30/08/2011

Les exquises substances.

800px-Billard.JPGPolaroïd 14 : 50

Ce serait quand même délicieux que le Mouvement Citoyen Genevois ait raison.

Qu'un fils de diplomates cherchant à se sustenter d'exquises substances réussisse à réveiller de sa torpeur bernoise notre ministre des affaires étrangères. Qu'il suffise d'un fait divers relaté par la presse et d'un email envoyé à trois mille fonctionnaires internationaux pour enclencher la machine. Que la genevoise de coeur prenne son stylo pour rappeler à quel point notre ville est ''un pilier important de la politique étrangère de la Suisse'', nous remémorant au passage, que les ''fils de'' n'ont pas tous le même poids. Que ce même fils de diplomates, outre une couverture dans l'Illustré, par une sublime chaîne causale, fasse expulser des hommes en uniforme de la bouche de la Conseillère d'Etat, dont on se demande toujours si elle était douée en arithmétique ou si son nouveau porte-parole excelle dans le rattrapage de lapsus.

Qu'enfin, l'été se termine.

Que l'activité brûlantes des rotatives et des vieux Neumann n'aient qu'à crachoter qu'un seul et unique mot: l'insécurité.

26/08/2011

Politiciens, fermez vos braguettes!

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J’aime l’éditorial de Sandra Jean, dans Le Matin du 24 août.

Je l’avoue, deux jours de protubérances épidermiques, de fermentation et de masticage intensif de la mandibule auront accouché de ce misérable papier. C’est long. La rédactrice en chef du quotidien orange rappelle à quel point nos politiciens doivent être ‘‘irréprochables’’. Elle a raison, à en croire ceux qui ont franchi la ligne, et surtout quand ils sont valaisans. Le titre est explicite : ‘‘politiciens, fermez vos braguettes’’.

Angle d’attaque ? Quoi qu’il se soit passé dans la suite 2806 d’un Sofitel New-Yorkais, la carrière de DSK est brisée. Selon elle, il ne faut retenir de cette histoire qu’une seule chose : ‘‘c’est que tous ces messieurs surexposés médiatiquement n’ont qu’à bien se tenir et garder leurs attributs bien au chaud’’.

Ce que j’aime encore plus, ce sont les exemples cités par la journaliste et imprimés en page deux du quotidien, à savoir : ‘‘Bill Clinton, Silvio Berlusconi, Arnold Schwarzenegger, j’en passe et des meilleurs’’. Comme si des ‘‘j’en passe et des meilleurs’’ allait assouvir ma soif de curiosité.

Ce que j’aime, c’est que le saxophoniste continue à dispenser ses conférences dans le monde entier, rémunérées grassement ;  que le Cavaliere, jusqu’à preuve du contraire, est toujours président du Conseil, détenant le record de longévité sous la République italienne ; et qu’enfin, l’ex gouverneur-cyborg traîne toujours son endosquelette à Genève pour promouvoir son association factice ‘‘R20’’.

Ce que j’aime, c’est que Nassifatou Diallo sera toujours suspectée d’avoir menti ou d'avoir fomenté un guet-apens. Au mieux, elle touchera des billets verts. Ce que j’aime, c’est qu’il n’est pas sûr que la carrière de l’ex directeur du FMI ne soit enterrée, au pire, écartée de la ligne droite.

Ce que j’aime enfin chez Sandra Jean, et aussi sordide que cela puisse paraître, c’est qu'elle pense qu'ouvrir des braguettes, referme des portes. A en croire les ''politiciens'' auxquels elle fait référence, surveiller sa braguette n'est défintivement qu'une option, pas une porte close.

 

15/08/2011

Micheline atteinte d'hyper-réactivité.

boulier-300x212.jpgPolaroïd 23 : 40

C’est quand même incroyable.

Il suffit de l’agression d’un fils de diplomate pour que Berne s’inquiète de la ‘‘détérioration de la sécurité à Genève ces derniers mois’’. Bravo, merci. On repassera pour la réactivité.

