02/10/2014

La traversée du Douro

mcg, genève,traversée, rade, UDC, FranceyPolaroïd 00 : 51

 

J’aime tout le monde. Je vous le jure. Sur la tête de ma défunte mère épileptique asthmatique sous cortisone. Je leur ai fait confiance lorsqu’ils m’ont dit de voter pour la traversée du Douro. Ils m’ont dit qu’il était question d’une chose en son temps. L’un après l’autre. D’abord la petite, ensuite la grande. J’ai avalé, comme on gobe du Beirão. Je suis fidèle, c’est une évidence.

 

Certes, ils ont hésité. J’y ai cru, à leur contre-projet. Ils m’ont dit qu’ils allaient la soutenir, la grande esseulée. «Le peuple doit trancher», se gargarisaient-ils. Pourtant, rationnels et pragmatiques mais «surtout démocrates», aiment-ils scander, ils ont refusé au dernier moment de soutenir les infidèles. Maudits cousins, me suis-je dis dans un moment d’égarement, crachotant quelques postillons avinés. Mon voisin de droite a bien tenté de vitupérer contre ces misérables qui violent nos femmes et pillent nos terriers, cela n’a pas suffi ni à calmer l’excité, ni même à me faire changer d’avis. Je suis fidèle, rappelez-vous.


D’accord, je concède avoir essayé de comprendre. Mes aller-retour à Lisboa n’ont pas, une seule seconde, allumé ma lanterne. Foutue huile déficiente, foutu lubrifiant de pacotille. Certes, mon mentor disposait dorénavant d’un siège avec les autres heróis do mar


Mais alors, qui est le nobre povo? Pas eux. Non. Celui que l’on laisse, un temps, comme à Ikea, dans un volume non négligeable de boules en polystyrène. 

23/03/2011

Quand on doit tuer quelqu'un, ça ne coûte rien d'être poli

salma-hayek-femme-barbe-L-1.jpegBillet d'humeur, Radio Cité Genève, 23 mars 2011

Et si nos animaux politiques faisaient appel à des agences de communication ?

Remplacer les bêlements par des mots, les grognements goguenards par des consonnes fricatives uvulaires, éviter les spirantes pour les remplacer par de dodues voyelles antérieures arrondies, de quoi rendre jaloux toute femme ou transsexuel habitué à la rudesse du bitume.Bref, tout pour changer d’allure vestimentaire, corriger un vilain strabisme, troquer son eau de toilette low-cost Vichy contre de l’italien musqué, ou encore effacer cette hideuse moustache par une épilation définitive au laser.

‘’On ne juge pas les gens sur leur physique’’, me disait ma mère résignée, à l’idée que je puisse être l’un d’eux. Heureusement pour son âme, elle a changé d’avis, rassurée à l’idée que son fils chéri n’avait pas retourné sa veste. ‘’Maman’’, avait-je rétorqué : ‘’on juge les gens sur le fond, on ne les juge pas sur la forme’’. Version qui, années après années, gommage de peau après tentatives d’habitation vestimentaire, s’est soldée misérablement par un acharnement à la pureté, non pas de l’âme, mais bien de la chair.

Aujourd’hui, j’ai grandi. J’ai changé, moi aussi. A la bière-vin blanc du Marchand de Sable, je préfère désormais le Château Pipeau, millésime 86, du Bœuf Rouge aux Pâquis, n’étant pas prêt encore, je dois l’avouer, à franchir l’ultime démarcation qui sépare les loosers des gagnants : le pont du Mont-Blanc. ‘’Well Done’’, disait Winston Churchill en aspirant, délicatement, à l’image d’une maîtresse soumise, le cigare qui lui faisait office de doigt d’honneur à Postdam en 45, à l’encontre d’ignobles communistes.

Et si nos animaux politiques faisaient appel à des agences de communication ? C’est la question qui m’a taraudée l’esprit hier, comme un marteau sur une enclume, attention à ne pas confondre avec la position éponyme du Kamasutra. Question que je posa à la ministre en charge de la Sécurité et de la Police : Isabel Rochat.

