02/10/2014

La traversée du Douro

mcg, genève,traversée, rade, UDC, FranceyPolaroïd 00 : 51

 

J’aime tout le monde. Je vous le jure. Sur la tête de ma défunte mère épileptique asthmatique sous cortisone. Je leur ai fait confiance lorsqu’ils m’ont dit de voter pour la traversée du Douro. Ils m’ont dit qu’il était question d’une chose en son temps. L’un après l’autre. D’abord la petite, ensuite la grande. J’ai avalé, comme on gobe du Beirão. Je suis fidèle, c’est une évidence.

 

Certes, ils ont hésité. J’y ai cru, à leur contre-projet. Ils m’ont dit qu’ils allaient la soutenir, la grande esseulée. «Le peuple doit trancher», se gargarisaient-ils. Pourtant, rationnels et pragmatiques mais «surtout démocrates», aiment-ils scander, ils ont refusé au dernier moment de soutenir les infidèles. Maudits cousins, me suis-je dis dans un moment d’égarement, crachotant quelques postillons avinés. Mon voisin de droite a bien tenté de vitupérer contre ces misérables qui violent nos femmes et pillent nos terriers, cela n’a pas suffi ni à calmer l’excité, ni même à me faire changer d’avis. Je suis fidèle, rappelez-vous.


D’accord, je concède avoir essayé de comprendre. Mes aller-retour à Lisboa n’ont pas, une seule seconde, allumé ma lanterne. Foutue huile déficiente, foutu lubrifiant de pacotille. Certes, mon mentor disposait dorénavant d’un siège avec les autres heróis do mar


Mais alors, qui est le nobre povo? Pas eux. Non. Celui que l’on laisse, un temps, comme à Ikea, dans un volume non négligeable de boules en polystyrène. 

19/07/2014

L'infidélité. Encore.

Olivier francey,britney,spears, GenèvePolaroïd 01:05

 

Il a cherché l’odeur suave. Et a fini par succomber aux odeurs âcres. Il n’a cessé de se détester depuis. Oh non, juste un peu. Jusqu’à ce que les gouttes de sa propre sueur ne se noient elles aussi un peu plus tard dans ses propres draps. Il ne faudrait pas trop s’en vouloir. Les courbes et les regards l’ont convaincu de l’abandon sous les néons, le linge méticuleusement dressé en face d’un écran crachotant des images d’Epinal, et ce parfum, fort, dont elle s’est entourée pour faire oublier ce qu’elle est. Il n’a jamais pourtant jamais autant cessé de penser à elle. L’autre. Il lui en veut, et cela n’a rien d’exceptionnel.

 

Noyé dans la peau stérilisée, il aurait aimé tenir quelques discussions sur Gaza, l’Ukraine ou la vie, à la lueur d’autre chose qu’une fébrile lumière artificielle. Il aurait aussi aimé lui parler de son incapacité à dire, son handicap à faire. S’égosiller à tenir à une discussion? Ou s’évertuer à cacher ce maudit ventre? Il conclura par évoquer ses dernières vacances à Barcelone prétextant un voyage entre amis. Le courage l’a encore abandonné lorsqu’il s’agit de désir. «Putain», crachera-t-il, seul, dans la rue qui fait l’angle. Et avec lui, l’odeur qui lui colle à la peau avant qu’il ne prenne cette douche. Et lui dise. 

 

Oui. Lui dise. Ce qu’elle voulait entendre.

02/12/2013

La nage

Olivier francey,britney,spears, GenèvePolaroïd 1 : 23


C'est donc cela, la "nouvelle" tendance: celle de nager à contre-courant. Tentante envie que de celle de clamer sa différence et son indépendance d'esprit. Quitte à ne pas penser ce que l'on dit. Pire: ne pas avoir réfléchi avant de l'avoir énoncé. Certes, il faut à tout prix exister, laper la reconnaissance dans l'écuelle du vaguement médiatique. Souffler sur les braises de la polémique pour se réchauffer, nasales aspirations des cendres, éclairage éphémère d'un visage dans la nuit qui tire sur une cigarette. 

