05/11/2013

Ces gens-là

Olivier francey,britney,spears, GenèvePolaroïd 00 : 04

 

C'est quand même incroyable à quel point, à vous entendre, la presse ou les médias en général, sont contre vous. C'est quand même dingue à quel point ils vous détestent tous, les dents acérés, la gencive jaunie par un excès tabacologique. Auquel il faut ajouter une névrose ou deux. 

 

Mais que vous ont-ils donc fait? Bien sûr! Ils vous haïssent tous. Toujours le bon mot pour vous rappeler à quel point vous avez fait faux. A quel point vos propos sont erronés, à quel point ils ont si souvent raison, eux, les gardiens de la morale, les donneurs de bonne leçon. Quelle bonne raison de les haïr! Quelle bonne raison de les enjoindre à vous remplacer. A gauche, ils virent à droite. A droite, ils penchent à gauche.

 

Mais alors pourquoi, n'hésitez-vous pas plus à renoncer à les appeler lorsqu'ils servent vos intérêts. Ô, pas tous. Certains n'en ont pas besoin. Mais les autres. Oui, les autres qui composent le numéro comme on part aux toilettes. Une urgence. De quoi oublier tous les adjectifs précédemment utilisés, les qualificatifs nauséabonds et les rances rancoeurs. 

 

Il y ceux qui composent et ceux qui répondent. Il y a ceux qui s'abstiennent. Ce qui les différencie? La mémoire. Monsieur. La mémoire. 

 

18/10/2013

Salauds d'handicapés

Olivier, Francey, Tribune, GenèvePolaroïd 21 : 22

Pierre Jenni, feu candidat au Conseil d'Etat a raison.

La loi est la loi. Handicapé ou pas. Regardez! Dans mon taxi, une "grande majorité d'entre-eux ne sollicitent pas l'aide du chauffeur et développent une autonomie admirable"! Les autres? "Une petite minorité qui se victimise et fait sentir leur mal-être." Ah! Les pauvres qui s'apitoient sur leur sort!

Pierre Jenni a raison.

Eric Grassien savait à quoi s'il s'exposait "en installant un camping", dit-il. C'est vrai. Vous vouliez quoi? Qu'on lui apporte du Pastis et un écran plasma? C'est "pas cher payé", écrit-il encore, "pour un appartement à Genève". Ben quoi, c'est vrai. C'est pas cher.

Pierre Jenni a encore une dernière fois raison. Il ne va pas se faire des amis. Non. Ses propos sont infectes. Je le dis, je le pense. Qu'importe son intention originelle. Ici.

15/10/2013

Avaler, les lèvres closes.

Olivier francey,britney,spears, GenèvePolaroïd 01:00

Il suffisait pourtant de les nourrir. La meute carnassière et aboyante aime ronger l'os. Une vraie prostituée. Chuchoter à leurs oreilles. Incurver les angles et distordre les lignes. Ce ne sont que des gueux de l'information. Porter la parole, était-ce si difficile? N'était-ce pas leur unique tâche? Leur raison d'exister?

 

Mais non. Plutôt prêcher la muette. Paradoxal, n'est-ce pas pour des communicants? Affamer la bête, déjà tant affamée, en espérant qu'elle se rassasie. Sans viande, pas de cadavres. Tant mieux s'ils ont cessé d'officier dans le fossoyage. Parier sur la bêche avariée, tranchante comme une lame émoussée.  

 

N'était-ce pourtant pas l'ère des interprètes. De l'hyper-communication, transparente, limpide, "entre nous" chuchotent-ils, avant de ricaner. L'hégémonie de la com, des intermédiaires, des tampons, de ceux qui transforment la boue en eau, puis l'eau en vin. Allelujah. Face aux bouches ouvertes, pupilles éblouies, jambes fébriles et cils tremblants, qu'ont-ils fait? Répondre que le temps était au silence, ou tout du moins à sa promesse. Ils ont bien raison. Cent fois raison. Avale.

10/10/2013

La bave

Olivier francey,britney,spears, GenèvePolaroïd 01:00


Ne plus s'insurger. Face aux communications verrouillées, laisser s'échapper quelques filets de bave, pour rappeler, oui Monsieur, qu'on existe. D'ailleurs qui pour les briser? Feinte insurrection, lèvres closes face aux mensonges, balbutiements lorsqu'il s'agit de contester. Fainéantise et résignation.

