13/10/2010

L'âme ou ce qui différencie la lumière des ténèbres

 

Sanglier.jpg13 octobre 2010, 14 : 49

L’opportuniste n’a pas d’états d’âme.

Je ne sais pas vous, mais moi, l’agitation politico-médiatique autour de la question des lieux de sorties nocturnes me laisse perplexe.

En moins d’une semaine, après le décès de deux établissements, et l’exécution annoncée d’un autre, on n’aura jamais autant entendu parler de culture, d’offre et de diversité culturelle à Genève. L'électro-cardiogramme n'est plus plat, à croire qu'un précieux fluide pourpre recommence à couler voire dégouliner dans les veines. Les morts se sont réveillés. Le magistrat en charge de la culture Patrice Mugny nous annonce qu’il va soutenir l’Usine, que la Ville va tenir des «Etats généraux de la nuit» en janvier prochain.  Eric Stauffer, lui, après avoir flingué la bête corrompue, tente de traîner la carcasse exsangue ailleurs, en demandant le traitement en urgence d'une Motion pour que l'État répare son erreur dans l'affaire du MOA. On croit rêver, autant de schizophrénie fleurent bon la récupération politique. Enfin, les jeunes descendent dans la rue, et organisent des Bottelons géants. L’ivresse est totale.

Les charognards ne sont pas loin. J’en fais parti. L’odeur du sang aurait-t-elle poussé la Tribune de Genève d’organiser un grand débat demain sur la question de savoir si la République est-elle encore capable de faire la fête?

L’opportuniste n’a pas d’états d’âme.

Le journaliste court parfois après l’actualité comme un chasseur sur sa proie. Seul chance de survie de l’animal: qu’un autre plus gros passe devant. Une seule balle devrait suffire, autant tirer la plus dodue.

On aimerait juste, parfois, arrêter de courir, sortir de la meute.  On aimerait aussi juste, parfois, tordre le coup à l’idée qu’il suffit à un père de famille d’exécuter sa femme pour que l’on relance l’idée d’un registre national sur les armes à feux. Qu’on interdise les minarets pour qu’on ose enfin parler de l’Islam. Ou encore qu'on assiste à la rentrée d'un Falcon vide, pour se rendre compte que notre Conseil Fédéral est nul. La liste est longue.

Je vous le disais, l’opportuniste n’a pas d’états d’âme.

L’âme, c’est peut-être ça qui distingue la récupération politique de l’art de gouverner. Peut-être aussi la lumière des ténèbres.

 

06/10/2010

Il était une fois

The-Death.jpgÉditorial Radio Cité Genève, 6 octobre 2010

Il était une fois, un pauvre mouton au pelage bien sombre qui n’était pas bien accepté par ses amis moutons de couleur un peu plus clair. Pour les besoins de cette comptine pour enfants de chœur, nous prénommerons la bébête à poils, Faruk. Faruk prénom d’emprunt choisi bien évidemment au hasard… au pif même, dans l’annuaire.

Le mouton, se sentant rejeté, a décidé de mettre fin à ses jours, mais ne sait pas comment.

Bien que pas très riche, pas très bien fagoté, c’est vrai, la mode n’est pas encore arrivée chez lui dans son alpage, Faruk est quand même un chic-mouton. Il a même un peu étudié, il a la télévision chez lui, mais bon, il regarde Secret Story, il a même une radio, mais le malheureux écoute One FM, il a lu quelques livres, sa mère teant toutes les années à lui envoyer un bouquin « pour réussir mon fils » dit-elle à chaque nouvel an. Enfin nouvel an, eux disent Hégire.

Parmi les ouvrages qu’il a réussi à lire: le Prophète de Gibran, il n’a rien compris. Nous non plus d’ailleurs. Harry Potter, ça il a aimé. Les hommes viennent de Mars, les femmes de Vénus, il a détesté, mais sa mère espère toujours qu’il devienne un gentleman, un bon mari. Et enfin il a reçu une biographie de Socrate. Faruk aurait préféré Mahomet, mais bon, sa mère souhaite toujours qu’il s’intègre, alors il l’a lu.

O surprise, ô délectation, notre mouton y découvre la fin tragique du grand philosophe : la ciguë !!!!