Non pas que j’appartienne à la caste de ceux qui pensent que cette République soit devenu un coupe-gorge, ni de celle des opportunistes de tout bord. Non ! Genève a tout simplement changé, et il est illusoire désormais de penser qu’elle ne retrouvera ses apparats des années 80.

Mais c’est quand même incroyable. Cela fait maintenant plusieurs années que la situation s’est détériorée. Inéluctable ? Je n’en sais rien, mais je vis avec. Mais ce ne sont pas les réponses qui manquent : augmentation de l’effectif des gardes-frontières, plus de présence sur le terrain comme le réclame l’UPCP (Union du Personnel du Corps de Police) au détriment de l’administratif inoculé par la réforme du code pénal.

Ce qui est incroyable, c’est que ‘‘le département fédéral des affaires étrangères fasse part de sa préoccupation quant à la détérioration de la situation de la sécurité à Genève ces derniers mois’’ aujourd’hui. Derniers mois? On croit rêver.

En fait, pour faire très court, l’agression d’un fils de diplomate vaut plus qu’un autre ? Bien sûr que non. Enfin à en croire la réactivité des services de Micheline Calmy-Rey, je n'en suis pas si sûr. On dira qu'elle a fait son travail.

14/07/2011

Les sécheresses

remarquables-cephalopodes-L-4.jpgPolaroïd 23:59

Quelle belle affaire !

L’actualité est au point mort, les malheureuses ‘‘bonnes détroussées’’ ne sont que de viles traînées ; Maître Bonnant peut caresser sa perfide chatte, à ne plus distinguer si le ronronnement provient du félin ou de l’homme. Il faudra s’y résoudre : l’actualité en été est morte. Pour preuve, le ‘‘charismatique’’ François Hollande, sera même invité de Forum ce soir sur la RTS. On compte les amis Facebook des politiciens ou les corps retrouvés au fond des lacs, quelques traces de jumelles, ici et là, referont probablement surface. Pas de quoi alimenter la rotative, ou presque.

L’agenda n’aura pas joué en faveur du président du Conseil d’Etat Mark Muller : il n’y a pas pire moment, Monsieur, d’apprendre que votre loyer représente relativement peu, en comparaison des 23'300.- que vous touchez mensuellement. En période de disette (médiatique et non pas immobilière), nul doute que tout bon journaliste se ruera sur ce qu’on appelle déjà l’affaire ‘’Muller’’.

Soyons clair, Mark Muller a commis une première erreur, politique : on ne se baigne pas sur le yacht de Bolloré. Une deuxième morale : on ne se baigne pas sur le yacht de Bolloré. Troisième erreur, médiatique enfin, on évite de ne pas répondre à la question ‘’avez-vous bénéficié d’un passe-droit ?’’ : invoquer l’argument de la dernière chance, à savoir la sphère privée, ne mène qu’à la suspicion.

Suffisait-il de déclarer que vous n’aviez jamais entretenu aucun rapport avec le propriétaire de l’appartement ? Un nom arménien, me semble-t-il de mémoire. Ou d’éviter quelques imprécisions, mais cela ne me regarde pas, ‘’la sphère privée’’ direz-vous avec assurance. C’est vrai, comble de malchance, certains ont de la peine à oublier que vous avez été, un jour, secrétaire général de chambre genevoise immobilière.

Là n’est pas la question.

Vous avez des relations, vous les avez utilisé. Et alors ? A gauche de l’échiquier, on n’a pas de relations ? On ne les utilise pas ? Au PDC, on n’a pas de relations non plus ? Qui, au parti radical, n’a pas bénéficié d’une terrasse au sommet d’un immeuble ? Qui, un jour ou l’autre, apolitique ou pas, n’a pas bénéficié ‘’d’un ami d’un ami’’ qui vous veut du bien ?

L’été, ce doit être la saison des vierges effarouchés et de la sécheresse excrétrice de quelques céphalopodes. A moins que ce ne soit le début d’une autre forme de saison. L’automne.