 

Se laisser dicter l'agenda, se laisser dicter les propos, se laisser avaler. La glotte visible en disant merci. Ne pas fâcher, ne surtout pas prendre position. Relayer en toute objectivité. Le sig P-220 sur la tempe, la suintante objectivité en ligne de mire.

 

Putain. Ca va être long.  

 

06/10/2013

L'autre

Olivier francey,britney,spears, GenèvePolaroïd 02:11

Le temps des désirs, aussi éphémère que les frottements des peaux. A ce stade, on n'avale plus les mots, on se pourlèche les lèvres. Quelles lèvres. Suffisamment tremblantes mais pas asez closes pour ne pas expulser des promesses. Il fallait être si bête et tant épris pour y croire. Pour croire à ça. A elle, aux lendemains, au poids des mots et à la pesanteur des regards. Le coeur si gonflé, les artères tant encombrées, le pouls si arythmique que même le miroir nous a menti. Dans la ligne, à quoi bon se servir d'un rétroviseur? Dans le trou, quelle utilité à la corde? 

 

Y croire. Y croire fort. Pas cette fois. Par pitié, pas encore. 

 

Si. Encore. Sortie théâtrale. Une porte qui se claque comme des dents, avec pour seuls compagnons: un numéro de chambre, des draps froissés, et un mégot gisant dans un cimetière. On aura espéré du rouge à lèvres sur glace, ce sera le bout de plastique dans la corbeille. Ouf. Elle n'aura ni volé le stylo, ni le savon. Ni clefs de maison, ni portable. Ce serait si bête de devoir l'appeler. L'autre.

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04/10/2013

Communication zéro

Olivier francey,britney,spears, GenèvePolaroïd 02:14


C'est le syndrome "haut-dessus de la mêlée". Pas de communication, et qu'importe les attentes médiatiques. Le syndrome de l'élite, de l'indépendance, des contingences ignorées. Le syndrome de la Tour d'Ivoire, de l'innocence, et des "ah, bon. Mais pourquoi?". 

 

Sidérante méconnaissance du monde, éclairante vision de ce dernier, morale à l'appui. Salive d'incompréhension doublée de communication balbutiée. 

 

Lorsque les questions défient l'horizon, et même si c'est déjà trop tard, il faut nourrir la meute, gaver les oies. A ce niveau de compétence, on s'étonne de si peu de clairvoyance. Et on a raison de vouloir tuer.

 

24/09/2013

Mutisme 2.0.

Olivier francey,britney,spearsPolaroïd 02:00


Hormis le fait qu'à défaut de vocabulaire, on se résume, par fainéantise, à qualifier une funeste disparition "d'affaire".

Hormis le fait que le gouvernement genevois a rappelé (13.09) n'avoir que des dizaines de minutes (!!!) à consacrer aux questions de la presse (de mémoire très sélective: "Soyez bref, le temps nous est imparti. Nous devons partir dans une demi-heure.").

Hormis les déclarations du conseiller d'Etat sortant Pierre Maudet au quotidien Le Matin (20.09) - qui déclare ne pas vouloir assister aux funérailles ("La famille ne souhaite pas la présence des autorités, aussi bien politiques qu'administratives, et nous respecterons ce choix") - et qui pourtant, a répondu présent (ATS, 23.09) in persona aux obsèques (nda: mais nous n'avons pas d'explications sur ce point). 

Enfin hormis les informations nauséabondes (parce que non vérifiées!) relayées conjointement par l'AFP, France Info et TF1 dans une débauche médiatique. 

Reste les insolubles questions des droits à la présomption d'innocence et au droit numérique à l'oubli. Ou tout du moins à l'anonymat relatif.

 

Je crois avoir compris que l'auteur d'un homicide, avant d'avoir été jugé et condamné n'était que présumé. A ce titre, son image ne devrait-il pas être floutée, et ce dès lors qu'il avait été retrouvé? Oui. Quant à la victime ainsi reconnue comme telle, une règle similaire ne devrait-elle pas s'appliquer? Oui. Quant à lancer un appel à disparition en rendant méconnaissable l'auteur présumé du délit, on frise la bêtise. Ces choses-là ont-elles été faites? En partie. 

Voilà pour la théorie.