Je vous le disais, Faruk est rejeté. Enfin, pas vraiment. Mais faudrait pas qu'il s’amuse à déranger. Faire trop de bruit, prendre une douche après minuit, cuisiner avec des odeurs qu’on aime pas, ou encore, oublier de se raser. Bref, notre mouton n’a plus l’appétit de vivre. Il décide alors, contre toute attente, de boire le précieux fluide : la ciguë.

Avant passer de vie à trépas, Faruk souffrira. Potion digne du moyen âge, le mouton mutera: corbeau, rats d’égouts, même Oussama Ben Laden; le mouton décédera. Et c’est la fin de cette histoire.

Alors je vous vois venir déjà. Oui les journalistes sont tous à gauche, nous sommes des victimes, on nous veut du mal, on essaie de nous faire taire, vous bafouez la démocratie. A croire que vous êtes tous devenus socialiste.

Non Messieurs. Parlez du fond, arrêtez le coup marketing, la provocation. Je sais bien, ce n’est pas ça qui va vous faire gagner une votation, malheureusement. Oui, il y a des problèmes. Et six fois oui, vous avez le droit, digne d’une démocratie, d’exprimer vos opinions. Oui, ne faites pas comme votre ex-conseillère fédérale, qui à la question "Que comptez-vous faire contre l'islamophobie rampante", m'avait répondu: "Quelle islamophobie?".

Mais de grâce, une fois essayez de les gagner, ces élections, comme des hommes. Pas comme des mauviettes.

 

podcast

 

04/10/2010

L'homme invisible

pipeau.jpgPolaroïd 19 : 05

L'homme invisible.

Avocat du MOA : "Nous n'avons jamais eu de relation direct avec Monsieur Pierre-François Unger".

P.-F. Unger: "J'ai été mandaté par le Conseil d'Etat pour gérer ce dossier, j'ai eu contact directement avec le MOA".

 

Modus Ponens : l'un des deux a une mauvaise mémoire ou l'un des deux ment. Troisième explication: mentionnée ci-dessus.

Le pole dance

02594746-photo-pole-dance-et-autres-suprises-sexy.jpgÉditorial Radio Cité Genève, 4 octobre 2010

Il est de bon parfois de se promener sur les divers sites d’information de nos grands quotidiens.

A l’heure de ce que l’on appelle le « web 2.0 », la plupart des articles disponibles sur la toile sont désormais ouverts aux commentaires des internautes. C’est ça que l’on nomme très pompeusement « l’internet participatif ». Enfin souvent le nombre de participants est inversement proportionnel à la qualité des interventions : c’est-à-dire quasi nul. Mais pas nécessairement.

Toujours est-il que parcourir les commentaires, les insultes, les insinuations tantôt putrides tantôt fines, des lecteurs, a de quoi, souvent, faire chuter le journaliste du balcon de sa tour d’ivoire. Le problème du journaliste, de temps à autre, c’est de ne plus se rendre compte que le sujet qui l’intéresse, lui, n’intéresse au final qu’au pire, lui-même, au mieux, n’intéresse qu’une poignée de politiciens.

Les politiciens, eux, maîtrisent pourtant à la perfection la descente du balcon, pour délivrer leur « Urbi et Orbi » à la populace, aux « gens », aux vrais gens comme ils disent. Enfin surtout en période électorale…

Je prends pour exemple, les candidats et candidates à l’exécutif de la ville de Genève. Enfin, ceux qui font vraiment campagne. L’une a déjà ouvert un blog, une page Facebook, un compte YouTube, un compte Twitter, et même un site où l’on peut voir ses photos. On adore voir Sandrine dans le train, Sandrine prend le bateau, Sandrine avale une tarte aux pommes, ou encore Sandrine épluche les légumes dans un EMS. Du coup, son rival, affamé lui aussi, ouvre son propre blog, où il se réjouit « d’échanger » avec nous. Nous aussi, on se réjouit d’échanger avec lui!

Enfin pour certains autres, la descente dans la rue est dégoulinante : marché de Rive le matin, petit déjeuner au café du rond-point à Plainpalais, apéro à la place du Molard pour, lui aussi, rencontrer des vrais gens.

S’ensuit un petit dîner de soutien à la plage des Eaux-Vives, un peu de culture : visite du musée de la Réforme… hop petit passage à la SPA, vite un débat télé en fin d’après-midi, direction une fondation de soutien aux handicapés le soir... tout cela se terminera dans une fameuse boîte de nuit, où la sécurité est respectée, je vous le jure, Monsieur le Juge. Notre candidat, alors exténué, s’endormira à deux heures du matin, la caféine du Diet Coke lui aura permis de lui aussi, poster quelques notes sur son blog.

