27/08/2010

Celui qui se querelle avec un ivrogne frappe un absent

 

pendaison.jpg27 août 2010

Acta fabula est. Les rideaux se sont clos, ses yeux avec. L'acteur se sera finalement effondré, seul sur la scène. Obscène: qui n'a pas sa place sur les planches, où quand les planches servaient à l'échafaud.

La tempête s'est éloignée. Du tonnerre ne reste qu'un vague pouls arythmique. Du front du spectateur bien-pensant ne reste que des gouttes de pluie ou de sueur. La lame aura touché, le but atteint.

Vouloir réintroduire la peine de mort a suscité une vague d'indignations. On a débattu. La machine médiatique s'est affolé, ou fait avoir, c'est selon. Sur les blogs, sur les réseaux dit-sociaux, sur les lèvres des politiques et des journalistes; la honte a porté la couronne.

Mais qui, pour s'intéresser aux motivations de ceux qui ont déposé le texte? Qu'ont-ils vécu? Pourquoi? Le pouls arythmique est devenu asynchrone, et a fini par mourir.

Je me souviens avoir entendu mon grand-père tenir des propos racistes. Je me souviens avoir partagé un été avec un collègue profondément anti-frontalier. Je me souviens avoir demandé à Evelyne Widmer-Schlumpf comment comptait-elle s'en prendre à l'islamophobie.

Aux pourquoi, mon grand-père m'a répondu: l'adultère. Mon collègue: le chômage. Evelyne: quelle islamophobie?

"Comme si l'Histoire ne servait à rien" écrivait Pascal Décaillet. " Comme si tout, à chaque fois, était à recommencer". Je ne peux que lui donner raison.

 

Les rideaux se sont clos, ses yeux avec.



16/06/2010

Ne parlons pas d'argent ou le tourbillon de la vie

rubens_saturn-1.jpg

16 juin 2010

"Une agression sexuelle entre enfants".

L'information ouvrira le 12h45 de la TSR, finira en sixième place du 19h30. Quant à la page principale de la Tribune de Genève, version électronique, elle y a disparu.

On appelle cela "l'actualité", je l'appelle le tourbillon de la vie.

Cette information, nous l'avions il y a une semaine. Nous nous sommes tus. Doit-on en parler et surtout quelles conséquences? Pour lui, victime ou agresseur, ou l'inverse. Comment en parler?

Nous avions choisi d'en parler pédagogiquement. Sans citer, sans rebondir sur l'actualité. Parler de prévention, avons-nous pensé. Et puis l'actualité nous a dépassé. Elle avait décidé de l'écrire.

Il fallait en parler, nul doute, mais comment?  L'actualité nous a dépassé, rattrapé, phagocyter.... et nous en avons parlé.

Il y a parfois des sujets que certains taisent. Un chapardeur de photos au Palais ? Un élu aux moeurs étranges? La schizophrénie de l'un, l'accointance douteuse de l'autre?

Reste la grande broyeuse. Elle broie, elle broie, elle broie encore. Nul ne s'en souviendra, ô combien la mémoire est sélective, ô combien l'un remplace l'autre, ô combien tout va si vite.

1,5. Les francs ont remplacé les euros. Le tapis est bien sale. Mais dessous, qu'importe!

 

L'actualité ou le tourbillon de la vie. J'aimerais parfois ... autrement.

 

 

 

 

 

 

14/06/2010

La vacuité doxique

K3.jpg15 juin 2010, prière de remplacer le carré blanc par votre photo.

Doit-on encore s'étonner de la doxa qui règne parfois à Berne et ailleurs?

Un jour, ne nous a-t-on jamais appris à se taire lorsque le propos était vide. Difficile exercice qu'est l'expérience du vide. La solitude est désagréable lorsqu'elle est qualifiée comme telle, m'a-t-on rappelé aujourd'hui. A force de craindre le néant, on le remplit par du vide.

Si la vacuité doxique n'est pas en soi désagréable au coin d'un bar, au détour d'un dixième Laphroaig 27 ans d'âge, ou dans les coulisses d'un candidat en pleine campagne électorale, elle l'est un peu plus lorsque l'on siège dans un agréable Falcon.

On aurait aimé que les faucons renaissent de leurs cendres, mais à confondre 2 millimètres avec les 1628 kilomètres qui séparent Berne de Tripoli, c'est n'est plus un faucon, c'est un radeau.

Au gré du vent, la méduse se laisse entraîner par le courant marin, espérant au passage aspirer quelques animaux planctoniques. Mais à quelle faim peut-elle bien répondre?

(...)

Ce week-end, le petit Jonathan, à peine 9 ans, nous a tous réclamé un franc à chaque insulte prononcée. On est bien loin des deux millions.

On aura du changé les règles, et remplacer le quolibet par le boniment. Jonathan serait alors destiné à un parcours brillant: scout dans ses jeunes années, traversée fulgurante à l'université de Saint-Gall, puis siège de Conseiller Fédéral.

Lui aussi, alors, aurait pu confondre 7 jours avec 695.

07/06/2010

La vacuité "bis repetita placent"

tonneau-des-danaides.jpg

7 juin 2010,

Il est probablement de bon ton, de critiquer des promesses. Seront-elles tenues?  L'élongation effective de celles-ci n'est pas digne d'un catalogue Veillon, ou Védia, c'est selon l'origine sociale. On aurait en effet pu dire la Redoute.

L'élasticité de la membrane primaire est-elle électo-orientée? Qu'en sais-je?

A savoir si les visions de Genève sont sublimes? Non, elles ne le sont pas. "La nuit est sublime, le jour est beau" disait Kant. "La tragédie est sublime, la comédie est belle", rajouta-t-il.

Le sentiment du beau dégénère, lorsqu'y manque absolument la noblesse, et on le dit alors fade.

Le sont-elles? Oui.

La promesse de tenir toutes ses promesses est-elle fade? Non, elle ne l'est pas si l'intention de celui qui la formule est sincère. Nos sept sages le sont-ils? Pas tous.

Reste la carcasse. Une imposante carcasse.  Des maux sur lesquels, sans doute, ils se repaîtront. La politique est une guerre.

Mais ne vous déplaise, au final, je préfère des mots vides, que pas de maux du tout. Ils auront la mémoire courte, 2013 est si loin. N'en voulez pas à ceux qui gouvernent, plutôt à ceux qui les élisent.