08/09/2012

Quand Bender et Varone partagent tous deux une passion pour les pierres

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L'information tombe à 10 heures 57 sur un vieux téléscripteur crachotant. Nul besoin d'en préciser la source, elle est limpide comme un torrent. Le message invite à visionner les archives de Canal 9, télévision d'état valaisanne. L'émission? "Croire", c'est son nom. L'invité est un certain Philippe Bender, historien libéral-radical et fils du conseiller d'Etat Arthur Bender (1965-1979). Philippe Bender, c'est aussi celui qui qualifie le parcours politique de Christian Varone de "page blanche".

 

Ironie du sort ― pour celui qui, disons-le, affiche une certaine animosité envers le chef de la police valaisanne ― puisque les deux hommes ont désormais un nouveau point commun (hormis d'appartenir officiellement au même parti): celui d'avoir tous les deux un caillou dans leur valise. A la 38ème seconde de la 5ème minute, Philippe Bender avoue avoir toujours sur soi (ou "sur son bureau à Berne") un "petit objet". Oh, rien de très précieux. Un petit bouquetin en pierre vieux de deux mille ans retrouvé dans une tombe romaine près de Mazembroz.

 

Comme quoi. On peut se détester et partager une passion pour l'archéologie.

 

02/08/2012

Son regard saupoudré de longs cils

Alouette.JPGPolaroïd 12 : 36 ("From Bruson, Switzerland", extraits de l'article paru le 2 août 2012 dans la Tribune de Genève)

Les véritables stars du 1er Août en ville de Genève ont été, sans conteste, les vaches d’Hérens. Reines des alpages, elles ont réussi le pari d’attirer des milliers de curieux sur la plaine de Plainpalais, transformée pour l’occasion en arène. Dans une finale musclée mais relativement courte, pour cause de forte chaleur,Vampire des frères Meunier de Fully s’est défait de Nona, haute-valaisanne d’Agarn. La reine des reines, c’est elle. Consacrée en terre genevoise, il s’agit d’une première pour le canton. Et visiblement, la première est une réussite, à constater le nombre de déçus n’ayant pas pu assister au rituel identitaire.

Une affluence à laquelle ne s’attendaient visiblement pas les organisateurs. «Lorsque j’ai entendu l’épicier du coin de ma rue me parler des combats de reines, j’ai compris que nous avions peut-être sous-estimé le fort intérêt de la population pour l’événement», confiait encore la veille Eric Linder, l’un des organisateurs mandaté par la Ville pour animer les festivités. Inviter ces vaches-là? C’est son idée. Celle d’offrir de la montagne à la ville. Mais surtout celle de faire connaître une tradition, un art de vivre et de sensibiliser le public genevois et international aux difficultés que rencontrent les éleveurs.

L’idée de suivre l’une d’elles, dans son périple depuis son mayen (pâturage d’altitude moyenne) jusqu’à la plaine? C’est la notre. Le périple a lui aussi droit à sa star. Elle se prénomme Alouette. Ne souriez pas, c’est l’une des vaches qui n’a pas souhaité combattre hier.

A la rencontre de la star

La rencontre a lieu en Valais mardi soir, veille de fête nationale. L’un des éleveurs de la mythique vache de la race d’Hérens est prêt à nous accueillir. Chez lui. L’émulation est palpable. L’excitation à la hauteur de la tâche: décrire au mieux le parcours d’une future potentielle reine vers Genève. Sera-t-elle couronnée sur la plaine de Plainpalais? Elle ne l’a pas été, du haut de ses 4 ans seulement. Mais qu’importe, Alouette est déjà reine, à en croire la lueur qui scintille dans les yeux de son éleveur, Eric Fellay. Lui dit «agriculteur ou paysan». Des mots qui résonnent avec justesse dans sa bouche.

L’arrivée mardi soir à Bruson, village perché sur un flanc du val de Bagnes, est douce. Le soleil ocre qui caresse le hameau n’y est pas pour rien. Comme pour rappeler que Bruson remplit parfaitement son rôle «d’envers du décor». Et pour cause, il fait face à la clinquante Verbier. «On y a construit n’importe comment, peste le tout juste trentenaire. Vous direz à vos lecteurs que je trouve que l’initiative Weber est une bonne chose pour le Valais. » C’est fait.