La réponse fût sibylline de la part de sa chargée de communication, Madame Goupil: ‘’affirmatif’’. Quel montant ? ‘’Minime’’. La charmante dame n’hésitant pas à me questionner à mon tour : ‘’mais pourquoi vous me posez cette question’’. La réponse fût cinglante : ‘’parce que je suis journaliste Madame !’’. Quant à savoir pour quel type de ténébreuse mission, pour quels obscurs objectifs, je n’en ai rien su. Il faut dire, que l’agréable dame, dont le métier est de communiquer, m’a refroidi, comme un enfant pris en faute, de lui poser une autre question.

‘’Well done’’, aurait encore pu rajouté Winston.

Une chose est sûre : certains de nos politiciens s’expriment comme des langoustes bavardes ou comme du gibier pourchassé par d’infâmes braconniers à l’haleine avinée. Du coup, l’idée de se faire coacher par des professionnels est séduisante.Séduisante à mes yeux, mais pas forcément pour celui, qui n’ayant pas voté pour l’animal, apprendra que des deniers publics soient utilisés à améliorer l'image du candidat qu'il ne souhaitait surtout pas voir accéder au pouvoir.

‘’Quand on doit tuer quelqu'un, ça ne coûte rien d'être poli’’ finira par expulser une bouche pâteuse, de celui qui aura toujours craint de n'avoir libéré l'Europe centrale de l'oppression nazie que pour la livrer à l'oppression communiste.

10/03/2011

Exit Music (For a Film)

elephant-man.jpgHier après-midi, Genève avait revêtu sa robe de printemps. On dit que la saison est féconde. C’est toujours pour mieux annoncer sa propre mort. Le tram était, comme à l’accoutumée, bondée de gens, de parcours silencieux, de tronches et de tranches de vie qui, pour certaines, resteront à jamais insonores. Surtout la sienne.

Assis, sagement sur ce qui ressemble à un vieux rideau de maison de retraite, ou de maison de correction à Fribourg, se trouvait un jeune homme, sur lequel aucune fée ni même une mère ne s’étaient penchées. On supputera pour les besoins du récit, que les seuls yeux ainsi courbés sur le nouveau-né appartenaient probablement à une espèce de type démoniaque : un troll, un gobelin, ou encore une goule.

Cheveux gras, moustache naissante et nez aquilin, l’adolescent avait échappé temporairement aux boutons d’acné. Nul doute qu’elle finira, elle aussi, par lui rendre la gravité un peu plus pesante. Elle l’était déjà assez. Pesante. Sa vie. A en croire cette aptitude à courber l’échine, à fuir les regards, à vouloir aspirer toute la lumière, pour qu’il ne reste que des ombres.

Le tram, lui aussi, finit par se vider, goutte après goutte. Les murmures avaient alors remplacé cette infecte sensation auditive, confuse et monocorde d’une assemblée qui vocalement copule.

Les trams suscitent, sur l’imagination, les mêmes effets que les trains au départ.

Qui n’a jamais ressenti de l’excitation au voyage, à l’ailleurs, aux possibles et aux désirs ? Au désir de l’aventure, de la conquête, d’un but, d’une femme, de l’improbable. Sa satisfaction conduira inexorablement à la déception. Le retour est toujours déplaisant. En tous les cas, lui, avait l’air de revenir. Pis encore, tous les signes semblaient démontrer qu’il n’était jamais parti.

Il existe des rétines, qui ne sont destinées qu’à la brûlure, et au contraire, d’autres qui n’ont, pour dessein, que d’aspirer l’obscurité. Un peu comme les accouchements : le diaphragme a toujours le dernier mot. On aurait pu dire de sa mère, qu’elle avait contracté tous ses muscles pour qu’il n’arrive jamais. Il avait finalement réussi une chose et une seule : celle de naître.

Alors que les dernières gouttes descendaient du tram, je me suis pris d’affection pour cette chose répugnante, cette incarnation charnelle de l’obliquité. Celui dont les filles disent de lui en ricanant, qu’il n’est bon à rien, celui en qui personne ne croit.