Diantre. Fichtre. Je vous l’avais dit.Le problème, parfois, du journaliste, c’est de ne plus se rendre compte que le sujet qui l’intéresse, lui, n’intéresse au final que lui-même.

A en croire les commentaires hier, ce ne sont ni les primes-maladies, ni Christian Levrat qui défend le siège de Micheline Calmy-Rey, ni la dissolution souhaitée de la Constituante par le président du PS genevois… Non. Ni même les accusations de la cour des Comptes, pourtant qui accusait un élu de ne pas avoir respecté la loi. Non plus. Ce qui a suscité le plus de commentaires. C’est la victoire d’une australienne qui a conquis à Zürich le concours mondial de pole-dance. Une strip-teaseuse en une des informations les plus lues ?

De quoi, nous journalistes, nous donner une véritable bouffée d’oxygène.

Parce qu’à force de plaintes déposées, de pleurnichage, d’instructions pénales, de débâcles, de politique entre copains, de défense de siège de Conseiller Fédéral ou de piratage de boite email de député... On en était presque arrivé, à l’aimer, cette petite australienne.

29/09/2010

Les 7 oublis capitaux

n746288132_739291_6363.jpg29 septembre 2010, 17 : 21

Nous apprenons donc que les funérailles de Monseigneur Genoud ont été oubliées par les autorités genevoises. Prenez une séance du Grand Conseil, rajoutez-y une élection soporifique au Conseil Fédéral, vous obtenez une occultation de l'esprit du Conseil d'Etat. Pas un esprit, pas deux esprits, pas trois esprits, mais sept esprits.

Soit.

Prenez le statut FaceBook d'un Conseiller d'Etat le 25 septembre dernier, vous obtenez son état d'esprit (je cite): "Allez Serveeeette !"

Soit.

Je comprends mieux désormais les propos officiels du gouvernement dans son point presse d'aujourd'hui: "Le Conseil d’Etat indique qu’il eût été préférable qu’il y fût officiellement représenté".

Mais de grâce, ne me parlez pas d'oubli. Et dites-le: Monseigneur Genoud qui?

Ainsi soit-il!

28/09/2010

35°5 l'après-midi

Games.jpg28 septembre, 16 : 32

Au lieu de déposer des plaintes, pourriez-vous?

petit a) faire de la politique.

petit b) accepter les critiques, les insultes, les coups bas et autres quolibets.

petit c) arrêter les jérémiades.

La politique se fait dans l'arène, pas dans la cour.

 

 

27/09/2010

Ce n'est plus une roquade, mais de la roquette.

small_24667.jpg27 septembre 2010, 12 : 37

Départements fédéraux - Grande rocade: quatre départements changent de mains

Doris Leuthard reprend le DETEC (anciennement Moritz Leuenberger). Eveline Widmer-Schlumpf les finances (Hans-Rudolf Merz). Simonetta Sommaruga dirigera justice et police (Eveline Widmer-Schlumpf) alors que Johann Schneider-Ammann hérite du département de l'économie (Doris Leuthard). Eveline Widmer-Schlumpf les finances.

 

 

 

Petit a) Rien ne sert de courir, il faut partir à point.

Petit b) Les socialistes n'avaient-ils pas revendiqué le DETEC?

Petit c) Ouch! aurait pu dire Germaine la reine des Gorgs.

 

Entrez dans la danse.... les soucis n'ont plus de chance. La musique commence, ça c'est Fraggle Rock.

Le jeu de la politique, si j'ai bien compris.

 

A choisir: le con ou le bien-pensant?

marchand de lait en hp bis.jpg27 septembre 2010, 12 : 16

Un chiffre : 53,4 %. Plus qu’un chiffre, c’est une scission, nous disent les commentateurs. D’un côté : les alémaniques, les bourbines, les suisses-toto. Une structure neuronale simplifiée, un amour inconditionnel de l’ordre et un traditionalisme sclérosé.

De l’autre: les romands, beaucoup plus intelligents, un fort sens de la solidarité et une aversion certaine pour les röstis, les chemises à carreau et les socquettes blanches dans des birkenstock. Sempiternel sujet de discorde, on l’aura bien saisi.

