22/09/2011

Je ne le quitterai pas tant qu’il aura du cancer.

montmartre2.jpgPolaroïd 02 : 59

C’est l’alignement de mots qui m’aura finalement empêché de dormir. On m’avait pourtant toujours appris à détourner l’oreille lorsque les conversations se font trop personnelles. La curiosité ou la mauvaise éducation m’auront malheureusement rattrapé.

J’aime pourtant insidieusement ces conversations volées, qu’elles soient de comptoir, de zinc ou d’alcôve. J’aime entendre à vif ces opinions, fussent-elles nauséabondes, tragiques ou non-inervées, ces épidermes excités par la fureur du monde ou d'une substance fermentée, ces échanges linguistiques que certains n’hésitent pas à qualifier comme ‘‘ l’expression du niveau zéro de la réflexion’’. Je les aime parce qu’elles sonnent juste. Comme des talons qui claquent dans une rue désertée. Comme l’odeur de la nuit sous cette lumière saupoudrée, d’un lampadaire blafard.

‘‘Je ne le quitterai pas tant qu’il aura du cancer’’ aura-t-elle susurré.

Je ne sais toujours pas s’il faut s’en réjouir ou en pleurer.

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05/09/2011

Il y a les histoires des autres. Et il y a la sienne.

images.jpgPolaroïd 22 : 29

Il y a les histoires des autres. Et il y a la sienne. Il y a celles que vous écoutez avec attention, et celle qui vous parle, celle-là même dont les lèvres semblent vous susurrer au creux de l'oreille d'autres syllabes plus proches, comme si vous aviez pu les expulser, vous-même. L'une d'elles suscitera une intense agitation neuronale, l'autre une immense réaction épidermique. Il y les histoires des autres. Et il y a la sienne.

La sienne, forcément, n'est pas comme les autres. La sienne vous illumine lorsque d'autres ne font qu'éclairer votre iris. Elle? Elle vous brûle. Aussi bêtement qu'un papillon sur une ampoule, un jour d'été en Provence ou ailleurs, qu'importe. Elle? Vous l'avez malheureusement déjà dans la peau. Et sa peau sent tellement bon. Comme si elle l'avait toujours été. Celle-là même qui vous aura forcé à s'abandonner, à abaisser les dernières murailles, à changer d'opinion, à apprécier Tom Waits, à regarder des vieux films ou à apprécier le temps qui passe. Celle qui vous apprend à aimer les habitudes, le quotidien.

Celle qui, un jour, s'en va. Celle que vous remerciez en versant des torrents. ''Trop tard'', ne dira-t-elle jamais, mais vous le savez. ''Elle est mal faite ce histoire-là'', vous direz-vous. Vous aurez raison. Raison de lui souhaiter le meilleur, de rencontrer celui ou celle qui fera palpiter son vieux coeur fragile. Raison d'une seule chose: qu'elle soit heureuse. C'est con. Mais on me dit que c'est ça, l'amour. Je n'y arriverais pas.

Il y les histoires des autres. Et il y a la sienne.

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11/08/2011

L'omniscience

91615-33587.jpgPolaroïd 15 : 34

Il sait tout. Sur tout.

Krach boursier ou attitude de la BNS, émeutes en Angleterre ou en Syrie, mort d'une star a posteriori de l'UDC valaisanne ou d'un célèbre inconnu de la télé-réalité: ses opinions s'expulsent en rafale comme des vérités. Aucunes réponses ne lui manquent, même ses hypothèses suintent la certitude. Il crache comme on tire, le barillet version hollywoodienne: 12 balles à tête creuse pour un chargeur de 8.

A se demander comment il fait pour s'écouter tout en parlant, ou pour expectorer tout en avalant. On aimerait qu'il se taise. Un ''je ne sais pas'' aux commissures de lèvres suroxygénées. Une fois. Une seule.