J’en avais rencontré un, il y a une dizaine d’année au collège. Alors boutonneux et bègue, il nous fallait des heures pour conclure un sujet. Je regrette amèrement aujourd’hui, de ne pas avoir, moi aussi alors à l'époque, ouvert un peu plus ce diaphragme.

28/02/2011

Ce mortel ennui

a5.gifBillet d'humeur, Radio Cité Genève, 28 février 2011

C’était hier, à Genève. Comme un dimanche. Résonnaient, ici et là, quelques notes bleues, du premier album de Serge Gainsbourg. L’odeur de la cendre froide avait fini par assassiner les promesses de l’aube.

Les verres étaient vides, elle était partie. Il aurait espéré des lettres confuses peintes au rouge à lèvres sur un miroir de salle de bain, comme lettre d’adieu. Ce ne sera qu’un fil délicat, partageant sa place avec de la crasse dans une baignoire vide : un cheveu.

Le disque avait dû tourbillonner en boucle toute la nuit, les corps ne se mélangent qu’en musique, avait-elle précisé. Il l’avait cru, suivant ainsi le sillon qu’elle avait tracé. Il espérait que l’aiguille aurait fini par sortir de son chemin, elle n’aura fait qu’y revenir, toutes les 22 minutes et 47 secondes.

Le temps d’une chanson.

L’abandon n’est que mensonge, l’union ? Le fruit d’esprits qui convergent, s’est-il alors empressé de penser. Réveil de brume dans des draps plissés, autant de circonvolutions d’un cerveau certes enlisé.

L’homme ne se démonta pas, enfila une tenue décente, descendit pas à pas les quelques marches qui le séparaient de la réalité.

Vite, une bouffée d’air contre une volute de fumée ! Le malheureux n’avait malheureusement pas saisi que les cigarettes ne s’échangent pas, elles ses grillent.

‘’Etait-ce la femme des uns sous le corps des autres, l’autre étant moi ?’’ se demanda-t-il. Il n’en savait rien. A vrai dire, qu’importe le moyen, le but avait été horizontalement satisfait.

Ses pas le guidèrent sur le seul parcours qu’il savait emprunter : la vieille-ville, puis clin d’œil aux enfants qui nourrissent des cygnes, retour par les rues basses où les caravanes et autres stands politiques avaient disparu. Happé, séduit puis léché… Comme elle, ils avaient disparu. ‘’Je ne suis bon qu’à payer’’ finira par conclure l’homme désabusé.

Recouvrant sa tête de sa capuche, l’homme pressa le pas pour rejoindre son 42 mètres carré. Les premières gouttes tombaient déjà, comme autant d’alarmes d’une vie dissolue. Il finit par mettre son casque sur ses oreilles de chou, et pour seule musique, ces mots : ‘’un mortel ennui, qui me vient quand je suis avec toi. Ce mortel ennui. Qui me tient et me suis pas à pas.’’

13/12/2010

Je flibuste, tu flibustes, nous flibustons...

Prince.jpgCette nuit, j'ai rêvé.

J'ai rêvé d'un navire (le genevois) où les flibustiers troquaient leurs tromblons contre un verre de rhum. "Pas d'urgence'' gloussa Coco, perroquet borgne mais fidèle du pirate.

Rêve ouaté, le flibustier s'est ensuite rendu dans les cales, où se donnait une petite sauterie, salle Francis.

Sitôt la porte entrouverte, les effluves de sueur, de poudre, et d'alcool ont attaqué, à vif, les fosses nasales du corsaire. Image infecte qui s'est offerte à lui, scène de débauche où les corps se mélangeaient dans une masse informe et spongieuse.

Une amazone à cheval sur un notaire anti-communiste, cravache dans la bouche. Des cercueils volants, remplis d'écussons en forme d'aigle, en lévitation au-dessus d'une prostituée de luxe. Un boucanier léchant le goulot d'une fiole presque vide, hurlant "blocage" à se voir ''persona non grata'' de la zone VIP. Enfin, recroquevillés dans l'ombre, j'ai rêvé d'un Saint accompagné de son sbire, psalmodiant confusément une incantation dédiée à la vie éternelle.