Ce qu’on oublie parfois. C’est que le peuple est souverain, et que quoi qu’on en dise, il a le dernier mot. Ce qu’on oublie parfois, c’est que l’électorat de droite, lui, va voter. Affirmer que le peuple est souverain n’implique pas, ni qu’il ait raison (et d’ailleurs, qui a raison ?), n’implique pas non plus qu’il ne faille pas s’offusquer de ses choix. Pourtant plus irritantes encore qu’un vote, une décision, un choix, ce sont les réactions suscitées à l’issue d’un scrutin.

Du côté de la population, certains appellent à l’indépendance de la romandie, considèrent le suisse allemand au mieux comme un demeuré, au pire comme un facho, enfin, du côté des élites politiciennes: décryptages, analyses, parfois excuses, voire même honte.

En vouloir à la population serait de mauvais goût. Au final, elle a le droit de s’exprimer, de manifester son désaccord le plus profond, voire même de faire appel à un champ lexical digne d’une période sombre du 20 ème siècle. La démocratie, c’est aussi ça. Par contre, on peut être beaucoup plus sévère quant aux propos de certains politiciens, de quelques journalistes, et d’un humoriste.

Hier, on a pu entendre cet incroyable imitateur fournisseur officiel de rire de Suisse romande, cracher son venin sur l’UDC. Yann Lambiel tirait encore à boulets rouges sur le parti agrarien en qualifiant ses membres « d’intolérants racistes nazillons ».

L’humoriste dégoulinant bien-pensant devrait plutôt prendre des cours d’histoire, et se rappeler au passage, que presque 30% des suisses ont voté UDC aux dernières élections fédérales de 2007. On ne peut pas décemment traiter un suisse sur trois d’intolérant raciste nazillon.

La même analogie peut être tirée avec le MCG à Genève. Le onze octobre 2009, le parti gagnait 17 sièges au Grand Conseil. On s’en rappelle le soir même, les autres partis avaient la gueule de bois. Certains parlaient de honte, d’autres s’excusaient de ne pas avoir su écouter les genevois. Une année plus tard, on a toujours des politiciens qui prennent Stauffer pour un bouffon. Ils ont tort. C’est un symptôme.

La Suisse est une démocratie. Ici, un citoyen peut retarder la réalisation du CEVA, proposer la réintroduction de la peine de morts, interdire la construction des minarets ou encore empêcher un religieux de se promener cul nu en soutane dans les rues de Genève. Ici, le citoyen peut renvoyer les étrangers criminels, alors qu’en France, c’est le gouvernement qui se charge de renvoyer ses roms.

C’est là toute la beauté et les faiblesses du système suisse. Un système qui offre des libertés, offre toujours la liberté d’en abuser. Ce qu’on oublie parfois. C’est que le peuple est souverain, et que quoi qu’on en dise, il a le dernier mot.


A choisir, je préfère les chemins de travers et les sans-issues, aux autoroutes et autres ballades touristiques en car. A choisir, je préfère «un con», un paysan uranais, ou encore un demeuré à un bien-pensant de bon goût.

 

 

 

21/09/2010

La Belle et la Bête.

belle-et-la-bete.table.jpgÉditorial Radio Cité, 21 septembre 2010

La Belle et la Bête.

La Belle a un nom : Eric Stauffer. Un personnage. Un caractère. Une personnalité. Un trublion pour les médias, faute d’avoir un vocabulaire riche et extensif, un acteur de série B diront ses détracteurs, ou Z, diront ses ennemis, et ils sont nombreux. Parce qu’Eric Stauffer est urticant, et résistant. Même les doses répétées de Zyrtec© n’auront pas suffi à soigner la plaie. La Bête a pourtant usé de sa langue pour se panser, rien n’y fait. La Bête a appelé au Diable, le diable s’est tu. Et a fini par ricaner, un onze octobre 2009.

Jour funeste pour certains, jour de gloire et de lumière pour d’autres. La Belle et ses fidèles sbires n’étaient plus populistes, mais la deuxième force politique du canton.

La Bête s’est alors remise en question.Mes oreilles n’ont-elles pas entendues la grogne populaire ? Mes yeux n’ont-ils pas su voir au-delà de la rive gauche ? Ma langue n’a-t-elle pas su parler d’insécurité ? Enfin, mon nez a-t-il été abusé par l’odeur de la racaille ?

Ne restait à la pauvre Bête que de petites mains, dans un corps tout étriqué. Voulant essuyer ses larmes, elle vit que ses appendices étaient ensanglantés. « On ne se bat pas avec des griffes mal aiguisés », susurra le Diable. Il rajouta : « et l’on ne se saisit pas d’une épée, lorsque les chairs sont ouvertes ».