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26/07/2011

Amy, Facebook et le mur des lamentations

459-878-xxl.jpgPolaroïd 13 : 45

Elle est sublime la mort. Quand on est jeune, qu'on chante parfois juste et surtout quand on est célèbre. Avoir 27 ans peut également aider à l'expulsion de fluides lacrymaux. L'être humain aime ainsi humer l'odeur de la malédiction ou lécher les pieds de la légende au détriment de la statistique, sans se demander combien sont ceux qui ont rendu leurs âmes à 28, 19, 32, ou 67 ans. On s'en fout, c'est pour le mythe.

FaceBook, c'est le nouveau livre des condoléances. Par milliers, des messages larmoyants, des ''repose en paix'', des dégoulinants ''si jeune''. C'est vrai, une londonienne fumant du crack vaut toujours un peu plus que 76 vikings anonymes assujettis à la bière, blonde de préférence. C'est vrai aussi, le toxicomane à Cornavin? On ne lui filera pas une pièce, ni un bout de pizza froide. A vrai dire, pas même une ligne sur notre mur, on s'en fout.

En fait, qu'on soit touché par la mort d'une chanteuse, ou de millions d'africains à corne ne pose pas de problèmes. Qu'on l'exprime? Pourquoi pas, c'est toujours bon de participer à un simulacre de deuil collectif. Et ensuite?

Ensuite rien. Donner dix francs à Quai9? Cinquante à la chaîne du bonheur? Non. Ensuite rien. Un mur imaginaire qui se déroule, pour finir inéluctablement par s'effacer. Entre deux commentaires baveux sur la famine ou ''ces gens qui partent trop tôt'', une ou deux photos de moi à la plage, ou du dernier concert de Cali à Paléo.

On peut pleurer le monde. On peut faire. Ou alors avoir le courage de dire tout simplement: on s'en fout. C'est toujours moins pire que faire semblant.

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14/07/2011

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IMG_0113.jpgPolaroïd 23 : 45

Ils évoquent le destin quand il faudrait parler de hasard, de routes qui se croisent lorsqu’il s’agit en réalité d’accidents. Il n’est jamais doux que les traces se mélangent. La rencontre tient plus du choc tellurique que de l’affinité partagée. La brutalité contre le sentiment.

Brutalité au hasard d’un mot inscrit au rouge à lèvres sur un miroir de chambre d’hôtel, d’une trace de peinture sur des petites mains, ou d’une épidermo-compatibilité. Rien de très étrange : les sillons sont identiques. Ni plus ni moins qu’un miroir. L’attirance du papillon sur une ampoule.

L’attraction doit être combattue, tant elle nous ressemble. Cacher puis mentir aux autres, pour inéluctablement se résigner à mentir à soi-même. La modification du passé s’opère, insensiblement, à en effacer les témoins vivants de la scène.

Impassible, elle demeure pourtant toujours là.

‘‘Beau rosier, comment faites-vous
pour avoir de si belles roses.
Beau rosier, comment faites-vous
pour avoir des parfums si doux ?’’

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29/06/2011

Céline, ô Céline

14715105_p.jpgPolaroïd 16 : 51

Un mardi 28 juin. Le mercure caresse les trente degrés, faisant ainsi naître, ex nihilo ou ad nauseam, quelques gouttes de sueur suintantes irrémédiablement attirés par la pesante gravité.

Emergence perturbée par un son, une fréquence : non pas celle de la particule humide fracassant ses os sur le sol, mais bien la voix connue d’un collègue : Philippe Revaz. Longueur d’onde : 94.9 MHZ.

Autre voix familière, celle d’Yves Nidegger, conseiller National. Un saut dans le futur et sur le site de la RSR m’apprendra qu’il fût ‘‘l’étoile filante de l’UDC genevoise’’. A l’affirmation-question de mon collègue, à savoir si poser son postérieur sur un siège à la Cour des Comptes est moins flamboyant qu’un autre à Berne, Yves Nidegger rétorquera, avec un certain talent, ‘‘qu’on peut tout à faire vivre sans être tous les soirs à Forum ou toutes les semaines à Infrarouge’’.