 

Devrait-on se réjouir de ceux qui prennent le contre-pied de l'opinion? A coup sûr. Doit-on s'en féliciter lorsqu'ils s'en vantent publiquement? Moins à constater la médiocrité de leur argumentaire. Non, la posture n'est pas un effet de style. C'est une colonne vertébrale. La posture est une ligne droite. Verticale, pas horizontale. A moins de se résigner à faire l'amour sur des lits. Stratégie en trois points, appris dans un livre pour les nuls. En quinze minutes.


Nager à contre-courant. C'est aussi nager. 

04/10/2013

Communication zéro

Olivier francey,britney,spears, GenèvePolaroïd 02:14


C'est le syndrome "haut-dessus de la mêlée". Pas de communication, et qu'importe les attentes médiatiques. Le syndrome de l'élite, de l'indépendance, des contingences ignorées. Le syndrome de la Tour d'Ivoire, de l'innocence, et des "ah, bon. Mais pourquoi?". 

 

Sidérante méconnaissance du monde, éclairante vision de ce dernier, morale à l'appui. Salive d'incompréhension doublée de communication balbutiée. 

 

Lorsque les questions défient l'horizon, et même si c'est déjà trop tard, il faut nourrir la meute, gaver les oies. A ce niveau de compétence, on s'étonne de si peu de clairvoyance. Et on a raison de vouloir tuer.

 

20/09/2013

Avec toutes mes considérations

drowning.jpgPolaroïd 00:51


Pas une excuse, certes formelle. Pas une once de responsabilité. Rien. Le mutisme. Aucun plan de crise, pas de plan B. Une communication zéro. Des gorges sèches, des langues râpeuses et des regards vides. Pointés vers ses chaussures. Vernies. 


Pire. Être bref. Et des échéances temporelles comme pour rappeler les failles. En espérant que l'heure n'est-pas aux questions subsidiaires? Sans blague? En lieu et place?  La messe de la gêne et de la peine. Soit.


Difficilement ingérable quand on nous dit d'être bref. Quand on nous dit que les minutes sont comptées. Communication désastreuse. Ils le savent. Pas une excuse. Pas une once de responsabilité. Rien. Mais putain. Nous dire que le temps presse? Nous avouer que le temps n'est pas extensible? Non. Inacceptable. 









 

13/09/2013

Avis de recherche

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Polaroïd 01 : 00
 
Faut-il rendre méconnaissable la photo d'un détenu genevois "condamné à 10 ans de prison pour viol et 'jugé' en fuite", suite à une communication de la police genevoise (doit-on préciser), laquelle annonce qu'il "a disparu jeudi matin" en compagnie d'une socio-thérapeute? Nul doute, que contrairement au quotidien 20 Minutes et à la Tribune de Genève, le service public (la RTS) a estimé que le présumé coupable n'est que... présumé coupable. Et qu'à ce titre, il mérite toute notre discrétion. C'est à dire flouté. Intéressant. 
 
Il faut bien évidemment, préserver la présomption d'innocence. Qu'importe la source, même s'il s'agit de la police genevoise. D'accord. Mais.... Parce qu'il y a toujours un "mais".... entre la volonté de préserver la présomption d'innocence et la suspicion d'une infraction commise (supposée grave à en croire toujours le communiqué de la police genevoise), le floutage de l'individu suspecté devient légèrement caduque, non? Le but n'est-il pas de retrouver la supposée victime vivante? Indemne? Quelque part?
 
Ne doit-on pas préférer, dans le cas qui nous intéresse ici, que le présumé coupable soit identifié et que la socio-thérapeute soit retrouvée? Ne doit-on pas "préférer" que le coupable présumé soit blanchi (certes désagréable si nous nous trompons) à ce que la "socio-thérapeute" ne soit jamais retrouvée?
 
Je pose la question. Et je ne doute malheureusement pas à fournir les noms... Et me tais, face à l'attitude de la RTS. Douteuse...
 