Drôle de gueule de bois pour l’animal malade. La Belle, elle, ricanait dans son coin. Elle pouvait enfin expulser un : « Nous avons dit, ils nous ont crus ». Les électeurs, bien sûr.

Dans un réveil catatonique, la bête a relevé la tête. Victime d’hypersalivation, elle a avoué comprendre « le message des genevois ». La sécurité, un problème ? Nous vous envoyons notre meilleur élément. Isabel. Les transports, un sacerdoce ? Nous vous envoyons notre meilleur candidat. Michelle. Nom féminin. Pour le reste, le peuple a toujours raison. Il avait choisi de réélire tous les candidats sortants.

La Belle continua à pavoiser. Avec ou sans flingue, avec ou sans permis de conduire, avec ou sans plainte, elle traça sa route.La Belle aime plaire, séduire, surprendre. Se surprendre parfois elle-même dans un acte d’auto-érotisme à se caresser la main ou le visage. La Belle aime son reflet, son écusson d’aigle sur le col de sa canadienne, ses santiags poussiéreuses. La Belle aime également tutoyer le journaliste, parce que elle, sait que la communication est le nerf de la guerre. La Bête, elle, continue à vociférer, à crier au loup. Mais le loup, c’est le Diable et le Diable s’est tu.

La Belle, elle… rêve humide d’adolescente, aspire toujours à être une Bête. Et plus qu’aiguiser ses griffes, plus que de lécher ses plaies, plus que manier l’épée, la Belle devra un jour… peut-être … gouverner.

Allez, soyez sérieuse Mademoiselle la Belle. Conservez votre virginité, de grâce restez pucelle. Soufflez sur la braise mais n’aspirez qu’aux cendres. Vous êtes tellement meilleure dans l’opposition.

 


 

 

20/09/2010

La valse des plaintes

Derviche.jpg20 septembre 2010, 09 : 53

 

Genève ou la valse des plaintes. Et une plainte, une!

 

«Et une plainte pénale pour Monsieur Mettan. Je vous avais mis en garde. Vos propos sont mensongers. J'annonce ce matin que je dépose une plainte pénale à votre encontre». Le propos est signé le président du MCG, Eric Stauffer.

Invité ce matin dans le 7-9 de Radio Cité pour évoquer la plainte déposée par Thierry Cerutti à l'encontre des municipaux de Vernier pour violation du secret de fonction, Eric Stauffer n'a pas apprécié les propos de Guy Mettan, le président du Grand Conseil genevois l'accusant d'être «le spécialiste de la violation du secret de fonction».


«Je confirme que je déposerai plainte!» dixit Eric Stauffer en direct sur les ondes de la radio genevoise.

Et à réécouter ici.

podcast

 

14/09/2010

La politique est une guerre… intestinale souvent. De pouvoir et de contre-pouvoir… aussi.

vitriol.jpgÉditorial Radio Cité Genève, 14 septembre 2010

« Ce serait magnifique, si Isabel Rochat pouvait devenir un jour Conseillère d'État». Seule anicroche, ces propos sont datées du 8 septembre 2010. Isabel Rochat est donc déjà officiellement Conseillère d'État.

La phrase est assassine. Elle a été postée sur un blog hébergée par la Tribune de Genève. L'auteur se reconnaîtra sûrement. Il doit faire parti de ces hommes de lettres qui aiment sentir l'odeur du livre, qui apprécient soupeser le grammage du papier, qui chérissent le bruit amère de la plume qui accroche, qui heurte, qui harponne la fibre.

Il aime l'odeur de l'encre, comme on aime le fumet du sang. Devrait-on lui en vouloir? La politique est une guerre.

Sauf que lui est de l'autre côté. En général, les politiciens rejouent toujours inéluctablement la même tragédie. Celle d'Abel et de Caïn. Sauf que lui, est dans l'autre camp. Pascal et Isabel ont remplacé Roméo et Juliette ou Capulet contre Montaigu. Haine ou amour, qu'importe! Vérone ou Genève, qu'à cela ne tienne. La politique est une guerre... intestinale souvent. De pouvoir et de contre-pouvoir... aussi.