Les discussions s’enchaîneront jusque tard dans la nuit. Sur sa passion de la race d’Hérens, la beauté de la compétition (avec visionnage des archives de combats de reines depuis 1998), ses fromages et sa viande. Oui, l’homme aime ses bêtes mais parle sans tabou de boucherie. «La passion, c’est bien. Mais ça ne nourrit pas. » Sans aucun doute, Eric Fellay est un homme de terre. La preuve? «Demain, rendez-vous à 6 h 20. »

Caféine et yeux embués

Le réveil retentit. Comme une sonnette, sauf qu’en Valais, ce sont les cloches des vaches qui sont nommées ainsi. Quelques minutes à s’émerveiller de la sombre lumière bleutée du ciel qu’Eric Fellay a déjà préparé sa bétaillère. Il faut aller cueillir Alouette dans son mayen. Pourquoi elle? «Parce que les trois autres sont toujours collées les unes aux autres. Je ne tenais pas à les séparer. » Ça pue l’amour.

Hier matin, comme Alouette, onze vaches d’Hérens se sont mises en mouvement des quatre coins du Valais pour rejoindre Martigny. Comme des bisses qui ruissellent vers les prairies. Sauf que ces reines-là ne sont pas des rivières paisibles. Ce sont des torrents. Frontales pour sûr, ne reculant jamais pour la plupart mais paradoxalement douces dans leur regard saupoudré de longs cils. «Elles ne se battent que pour imposer une hiérarchie, avance Benoît Berguerand, membre du comité de la Fédération suisse d’élevage de la race d’Hérens. Il suffit de les voir lutter pour comprendre. La reine d’un troupeau n’est pas reine pour la gloire, elle l’est pour le bon fonctionnement de la "meute". Aussitôt la lutte terminée, l’animal redevient calme. »

L’angoisse des éleveurs

Calme, Benoît Berguerand ne l’est pas. Au contraire, c’est d’anxiété qu’il est habité. «Certains nous attendent au tournant. Nous ne pouvons pas nous permettre d’erreur. » La récente polémique sur la venue des vaches à Genève et l’opposition de la Ligue suisse contre la vivisection ont laissé des stigmates, «même chez nos propres éleveurs, où certains étaient défavorables à notre venue chez vous. Ils ont peur qu’on leur pique leur race. » Lui préfère parler de promotion de l’image du Valais et de ses produits. L’anxiété sera vaine. Aucune vache ne sera blessée.

Hier, le public, pourtant assommé par un soleil de plomb, n’a pas caché son enthousiasme ni son intérêt pour la «bête». Les questions ont fusé, sur les blessures qu’elle peut encourir (essentiellement des cornes brisées, rarement les yeux), sur ce qui la meut à se battre (l’instinct) ou encore sur le record de durée d’un combat (plus de quarante minutes).

Alouette n’a pas gagné. Et alors? Eric Fellay doit avoir raison. Sa vache est une star. Pour preuve, elle refuse de combattre. C'est ça, être une vraie reine.

15/07/2012

Sortez du bois que je vous abatte!

670282-pn-feral-pig.jpgPolaroïd 23 : 14

Vous n'avez rien compris, c'est pourtant facile. Il y a un siège à récupérer. Celui de Pierre Maudet, surnommé PierreMaudet.com par élu municipal. Ce dernier étant plus que chahuté pour son accent lusitanien par un journaliste spécialisé dans l'immobilier dont l'occupation quasi journalière et pathologique semble s'être porté vers la critique orthographique d'un quotidien radical.

Il y a quelque jours, seulement cinq candidats étaient en lice, et "toujours en lice" pour suivre avec zèle les recommandations d'une bien trop éminente femme de président de parti. Eric Bertinat (UDC) connu pour avoir fait de la politique, une source de revenu majeure. Olivier Fiumelli (PLR) dont un collègue de parti dira qu'il ne peut pas se présenter parce qu'il est "libéral et fonctionnaire". Adrien Genecand, lui aussi PLR mais pas fonctionnaire (c'est vrai, on n'est plus fonctionnaire désormais à l'UBS). Alain de Kalbermatten (PDC), et Salika Wenger (PdT). Sur ce dernier cas, disons juste que son groupe ne présente pas de candidats, mais qu'elle se présente quand même, bien qu'elle ait été élue sous une bannière de groupe mais pas de parti. On n'est pas à une hallucination près avec l'extrême-gauche.