20/06/2011

Pas de ‘‘Flottille de la liberté II’’ pour nos trois Conseillers Nationaux.

henri-riviere.jpgPolaroïd 18 : 07

Carlo Sommaruga (PS), Jean-Charles Rielle (PS) et Josef Zisyadis (POP) ne partiront finalement pas sur la ‘‘Freedom Flotilla II’’ ou ‘‘Flottille de la liberté II’’. ‘‘Problèmes d’agendas’’ sont les raisons invoquées par les trois Conseillers Nationaux.

Par ailleurs, selon Anouar Gharbi, le président de l'association Droit pour tous, à Genève, le chanteur Michel Bühler, lui aussi invité, ne pourra pas y participer, pour cause de concert.

Anouar Gharbi sera notre invité, demain mardi 21 juin sur notre antenne, 7h12, pour réagir à ces défections.

 

03/06/2011

Isabel Rochat: la drogue est sa priorité

test-de-rorschach-2.jpgPolaroïd 14 : 09

Isabel Rochat annonce la couleur ce matin dans le 20 minutes : sa priorité ? C’est la lutte contre la drogue. C’est bien.

J’aurais répondu la lutte contre l’insécurité, même si c'est vrai, je ne suis pas magistrat. Puisqu’en toute évidence, ce n’est pas directement la drogue qui inquiète le citoyen genevois, mais bien ses conséquences. Je m’étonnais et m’étonne toujours du traitement médiatique de ces deux corps retrouvés au parc Geisendorf. Qu’en disaient-ils, ces médias ? Que cela faisait ‘’tache’’, que les écoles se situaient à proximité, et que ce père allait changer ses filles d’établissement. C’est vrai, au final, on s’en fout de savoir si tu te drogues. Que tu crèves aussi, mais pas près de chez moi, merci. Un peu comme construire un éco-quartier à Plan-les-Ouates.

Bon, je ne dis pas que moi aussi, je n’irai pas m’insurger à la porte du département de la ‘’Sécurité’’ (parce que l’environnement est définitivement accessoire), si mes enfants étaient susceptibles de croiser des cadavres, des seringues et des gens sans dents. Ça fait tache.

Ce matin donc, et sous la plume de mon confrère Raphaël Leroy, la magistrate ‘’fait le point’’. Ne me méprenez pas, j’apprécie le courage de la ministre, dont l’ancien président du parti libéral disait qu’ ’’avec elle, Genève aura au moins un homme au gouvernement’’. C’est juste que je n’arrive pas à la croire. Pourquoi ? Je n’en sais rien.

Meilleure coordination entre la police et les gardes-frontières ? Quels gardes-frontières ? Quels moyens ? Quel budget ? Combien ?

Vidéosurveillance ? Une étude est en cours. A en croire Isabel Rochat, les études et les consultations sont ses outils de gouvernance. Comme s’il fallait obtenir l’approbation de la population pour agir. Comme s’il fallait des études et des consultations pour savoir ce qui préoccupent les genevois.

Renvoyer les dealers ? Comment ? Avec quels accords d’extradition ?

Je n’arrive pas à la croire, elle ne me convainc pas. Sentiment totalement subjectif qu’elle ne peut qu’améliorer, ici et là, quelques détails. L’esthétique. Je ne doute pas de sa volonté, je crains seulement que sa marge de manœuvre soit limitée à faire appel à une entreprise de communication. Et des espoirs. Je dois me tromper, c'est sûr.

02/05/2011

Ce qui est érotique pour l’un, risque de ne pas être érogène pour l’autre

pic-2.jpgPolaroïd 16 : 43

Noyé dans l’abasourdissante actualité symbolique du jour, à savoir la disparition d’un sénile apatride, le département de la Solidarité et de l’Emploi s’est adressé aujourd’hui à la presse afin de présenter ses mesures de lutte contre le chômage.

Pour rappel, un audit qualifié d’accablant par mon confrère de la Tribune de Genève, Marc Bretton, et publié le 4 avril 2011, relevait de nombreux dysfonctionnements au sein de l’office cantonal de l’emploi. ‘’Conseillers démotivés’’, ‘’employés déresponsabilisés’’, ‘’management en berne’’, et un Conseiller d’Etat ‘’s’impliquant, mais en année de présidence’’, voilà pour les griefs.