La politique, du grec ancien «polis», la cité, s'occupait  de l'organisation de sa collectivité, de son équilibre, de son bien-être. Par extension ou déchéance, c'est la lutte pour le pouvoir qui aura été plus souvent la règle que l'exception. En clair: être politicien, est-ce aimer l'odeur du sang, avoir quelque penchant pour des pratiques déviantes SM ou encore être doté d'un inoculable sens de l'altruisme?

Ce matin, en recevant les 33 rapports du Gouvernement genevois sur mon bureau, j'ai bien cru défaillir. A la lecture, j'ai toujours préféré le café, à un débat d'Infrarouge, un vieux single malt. Pour faire court, amis ou pas, auditeurs, il s'agit des réponses du Conseil d'État aux multiples questions des citoyens, du Grand Conseil, ou encore des projets de loi et des motions déposés. Bref, toute l'activité de nos instances décisionnelles.

La politique est une affaire sérieuse: Exemple ce matin j'ai trouvé parmi les 33 rapports, une pétition pour le maintien de la ligne 36 du minibus de la Vieille-Ville. Imaginez tous nos petits vieux et élus condamnés à aller boire leur café chez Edward avec ces sales jeunes. Autre exemple: 24 pages indigestes sur un projet de loi modifiant la loi sur les gravières et autres exploitations assimilées. De quoi rendre le sourire à Michelle Künzler. Mais plus intéressant encore. Deux pétitions sur la sécurité : déposées l'une aux Pâquis, l'autre à la Servette.

Nous soussignés, habitants ou travaillant dans le quartier de la Servette, (...) est-il normal qu'un enfant se fasse proposer, le samedi à 11 heures, à la sortie d'une grande surface, de la drogue et qu'il se fasse rudoyer parce qu'il refuse?

Réponse du Conseil d'État: Pour combattre sur le terrain de l'insécurité engendrée par le trafic de drogue et l'insécurité de rue dans certains quartiers, le département de la sécurité, de la police et de l'environnement a mis en place, en coordination avec le département de l'environnement urbain et de la sécurité de la ville de Genève, une GRANDE opération de sécurité publique, l'opération Figaro.

Enfin aux Pâquis, autre pétition: Nous, habitants des Pâquis, commerçants et amis du quartier, nous sommes inquiets de la situation actuelle.

Réponse du Conseil d'État: Pour combattre sur le terrain de l'insécurité engendrée par le trafic de drogue et l'insécurité de rue dans certains quartiers, le département de la sécurité, de la police et de l'environnement a mis en place, en coordination avec le département de l'environnement urbain et de la sécurité de la ville de Genève, une GRANDE opération de sécurité publique, l'opération Figaro.

D'où cette question. Et pour le maintien de la ligne 36 en Vieille-Ville, le gouvernement a-t-il une autre réponse?

La politique est une guerre. Il faudra savoir se battre. Mieux que ça.

 

Bienvenue, Madame la Conseillère d'État.

 

 

 

07/09/2010

546

256px-Duerer-apocalypse.pngEditorial Radio Cité Genève 07 septembre 2010

546

Le couperet est tombé hier. Genève toujours incapable de construire.

L’office cantonal de la statistique révèle que durant les six premiers mois de l’année, 546 logements ont été construits, dont une centaine de villas. Partant du principe, qu’en s’endettant un peu ou en travaillant au noir, même les couches sociales les plus basses auront, elles aussi, accès à la propriété, nous garderons donc en toute bonne foi, le chiffre 546 comme valeur de référence.

Ce qui est particulièrement amusant, comme un tour de manège, délicieux comme une allumette que l’on craque dans la nuit, ou jouissif comme un artiste de cirque qui rate son trapèze, c’est que le sujet revient cycliquement sur la table ou sous les presses des rotatives.

Mieux encore, les réactions se font toujours vives, les opinions… tranchées, à défaut d’en construire.

« Blocage, blocage, et encore blocage », expulsera dans une logorrhée expiatoire un candidat à la mairie de Genève. Un candidat qui aura fait de ce slogan, son leitmotiv de campagne. Comme dirait ma mère «les mots ne remplaceront jamais les actes »… elle avait rajouté ”malheureusement les électeurs ont la mémoire courte”. D’autres réactions sont catégoriques. Pour les uns, c’est la faute aux gauchos socialos incompétents, pour les autres, Mark Muller, en charge du département des constructions a promis, et il a menti. Enfin pour les derniers, ce sont les Verts, ces militants baba-écolo-soixantes-huitards qui bloquent tout.