La sudation excessive sera stoppée dans ses excès lorsque le journaliste évoquera la volonté quasi zurichoise de voir émerger Céline A. au détriment de celui, encore prénommé dernièrement sur nos ondes par feu René Longet, ‘‘l’homme dangereux qui a défendu Kadhafi’’.

‘‘Céline, ô Céline’’, me suis-je dit en me remémorant cette pleine page couleur dans l’Illustré. L’Amazone, les nervures saillantes de l’animal au regard hagard mais doux. Ne manquait alors que le claquement d’une solide cravache pour me réveiller de ma douce torpeur. La précieuse et dernière goutte estivale s’abattant sur le carrelage fera office de doigts thérapeutiques, comme on réveille ainsi l’hypnotisé.

''Au fait, hormis prendre la présidence de l’UDC genevoise, qu’a donc fait Céline A. ? Pourquoi diable est-elle ‘‘l’étoile montante’’ ?'' ai-je pensé dans un bref moment de lucidité.

Tentant de dissimuler (et sous l’impulsion probable de la gêne), ces ignobles traces de l’été, réapparurent à mon esprit la phrase suivante mais fallacieuse : ‘’la nature a horreur du vide’’. Qui a dit que lorsque une étoile mourrait, une autre naissait?

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21/06/2011

Rien

piaf.jpgPolaroïd 17 : 36

Il y a deux solitudes. La choisie et l’autre. Celle qui révèle les gouffres et l’autre qui dévoile les manques.

Diamétralement opposés, unis dans la déficience.

Le premier ne respire que sa propre haleine, abuse des hiatus réconfortants, lape le miroir tout en s’y contemplant. Le second décidera de s’entourer, le ronflement hypnotique de la foule le rassure, la présence sur une image finira par l’asseoir. L’un pleure sur le carrelage, noir et blanc, de sa cuisine, épluche son répertoire téléphonique pour ne finalement joindre personne. Le second frénétiquement, dans un état quasi épileptique, composera tour à tour chaque alignement de numéros de son téléphone jusqu'à ce qu'on lui réponde.

L’un ne veut séduire que lui-même, l’autre tout le monde. L’un s’en fout, l’autre pas.

C’est à coup sûr, ce qui distingue l’un de l’autre. Des différences qui sont toutes deux fatales. Ils mourront seuls.

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12/06/2011

Le passé

2379635326_9a43c690a0.jpgLe passé.

Comme une ombre. Sublimes ailes de l’obscur, parfois pourchassantes et harcelantes. Rongeurs invétérés, traces chimériques et fardeaux.

‘’La nature est mal faite’’, dira-t-il en repensant à quel point son cerveau dénature la réalité. ‘’Pas n’importe quelle réalité’’. Celle de l’épiderme, de la douleur, de la trahison, du mensonge et de la lâcheté. Elle ne ment que rarement, cette réalité-là.

Il ne se souviendra pourtant que de l’accélération organique ponctuelle d’un organe, des promesses de l’aube et de notre traître épiderme, de ces regards qui nous trahissent, gorgés d’amour jusqu’à la lie, des mots expulsés contre notre gré.

Aigres réminiscences vers le mièvre capitonnage du confort. Inconfortables et dérangeantes comme on remplace des traces par des vérités. Ou des mensonges, c’est selon.

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08/06/2011

Le poids des mots

photo-3.JPGOn les désire alléchants, glissants et liquides, ils seront pesants et collants, loin de la liquoreuse texture de la grâce.

La problématique est récurrente. Les mots, parfois, lorsqu’ils ne sont pas expulsés dans le but de conquérir, c’est à dire de la façon la plus orale qui soit, conservent leur propriété humidifiante. Le courage finira par accomplir son tri.

Le problème avec les mots, comme les décisions, c’est qu’ils ne sont souvent précieux et justes, que lorsqu’on les crache avec honnêteté. Qu’importe s’ils sont inexacts (on peut se tromper), soufflés par la bouche adipeuse d’un élu déchu (on peut être aveugle) ou par une vieille trébuchante sur du verglas (on peut avoir du cœur).