Et puis, tempête approchant, la porte a claqué, et par la même occasion, entraîné un dur réveil.

Cette nuit, j'ai rêvé. Aujourd'hui, je fantasme. Evidemment.

04/11/2010

La Guerre des Etoiles

pic.jpgÉditorial à la manière de la Guerre des Étoiles (Radio Cité Genève, 4 novembre 2010),

Cet éditorial étant une œuvre de fiction: toute ressemblance avec la réalité est à imputer à cette dernière.

Il y a bien longtemps, dans une galaxie lointaine, très lointaine se trouve une toute petite république luxuriante, mais en proie à une guerre civile, quasi intestinale. Cette république est dirigée par un Empereur, lui-même accompagné d’un homme de main : Dark Vador.

Tous deux maîtrisent le côté obscur de la Force.

Hier, l’Empereur a décidé de déplorer une décision de justice. En d’autres termes, a usé de son don maléfique pour inviter avec insistance le pouvoir judiciaire à continuer à pourchasser les infâmes rebelles. Il est vrai, qu’à 11 mille francs le rebelle, l’enjeu en vaut la chandelle. L’Empereur maîtrise le côté obscur de la Force mais pas la séparation des pouvoirs.

Parce que l’Empereur est Empereur, il n’a pas à s’immiscer dans le pouvoir judiciaire. "Il eut été préférable qu’il y envoie son avocat, Maître Yoda".

A défaut de violer la séparation des pouvoirs, il aurait au moins pu faire semblant.

L’Empereur n’en est pas à son coup d’essai. Il s’en était également pris à ce peuple de petites bestioles pleines de poils et horriblement effrayées à voir un étranger fouler leur terre, j’ai nommé : les Wookies. Le démoniaque Empereur avait fait censuré leur affiche, la ressemblance de l'Empereur avec un mystérieux révolutionnaire est trop flagrante.

L’Empereur maîtrise le côté obscur de la Force mais également le bon goût, MAIS toujours pas la séparation des pouvoirs.

Et puis l’Empereur a décidé d’améliorer sa côte de popularité. Avec son plus fidèle ami, le Chancelier Palpatine qu’il a réussi à placer à la tête de la présidence d’un Conseil d’Administration d’un gigantesque entrepôt, l’Empereur manigance, complote et conspire la création d’une pharaonique boîte de nuit. Et pire encore, une boîte de nuit pour les jeunes.

L’Empereur maîtrise le côté obscur de la Force mais également l'amitié longue et durable.

Dans le même temps, un autre vilain personnage, Jabba le Hut, une affreuse limace, jalouse d’apprendre la nouvelle, décide de réagir. Bien que d’origine chrétienne, mais libéral-compatible, Jabba le Hut s’acoquine de Princesse Leia, celle qui promet la création de beaucoup de logements d'un coup de baguette magique dans la République. Pour tous deux, eux aussi, il faut créer une boite de nuit glamour sous un pont.

Jabba le Hutt maîtrise lui aussi le côté obscur de la Force mais également le travestisme.

Vous l’aurez bien compris, il s’en passe des choses dans cette toute petite République.

On ment, on magouille les chiffres, on vole la femme de l’autre, on s’adonne au copinage, on utilise, pour certains la force heureusement, pour d’autres, son côté obscur, on fait appel à l’article 124 de la Constitution, on répand des rumeurs, on prêche le faux pour obtenir le vrai, on censure, on se travestit.

La République devait être le monde des Lumières, elle restera pourtant définitivement dans les Ténèbres.

Restera au final, un con qui aura à payer 11 mille francs. Vous me direz, c’est à peu près le prix d’un Mathusalem de champagne dans une boite de nuit, rive droite ou rive gauche.

Mais à ce prix là, me direz-vous, qu'importe la rive tant qu'on a l'ivresse.

03/11/2010

Lettre ouverte à Christian L.

Camarade.jpgLettre ouverte à Christian Levrat, président du parti socialiste suisse.

Très Cher Camarade.

