03/05/2013

Cours de communication

Olivier, Francey, Britney, Spears, GenèvePolaroïd 20:57

Lektion eins.

Elaboration du message. Simple, voire très simple (une idée, une phrase, un slogan) et compréhensible pour la cible. On ne parle pas aux roturiers comme on parle aux bourgeois.

Lektion zwei.

Choix de la cible. Rien ne sert de convaincre les convaincus. Rien ne sert de convaincre ceux qui ne le seront jamais.

Lektion drei.

Maximisation du nombre de personnes atteintes par le message émis, au vu des moyens à disposition. Moins d’argent est souvent synonyme de plus d’idées. N'hésitez à forcer le trait, vous mettre tout nu, ou dire des gros mots.

Lektion vier.

Relayer les critiques des adversaires peut s’avérer utile. Posture d’attaqué à privilégier. La rumeur dit que les "gens" préfèrent les victimes aux bourreaux. 

Lektion fünf.

Ne pas hésiter à mentir. Une majorité croit toujours à l'adage "Il n'y a pas de fumée sans feu". Pratique, facile, pas cher.

Lektion sechs.

Ne pas perdre de vue son but. La victoire. Si cela doit passer par des assassinats, coups bas et autres subterfuges, surtout ne pas hésiter. Qu'importe les biens-pensants. Qu'ils écrivent des livres pour dire tout le mal qu'ils pensent des mauvais joueurs.

Lektion sieben.

Il s'agit de gagner. La seule intéressante question: c'est pourquoi? 

21:11 Publié dans Rien | Lien permanent |  Facebook

28/04/2013

Chelsea Hotel no2.

Olivier, Francey, Britney, Spears, Genève, ObamaPolaroïd 22 : 35

 

Il n'y avait pourtant aucune goutte de pluie sur les vitres de l'appartement. De celles qui s'entremêlent, qui se mélangent, glissant lentement avant de s'écraser. Même la panaflex 35mm n'en aurait pas voulu. La scène n'est pas assez cinématographique. 

 

"Je regarde les voiture qui passent", se justifie-t-elle. Rouge, vert, orange, rouge. Puis vert. Orange. Rouge. Lui, regarde ailleurs. 

 

"Avant, je serais allé la serrer. Avant, j'aurais été la serrer", pense-t-il. En silence, avant de lui propose de se coucher. 

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18/03/2013

Des petits riens

Olivier, Francey, genève, britney, spearsPolaroïd 20 : 45


On se rencontre, puis se quitte. Il paraît que l'on s'y habitue. On s'y habitue, en effet, quoi qu'on ait pu dire, un jour une fois. En lançant des jamais, des toujours, au soleil brûlant l'horizon. Les écorces se débarrassent des stigmates des amours dégoulinantes, aussi naturellement que le temps passe. La première désillusion écorne, la deuxième griffe, la dernière caresse. 

 

La peau sillonnée, les yeux fatigués mais lumineux, elle en parle toujours. Encore aujourd'hui. De lui. "C'était lui et rien d'autre. Je l'ai juste raté", murmure-t-elle l'esprit embué par ces neurones rebelles, de la race de ceux qui préfèrent mourir, avant. Tout en caressant son alliance. Tout en caressant son alliance.

20:46 Publié dans Rien | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

13/03/2013

Je sais

Olivier, Francey, Journaliste, TDG, Tribune, Genève, Britney, SpearsPolaroïd 00:00

 

Quelle putride démangeaison d'évoquer la vie privée. Quelle jouissance de dire qu'on sait et quel pouvoir de le faire savoir, comme autant de caresses que l'on se prodigue comme on caresse les poils d'un chat, qui ronfle à chaque doigt qui le touche. On a le chat qu'on mérite. Le nez écrasé, les fosses nasales obstruées qui suintent. Quoi de plus normal, quand son fond de commerce se vend au nombre de sourires gluants et à celui des dents blanches alignées. Des poignées de mains humides et des rires qui résonnent dans l'enceinte des cabinets.

 

Jouissance quand il s'agit de dénoncer les privilèges ainsi supputés, alors qu'on a pas foutu un doigt dans l'engrenage, ni visité le 40 m2 de l'ancien élu. Ah oui, pas besoin de le visiter. Le con n'a pas souhaité nous répondre. Tant pis pour lui. Sa main tremblante est un handicap, il n'avait qu'à la régler, cette foutue déficience. Merde, le peuple l'avait élu. C'est vrai, pas besoin d'en savoir plus. J'ai déjà avalé et pas une ombre d'envie de régurgiter. Non. Pas une ombre. 