Comme des choix, l’impression de se tromper inéluctablement lorsqu’ils sont le fruit de connexions neuronales et non pas de l’organe poitrinaire.

On peut se tromper, mais pas circonvenir. On peut aussi malheureusement, soi-même, véhiculer la rumeur. On peut enfin critiquer, juger, tenter d’assassiner. Ne restent, au final, que deux obligations : celle de la reconnaissance de l’erreur et de la supériorité hiérarchique des tripes sur le miroir.

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06/06/2011

S&G

Simon & Garfunkel, Madison Square Garden, 2009. Sound of Silence. 1’09’’

Ils finiront par disparaître. L’un avant l’autre ou l’autre après, mais qu’importe. ‘’Ils ne s’aimaient plus’’ racontait la rumeur. Je n’en sais rien. A en croire leurs yeux, les vieux amants ne se quittent jamais.

Certains sûrement parieront sur un retour marketing. Qu’importe encore. Au final, ne restera qu’une chanson. Emblématique, évocatrice, réminiscence de ce qu’on aura bien souhaité lui attacher. Une chanson. Une simple chanson. Mais écrite à deux.

 

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04/06/2011

Magenta

photo-1.JPGDes corps si lourds. Même la gravité paraît agréable. Les verres sont vides et les bouches sèches. Quelques traces de vin aux commissures de lèvres, preuve tangible de l’acte. Quel acte ?

La noyade. Pour mieux oublier. Elle avale la vie pour se remplir. On aimerait lui dire, à elle, à lui ou un autre, mais on n’y arrive pas. Tout simplement pas.

Ce bruit si dense n’est plus celui des basses, mais celui du pouls sur une tempe. La sienne. Les corps se dégagent, s’éloignent et glissent lentement. Il aurait rêvé la lumière chaude, elle sera blafarde. Sa peau n’était pas blême, ses yeux, par contre, étaient vitreux.

Instant suspendu dans le temps, érection épidermique et afflux capillaire. Ni morsure de l’aube, ni brûlure de l’âme. L’hypocrite sentiment de se perdre à deux. Pour un lambeau de peau, pour un bout de vie. Une sensation furtive d’existence. Celle-là même qui avait déjà tant pris. Sans prévenir, ni laisser de numéro.

 

Elle ne lui laissera pas, pour autant, le sien.

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20/05/2011

Comme se vautrer sur des poupées

pic.jpgPolaroïd 23 : 45

Il n’hésitera pas à sourire, dents peroxydées comme un pare-choc de Ford Mustang. Sur ce point précis, il ne triche pas : il en a toute la grâce. Ses amis ? ‘’Ils sont nombreux’’, vous susurre-t-il en vous caressant l’épaule. Un éphèbe étudiant en psychologie dira de lui qu’il est amoureux de l’amour. Absurde constatation de lèvres maltées au coin du zinc, cela n’a rien à voir : il veut être aimé.

N’importe comment, n’importe quand, n’importe qui tant qu’il se remplit. Le concept même qu’on puisse ne pas lui porter d’affection l’irrite, l’agace, et l’attriste. On ne doutera pas de son amertume, ni de cette tristesse supposée. Le monde l’a trahi. Et c’est pourtant lui qui trahit le monde tous les jours. Insatiable désir de posséder et d’avoir, relayé, avec les années et les cheveux perdus, par celui de séduire. Un ventre proéminent aura finalement raison des dernières lueurs d’espoir, allègrement remplacées par la vérité de l’aube.

Qu’importe les traces et les coups, le post-it de remerciements sur le miroir vertical de la salle de bains, les collants déchirés et les lèvres sèches. Qu’importe la douleur, elle est éphémère.

‘’J’ai donné, on ne m’a rien rendu’’ se dira-t-il en pensant déjà au prochain qui lui reflétera ce qu’il pense être.

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13/05/2011

Des histoires, des vies et des peccadilles

IMG_0007.jpgDes histoires, des vies et des peccadilles.