Bref. Le jeune Adrien Genecand, dont certaines langues ainsi profilées se plaisent à user du mot "jeune" avec une récurrence trop élevée pour être honnête, décide d'abandonner la course. "Je reviendrai", dira-t-il en crachant sur leur dos. Coup de tonnerre: celui qui assurait pourtant il y a deux semaines ne pas pouvoir assumer la fonction de conseiller administratif, parce que peu "compatible, dans les faits, avec un mandat de député au Grand Conseil" revient sur le ring. Et pour cause, les "pontes" lui ont ciré les pompes. Drame à l'Entente. Celui qui est qualifié par certains de semi-demiurge crie à la magouille hospitalière. Propos niés dans la foulée par son président de parti sur les ondes d'une radio nationale. Psycho-drame, la matière grise du PLR sacrifie comme un mouton son poulain, Olivier Fiumelli. "Nous ne cherchons que le meilleur candidat", assure robotiquement Alain Dominique-Mauris.

Dernier acte en date, d'Artagnan offre sa candidature libéral-radical. Les compétences? Il les a. Mieux. "A la différence de tous les autres, elles sont reconnues." Alain de Kalbermatten sort sa perceuse-taraudeuse De Walt, Eric Bertinat expulse des versets, la princesse rouge lance un appel aux camarades et Guillaume Barazzone émet un avis de droit.

"Nous ne cherchons que le meilleur candidat", susurre une petite voix dans les travées pavées de linoléum verdâtre d'un grand établissement autonome.

25/06/2012

Questions pour un champion

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Je ne livre aucun nom. Pas même un couple, pas même un clan.

Je dégaine et tire. Sans recharger. Sur des cibles dont je préfère taire l'identité. "Oui mais vous savez, le 20 Minutes, c'est un journal fast-food", irai-je déclarer. Il faut abattre, quitte à ce que cela soit l'un de mes pieds. Qu'importe.

Je ne suis pas candidat, ai-je déclaré au Temps. Mais à disposition de mon parti. "Pour élaborer une stratégie, dit-on".

Je ne suis pas un punching-ball.

Je suis. Je suis. Je.

 

"Souffrez Monsieur le maître Dieu que je finisse une question avant d'y répondre", expulsera l'interrogeant. "Souffrez Monsieur le maître Dieu que vous y répondissiez", se laisserait-on presque à vouloir ajouter, dans une quête sûrement désespérée d'un peu de hardiesse.

22/06/2012

La gauche la plus bête du monde

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Quel délectable spectacle a offert le parti socialiste genevois. La pulpe des doigts est encore humide, à force de se les être pourléchés. Douze minutes de bonheur, ce sera la durée de l'état de grâce qu'auront insufflé Manuel Tornare et Romain De Sainte-Marie, ce vendredi soir sur l'antenne de la RTS.

Un président de parti dont la parole est itérativement coupée par son conseiller national "qui concocte des stratégies en trois jours". Moi, ajoutera-t-il. Un frontal Manuel Tornare qui s'autorise à moucher son président: "On n'a pas besoin de sociologues de l'Université de Genève pour expliquer ce qui s'est passé, comme certains jeunes technocrates du parti nous font comprendre", dira sa Sainteté. A la question adressée au président du PS, à savoir si l'ancien Maire ferait un très bon Conseiller d'Etat, ce n'est pas le président du PS qui répond. Non, c'est le silence. Trois secondes. Et Dieu sait si ces secondes là sont interminables en radio.

Les anachroniques "Camarades par ci et Camarades par là" suscitent désormais des sourires chez les uns. Mais des rictus épineux au PS. Si Manuel Tornare a presque flingué au colt 45 toute chance d'une candidature en 2013, Romain De Sainte-Marie, lui, a failli vis-à-vis du statut qui est le sien. Président. Ce soir, on a entendu le jeune contre l'ancien.

Même si, au final, la seule véritable faille, c'est d'avoir accepté de débattre en public des problèmes internes du parti socialiste. A ce titre là, la droite est abilitée à décerner le prix qu'elle aurait obtenu l'année passée. Celui de la gauche "la plus bête du monde".