 

Aucun désir de savoir si l'heure est exacte, qu'importe la régularité de l'aiguille, sur cadran noir et blanc, tant qu'on connaît sa provenance. Donnez-moi de la morale, des corps qui se mélangent, malheureusement au pied du Salève ou près de l'Arve. Ou des partis de badminton l'après-midi près de Lausanne. Donnez-moi des portes qui se ferment, tant que je n'ai pas vraiment à les ouvrir. Juste parce que je sais. Oui, je sais. Et je vous le dis. Croyez-moi. Je sais tout.

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06/02/2013

L'infidélité

XXXX.jpgPolaroïd 00: 00 ou "L'exercice du pouvoir... l'art de l'éphémère".

Une fois le titre ôté, quel plaisir de parler de la vie. "La vraie", aiment-ils à dire. On veut bien les croire. Nous, abreuvés comme des louves au sein. Ou comme des vautours s'extasiant sur cette vérité. Lapant, tous crocs dehors, le précieux liquide. Qu'est-ce qu'on se rassasie des doutes, des erreurs et des failles. Surtout de l'autre se remémorant de sa propre normalité.

 

Ah putain, quel coeur derrière tout ça, quelles plaies béantes et quel sentiment de mimétisme. Comme on s'éprend à lécher, à comprendre et à relativiser. Au regard de ce qui nous importe, de ce qui nous semble vital. Quel métier ingrat. Celui de la maîtresse, de l'amante, du cocu, du bouc émissaire, du mal-compris et des erreurs de communication. Il faudrait s'étaler, dire pourquoi, alors que tout ce qui vient à nos lèvres se résume en plaintes, complaintes, gémissements et regrets.

 

Alors que tout vient en appels, en appels sourds, en appels de détresse. On aimerait se sentir aussi faible, on aimerait aussi questionner. Mais pourquoi?


Elle n'aura pas glissé subrepticement. "J'en ai marre d'être la salope, j'aimerais être la cocue."

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31/01/2013

Cette muqueuse dont on aimerait se débarrasser

Olivier, Francey, genève, britney, spearsPolaroïd 01 : 05


Mais on croit rêver. Vraiment. Le retour de la morale. L'inquisition. Celle-là même dont on se délecte, suave et liquoreuse. "Quoi? Le retour de l'adultère et de la luxure", putréfient-ils en se lançant des phonèmes désapprobateurs. "Quoi? Le vice", s'essaiment-ils à cracher pour justifier leur misérable existence. "Miséricorde. Honte à vous", finissent-ils par régurgiter.

 

Alors d'accord, les coulisses stimulent les glandes salivaires, cette muqueuse dont on aimerait se débarrasser mais dont on aime laper les contours. Si douce, si amère, alors qu'on aimerait arborer des lèvres blanches. Sèches, cela va de soit. Quant aux autres vices, les vrais, on les tait. Dans un silence de brique, bien enrobés. Abhorrés. "De mauvais goût. C'est la vie privée", crachent-ils dans les bonnes soirées. Celles où l'on aime se regarder sur un air de Traviata. Ces vices-là, se taisent. Comme l'addiction à la cocaïne, la chaleur des bêtes ou encore les amours interdites à la Mishima. Mais alors le reste, qu'est-ce qu'on aime s'étaler! 

 

Qu'est-qu'on aime lécher les histoires des autres. Avec la langue et les papilles pour mieux signifier aux autres qu'on savait, nous aussi. Symbole de notre participation collective à l'événement. C'est vrai. Qu'est-ce qu'on aime exister. Surtout quand il n'y a rien d'autre à dire. Surtout quand on n'est pas concernée. Ou de loin. Très loin. On s'en réjouit.

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25/12/2012

360

Olivier, Francey, Genève, Justin, Bieber, Obama, BarackPolaroïd 19 : 05


Cette heure-là n'est pas belle. Elle est délicieuse. Elle se délecte, le nez aquilin au-dessus du fumet, les lèvres humectées au passage des langues râpeuses. Cette heure-ci, c'est celle du rétroviseur, la pédale engoncée sur un accélérateur trop mince et à la texture huileuse, celle du regard porté vers l'année suivante, celles des promesses et des désirs. Celle des retours, des absences qu'on espère voir se terminer. Celles des douleurs qu'on croit enfin indolores, des "plus jamais", des faiblesses de l'âme et du coeur, étalées comme des morceaux de bavettes ou d'onglets. On aimerait qu'ils palpitent d'eux-mêmes alors qu'ils ne sont que secoués par la magie. De la poudre dans un verre d'eau, dans un oesophage ou dans des narines.