Le 7 juin dernier, Pascal Décaillet, pamphlettait sur son blog contre le programme de législature du Conseil d’Etat. Qualifié de catalogue Veillon, Redoute ou d’annuaire téléphonique, l’éminent journaliste, citait, de tête svp, Pierre Mendès France : « Gouverner, c’est choisir ». Il conclura par «si le Conseil d’Etat ne choisit pas, alors gouverne-t-il ? »

Alors oui, notre pamphlétaire a raison : le programme de législature 2010-2014, intitulé avec fourberie « donner un cap » n’était qu’une longue liste plate de beaux idéaux.

Alors oui, notre candidat orange-rouge-vert-bleu a raison : les blocages, les recours sont une plaie. Une plaie dont notre démocratie a pourtant besoin, pour qu’elle reste ce qu’elle est.

Alors oui, le Conseil d’Etat a promis. A défaut de mentir, le gouvernement n’aura pas tenu promesse.

Reste l’insoluble question : la faute à qui ?

Par pitié, ami électeur de gauche, de droite, du centre, des extrêmes, ou apolitique voire nihiliste... de grâce faites mentir ma mère. N'en voulez pas à ceux qui gouvernent, plutôt à ceux qui les élisent. Vous.

Et retenez en 2013 ce chiffre. 546

 

06/09/2010

En clair

img_L-enfant--le-chat-et-la-colombe--1964_Robert-DOISNEAU_ref~PL169_mode~zoom.jpgÉditorial Radio Cité Genève, lundi 6 septembre 2010

En clair.
Peut-on être flic et député au Grand Conseil?

La nouvelle est passée presque inaperçue dans la presse, pourtant notre très chère assemblée constituante aura tranché.

En clair, par 36 voix contre 32, la Constituante décide d'obliger les députés fonctionnaires à démissionner de leur fonction le temps de leur mandat.

But visé: la séparation des pouvoirs. Rassurez-vous, ô fonctionnaires, l'État est magnanime, il promet de faciliter votre réinsertion professionnelle.

En clair, petit député, tu auras bien travaillé. De me fâcher, tu auras évité. La place réservée, tu auras gagné. Enfin si j'ai bien compris les règles de la politique.

De préciser que la Droite aura fait penché la balance, je ne m’y risquerai pas.

Me faire traiter de sale journaliste de Gauche ne figure clairement pas dans mes résolutions 2010.

Je le disais, la nouvelle est passée presque inaperçue. Une invisibilité médiatique à la hauteur de l’intérêt que porte la population pour la Constituante.

En clair, ils s’en foutent.

A vous entendre, vous les 36 constituants votants l’incompatibilité des fonctions, et si je vous ai bien compris.

Le flic, l’enseignant, l’éboueur, ou encore la guichetière à l’office Cantonal de l’Emploi pourrait favoriser le milieu d’où elle vient. Au contraire, l’avocat, le médecin privé, le garagiste, le vigneron, lui, ne peut pas.

A vous entendre, le flic, l’enseignant, l’éboueur ou encore l’assistante sociale, pourrait se prononcer sur un sujet qui la concerne personnellement, et hypothétiquement influencer le cours de son destin et de ses collègues…

Au contraire, le banquier, le restaurateur, le journaliste, ou le directeur d’une agence de communication, lui n’y pense même pas.

En clair. Modus Tollens. Seul expression compliquée de cette réflexion.

Un fonctionnaire cantonal X doit quitter la fonction publique, parce qu'il est susceptible d’être partial. Or si Y n’est pas fonctionnaire, alors Y est partial? La conclusion est évidemment fausse.

Je comprends bien pourtant la nécessité de se prévenir du favoritisme, du conflit d’intérêt, des accointances, de la politique du copinage mais de grâce, Messieurs et Mesdames les constituants, ne venez pas me parler d’impartialité. En clair.

 

 

 

 

 

02/09/2010

La vacuité de la Constituante

10-15-2009egg.jpg2 septembre 2010

 

J'ai du mal à comprendre, les motivations qui ont poussé la droite à empêcher les membres de la fonction publique à quitter leur dite-fonction, le temps d'un mandat électoral.