Fabrice Anthamatten: homme, type caucasien, 181 cm, crâne rasé, porte des lunettes de vue. Il est vêtu d’un K-way bleu, d’une veste en mouton retourné, d’un pantalon brun multipoches, d’une casquette noire avec oreillettes.
- Adeline Morel : femme, 170 cm, corpulence normale, les cheveux détachés. Elle est vêtue d’un pantalon, d’une longue veste beige, d’un pull. Porte un sac à main.
Toutes les personnes pouvant fournir des informations sur les deux personnes disparues ou sur le véhicule utilisé sont priées de prendre contact sans délai avec la police cantonale au 0800 800 844.

01/06/2013

L'évier

Olivier, Francey, Journaliste, TDG, Tribune, Genève, Britney, SpearsPolaroïd 00 : 23


Douce mélopée des verres, que l'on tintille délicatement avant de s'abandonner à la percussion. On lâche les caresses pour la confrontation. Physique?  Affirmatif. Les masses en mouvement qui s'entrechoquent, l'attraction maladroite des corps avachis par tant de gravité. Entre temps, quelque accolades nocturnes suffiront à rassasier l'animal, avant qu'il ne cède aux moites caresses et aux paillettes couleur rubis. De celles qui s'abandonnent sur le col des chemises. Blanches? Cela va de soit. Toute trace devra disparaître au petit jour. A la paille? Vous plaisantez? Au Kärcher, au dissolvant, au fongicide. On n'aura jamais vu autant un homme vouloir se liquéfier, pour espérer enterrer ses nuits dans un évier, un trou béant au fond d'une baignoire acrylique, à faire pâlir celle de l'hôtel Etap.

 

Le matin venu, nul doute qu'il s'enfournera dans vos bras. En témoignant, la main gauche sur le coeur, mugissant comme un soldat féroce. Avec un peu de chance, il lancera un de ses "je t'aime". Alors blottie, elle rétorquera idiotement par un sinistre glapissement. Alors qu'on aurait préféré qu'elle s'étouffe.

02/08/2012

Son regard saupoudré de longs cils

Alouette.JPGPolaroïd 12 : 36 ("From Bruson, Switzerland", extraits de l'article paru le 2 août 2012 dans la Tribune de Genève)

Les véritables stars du 1er Août en ville de Genève ont été, sans conteste, les vaches d’Hérens. Reines des alpages, elles ont réussi le pari d’attirer des milliers de curieux sur la plaine de Plainpalais, transformée pour l’occasion en arène. Dans une finale musclée mais relativement courte, pour cause de forte chaleur,Vampire des frères Meunier de Fully s’est défait de Nona, haute-valaisanne d’Agarn. La reine des reines, c’est elle. Consacrée en terre genevoise, il s’agit d’une première pour le canton. Et visiblement, la première est une réussite, à constater le nombre de déçus n’ayant pas pu assister au rituel identitaire.

Une affluence à laquelle ne s’attendaient visiblement pas les organisateurs. «Lorsque j’ai entendu l’épicier du coin de ma rue me parler des combats de reines, j’ai compris que nous avions peut-être sous-estimé le fort intérêt de la population pour l’événement», confiait encore la veille Eric Linder, l’un des organisateurs mandaté par la Ville pour animer les festivités. Inviter ces vaches-là? C’est son idée. Celle d’offrir de la montagne à la ville. Mais surtout celle de faire connaître une tradition, un art de vivre et de sensibiliser le public genevois et international aux difficultés que rencontrent les éleveurs.

L’idée de suivre l’une d’elles, dans son périple depuis son mayen (pâturage d’altitude moyenne) jusqu’à la plaine? C’est la notre. Le périple a lui aussi droit à sa star. Elle se prénomme Alouette. Ne souriez pas, c’est l’une des vaches qui n’a pas souhaité combattre hier.

A la rencontre de la star

La rencontre a lieu en Valais mardi soir, veille de fête nationale. L’un des éleveurs de la mythique vache de la race d’Hérens est prêt à nous accueillir. Chez lui. L’émulation est palpable. L’excitation à la hauteur de la tâche: décrire au mieux le parcours d’une future potentielle reine vers Genève. Sera-t-elle couronnée sur la plaine de Plainpalais? Elle ne l’a pas été, du haut de ses 4 ans seulement. Mais qu’importe, Alouette est déjà reine, à en croire la lueur qui scintille dans les yeux de son éleveur, Eric Fellay. Lui dit «agriculteur ou paysan». Des mots qui résonnent avec justesse dans sa bouche.