15/06/2012

La puanteur

jacuzzi_40671.jpgPolaroïd 12 : 04

La zone d'exclusion? Vous avez bien entendu. Exclusion. Cinq mètres? C'est la taille du périmètre choisie par la Municipalité de Lausanne pour éloigner les mendiants "des distributeurs, horodateurs et autres lieux où l'on sort son porte-monnaie". Bravo. Moi je dis bravo. Qu'on éloigne ces gueux, organisés en réseaux souterrains nauséabonds. Dites la mafia, j'avale. Le crime organisé? Je gobe. "Les endroits de quiétude (parcs, places de jeux ou cimetières) seront aussi prohibés", nous dit-on. Fichtre oui! Qui n'a pas été houspillé à la sortie de funérailles par un vil "roumain"? (Hein quoi, ils ne sont pas roumains?) Quel chérubin n'a pas été dérangé par un "S'il vous plaît Monsieur" à la sortie d'une balançoire ou d'un toboggan en forme d'éléphant?

Un seul problème subsiste. Comment empêcher les ignominieux félons d'alpaguer vocalement l'honnête citoyen lorsque le dit bandit se trouve à plus de cinq mètres? "Qu'on lui coupe les cordes vocales", dira sans doute le pragmatique. Pourquoi ne pas imaginer qu'en lieu et place de placer des Mosquitos contre les jeunes, que l'on puisse installer les mêmes appareils contre les Roms (parce que "mendiants", c'est un peu faux-cul, vous me l'accorderez)?

La Municipalité lausannoise souhaite "créer la coexistence la plus pacifique possible" entre les mendiants et sa population? Le conseiller municipal Marc Vuilleumier (POP), responsable de la sécurité publique, évoque le "compromis". Mais Diable, ne faites pas semblant et cessez de jouer les pisse-froid! Qu'on les pende par les pieds, qu'on les expulse en vol-charters ou en calèches. Faites preuve d'imagination! Le napalm, le gaz orange voire des petits coups de bâtons ou de taser.

D'ailleurs, c'est quoi déjà la portée d'un taser?

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13/06/2012

Elles, au moins, elles ratent les trains

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Quel plaisir de te lire. Toujours un commentaire bien placé, une remarque pertinente, une vision. Sur le monde, sur la vie, les gens qui t'entourent. Non, en fait sur tout. La littérature, la poésie, la philosophie grecque, Godard, Lynch, Beigbeder et Barack Obama. La politique hexagonale n'a pas de secrets pour toi, la Berne fédérale? Tu la connais. Comment? On ne le sait pas. Qu'importe, les gens te commentent. N'est-ce pas amusant, toutes ces personnes qui commentent des commentaires? A quand, ceux qui commentent des commentaires sur tes propres commentaires? Suis-je bête. C'est déjà le cas.

Tu postes comme on tire, tu dégaines les tweets comme on crache. Ne te reste, que comme ultime douille, qu'à lécher les propres commissures de tes lèvres. A croire que l'idée de rester sur le quai t'est insupportable. Il faut avaler, aspirer sa salive par des légères succions épileptiques avant de plonger. Tête baissée. C'est certain, on ne rate pas les trains. On les prend, on ne cesse de saisir, il faut attraper.

Il faut surtout exister, c'est bien cela même qui t'est reproché. Tu en sais beaucoup trop sur tout. Un peu comme ces "je t'aime" lancés à la première qui fait convulser ton coeur meurtri. Et qui se dégonflent aux oreilles des dix qui suivent.

Elles, au moins, elles ratent les trains.

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11/06/2012

La légitimité des langues qui s'étreignent aux ondes

maltese_doggy-12550.jpgPolaroïd 20 : 15

"J'ai pour habitude, comme n'étant affilié à aucun parti politique, de ne pas opérer mon cri sur la foi de présomptions, de rejets, d'aprioris. Mais sur les idées qui sont exprimées. Et je dois dire que dans ce registre, c'est à dire essentiellement celui de la sécurité et celui de la répression, au regard de la délinquance qui sévit dans le canton de Genève, ni la politique proposée par les trotskystes de l'époque dirigés par Monsieur Moutinot, ni par la droite supposément incarnée par Mme Rochat ne proposent de politiques efficaces, raisonnables, concrètes. (...) Ce n'est pas une question de coquetterie, mais encore une fois, je trouve que beaucoup de prises de position qui sont adoptées à l'égard de Monsieur Stauffer, rappellent celles qui sont prise en France à l'égard du Front National."