 

Le regard vitreux, comme un mouton muet attendant l'abattoir, une vieille âme muette sirote une flûte, à la paille, mais proprement. Elle espère Rossi, ce sera Sinatra. L'autre la rattrape en alignant les abricotines, "cul-sec", comme s'il fallait crier pour nous prévenir de toute action manuelle du coude. Alors tous informés que l'autre achèvera, sans un doute, sa soirée à expulser des consonnes, au mieux nasales, au pire gutturales. Pendant ce temps-là, le domestique lustre la verrerie, de celles qui ne se lèchent qu'une fois l'an.

 

L'histoire devrait s'arrêter ainsi, ou au mieux devant la trente-cinquième rediffusion d'Angélique, Marquise des Anges. Mais ce serait mésestimer la foi. Enfin, une foi. "Joyeux Noël", lance-t-il, l'air satisfait de rappeler à haute voix à quel point on s'aime tous. On devrait. Mais pas aujourd'hui. "Next time?", pensa très fort un convive en écrasant le quartus du dernier né. Brillant... Si le cri de l'animal blessé n'avait pas attiré l'attention sur l'immaculé chemise du tortionnaire. Grasse et avinée. "Comme n'importe quelle autre repas", persifla l'ivrogne en lançant un ultime. Cul-sec! 


Ah oui. Joyeux.

19:06 Publié dans Rien | Lien permanent |  Facebook

04/11/2012

La vague

ecume-de-mer-a19489128.jpgPolaroïd 02 : 20

 

Dedans, dessus ou dehors. Le curseur, la boussole, le nord. La main à caresser, celle que l'on lèche ou abreuve de sécrétions. Celle que l'on prend ou celle qui fait mal dans le creux d'un oreiller à liquider les dernières larmes qu'on n'a pas versé à Haneke, à la télé-réalité, aux documentaires sur la seconde ou les maladies orphelines. Celle qu'on avale, le pharynx dilaté, celle qui nous porte contre celle qui nous noie, les poumons bien remplis.

 

"Il faut pourtant choisir lorsqu'elle se fait sentir. Humer le vent", ruminent-ils à la chaire aussi dure qu'un céphalopode. "Dans quel sens se dirige-t-il? Est-il noir? L'embarcation est-elle assez charpentée?", calculent-ils aux manière d'apothicaire, à la précision délicate des pas des danseuses de l'Opéra de Paris sous Lifar.

 

On aimerait haïr, ceux qui lèchent l'écume. On y arrive, l'oeil pourtant inéluctablement attiré par le cul nu d'un autre. Pas celui qui ne l'a pas vu venir. Celui qui l'a attendu. Le pied froid, les lèvres gercées. 

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22/10/2012

Caran d'Ache, 6B

chignon.jpg"Certaines bribes de pensées ne méritent pas l'encre", a-t-elle expulsé, le crayon Caran d'Ache 6B bien ancré dans un impeccable chignon. "Elle devait avoir raison", se dit-il après avoir estimé que ce n'était pas un prétexte pour faire taire. "Il faut se méfier des cheveux lorsqu'ils se font artificiellement sauvages. Ce n'est que le subterfuge des gorgones pour se fondre", persiflent les mères juives. A toutes les écouter, les mères et les autres, il avait perdu le fil.

 

Ah oui, les bribes qui dégoulinent et qui tâchent. Celles aux goûts de salive non ravalées, qui finissent toujours pas s'étaler comme des flaques de bave parfaitement lustrées. L'avantage? On peut parfois y croiser son reflet tout en se grattant ses aisselles. Salées, l'aisselle, hein?


D'autres plumes s'agitent par peur du vide. Par peur de l'oubli, des autres ou de son ombre. En fait, par peur tout court. "Putain, c'est vrai, il faut quand même exister un tout petit peu, merde", beugla-t-il comme un hamster maltraité, à force de tourner dans sa roue sans lexomil.

 

Et puis elle s'en est allée comme elle était venue. Le dos droit comme un i, la démarche rectiligne un peu chiante et coincée. Disparaissant à l'angle d'une vieille rue pavée, il ne retint d'elle qu'un point. Celle du crayon Caran d'Ache. "6B", eut-il presque envie de crier. Il n'a pas pu.