L’arrivée mardi soir à Bruson, village perché sur un flanc du val de Bagnes, est douce. Le soleil ocre qui caresse le hameau n’y est pas pour rien. Comme pour rappeler que Bruson remplit parfaitement son rôle «d’envers du décor». Et pour cause, il fait face à la clinquante Verbier. «On y a construit n’importe comment, peste le tout juste trentenaire. Vous direz à vos lecteurs que je trouve que l’initiative Weber est une bonne chose pour le Valais. » C’est fait.

Les discussions s’enchaîneront jusque tard dans la nuit. Sur sa passion de la race d’Hérens, la beauté de la compétition (avec visionnage des archives de combats de reines depuis 1998), ses fromages et sa viande. Oui, l’homme aime ses bêtes mais parle sans tabou de boucherie. «La passion, c’est bien. Mais ça ne nourrit pas. » Sans aucun doute, Eric Fellay est un homme de terre. La preuve? «Demain, rendez-vous à 6 h 20. »

Caféine et yeux embués

Le réveil retentit. Comme une sonnette, sauf qu’en Valais, ce sont les cloches des vaches qui sont nommées ainsi. Quelques minutes à s’émerveiller de la sombre lumière bleutée du ciel qu’Eric Fellay a déjà préparé sa bétaillère. Il faut aller cueillir Alouette dans son mayen. Pourquoi elle? «Parce que les trois autres sont toujours collées les unes aux autres. Je ne tenais pas à les séparer. » Ça pue l’amour.

Hier matin, comme Alouette, onze vaches d’Hérens se sont mises en mouvement des quatre coins du Valais pour rejoindre Martigny. Comme des bisses qui ruissellent vers les prairies. Sauf que ces reines-là ne sont pas des rivières paisibles. Ce sont des torrents. Frontales pour sûr, ne reculant jamais pour la plupart mais paradoxalement douces dans leur regard saupoudré de longs cils. «Elles ne se battent que pour imposer une hiérarchie, avance Benoît Berguerand, membre du comité de la Fédération suisse d’élevage de la race d’Hérens. Il suffit de les voir lutter pour comprendre. La reine d’un troupeau n’est pas reine pour la gloire, elle l’est pour le bon fonctionnement de la "meute". Aussitôt la lutte terminée, l’animal redevient calme. »

L’angoisse des éleveurs

Calme, Benoît Berguerand ne l’est pas. Au contraire, c’est d’anxiété qu’il est habité. «Certains nous attendent au tournant. Nous ne pouvons pas nous permettre d’erreur. » La récente polémique sur la venue des vaches à Genève et l’opposition de la Ligue suisse contre la vivisection ont laissé des stigmates, «même chez nos propres éleveurs, où certains étaient défavorables à notre venue chez vous. Ils ont peur qu’on leur pique leur race. » Lui préfère parler de promotion de l’image du Valais et de ses produits. L’anxiété sera vaine. Aucune vache ne sera blessée.

Hier, le public, pourtant assommé par un soleil de plomb, n’a pas caché son enthousiasme ni son intérêt pour la «bête». Les questions ont fusé, sur les blessures qu’elle peut encourir (essentiellement des cornes brisées, rarement les yeux), sur ce qui la meut à se battre (l’instinct) ou encore sur le record de durée d’un combat (plus de quarante minutes).

Alouette n’a pas gagné. Et alors? Eric Fellay doit avoir raison. Sa vache est une star. Pour preuve, elle refuse de combattre. C'est ça, être une vraie reine.

31/01/2012

Que Majid Pishyar choisisse sa cible!

pic.jpgPolaroïd 00 : 27

Quel ravissement de lire "l'appel" si solennel du président du Servette FC, Majid "magique" Pishyar.