Sur ces points, le département de François Longchamp s’astreint à l’exercice ô combien périlleux de l’évaporation : ‘’réinsertion plus rapide et durable des chômeurs’’, ‘’impact favorable’’, ‘’taux de réussite élevé’’. Le dernier argument achèvera le tour de magie, à savoir la disparition d’un lapin : ‘’l’organisation de l’OCE reste encore trop marquée par l’ancienne législation’’.

Rien sur les ‘’Conseillers démotivés’’, rien sur les ‘’employés déresponsabilisés’’, rien sur le ‘’management en berne’’. Un peu comme si on nous présentait comme une victoire, le décès du saint gibier dans une villa pakistanaise, alors qu’on a toujours prétendu traquer la proie dans des grottes humides du Safed Koh en Afghanistan, 10 ans après.

Les autre aspects, hautement érotiques, des intentions du DSE, c’est également d’encourager les entreprises ‘’à être actives dans la lutte contre le chômage’’. En clair : leur demander cordialement d’engager des chômeurs, en échange d’un ‘’badge scout première étoile de louvette’’. C’est aussi, ‘’de publier, sur le site de l’OCE, toutes les demandes de permis de travail effectuées par les entreprises’’. En clair : favoriser l’engagement des suisses ou de ceux disposant déjà d’un permis de travail. Autrement dit: la préférence nationale, ou de proximité.

La tendance est limpide, Mark Muller l’affirmait déjà dans les colonnes du Temps : un peu d’UE et beaucoup de Suisse.

Ce qui est érotique pour l’un, risque de ne pas être érogène pour l’autre. L’UDC, elle, se frotte les mains.

21/04/2011

Isabel Rochat : je vous entends, je vous écoute, je vous ai compris

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Isabel Rochat était de passage ce matin sur nos ondes.

La magistrate en charge du département de la sécurité, de la police et de l’environnement s’exprimait sur la ‘’consultation’’ des attentes de la population vis-à-vis de la sécurité et du travail de la police dans notre canton. La conseillère d’Etat a tenu à rappeler que cette consultation n’était pas un ‘’sondage’’, laissons aux linguistes l’intrigante tâche d’en expliquer les nuances. A la question : ‘’avez-vous été surprise par l’un ou l’autre de ces résultats’’, Isabel Rochat répond avec assurance, que ‘’la consultation n’aura que corroboré ce qu’elle pensait déjà’’.

Avec beaucoup de mauvaise foi, on pourra sérieusement se demander dès lors : quel est l’intérêt de consulter la population, si c’est pour apprendre quelque chose qu’on connaît déjà. La réponse est limpide : pour communiquer. En d’autres termes, dire aux genevois : je vous écoute, je vous entends, je vous ai compris.

Je ne lui en veux pas, à la lueur du courage du reste du gouvernement genevois, qui n’aura pas souhaité reprendre ce département. Ceci dit en passant, ceux qui pensaient que la libérale allait se casser les dents, peuvent désormais pour le moment, s’adonner à la génuflexion et à l’hyper salivation d’une langue caressée par la râpeuse expérience du savon de Marseille. Les propos amicaux étant expulsés, passons à la suite de son discours.

L’analyse du champ lexical d’Isabel Rochat est assez révélatrice. En moins de trois minutes, la magistrate emploie neuf fois l’expression ‘’il faut’’ et huit fois ‘’Je crois que’’. Bien qu’il est désormais impossible de douter de la valeur de l’agence de communication mandatée par la Thônésienne, l’emploi répété d’expressions d’exigence (il faut) et de croyance (je crois) me laissent dubitatif.

Très Madame Rochat,

J’espère qu’à la fin juin, date de remise des ‘’variantes’’ au Conseil d’Etat et aux ‘’différentes’’ commissions, vous aurez modifié votre champ lexical.

Remplacer ‘’il faut’’ par ‘’je vais’’. Substituer ‘’je crois’’ par ‘’je sais’’. Et même si la réalisation des mots ainsi expulsés, n’égalera jamais les faits, ils préféreront toujours l’aiguille d’une boussole, aux promesses de l’aube. Enfin. Je crois.