 

Seulement, en pratique, ces règles échouent lamentablement face au 2.0. Les archives (de Google et les captures d'écran relayés par les réseaux sociaux, les blogs, Tumblr et Vine et...) le rappellent allègrement. Voilà ce que nous dit aussi cette sombre histoire. Rien ne se perd. Ni les propos des candidats au Conseil d'Etat ou au Grand Conseil. Ni ceux des élus, conseillers communaux, municipaux ou députés. Ni les vôtres. Ni les nôtres. Pour le meilleur. Mais surtout pour le pire. N'est-ce pas? 

 

Se taire? Hallelujah. Et si seulement, pour dire. Ca.

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20/09/2013

Avec toutes mes considérations

drowning.jpgPolaroïd 00:51


Pas une excuse, certes formelle. Pas une once de responsabilité. Rien. Le mutisme. Aucun plan de crise, pas de plan B. Une communication zéro. Des gorges sèches, des langues râpeuses et des regards vides. Pointés vers ses chaussures. Vernies. 


Pire. Être bref. Et des échéances temporelles comme pour rappeler les failles. En espérant que l'heure n'est-pas aux questions subsidiaires? Sans blague? En lieu et place?  La messe de la gêne et de la peine. Soit.


Difficilement ingérable quand on nous dit d'être bref. Quand on nous dit que les minutes sont comptées. Communication désastreuse. Ils le savent. Pas une excuse. Pas une once de responsabilité. Rien. Mais putain. Nous dire que le temps presse? Nous avouer que le temps n'est pas extensible? Non. Inacceptable. 









 

13/09/2013

Avis de recherche

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Polaroïd 01 : 00
 
Faut-il rendre méconnaissable la photo d'un détenu genevois "condamné à 10 ans de prison pour viol et 'jugé' en fuite", suite à une communication de la police genevoise (doit-on préciser), laquelle annonce qu'il "a disparu jeudi matin" en compagnie d'une socio-thérapeute? Nul doute, que contrairement au quotidien 20 Minutes et à la Tribune de Genève, le service public (la RTS) a estimé que le présumé coupable n'est que... présumé coupable. Et qu'à ce titre, il mérite toute notre discrétion. C'est à dire flouté. Intéressant. 
 
Il faut bien évidemment, préserver la présomption d'innocence. Qu'importe la source, même s'il s'agit de la police genevoise. D'accord. Mais.... Parce qu'il y a toujours un "mais".... entre la volonté de préserver la présomption d'innocence et la suspicion d'une infraction commise (supposée grave à en croire toujours le communiqué de la police genevoise), le floutage de l'individu suspecté devient légèrement caduque, non? Le but n'est-il pas de retrouver la supposée victime vivante? Indemne? Quelque part?
 
Ne doit-on pas préférer, dans le cas qui nous intéresse ici, que le présumé coupable soit identifié et que la socio-thérapeute soit retrouvée? Ne doit-on pas "préférer" que le coupable présumé soit blanchi (certes désagréable si nous nous trompons) à ce que la "socio-thérapeute" ne soit jamais retrouvée?
 
Je pose la question. Et je ne doute malheureusement pas à fournir les noms... Et me tais, face à l'attitude de la RTS. Douteuse...
 
Fabrice Anthamatten: homme, type caucasien, 181 cm, crâne rasé, porte des lunettes de vue. Il est vêtu d’un K-way bleu, d’une veste en mouton retourné, d’un pantalon brun multipoches, d’une casquette noire avec oreillettes.
- Adeline Morel : femme, 170 cm, corpulence normale, les cheveux détachés. Elle est vêtue d’un pantalon, d’une longue veste beige, d’un pull. Porte un sac à main.
Toutes les personnes pouvant fournir des informations sur les deux personnes disparues ou sur le véhicule utilisé sont priées de prendre contact sans délai avec la police cantonale au 0800 800 844.

10/09/2013

Le goût des crépuscules

olivier francey,britney,spearsPolaroïd 01 : 14


La belle promesse. Celle de l'instant, celle de la fin de l'été et de sa tiédeur. Elle ressemble tant à l'aube. De celles qui s'expulsent à l'arrière d'un taxi, au lendemain des ruptures ou à l'approche du trophée tant sécrété. Elles ont l'odeur des toujours mais le goût des crépuscules. On s'en étonne encore. Pitre. Elles ont commencé dans l'ombre des ruelles.

