses écrits toujours à propos, sa fine connaissance de Genève. Tous les dimanches, sa chronique dans l'hebdomadaire orange remplit de joie mes pupilles encore opaques d'un réveil trop brutal. Je me dis pourtant qu'il faudrait enfin rompre le cordon de l'addiction. En vain.

Hier, Peter R. s'est encore fendu d'un billet audacieux. Le thème: Muriel Zeender-Berset. L'ex-rédacteur en chef du Matin félicite la femme du nouveau conseiller fédéral socialiste pour avoir décidé d'assumer toutes les tâches. Les enfants, la carrière et les "fourneaux", hallucinant terme anachronique, mais ne doutons pas que le journaliste l'ait utilisé sciemment à des fins stylistiques.

Peter Rothenbühler pose la question : "Si vous aviez été élue à la place de votre mari, toute la nation s’interrogerait: mais qui garde les enfants?" Le chroniqueur a parfaitement raison. Lorsqu'une femme quitte son foyer, c'est toute une NATION qui s'interroge: mais qui donc va s'occuper des progénitures? Lorsqu'il s'agit d'un homme? Rien. Parce qu'en toute évidence, c'est l'autre qui s'en charge.

"Femmes de ce pays, prenez exemple", lâche Peter. Oui, ô oui Peter. Qu'elles arrêtent de se plaindre, qu'elles nous épaulent, qu'elles nous supportent, qu'elles se taisent, qu'elles affirment que "cela ne change pas trop leur train de vie actuel". Fichtre oui, la femme parfaite existe, hein?

Le couple parfait aussi, à en croire Peter Rothenbühler: "Alain au palais, Muriel aux fourneaux". Ca fait rêver. C'est frais, c'est moderne, c'est simple.

15/12/2011

Aux lapins victimes de myxomatose.

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On peut discuter de tout. Du zéro absolu, de l'effroyable coït des comptes, de l'interpénétration orgasmique des charges et des revenus. Du Saint Graal. Des assassinats, des infidélités de l'un, du retournement de veste de l'autre. De la corruption tardive et des effets de manches. D'Harry Potter et de Gérard Majax. On peut.

On peut tout discuter. Faut-il pour autant prendre la parole, oui, fichtre! Soyez hardis, courageux, insolents que diable!

Mais d'assister à l'aphasie de ceux qui vitupèrent sur les réseaux sociaux, qui "twittent" ou postent est tout simplement inacceptable. L'homme politique use et abuse de la parole. Cela devrait être sa nature. Par essence, l'animal politique s'exprime, combat, et essuie des échecs, voire ment, parjure mais au moins a le courage de s'exprimer à défaut de se cacher derrière la pression physiologique d'un bouton.

Alors à ceux qui menacent, qui s'insurgent, qui persiflent et bavent tels des lapins victimes de myxomatose, manifestez-vous! C'est la dernière chose qui vous sépare de la posture porcine de la stature verticale.

L'ombre ne vous rendra jamais grâce. Jamais.

08/12/2011

C'est l'heure des comptes

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C'est l'heure de l'existence médiatique, c'est l'heure d'exister un peu tout court. Son nom quelque part, mieux s'il est imprimé à l'encre. Pas pire si l'encre est numérique. La qualité se mesure en adresses uniques. Mieux encore, en initiales. IP. Pire, en chiffres décodés par un robot. L'unicité mesurée au nombre de gens connus est révolue. Place à l'existence éphémère. Celle des sondages, celle des amis, celle du réseau.

C'est la victoire de l'existence à tout prix, c'est l'heure de l'intégration virtuelle. L'information avant les autres, et qu'importe le contenu tant qu'il est avalé par ses congénères. Qu'importe les faits tant qu'on avale. "Merci de les recracher", s'adonnent-ils à fantasmer. La présence, l'occupation par peur de disparaître de la toile. Sacrifice de l'un d'eux pour des centaines d'autres.

Pourtant certains résistent toujours à l'occasion d'expulser des phonèmes. Certains s'excusent, d'autres raccrochent après s'être vautrés dans de vaseuses mélopées. Une minorité d'entre eux se taisent. Ceux-là mêmes asthmatiquement anachroniques qui imposent le respect, malgré la haine éphémère inspirée. Pour cette seule raison. Comment ne pas les apprécier? Ceux qui choisissent l'ombre. Non pas parce que la lumière est absente, mais parce qu'elle n'est pas légitime.

02/12/2011

C'est la langue râpeuse de la rumeur

imgDefinition471-1.jpgPolaroïd 23 : 07

C'est la langue râpeuse de la rumeur. Onctueuse caresse salée, juste assez salissante. Qu'est-ce qu'on aime s'en délecter en se pourléchant d'humides babines retroussées. Inlassable sensation lorsqu'on lèche. Moins quand on est léché. On tente bien, d'un geste maladroitement innervé de s'en débarrasser. On ne fait qu'étaler la crasse sur ses joues joufflues.

La rumeur comme réponse à ce qu'ils cachent, mais surtout à ce qu'on ne comprend pas. La rumeur, parfois témoin jaloux d'une existence qui consiste en une succession de vides et de draps abandonnés à la froideur du matin. Comme elle, on imagine que la chaleur du lit n'est pas le fruit d'une auto-combustion, mais bien de celui ou celle qui nous a quitté. "Il n'y a pas d'amour sans corps", pense-t-elle légèrement décoiffée. "Aussi absurde que l'odeur des vapeurs de l'aube", murmure-t-il en refermant la porte de son appartement. Et pour cause, il ne la reverra pas.

Perfide persiflage d'alcôves ou putride épitaphe de cabinet. Se glisse lentement entre les syllabes ou les vers, s'incarne dans des yeux levés au ciel ou des interprétations de silences. Entre les notes et les chaires. Exaltante sensation à en être le témoin, mieux si on le passe.

Et puis, au petit matin, la langue se fait pâteuse cognant maladroitement contre les parois d'une cavité asséchée. On décide alors de l'embrasser goulûment jusqu'à ce que cela dégouline. Ainsi nous voilà rassasié. Amen.

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25/11/2011

La pureté de Lilliane Maury Pasquier

3697-1_1.jpgPolaroïd 18 : 13

Le quotidien Le Courrier s'est lancé dans la thématisation de sa différence, à savoir strico sensu: "Ce journal n'appartient pas à Tamédia". Je ne peux que les féliciter de cette démarche, il faudrait être décérébré pour ne pas soutenir l'idée d'une presse plurielle, d'une diversité des opinions et des regards. Non, ce qui a attiré le mien en seconde page du quotidien de gauche d'aujourd'hui, ce sont les propos de la socialiste Liliane Maury Pasquier.

"Le Courrier n'est ni une feuille de sous, ni une feuille de chou. (...) Il s'achète mais ne vend son âme à aucun grand groupe de presse."

J'invite donc la conseillère aux Etats réélue à ne plus jamais répondre aux questions des "journalistes de grand groupe de presse qui ont vendu leurs âmes". Parce qu'à en croire la présence médiatique de la socialiste à la TSR (SSR SRG Idée Suisse), à la RSR (SSR SRG Idée Suisse), à la presse régionale (Edipresse) et au quotidien gratuit 20minutes (Tamédia), je n'ai jamais eu l'impression que le manque d'âme l'avait dérangée.

J'invite donc l'élue de la chambre haute à se faire réélire dans quatre ans. Sans se corrompre. Ni vendre son âme.