Bien que je puisse saisir qu'un élu puisse favoriser le milieu d'où il vient (ce qui est le cas de tous les autres corps de métier),

Bien que je puisse comprendre qu'un élu se prononce sur un sujet qui le concerne personnellement, ou qui peut hypothétiquement influencer le cours de son destin; professionnel, passionnel, ou sentimental à Neuchâtel (ce qui est le cas de tous les autres corps de métier),

Bien que je puisse concevoir qu'un élu particulièrement malhonnête ne s'abstienne pas de voter sur un sujet qui le concerne (ce qui est le cas de tous les autres corps de métier).

Qu'est-ce qu'un fonctionnaire cantonal ? Le directeur de l'hospice général, le flic de quartier, l'éboueur qui me réveille tous les matins, l'enseignant des Vollandes, Isabelle qui travaille à l'OCE?

Modus Tollens. Si un fonctionnaire cantonal A doit quitter la fonction publique, parce qu'il est susceptible de n'être pas objectif, donc subjectif, et si une autre personne B n'est pas fonctionnaire, alors B est objectif?

 

Vous avez sûrement raison. Eliminons-les. Ce sera plus facile.

 

01/09/2010

L'agacement


4dntvuhh2yeo4npyb3igdet73odaolf$2o174vvgx8exfvz3p3lrhjcfcf6lu4c.jpegEditorial Radio Cité 01.09.10

Pierre Maudet.

Pierre Maudet est donc, sans aucune forme de suspense, candidat radical à la succession… de Pierre Maudet au siège de Conseiller Administratif en ville de Genève.

Sans abuser de la vipérine et de ses émanations, on se surprend même parfois à imaginer Pierre Maudet parler de lui-même à la troisième personne. Parce que ce jeune trentenaire est doté d’un fort potentiel urticant.

Première raison.

Pierre Maudet aurait pu être votre commandant de compagnie à l’armée. Jusqu’ici, rien de très surprenant. Sauf que vous, collégien attardé boutonneux, c’est un Pierre Maudet de 23 ans qui vous aurait donné l’ordre de cirer vos chaussures, ou de remettre votre cravate dans le sens latitudinal, orienté palais fédéral Bundesplatz Drei
 Bindestrich Drei Null Null Drei Bern.

Deuxième raison.

On l’apprenait dans le Temps du 12 août dernier sous la plume de notre confrère Cynthia Gani, et sous le nom poétique de la Complicité retrouvée. Les larmes ont coulé dans les chaumières… et pourtant… et pourtant. Pierre Maudet a brisé la vie de son propre frère. Ludovic Maudet a été longtemps agacé d’être toujours présenté comme le frère de. On y apprend heureusement que Ludovic s’en sortira. Pierre prend son envol, le vide laissé est déstabilisant. Mais son frère, esquivera le syndrome de Stockholm, pour finir médecin.

Troisième élément.

Pierre Maudet est hyper-actif (où quand la ritaline ne suffit plus). Voyez plutôt. En huit ans seulement. Pierre Maudet sera Conseiller Municipal, président du parti radical genevois, président de la commission fédérale de l’enfance et de la jeunesse, et enfin Conseiller administratif. Alors que d’autres en huit ans, n’auront réussi qu’à finir une licence en Lettres. Mais pire encore. Pierre Maudet, le 26 juin 2009, annonce que Pierre Maudet ne sera pas candidat au Conseil Fédéral. Les bras m’en sont tombés, la larme à l’œil n’aura jamais séché. Pierre Maudet annonce solennellement que sa candidature ne sera pas prise au sérieux.

Alors en proie à d’horribles douleurs, le plus souvent cutanées, j’ai essayé de me soigner. Mer morte, luminothérapie, chamanisme.

Comme Pierre, j’ai essayé le whisky, un Caol Ila 18 ans d’âge.

Comme Pierre, j’ai arpenté les rues de la ville pour faire chasse aux cracheurs de chewing-gum, aux adolescents tagueurs, et aux fumeurs-pollueurs.

Comme Pierre, j’ai renommé mon appartement ou département, c’est selon : petit endroit cosy, pour un simple studio aux Pâquis, rue de Fribourg, salle de bains sur le pallier.

Enfin, vous l’aurez bien compris. Mon urticaire n’aura pas disparu.

Et même si certaines mauvaises langues disent de Pierre Maudet, que ses erreurs de parcours sont à la hauteur des ambitions de ses objectifs, c’est-à-dire quasi nuls… ses erreurs donc.

Je resterai, moi par contre, victime du syndrome de Stockholm.

Mon problème cutané, c’est un peu comme vouloir défouler ses nerfs sur du papier à bulle et ne pas en avoir sous la main.

C’est agaçant.