 

On hésite entre l'infâme désir et le machinal espoir. Oh putain, on y croit. Les yeux rivés vers ce ciel alors qu'on est pas foutu de lever sa jambe. Il ne s'agirait pas de la perdre, n'est-ce pas? Et alors qu'il faudrait haïr... et bien, on hait. Comme une défense trop bien huilée. On ne sait pas trop qui. Elle. Soi. Lui. L'autre. 

 

Pour finir par faire pareil. Promettre... De ne plus jamais lever la jambe. Jamais. Promis.

13/08/2013

Saleté de pauvre

olivier,francey,britney,spears,genèvePolaroïd 03: 00

Quelle suave délectation que de parcourir l'argumentaire d'Yvan Zweifel, vice-président de la section genevoise du PLR, qui s'est fendu d'un billet terriblement corrosif et bougrement argumenté à l'égard de l'initiative 1:12, soumise à votation le 24 novembre. Que demande-t-elle? Elle ne demande pas, elle exige que dans une même entreprise, personne ne puisse gagner en un mois plus que quiconque en une année. Pour le cadre du comité directeur, ce voeu ne serait rien d'autre que de la jalousie sociale, "démontrée mainte fois en sociologie, notamment à travers du jeu de l'ultimatum". Et qui consiste à ce que "la plupart des gens [ne] préfère renoncer à un gain plutôt que d'accepter que d'autres gagnent d'avantages qu'eux". L'argumentaire, somme toute compréhensible, se résume à penser que tout être humain est jaloux de celui dont les revenus sont plus élevés que les siens. D'accord. Nul besoin ici de rappeler (ce serait si mesquin) que malgré le soutien des rangs socialistes, la dite initiative est issue de la jeunesse socialiste. Mais qu'importe, on aura bien compris le propos de Monsieur Zweifel.

1) Selon Monsieur Zweifel, la jalousie est donc "un sentiment solidement ancré en l'être humain". Quelle puissance argumentaire! On me dit aussi que les Zurichois sont racistes et qu'il paraîtrait que des seringues infectées se retrouveraient dissimulées sous les sièges des salles de cinéma. Quant à savoir que le sentiment de "jalousie sociale" a été mainte fois démontré en sociologie, je me réjouis de lire les études que fournira sûrement Monsieur Zweifel. 

2) Par ailleurs, Monsieur Zweifel semble également douter que le fossé entre les riches et les pauvres ne s'élargisse. Je suppute toujours que le cadre de l'instante dirigeante du PLR ne fasse référence à la Suisse, et non pas à la situation mondiale. C 'est donc avec honneur que je lui fournis les statistiques de l'Office fédéral de la statistique (résumés ici avec labeur ici). Entre 2002 et 2010, et si l'on prend les fourchettes les plus basses et hautes des revenus mensuels de la région lémanique, on compte 5,2% de personnes revendiquant entre 0 et 1000 CHF par mois contre 0,9% percevant plus de 20 000 CHF; contre respectivement 6,1% et 1,7% en 2010. Selon l'OFS, il y a bien eu écart statistique. Monsieur Zweifel peut donc être rassuré sur ce point.

3) Seulement voilà, pour reprendre les termes de Monsieur Zweifel, si le fossé s'élargit "en valeur absolue", ce même fossé rétrécirait en "valeur relative". Est-ce réellement le cas? Concédons d'emblée que le taux de pauvreté, toujours selon l'OFS (télécharger ici), a diminué entre 2008 et 2010. Pour autant, difficile d'obtenir des données sur l'évolution des revenus les plus bas par rapport au plus hauts. Seules données disponibles, toujours celles de l'OFS indiquant qu'entre 1998 et 2008, l’augmentation des salaires du deuxième décile [ndlr: la division de la population selon le salaire, de sorte que chaque partie représente un dixième de la population] s’élève à 13% à 4441 francs mensuels. Et qu'en revanche, l’augmentation du dernier décile a crû de 21% à 10753 francs. Notons encore que mise à part le premier décile (+15%), la progression est linéaire.