Je me permets de prendre la plume aujourd’hui pour vous écrire ce petit message. J’ai bien léché mon timbre : courrier A, mais plus de 100 grammes donc 1 franc 30; parce que vous le savez bien, j’y ai glissé, non pas un explosif, mais une bombe pour le réveillon: cotillons, masques et sifflets rigolos qui font du bruit! J’espère que vous apprécierez.

Très Cher Camarade, je prie tous les jours que Dieu fait, que vous recevrez cette lettre le plus vite possible dans votre case postale, numéro 7876, Spitalgasse 34, 3001 Berne.

Je suis actuellement à l’école de recrue de Savatan, en Valais. On s’y amuse bien, mes camarades-recrues sont gentils avec moi, même si le Fendant a tendance à me faire mal à la tête. Heureusement, Maman m’envoie toutes les semaines un immense paquet avec mes deux journaux préférés, Spirou Magazine et le Courrier… Elle m’a également fait parvenir quelques aspirines et une boîte de préservatifs aromatisés à la williamine, « les valaisannes ne sont pas farouches » m’a-t-elle prévenu.

J’ai longuement hésité, avant de vous faire parvenir cette lettre. J’ai appris que l’armée allait disparaître !

Très Cher Camarade… allez osons, appelons-nous par nos prénoms. Très Cher Christian, j’ai eu très peur quand votre parti a souhaité la mort de notre « Schweizer Armee ».

Tout d’abord, j’ai cru que vous étiez très fâché contre moi.

Je sais, je vous ai déjà appelé à de nombreuses reprises sur votre portable : le 079 240 75 57. Je vous jure, Christian, ce n’était pas du harcèlement, j’avais juste quelques questions à vous poser… pour moi, ou pour nos auditeurs. (Ah oui, j’oubliais Camarade, je travaille dans une radio).

J’ai cru donc, que vous étiez très fâché contre moi… mais, quel sot je suis, vous ne répondez plus aux radios locales, « trop peu d’auditeurs » m’aviez-vous répondu. Pas grave Christian, je vous rassure, je n’ai pas pris ma carte chez les communistes !

Ensuite, je me suis dit : ça y est, Christian ne veut plus que je lui envoie des lettres par courrier militaire. Ou alors : Christian ne veut plus que Maman m’envoie du saucisson de cerf fumé et du pinot blanc genevois. Et le meilleur moyen d’y parvenir, je vous le donne dans le mille : abolir l’armée !

Je savais que vous étiez un fin stratège, mais à ce point-là, Christian, vous n’êtes plus le roi de la manigance, mais le pape de la fourberie, le seigneur de la machination, le Eric Stauffer d’Onex-sous-Bois.

Et puis, je ne suis pas idiot tout de même, je me suis bien rendu compte que tout le monde autour de moi, pestait contre l’armée. Mes camarades-recrues tout d’abord, qui se plaignent de perdre leurs temps à ne rien faire, sauf les valaisans, qui en profitent pour siroter au goulot une bouteille de petite arvine, mon patron qui peste contre cette longue absence de son plus innocent employé, mes amis qui ne comprennent pas bien comment on allait sauver la Suisse des envahisseurs à coup de blindés et de fantassins, et enfin ma Maman adorée, qui pleure de ne pas revoir son fils chéri.

Si j’ai bien compris, personne n’est satisfait par notre grande armée. J’avais aussi saisi que vous ne m’en vouliez pas personnellement. Ouf !

Bon, je dois vous le confesser Christian, je n’ai pas compris pourquoi de vilains journalistes et de fourbes politiciens vous accuse de trahir votre statut de parti gouvernemental, pourquoi on dit de vous, que vous êtes rentré dans l’opposition.

Moi, du haut de mes 18 ans, je vois en vous un grand homme, un visionnaire, un génie, le Pablo Picasso de la politique, le Che Guevara helvète, le Lennon du parti social-démocrate. Moi, comme vous, j’ai plein d’idées à vous faire partager: augmenter la taille des tubes de Cenovis, rajouter du gaz au Rivella, ou alors construire plein de logements à Genève.

Alors comme vous ne répondez plus à votre téléphone, Christian, je vous donne le mien : c’est le 079 904 71 48. Appelez-moi Camarade !