19/04/2011

L'Entente de Pierre Maudet

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Invité du journal du Matin sur la RSR, le Conseiller administratif évoque, entre autres, les difficultés rencontrées lors de ces dernières élections.

Discours posé (l’éventualité de l’échec n’étant plus d’actualité pour le moment), le ton sera, à peine, moralisateur. Mais qu’importe, on ne pourra l’accuser d’avoir retourné sa veste, tout juste rappeler qu’on est toujours plus intelligent après. ‘’Alliance improbable’’ sera donc le leitmotiv répété itérativement par le radical. La critique est ouvertement adressée au président du parti libéral Cyril Aellen : ‘’on ne change pas d’opinion à minuit moins cinq’’.

Pierre Maudet avoue pourtant croire fermement à la réunion libérale-radicale en ville de Genève, tout en rappelant que le ‘’partenaire naturel’’ reste le PDC. Un partenaire naturel qui sera flingué avec courtoisie : ‘’on a vu récemment à Genève que ce n'est pas parce qu'on a 5000 amis sur Facebook qu'on a 5000 électeurs’’.

‘’Le succès d’un parti, c’est surtout celui d’une équipe’’, dira-t-il à 7h48. Tricéphale ou bicéphale? Certainement.

L’Entente de Pierre Maudet, c’est un peu le PDC, surtout le PLR, et surtout pas l’UDC. A moins que l'Entente de Pierre Maudet ne soit que celle de Pierre Maudet avec lui-même? Mais dire cela relèverait sûrement de la jalousie et de la médisance. Je laisse cette dernière à ceux qui pensent que je traîne trop dans les poussières d'étoiles. Noires amères, en toute évidence.

30/03/2011

La symétrie

pic-2.jpgPolaroïd 19 : 05

Carlos Medeiros contre Sandrine Salerno, sur le plateau de Genève à Chaud sur Léman Bleu.

L’opinion contre les chiffres, la volonté contre les faits. L’un à l’épiderme, l’autre à l’argumentation. La simplicité contre les circonvolutions.

La symétrie. Pure et parfaite.

04/03/2011

L'amertume

6507896-br-ler-les-billets-de-cent-dollars-sur-fond-noir-abstraite.jpgPolaroïd 00 : 52, 4 mars 2011

On l'apprend ce soir de nos confrères de la Tribune de Genève: la confédération aurait versé 1,5 millions de francs sur un compte allemand pour contribuer à la libération de Max Göldi. 

Je ne jugerais pas ici de la valeur d'un ressortissant suisse.
Je ne suis pas diplomate.

Deux constatations: la Suisse a, comme d'autres pays (France, UK) consenti à négocier avec la Libye, dans des buts économiques. Il est vrai, on négocie avec n'importe qui, surtout lorsqu'on est rien. 

D' autre part, on salue le courage de l'ex président du Conseil d'Etat, François Longchamp, d'avoir eu l'outrecuidance de poursuivre Eric Stauffer pour outrage à "Etats Etrangers" (art. 296 du code pénal) pour avoir "osé" placardé une photo du guide de la révolution libyenne sur ses affiches en vue des votations sur le renvoi des étrangers criminels. Là encore, aucun jugement quant à la pertinence d'une photo de "guide" sur la dite-affiche.

Deux conclusions.
Le Conseil Fédéral s'est agenouillé. Première règle en diplomatie: on ne donne jamais de "rançons". Ou alors discrètement.

François Longchamp aurait-il mieux fait de se taire, ou tout simplement d'accepter que dans une démocratie, l'humour et la provocation des uns, n'est pas celui des autres?

Avouons que "outrage aux Etats Etrangers" sonne amèrement dans la bouche d'un grand nombre de nos concitoyens..

24/02/2011

Le 69 de Fathi Derder

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Le 69 de Fathi Derder

Un retour au ''libéralisme humaniste'', a-t-il déclaré ce soir sur le plateau de Genève à Chaud sur Léman Bleu. C'est le voeu pieux de l'ex-journaliste. Le désir est ailleurs: le Conseil des Etats et le Conseil national. C'est vrai, deux chambres valent toujours mieux qu'une. Plus sexy aussi, les positions peuvent varier, même si on suspecte le sourire aux dents peroxydés d'être vertical.