4) Dernier point, la cerise sur le gâteau, le pompon comme dirait Voltaire: l'illustre graphique que joint Monsieur Zweifel à son plaidoyer. Surtout que ce dernier (pas Monsieur Zweifel, mais le complexe diagramme) démontre l'exact contraire de ce qui est avancé. A savoir, que le "fossé" entre les riches et les pauvres s'est accru de 1800 à aujourd'hui. Nul doute que l'éminent libéral-radical précisera: "Oui, mais voyez donc comme ces pauvres se sont enrichis!". Oui. Mais pas aussi vite que les riches.

Bref, tout ces billevesées dans l'attente d'autres arguments de Monsieur Zweifel. Lequel ne souhaiterait, pour un penny, qu'on vote socialiste. Pardon, jeune socialiste.

26/07/2013

Summertime

Olivier, Francey, Journaliste, TDG, Tribune, Genève, Britney, SpearsPolaroïd 01: 07


Je vous le dis, je veux capturer. C'est mon droit. C'est ma mémoire, c'est ma vie, c'est mon billet et je l'ai payé le même prix. Téléphone portable levé, qu'importe l'embouteillage horizontal et les japements gutturaux, l'angoisse du souvenir perdu me hante. Parfois même, le désir de montrer au monde que "j'y étais" se substitue à la peur de l'oubli. Alors je ne vous laisse pas croire une seule seconde que je fus ailleurs. Moi? Vous n'y pensez pas! Je filme, j'enregistre, je garde, je scelle le moment. Mon moment? Enfin... plus vraiment, parce que je vous le dis, je vous le dégueule. Et alors? Vous me suivez sur Twitter, Vine, Facebook et Tumblr. Vous aviez le choix de me quitter mais vous l'avez refusé. Vous vouliez savoir.

 

Je vous le dis, vous n'avez pas à vous plaindre. A côté des succions de langues qui s'entrechoquent et le pop-corn déchiqueté par des vilaines prémolaires dans une salle obscure, l'objectif haute-définition de mon Iphone 5 apparaît presque comme secondaire. Vous n'avez pas à grogner. J'ai aimé le concert, j'ai vibré. Quand approche l'extase resurgit le monde. Les amis, les anonymes et les autres. Je ne voudrais, en aucun cas, vous laisser penser que j'ai fui le moment présent. Je suis multitâches. Ou alors malheureuse victime de MCT que je rassasie à gros cuillerées d'images et de sons stéréos à faire défaillir n'importe quel ingénieur du son.

 

La fragile membrane qui me sépare de vous dévoiler mon intimité (mes vacances à Paris ou aux Seychelles, mes ébats, mon chien, mes états d'âme sur la peine de mort, le port du voile, l'avortement ou l'affreuse attirance culino-asiate pour les canidés) fleure la brisure. Avouez que vous êtes à deux millimètres de ne pas cacher vos prunelles pour me voir nu. Vous haïssez autant l'exhibition qu'elle ne vous attire. 

 

Je vous le dis. Et vous l'avalez. Vous aimeriez me haïr. Et vous me comprenez. 

 

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24/07/2013

Les donneurs de leçon

Olivier, Francey, Journaliste, TDG, Tribune, Genève, Britney, SpearsPolaroïd 11 : 14

 

Ah? Nouveauté. On ne se moque pas des morts. Encore moins des mères mortes. En fait, on ne se moque pas de Diana Spencer, Duchesse de Rothesay. Damn. Voilà ce que j'ai appris en paraphrasant sur Facebook l'excellent Guillon. L'outrecuidance de l'humoriste? S'être fendu d'un brillant tweet à la suite de la naissance du Royal Baby: "Toujours aucune réaction officielle de Lady Di qui est pourtant grand-mère depuis plusieurs heures." Vous avez évidemment le droit de ne vous gausser, surtout si vous veniez de perdre votre mère. Auquel cas, je présenterai de ce pas, bien évidemment, mes plus bafouillantes excuses. C'est vrai, on ne rit pas de tout. Sauf si on en est, soi-même, la principale victime. Desproges serait sans doute pendu aujourd'hui.