Me Dominique Warluzel, interrogé ce soir par Philippe Revaz, Forum, RTS.

 

Au fait, Lolita Morena, elle en pense quoi?

 

 

09/06/2012

A s'asseoir. Pas à changer

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Passionnante, l'élection complémentaire au Conseil d'Etat. Passionnante, parce que portée sur les nervures, les failles, les plaies et les peaux des candidats. "Une élection sur la personne", entend-on dire. Ils ont presque raison, peu d'entre eux sont des personnages. Un seul l'est. Médiatiquement, bien entendu.

Aguichante aussi à constater avec quelle véhémence les médias sont conspués, pour leur partialité, pour leur choix, pour leur prise de position. A croire que les éditoriaux "thèse-antithèse-synthèse" putréfiants sont excitants. Ils ne le sont pas. Tout simplement pas. Ou simplement lorsqu'ils soufflent un autre vent. Ils ont pris parti pour celui-là? Tant mieux. Ils critiquent celui-ci? Que n'avez-vous pas compris dans le mot "éditorial"?

Alors d'accord, on pourrait parler "égalité des chances, visibilités égales". Ce sera une autre fois.

C'est avec délectation que l'on assiste à la scène, et avec fascination que l'on subit le jeu ou comment la fébrile importance des enjeux peut autant attiser les braises, celles-là mêmes qui se comptent en mois. A quoi bon?

A s'asseoir. Pas à changer. Un pas dans une commissure vaut mieux qu'une porte fermée. Certes.

01/06/2012

Plutôt crever assassiné que flagellé

2012-06-01_173537.jpgPolaroïd 00 : 00

C'est l'heure du sacrifice. Plutôt mourir sous les coups, les balles ou les lames des fomentateurs, des cercles et des réseaux que mettre fin à sa vie soi-même. Plutôt pointer l'ennemi (et qu'importe s'il l'est ou pas) que de se couper le doigt, de scier la branche putride et moisie. Prenez ce martinet expiatoire et fouettez-moi! Plutôt crever assassiné que flagellé. Merde, je veux crever en héros. En victime. Que le sang coule, le mien de préférence. Les électeurs s'en délectent.

Je veux être l'ennemi et le sauveur, le juste et le cabossé. Je suis seul contre tous, contre le système, contre les édiles et les élites. En fait, je suis contre tout. Sous le feu des néons calorifiques que je m'évertue à lécher, je brille et me consume.

Je suis meilleur dans l'opposition. J'aime trop la lumière. Celle qui va me noyer. La revanche est souvent un mauvais carburant. Accompagnée de la soif, elle tue.

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27/05/2012

Elle

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Elle a bon dos, lorsqu'elle vous le tourne. Complaisante, peu curieuse, bonne ou encore "d'investigation" (les guillemets, élément grammatical de lâcheté), elle est si subjective lorsqu'elle vous égratigne. Si partiale lorsqu'elle vous écorche. Erronée? On ne l'espère pas. Approximative? Peut-être.

Lorsqu'elle s'en prend à vos ennemis, elle est si gracieusement critique, encensée, brillante. Ses sbires? Intelligents, frondeurs et persévérants. Tant pis si aujourd'hui, ils sont si complaisants, sans aucun doute manipulés et orientés. Le vent est si agréable lorsqu'il souffle dans la nuque. Chaud? Une caresse érotomaniaque.

Rappelons juste que l'homme fait le portrait. Pas le sbire.

22/05/2012

De l'art de se préoccuper

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Merck-Serono rapatrie à Darmstadt. Le Département de l'économie et de la santé tient une conférence de presse sur les "cleantechs". Hasard du calendrier. D'accord.

Des entreprises "très importantes pour la diversification de l'économie", chantera de manière incantatoire, à deux reprises sur le plateau de Genève à Chaud ce lundi soir, Pierre-François Unger, ministre du dicastère concerné.