L'homme galant dit s'adresser à la "communauté genevoise". "Les Servettiennes, les Servettiens" et "Chers tous", peut-on lire sur le site du club grenat. Nul doute que ses propos aient été traduits. Qu'importe. L'homme est seul aujourd'hui, c'est en tous les cas la corde sensible dont semble jouer son président. Il a été "courageux, patient, et persévérant". Du temps, de l'énergie, de la force, avoue-t-il. L'homme s'est investi, de sa personne peut-on presque voir suinter entre les lignes. "J'ai donné mais rien reçu, quelle ingratitude!", croit-on encore discerner.

Seulement voilà, ce n'est pas ce qui est dit. Le champ lexical ne trompe pas. Il feint de s'adresser aux Genevois, c'est pourtant à la communauté économique genevoise qu'il parle. La communauté genevoise, vraiment? Non, le soutien financier. "C'est maintenant aux Genevois de décider pour l'avenir de leur club mythique", lance-t-il. Non, c'est de l'argent frais, de la monnaie, des espèces, des biffetons, de la ferraille! Que Diable, soyez franc.

Que Majid Pishyar ait besoin de liquidité. Soit. Mais qu'il le dise! Pas à travers d'un communiqué glacio-mélodramatique posté sur le net. Qu'il ait besoin de sous? D'accord. Mais qu'il ne vienne pas jouer sur tous les tableaux. Qu'il ne mélange pas le coeur avec le billet, qu'il n'oppose pas le jeune talentueux contre la carrière incertaine, la corde sensible avec la menace aux relents de chantage. C'est tout simplement insupportable.

"Pourquoi continuerais-je avec toute ma force, mon énergie et mon engagement ce projet souffrant de si peu d’intérêt de la part des genevois?", finit-il par clamer. Oui, c'est vrai. Pourquoi? Surtout quand ce n'est pas aux Genevois qu'on s'adresse.

14/01/2012

La vraie affaire de Mark Muller ou comment prendre des vessies pour des lanternes

7468023-trois-lanternes-chinoises-physalis-alkekengi-cherry-de-la-vessie-lanterne-japonais-ou-hiver-cherry.jpgPolaroïd 21 : 58

La vraie affaire de Mark Muller.

Que le conseiller d'Etat se batte, s'empoigne, s'enlace ou ni l'un ni l'autre relève du domaine privé pour autant que cela n'influe pas sur la vie politique. Point final. Des querelles de fin de soirée, il y en a des tonnes, on n'en fait pas tout un plat. Cette affaire met-elle en danger la capacité de Mark Muller à diriger son département? Non. Quant à la manière dont il le dirige, c'est une autre question.

La vraie affaire, bien moins croustillante mais beaucoup plus problématique, est ailleurs.

Rappelons que suite au futur projet d'écoquartier du MàD, l'établissement est censé trouver avec la Ville et/où l'Etat une solution de relogement. Une solution dont l'issue pourrait être favorable ou funeste selon les décisions du magistrat. Que le conseiller d'Etat ait des amis? Tant mieux. Qu'ils soient socialistes, radicaux ou agrariens, ou même qu'il s'agisse d'Eric Stauffer, qu'importe.

Les questions sont simples. Mark Muller aurait-il du se dessaisir du dossier immédiatement au premier janvier, après que l'altercation ait eu lieu? L'amitié entre une employée et le conseiller d'Etat était-elle appropriée alors que le magistrat empoignait la question du relogement de ce même établissement?

Je sais que les affaires de toilettes sont nettement plus alléchantes que les autres, mais de grâce, intéressons-nous à l'essentiel. Parce que c'est ça, la vraie affaire Mark Muller.

15/11/2011

De l'erreur de penser qu'il s'agit de préférer

g_nuflexion.jpgPolaroïd 23 : 52

Je m'étonne des propos tenus par le magistrat en charge de la Solidarité et de l'Emploi, en page 6 du Temps (15 novembre 2011). Pas de tous, non. Juste quelques mots. A la question de savoir s'il était "étrange" qu'un exécutif favorable à la libre circulation puisse avoir "appelé ce printemps à une préférence cantonale à l'embauche", le Conseiller d'Etat rétorque: "nous n'avons jamais utilisé une telle expression et avons toujours soutenu la libre circulation".