Alors c’est vrai. On s’excite, on trépigne, pour un passage piéton détruit pour vice de construction, pour une fuite d’une commission qui, nul doute, alertera un élu ou un autre. On n’hésitera pas à pointer du doigt l’éthéré Conseiller d’Etat, le délétère sbire, cette serveuse qui, dans une sombre machination, continuera à vous livrer le tiède café avec une seule portion misérable de sucre de canne, malgré des injonctions itératives ne reflétant, au final, que sa propre monomanie.

On ânonne le pamphlet de l’homme blessé, tout en ayant désiré suggérer que l’animal se taise au vu de ses casseroles, on cherche et pinaille, on gratte probablement trop souvent dans le but d’une reconnaissance. Celle de qui ? La même que tous.

On n’hésite pas à abuser de la suintante et dégoulinante pesanteur des mots incompréhensibles, ne serait-ce que pour rappeler, au lecteur courageux, notre légitimité à être ce que nous sommes. Comme si la légitimité se résumait à cela.

L’immédiateté et la primeur nous rassurent, les commentaires aussi. Tout est bon dans l’interaction, l’indifférence restant encore le pire des châtiments.

 

Aujourd’hui, je constate que les absences de celui qui m’a vu naître sont plus fréquentes. C’est effrayant. Les tentatives de le raccrocher à cette foutu sacro sainte vie ne sont plus aussi fructueuses qu’avant. Il s’éloigne, je ne sais où, ni comment. J’ai l’air con.

Et me dis, que dans un futur proche, je continuerai à abuser de la pesanteur suintante et dégoulinante des mots. Il en aurait rêvé

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12/05/2011

La schizophrénie

pic.jpgPolaroïd 19 : 04

Blessé à vif, l’animal n’est écorché que superficiellement, aurait-il fallu qu’il soit doté de sensibilité autre qu’épidermique pour l’être profondément. ‘’Il n’y pas d’échelle dans la douleur’’, expectoreront sa meute, le jour de la Toussaint. Certes.

Le basilic, cet être mi-serpent mi-coq, ainsi à terre, n’aura cessé de lécher la plaie sanguinolente, attendant avec la plus grande des intelligences que lui permet la relative modestie de son esprit, d’inoculer son assassin. Le venin ainsi méticuleusement élaboré dans l’œuf recouvert de fumier, terrier de la bête fantastique, sera ainsi distillé, sûrement par l’un de ses rejetons.

Ce sera l’œuvre de sa vie, la consécration. Celle d’avoir déployer ses larges ailes face aux hélianthes incandescents et éphémères.

Celle du basilic qui se prenait pour un phénix.

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06/05/2011

Rien. Du tout.

Rien.jpgPolaroïd 18 : 54

On appelle cela un moment de grâce. Un instant de pure nudité, d’un Homme retranché dans ce qu’il a de plus pur. ‘’Pur’’ n’étant absolument pas le terme approprié, mais son interlocuteur, c’est-à-dire moi, s’en fout : je le trouve beau. Lui, désire secrètement que son visage soit marqué autrement que par la vie. La peau ment difficilement.

Les mots s’expulsent, les phrases s’enchaînent. Ni barrières, ni calculs, ni enjeux, ni victoire. Il me dit souvent que le partage n’est qu’un ‘’truc de bigots’’ ou de ‘’vieux communiste nostalgique’’. Jamais autant une tentative de défense de l’égoïsme n’aura été aussi mauvaise. Tout ment encore en lui. ‘’La pudeur des sentiments’’, aurait pu dire mon père. Il ne le dira jamais. Mais qu’importe.

Mémoire vivante d’un temps quasi oublié, le regard profond. Abime insondable que j’essayais, sans succès, de percer. Il ne dira rien, ou tout. Il fallait deviner, il fallait ‘’se battre’’, disait-il avec récurrence. Et contrairement à ce que les ‘’autres’’ disent, il ne s’est jamais battu. Même pas à la fin, parce que rester là, n’était pas sujet à discussions.

Aujourd’hui, elles me manquent.

Me manque-t-il ? Non. En toute évidence.

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