 

Ce qui étonnant - outre la lumineuse plaidoirie du conseiller national PLR Christian Lüscher ("Nul à ch...") et qui dénote un franc sens du second degré - et outre le geste très désapprobateur de l'ancienne conseillère municipale démocrate-chrétienne Sandra Golay (mais aujourd'hui MCG) qui s'est immé-dia-tement retirée de ma précieuse liste d'amis virtuels (de quoi susciter un vif émoi et une vive interrogation du type: "Comment? Pourquoi? Misère.") - c'est une remarque particulière qui m'a interpellée. Celle-là même qui me pousse à ces présentes jérémiades. Je cite: "Toi, tu n'as probablement pas perdu ta mère." Non, c'est vrai. On doit absolument et sur le champ lui donner raison. Comment ai-je pu être à ce point si insensible. Fabienne Gautier, ancienne député PLR tout aussi loquace sur les réseaux sociaux, dit le vrai, lorsqu'elle s'offusque de ces hommes qui manquent de sensibilité. Quels crétins ces mecs. Qu'on me pende.

 

Mais une question, néanmoins, taraude toujours mon esprit, si masculin.... Est-ce que la perte d'un frère m'autoriserait à ironiser sur le dos de la mort? Oui? Non? Ou est-ce que seules les mamans comptent? Un père vaut-il une moitié de mère? Une soeur, trois quarts? Dites-le moi, please. Parce ce serait dommage de continuer à croire que seuls ceux qui ont perdu des gens s'autorisent à en s'en amuser. Encore plus dommage d'oublier de souhaiter à tous ceux qui n'en n'ont pas perdu d'en rire. A mort. On lui doit bien ça, à la grande faucheuse.

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22/07/2013

Avec un h aspiré

Olivier, Francey, Journaliste, TDG, Tribune, Genève, Britney, SpearsPolaroïd 23 : 05


Elle se craint. Pourtant comment ne pas en tomber follement amoureux. Comment ne pas la désirer, pourquoi l'éviter alors qu'elle est si délicieuse. Si âpre, parfois amère comme des fraises des bois. A peine acidulées, de quoi susciter l'amertume au palais et les retournements de langue sur le flanc vaseux de joues asséchées. Pour mieux sentir le claquement des dents sur une mâchoire déjà abîmée? Of course. Le rictus ne tue pas. On l'aimerait intellectualisée, elle demeure ventrale. A côté, l'agglutination médiatique aux nouveaux-nés ou aux tueurs en série (mais d'enfants!) suscite vaguement un sourire, dévoilant des dents joyeusement jaunâtres. 

 

On la rencontre souvent petite et fragile. Née de rien, des trahisons du quotidien, des promesses des imbéciles et des délices de la peau. Alors que la petite se suçote, la grande gronde. L'injustice appartient à cette dernière catégorie. De celles qui imposent les postures d'indignation. Celles-là ne touchent que la chair. 

 

Et puis il y a les autres. Les vraies, les sombres, les noires. Celles que l'on traîne, jours après jours, saisons après saisons comme une ombre syphilitique dans le si misérable espoir que l'autre en crève. Ainsi s'apaisera la Haine. La grande, la vraie, la pure. Je vous le promets. Elle l'a promis. Pourquoi pas moi?

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16/07/2013

Un jour de juillet

Pour, toi, Merci, as, always, LPolaroïd 01:06


Sa peau perle. Suintante sueur. On aimerait accabler la chaleur moite de l'été. Ce n'est que l'odeur de la peur. Ou alors de la fin. La vraie. Celle-là n'attendra pas le printemps indien. Sans rien dire, sur des pas à peine plus lourds que le vent qui souffle sur le lac. On aurait aimé repousser le crépuscule, ne serait-ce que pour que les yeux se closent dans ses draps et sur ses cadres aujourd'hui poussiéreux. Fallait-il encore douter que la sépia ravivait autant de couleurs? Celle des baisers, des promesses fallacieuses tenues au petit matin mais des vraies larmes. Celle des ombres acceptées et des allumettes qui illuminèrent son visage désormais découvert. On la savait fourbe sans jamais l'avoir senti haleter dans son cou. Fascinante fétidité.

 

Fascinante parce que suspendant le temps aux aiguilles. Des montres et des injections. Attente paralysante, comme le Jura qui se fige dans le lac, lorsqu'il se fait huile. Lisse. Pas un cheveu. L'angoissante palpitation de l'horizontalité des lignes et la phobie des zéros. Les conversations se résument, faute d'intérêt et de présence, à lire sur des lèvres, pupilles dehors mais pupilles vides. 

 

"Elle va mourir?" 

 

"Oui."

 

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