Que l'homme n'ait jamais susurré l'abject alignement de ces mots? Soit. Qu'il n'ait jamais accolé les termes "préférence" et "cantonale"? D'accord. Qu'il exprime son dégoût pour cette union contre-nature aux médias. Bien.

Mais que signifie alors l'alignement suivant: "Nous voulons éviter que des cas comme l’engagement de nombreux frontaliers par la Fondation des parkings ne se reproduisent" ? Que doit-on comprendre par: "Quant à l’Etat, depuis juillet, aucune demande de permis n’est sollicitée sans la preuve qu’aucun chômeur ne correspond au profil" ? Ou "Avant d’engager de l’autre côté du continent, il faut avoir le réflexe de vérifier si des chômeurs peuvent répondre aux besoins"?

Si ce n'est qu'à compétence égale, on engagera un genevois? Non. Vous n'avez jamais utilisé une telle expression.

J'implore donc votre miséricorde. Une erreur de syntaxe, un alignement fallacieux et une abominable copulation sémantique m'auront fourvoyé. Comme d'autres, comme la Tribune, le Courrier, le GHI, Léman Bleu, la communauté genevoise d'action syndicale, la fédération des entreprises romandes. Maudits soient-ils!

09/10/2011

Sandrine Salerno dans le Matin Dimanche.

pic.jpgPolaroïd 12 : 20

La Conseillère administrative a répondu aux questions d'Elisabeth Eckert et Christine Salvadé en page 4 du Matin Dimanche d'aujourd'hui. En jeu: le licenciement d'un chargé de communication, une collaboratrice sanctionnée pour avoir demandé à ce même chargé de communication de travailler pour le Parti socialiste genevois, l'engagement de Boris Drahusak et les conditions de son départ, et une prise de position sur le développement de Genève (contre les multinationales, c'est selon) dans le magazine officiel de la ville.

Quelques remarques.

Je constate que le ton est celui d'une victime, qu'il est émotionnel et féminin. Il y a ''lynchage'' et ''acharnement'' contre elle, la magistrate se sent ''salie'' tout autant que son nom de famille. Traitée de ''pourriture'' dans le tram, la socialiste pose la question de savoir ''comment cela aurait été si ça s’était produit sur le chemin de l’école, devant mes deux petites filles''. Enfin, Sandrine Salerno est une femme. Femme tout court, ''femme politique'' ensuite, pour s'achever dans la ''femme politique de gauche''.

Sur les responsables. Elle avoue ne pas savoir ''qui veut sa peau''. Pourtant, quelques lignes plus bas, c'est clairement la droite qu'elle pointe du doigt.

Quid de sa prise de position dans ''Vivre à Genève''? Etait-ce un pamphlet contre les multinationales ou une question ouverte sur le modèle de développement du canton? Le magazine en question est-il la voix du Conseil administratif ou une tribune pour chacun de ses membres? Aurait-il été plus judicieux de publier ce texte dans le journal du PS que dans le magazine officiel de la ville?

Sur les questions en suspens.

Aura-t-on l'honneur d'entendre le reste du Conseil administratif sur l'engagement ainsi que sur les conditions de licenciement de Boris Drahusak? Sandrine Salerno a décidé de licencier son chargé de communication pour des fautes professionnelles, pourquoi diable alors Pierre Maudet a-t-il réengagé ce même collaborateur dans son département?  Qui a divulgué le dossier RH du chargé de communication?

05/10/2011

Les périodes électorales.

landing_at_war_03.jpgPolaroïd 16 : 38

On tire, on crache, on exècre, on vomit, on balance. Puis on s'offusque, on expulse des ''tout le monde le savait déjà'', un ''secret de polichinelle, moi je vous dis mon bon Monsieur'', et autres appels à la sacro-sainte morale. Rien n'échappe à la mâchoire suintante du carnassier: braquage, voiture bélier, milices improvisées, sac à mains arraché, scoops ''exclusifs''. Puis viennent les copinages, les sombres alliances, les parachutes dorés.