Etonnant de se rappeler à quel point la levée de boucliers, lorsque la conseillère administrative Sandrine Salerno s'était exprimée dans le magazine de la Ville de Genève sur le même thème, avait été massive.

Etonnant surtout de constater (et sans juger du fond des arguments des uns et des autres) avec quelle rapidité, il s'agit aujourd'hui de penser la nature du développement économique genevois. C'est vrai que quelques centaines d'emplois biffés en une des médias transforment les rires narquois en sujets de préoccupation. Tout simplement magique.

 

 

Note: 23.05 Les services du Département susmentionné me signale que l'intérêt de l'Etat pour les cleantechs ne date, ni d'hier, ni de l'annonce du départ de Merck-Serono. Qui précise également que la conférence de presse était agendée depuis longtemps. Bien.

Reste que les mots alignés tels que «diversification du tissu économique genevois» ou «modèle de développement» semblent fleurir dans les cavités buccales des édiles. Sûrement le printemps.

 

 


16/05/2012

Les diagonales

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Je tire des diagonales alors que d'autres tirent des droites à l'équerre. Mes phrases se concluent par des "peut-être" lorsque les autres aboutissent par des "sûrement". A l'inverse, ils s'abreuvent des odeurs alors que je lèche les mots, souvent amers mais souvent justes.

Je préfère ma femme aux autres, lorsque d'autres choisissent le désir parce qu'il est plus facile de ravaler sa salive que sa langue. A réveiller mes propres sens plus que se vautrer sur des corps inanimés, je préfère nager que me noyer. Je suis, je suis, je suis. Il l'est.

02:00 Publié dans Rien | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook

07/05/2012

Qu'enfin, nos oreilles puissent ouïr correctement

600px-Tower_of_Babel_cropped_square.jpgPolaroïd 23 : 01

Très Cher Monsieur Oppikofer, rédacteur en chef du magazine "Tout l'Immobilier,

J'ai cru tout d'abord avoir mal lu ou être victime d'une sombre drogue qu'une fille de l'Oural (ou d'ailleurs sur le continent africain, c'est entendu) aurait versé dans mon verre. Après double relecture, vos propos tenus sur un réseau social célèbre ne m'apparurent plus comme sibyllins. Vous déclarez "implorer" vos amis de Léman Bleu de disposer de sous-titres "en français" lorsque "c'est Medeiros qui parle". Entendons par ce nom, le raccourci qui mène à Carlos Saraiva Medeiros, conseiller municipal MCG et accessoirement vice-président du parti éponyme.

Et bien sachez que je compatis plus que sincèrement avec votre grief. Que l'on bannisse les lusitaniens des plateaux de télévision, que l'on coupe la parole aux gens de petite taille, si peu adaptés aux écrans plats de haute définition et enfin, que l'on corrige la balance des couleurs lorsque l'invité supporte un teint pâle ou blême. Censurons les toxicomanes des reportages de Temps Présent lorsque la logorrhée se fait vaseuse, changeons la bande-son de ce misérable accordéon tzigane et remplaçons-là par de la musette.

Qu'enfin, nos oreilles puissent ouïr correctement. Parce que confondre Sandrine Serono avec une autre magistrate, c'est du plus mauvais genre.

Bien à vous, Olivier Francey.

04/05/2012

J'ai pensé à elle

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J'ai pensé à elle. Au fond de teint qui coule et au mascara qui déborde. Aux cheveux désordonnés et aux mots insufflés avec pudeur. J'ai pensé à la retenue, à la pudeur et aux gestes manqués. J'ai pensé à son sourire béat sur la plage, sur un vélo ou un tracteur et aux messages désordonnés. A l'insistance des virgules et la pesanteur des mots, aux fautes grammaticales reprochées en échange de contenu trop épidermique.

Aux silences soutenus, aux vérités avalées et aux protections linguistiques. A cette façon si particulière de nier, de mentir parfois et de se taire souvent. Aux moments, à l'instant si infâme parce qu'éphémère. Aux jeux, à la honte et aux masques.

J'ai pensé aux dîners ratés, aux ambitions coupées, aux soirées noyées dans l'ennui. A la jouissance des absurdités et du désir. N'ai-je pas souri alors? Peut-être. Un regret. Certainement.

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