"Le hamster ne parle pas. Le hamster ne parle pas", s'évertua à se convaincre, le doux rongeur.

21:44 Publié dans Rien | Lien permanent |  Facebook

07/10/2012

Salaud de riche!

titanic-kate-winslet_320.jpgPolaroïd 14 : 28

 

Il y a un truc qui me chiffonne, avec cette marche qui a fait tant couler d'encre dans les journaux (à croire que le liquide ainsi suscité ne l'est que par la jouissance de l'expulsion du mot sur le papier). Alors on nous dit que ce grand rassemblement est une réponse aux propos d'un policier canadien, qui a prétendu que "les femmes devraient éviter de s'habiller comme des salopes si elles ne veulent pas être victimes d'agressions sexuelles". On nous dit aussi qu'être habillé "sexy n'est pas une invitation", sous-entendez à un rapport contraint. 

 

Plus banal, tu meurs, difficile d'être en désaccord. Un peu comme dire: être noir n'est pas une invitation au racisme. Sans blague. Qu'on me comprenne bien. Les propos de ce policier sont inacceptables.

 

Non, le truc qui me chiffonne, c'est la différence de traitement. Lorsqu'un riche se balade avec sa Cartier et son porte-monnaie rempli de billets violets et qu'il se fait agresser, on dit quoi? Et bien on dit, je dis, que c'est bien fait pour lui, qu'il est complètement crétin et qu'il n'avait pas à exposer son opulence dans des endroits mal famés. Pourquoi prend-on la défense d'une femme face à son violeur, d'un noir face à son raciste, mais moins d'un riche face à son agresseur? 

 

Parce qu'être femme ou être noir, c'est porter l'habit de la victime. Alors qu'être riche, c'est par principe se le voir refuser? Il y a des statuts qui suscitent la compassion, d'autres pas. Il y a des actes qui se condamnent. D'autres moins. Pour défendre le droit d'être habillée comme une "salope" n'importe où, on descend dans la rue. Et qui pour défendre une exhibitionniste qui s'est pris trois coups de couteau parce qu'elle avait extériosé ses signes de richesse?

29/09/2012

Aux délices de la cathode

5461943104_5a4b00ce3b_z.jpgPolaroïd 23 : 36

Dilatées, engorgées ou brisées dans des opales trop exposées aux délices de la cathode ou de la vitrine, on aimerait que les veines mentent. Surtout lorsqu'elles ne font que rappeler notre propre solitude, avachis comme des singes à contempler son reflet, quand ce n'est pas son propre... vide. On se moque, on rit sans se soucier du ton jaune pâle que délivre cette façade dentaire. Une rasade de rouge dilatera encore un peu plus ces tubes bleutés. Le temps de tituber autour des caniveaux pour trouver la proie. La proie? Celle qui passe, dirons-nous.

Ainsi danse la gitane sur les effluves d'un mauvais Guerlain, jusqu'à vous écorcher le palais lorsqu'il s'agira de cacher l'odeur. Pas à coup de dentifrice, ni d'échantillon parfumé. A grande gorgée de Roxycide. C'est vrai, il y a trop d'eau dans la Javel.

Il est temps de rentrer, les poches vides. Il est surtout temps de mentir. Serrer, se taire, espérer. Que les veines mentent, faisant cesser toute palpitation. Un "je t'aime", de ceux qu'on lance par précaution, devrait suffire.

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22/09/2012

Eux

pic-3.jpgPolaroïd 23 : 14


J'ai pensé à lui. J'ai pensé à elle.

A leur phobie des impôts impayés, à la seule fois où ils ont pris l'avion, aux chansons qu'ils chantèrent après avoir délicatement abusé d'un digestif italien. Aux retours d'usine, aux discussions animées sur le patronat, les riches et les frontaliers. Aux engueulades, aux grillades en forêt près d'Arziers. Aux mêmes histoires que l'on s'amuse à raconter différemment. A leurs souvenirs de vélos et leurs Pola jaunies.


Aujourd'hui, le dos courbé et les mains magnifiquement flétries, je les surprends main dans la main. Je me sens con.