La foudre divine délit les langues, deux ex machina. On crie au scandale, on trempe sa vieille plume pour dénoncer, on tente ''asthmatiquement'' de récupérer le train.

Tiens donc? Pourquoi maintenant?

Les périodes électorales. On appelle cela: la guerre. Elle n'est pas toujours propre. En fait, jamais.

04/10/2011

Il n'y a pas de vérités moyennes.

jounrnal-dun-cure-de-campagne.1255158551.jpgPolaroïd 19 : 57

André Reymond est tout simplement incroyable. Interrogé à cinq reprises par Pascal Décaillet sur le montant du financement de sa campagne, le candidat aux chambres fédérales n'aura expulsé, in fine, que le montant qu'il aura personnellement investi, à savoir 15'000 francs. C'est peu, en rapport de son omniprésence sur l'imposant derrière des bus genevois.

Un tel mutisme sur le ''vrai financement'' ne peut qu'alimenter les plus humides fantasmes.  Je me prends alors à rêver d'un grand club sportif finançant le prévoyant conseiller national, d'une sombre association thunoise d'anciens grenadiers de char lui remplissant les poches de Vreneli, d'une mystique association viticole arrosant, dans des caves secrètes, le mutique personnage.

Sandrine Salerno a, quant à elle, répondu aux questions. Ou presque. On savait déjà que le collaborateur responsable d'avoir demandé au chargée de communication de maltraiter quelques adversaires sur les blogs hébergés par la Tribune, avait été blâmé. J'aurais souhaité savoir si l'affaire relevait de l'erreur de parcours, ou de la pratique courante. ''L'affaire est close'' sur les lèvres de la Conseillère administrative auraient été alors, limpides.

 

" Il n'y a pas de vérités moyennes. "
Georges Bernanos ; Journal d'un curé de campagne.

03/10/2011

A en croire Sandrine Salerno, je ne suis pas une personne sensée.

doisneau_picasso.jpgPolaroïd 14 : 33

Sandrine Salerno était interrogée hier à Forum sur la question de l'implantation des multinationales à Genève. En fin d'entretien (puisque débat, il n'y pas eu), la question a été posée par ma collègue Nathalie Ducommun, à savoir ''avez-vous demandé à ce chargé de communication de votre département de faire de la propagande politique, d'écrire pour le parti socialiste'' ? La réponse est immédiate: ''clairement non!'', rétorquera la Conseillère administrative.

La socialiste pose alors la question : ''lorsqu'on travaille pour une présidence, une direction de département au niveau politique, dans son activité de communication, existe-t-il un volet de communication politique?''. Sandrine Salerno répond à sa propre question: ''Et bien oui! (...) mais faire de la communication politique pour une magistrate, ce n'est pas encore la même chose que de faire de la communication politique pour un parti. Et cette différence, cette frontière, pour toute personne sensée, elle est claire!''.

Et bien, malheureusement non! Cette différence n'est en tout point pas évidente.

Suis-je si naïf de concevoir que les idées d'un élu sont souvent les mêmes que son propre parti et dès lors, communiquer pour soi, c'est aussi communiquer pour les autres? Que penser de la présence, en période électorale, d'un magistrat de droite dans le calendrier de son département? D'un élu très à gauche qui multiplie les conférences de presse pour attirer l'attention des médias? Ou d'un autre qui réunit une task-force pour alimenter son blog, facebook, et autres twitter?

La question sous-jacente est limpide: quel type de communication peut-on accepter de financer avec l'argent du contribuable?

Soyons clairs, je comprends bien qu'on communique pour dire à quel point notre département est efficace et fantastique, qu'on informe les citoyens des progrès réalisés, ou qu'on souhaite ''se rapprocher des habitants et habitantes de cette ville''. Je comprends fort bien également qu'on engage des collaborateurs de son propre parti pour effectuer des tâches de communication.

Mais dire ''que la frontière entre la communication politique d'un département et la communication politique d'un élu (en campagne) appartenant à un parti, est claire'', est à mon sens, insensée. Comme moi, à en croire Sandrine Salerno hier.