L'homme doit probablement déranger le rupestre pays vaudois. Ceux qui attendent leur tour, mains dans des poches faute d'afficher au grand jour leur rigidité, au coin d'une ruelle aux néons blafards. La callosité est persistante.

Les filles sont jolies, mais pas autant qu'elle. Grognements et bougonnements finiront par expulser des volutes d'haleines fétides.

Ils auraient préféré le 66, il faudra se résigner au 69.

Date à laquelle le Sozialdemokratische Partei Deutschlands accepta la proposition du Freie Demokratische Partei évidemment.

01/02/2011

Christoph B.

Ch.jpgBillet d'humeur Léman Bleu, Genève à Chaud, 1 février 2011

Très Cher Christoph B.

Oui, je me permets de vous prénommer de la sorte, puisque si j’ai bien compris, c’est de cette élégante façon que vous prénommez les étrangers, attention, criminels de surcroît. Non pas que vous soyez criminels à mes yeux Monsieur B., mais ‘’étranger’’ à mes pupilles. Pupilles bien évidemment dilatées, à force de vous lire et de vous voir encore dans les médias.

Elu un 10 décembre 2003, vous avez mis un visage sur ce parti que nous, romands, traitions de ‘’Säulipuur’’ comme dirait mon beau-frère lucernois que j’apprécie par ailleurs énormément.

En ce jour de décembre, quelle ne fût pas ma peine, mon chagrin, de voir éjectée du Conseil Fédéral ma petite Ruth, Ruth Metzler que j’appréciais particulièrement pour ce sourire si publicitaire, cette coupe de cheveux à rendre jaloux même votre propre président de parti Toni Brunner.

Heureusement, votre entrée au gouvernement a ressuscité l’apparition des läkerlis sur nos tables de Noël, le drapeau suisse sur nos balcons, et l’inévitable Luzerner Alpenbitter dans nos estomacs.

On peut vous aimer ou pas, partager vos idées ou les conspuer, vous traiter de populiste ou de conservateur, ce n’est pas avec ces armes-là qu’on se bat.

C’est avec des arguments, de la sueur, des slogans, des parlementaires, des idées, des mots et surtout les urnes qui finiront par terrasser ou pas, le lion Blocher. Les mêmes urnes qui feront du Lion, peut-être un Phoenix, lorsqu’il s’agira de le présenter au Conseil National, en octobre prochain.

Puisse ses ailes en supporter les brûlures ou la divine caresse, à la lumière de ce qu’autres appellent : la populace.

Très Cher Monsieur Blocher. Bien à vous. Soyez prudents, la relève équestre est ‘’belle’’… et bien là.

19/01/2011

Le MCG soigne l'image de la Suisse. Et surtout la sienne.

menage.jpgPolaroïd 13 : 25

On l'apprenait déjà avant-hier, le Mouvement Citoyens Genevois a déposé une demande de «mesures urgentes» afin que les fonds de l'ex-président tunisien Zine El Abidine Ben Ali soient bloqués.

Jusque là, merveilleuse initiative de compassion envers le peuple tunisien.

Ah non. Erreur!

La rectification suivra quelques lignes plus bas: le parti ''ni gauche ni droite'' motive cette démarche car «il a cœur de sauvegarder l'image de la Suisse, qui a beaucoup souffert suite à l'affaire Kadhafi».

Me Mauro Poggia nous apprend que ''durant leurs 23 années au pouvoir, le président Ben Ali et ses proches ont détourné des sommes à leur profit. Il en va de la crédibilité de la Suisse d'agir afin que les droits de l'État tunisien soient préservés''.

23 ans? Merci au député et avocat qui nous rappelle que la Suisse aurait attendu la naissance du MCG pour se rendre compte de cette abomination.

Merci de nous rappeler, que le Conseil Fédéral donne suite de toute évidence ''à une demande du MCG''.