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15/09/2012

Comme les lâches se lèchent

pic-2.jpgPolaroïd 00: 11

 

En fait, à constater avec quelle régularité les lâches se lèchent, ou alors comment le hasard du calendrier les font se lécher comme ils se lâchent, je ne sais plus vraiment à quel Saint me corrompre. Dieu seul sait avec quelle ferveur je devrais génuflexier, mais ni l'attraction ni l'attirance ne suffisent à atteindre l'échafaud.

 

On prend, on laisse. On perd, on crache. On aime jusqu'à montrer les dents, les mêmes qui se tarissent dès que l'échec pointe son nez. Sec, aride, vieux et triste comme une maladie orpheline. Ce n'est ni le baiser ni l'aumône qui me perd, c'est plutôt les caresses et autres promesses jetées comme des dés.

 

"Mais ne serais-tu pas juste un crétin?", lança-t-elle. "Peut-être", répondit-il dans toute la ferveur bienveillante qui le perdra. Elle n'avait pas tort. Il ne s'en souviendra pas.

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15/06/2012

La puanteur

jacuzzi_40671.jpgPolaroïd 12 : 04

La zone d'exclusion? Vous avez bien entendu. Exclusion. Cinq mètres? C'est la taille du périmètre choisie par la Municipalité de Lausanne pour éloigner les mendiants "des distributeurs, horodateurs et autres lieux où l'on sort son porte-monnaie". Bravo. Moi je dis bravo. Qu'on éloigne ces gueux, organisés en réseaux souterrains nauséabonds. Dites la mafia, j'avale. Le crime organisé? Je gobe. "Les endroits de quiétude (parcs, places de jeux ou cimetières) seront aussi prohibés", nous dit-on. Fichtre oui! Qui n'a pas été houspillé à la sortie de funérailles par un vil "roumain"? (Hein quoi, ils ne sont pas roumains?) Quel chérubin n'a pas été dérangé par un "S'il vous plaît Monsieur" à la sortie d'une balançoire ou d'un toboggan en forme d'éléphant?

Un seul problème subsiste. Comment empêcher les ignominieux félons d'alpaguer vocalement l'honnête citoyen lorsque le dit bandit se trouve à plus de cinq mètres? "Qu'on lui coupe les cordes vocales", dira sans doute le pragmatique. Pourquoi ne pas imaginer qu'en lieu et place de placer des Mosquitos contre les jeunes, que l'on puisse installer les mêmes appareils contre les Roms (parce que "mendiants", c'est un peu faux-cul, vous me l'accorderez)?

La Municipalité lausannoise souhaite "créer la coexistence la plus pacifique possible" entre les mendiants et sa population? Le conseiller municipal Marc Vuilleumier (POP), responsable de la sécurité publique, évoque le "compromis". Mais Diable, ne faites pas semblant et cessez de jouer les pisse-froid! Qu'on les pende par les pieds, qu'on les expulse en vol-charters ou en calèches. Faites preuve d'imagination! Le napalm, le gaz orange voire des petits coups de bâtons ou de taser.

D'ailleurs, c'est quoi déjà la portée d'un taser?

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13/06/2012

Elles, au moins, elles ratent les trains

pic.jpgPolaroïd 00 : 11

Quel plaisir de te lire. Toujours un commentaire bien placé, une remarque pertinente, une vision. Sur le monde, sur la vie, les gens qui t'entourent. Non, en fait sur tout. La littérature, la poésie, la philosophie grecque, Godard, Lynch, Beigbeder et Barack Obama. La politique hexagonale n'a pas de secrets pour toi, la Berne fédérale? Tu la connais. Comment? On ne le sait pas. Qu'importe, les gens te commentent. N'est-ce pas amusant, toutes ces personnes qui commentent des commentaires? A quand, ceux qui commentent des commentaires sur tes propres commentaires? Suis-je bête. C'est déjà le cas.

Tu postes comme on tire, tu dégaines les tweets comme on crache. Ne te reste, que comme ultime douille, qu'à lécher les propres commissures de tes lèvres. A croire que l'idée de rester sur le quai t'est insupportable. Il faut avaler, aspirer sa salive par des légères succions épileptiques avant de plonger. Tête baissée. C'est certain, on ne rate pas les trains. On les prend, on ne cesse de saisir, il faut attraper.

Il faut surtout exister, c'est bien cela même qui t'est reproché. Tu en sais beaucoup trop sur tout. Un peu comme ces "je t'aime" lancés à la première qui fait convulser ton coeur meurtri. Et qui se dégonflent aux oreilles des dix qui suivent.

Elles, au moins, elles ratent les trains.

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