Très Cher Monsieur Poggia. Au nombre de dictatures existantes, comptez-vous également déposer toute une série de mesures urgentes? Parce que, pour le coup, la Suisse doit être très, très sale. Et le MCG, très, très opportuniste?

18/01/2011

Comme des allumettes inopinément frottées dans le noir

images.jpegÉditorial 18 janvier 2011

Au Rivella, on préférera le mille-feuille, aux ténèbres, un peu de lumière ou des lumières : ‘’ ces miracles quotidiens qui donnent sens à la vie comme autant d’allumettes inopinément frottées dans le noir ’’.

‘’Vers le phare’’. C’est le titre d’un roman de Virginia Woolf paru en mai 1927. C’est aussi ce qui permit au pseudo couple qu’elle formait avec son mari Leonard, de s’acheter une voiture. Oui, j’aime les détails, et pour l’anecdote, Virginia était lesbienne.

L’image de ‘’ces allumettes inopinément frottées dans le noir’’ sont réapparus hier à mon esprit, à la lecture des vingt-deux pages qui composent le rapport sur la politique de sécurité en Suisse, rédigées par le conseiller administratif Pierre Maudet. Et en passant, autre détail, sachez que le radical se représente à sa propre succession au Conseil administratif de la ville de Genève. Hasard du calendrier politique probablement, ne soyons pas mauvaise langue.

Ce rapport intitulé modestement ‘’le vrai rapport’’, dresse le bilan et les issues de la politique en matière de sécurité. ‘’ La plus grande menace pour la Suisse, c'est Ueli Maurer''.

Le ton est d’ores et déjà donné en page 4. Le texte sera véhément. Disons-le franchement, pour Pierre Maudet, le Conseiller fédéral est tout simplement nul.

‘’C’est vrai, admirer Ueli Maurer revient à aimer le Rivella’’ aurait-il pu rajouter dans une remarque acrimonieuse, faute de n’être pas encore à Berne.

Je ne jugerai pas ici de l’essence même du projet, tout est sujet à débat : l’abolition de l’obligation de servir, un département fédéral de la sécurité, la réduction des forces à 20'000 hommes. Je constate juste que parler de sécurité se résume souvent mais pas toujours, pour ceux à droite de l’échiquier politique à trouver des coupables, et à gauche, de chercher des causes. J’avoue, l’analyse est manichéenne, mais elle a le mérite d’éclairer les propos qui vont suivre.

Qu’on soit d’accord ou pas sur les idées lancées par Pierre Maudet, elles ont le mérite de ne pas se résumer à un seul facteur. Le domaine de la sécurité est un domaine complexe, transnational. Il est pluridisciplinaire, il touche à de multiples domaines: économie, politique migratoire, législation, répression, intégration, environnement urbain, armement, internet, peur, sentiment, médias.

Corollaire : lutter contre l’insécurité, elle-aussi, est une croisade complexe.

Alors comment, en tant qu’homme politique, doit-on communiquer sur ce domaine aussi sensible ? On l’a vu, nul ou presque ne se risque dans la nuance des propos, c’est vrai, c’est chiant. Quant certains habitants des Pâquis parlent ‘’d’enfer’’, on ne leur répond pas par des explications sociales ou par l’apparition divine de médiateurs de rue, mais par des réponses concrètes.

C’est vrai également, les élections et les votations se gagnent plus facilement à coup de slogan. Il vaut mieux dénoncer les accords de Schengen, renvoyer les criminels dans des cercueils ou voter un crédit pour l’installation de caméras de vidéo-surveillance, que de s’aventurer dans un véritable programme, dans un contenu autre que l’action ponctuelle ou réactive.

La force d’un véritable homme politique, c’est une communication accessible à tous, c’est aussi des prises de position fortes, quitte à en fâcher plus d’un. C’est faire appel à des slogans percutants pourquoi pas. C’est aussi avoir l’intelligence d’éviter les effets d’annonce et autres ‘’mesurettes’’.

L’intelligence politique, c’est souvent l’art du détail et la clarté de propos. C’est préférer le mille-feuille au Rivella. Comme autant d’allumettes inopinément frottées dans le noir.