01/04/2012

La stratégie de l'échec

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Difficile de suivre les propos de Fathi Derder ce soir sur la RTS.

L'UDC? "On en parle trop", vitupère le libéral-radical qui salive pourtant l'essentiel de l'interview à l'évoquer. "Quitte à perdre des voix?", questionne la journaliste. "Oui", rétorque le conseiller national. "Il ne fallait pas présenter un UDC qui exclut", commente Fathi Derder. La machine est lancée: "Constat d'échec, échec de la stratégie ou encore constat d'échec de la stratégie". L'auditeur aura compris: la droite s'est plantée aujourd'hui.

La défaite? Le prédicateur Fathi Derder le savait: "Cela fait douze mois que je le dis", expulse-t-il. "Lui qui ne fréquente même pas ses propres assemblées", rétorque Claude-Alain Voiblet. "J'avais un énorme dossier à défendre, celui de la révision de la loi sur la recherche. Quand on est élu à Berne, il n'est pas nécessaire de toujours vouloir mettre son grain de sel dans une politique cantonale", répond l'ancien journaliste. L'échange est piquant.

Pour autant, Fathi Derder s'engonce dans le paradoxe quand il souhaite que son parti ne s'acoquine plus à l'UDC, quand il promeut la fierté de revendiquer d'appartenir à une droite "libérale et humaniste". Pourquoi? Parce que le PLR ne peut que difficilement gagner sans l'UDC. "Qu'importe, répond Fathi Derder. Je ne fais pas de la politique pour être réélu", dit-il.

Chapeau bas. Que Fathi Derder s'en fiche d'être réélu, peut se défendre. Mais son parti, lui s'en fiche-t-il? Pas sûr. Mais je dois me tromper. On ne fait pas de la politique pour gagner.

23/03/2012

ps: I love you

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Est-ce vrai, Mme Anne Emery-Torracinta que vous auriez refusé, faisant fi de l'avis de votre parti, de confirmer la sanction contre le député Eric Stauffer dans l'affaire du verre d'eau? Est-ce si fallacieux de penser qu'un appui du leader du MCG au deuxième tour, et dans le cas où vous étiez désignée (et à la lueur de ce refus), aurait fait pencher la balance?

Est-ce tant ingénu de penser que vous, Mme Loly Bolay, vous vous seriez emportée contre la trahison de la candidate socialiste au Conseil d'Etat? Un affront, une félonie insupportable pour la militante que vous êtes. Et tant bien même que vous êtes "une vienne ensuite" si le siège de Manuel Tornare à la Berne fédérale devenait vacant?

Est-ce si médisant, M. Brunier de penser que votre combat pour la nature de la candidature, à savoir féminine, n'est révélateur que d'un autre désir? Celui-ci plus profond?

De quoi se réjouir, samedi lors de votre assemblée générale, ne trouvez-vous pas?

ps: J'arriverai vers 16h30.

 

12/03/2012

Les frontaliers? Oui. Mais un peu.

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J'essaie de comprendre. Oui, monsieur. De toutes mes forces, je vous le jure. La préférence de nomination aux HUG, ça marche comment? "A compétences égales, nous préférerons un résident local", dites-vous. D'accord. But de la manoeuvre: "rétablir l'équilibre" entre collaborateurs frontaliers et résidents locaux intégrés au sein du tissu social genevois. Soit. Concrètement, comment se déroule le recrutement?

Alors que les postulants résidants sortants de nos écoles se font rares, comment combler la pénurie? Alors que les offres de "frontaliers" sont qualitativement équivalentes (j'imagine, puisque vous les engagez, ou pire, parce que vous comblez les trous), et de surcroît quantitativement plus nombreuses, comment comptez-vous procéder? Désormais que nous sommes en possession des paramètres, comment y parvenir?

Les chiffres sont connus. Vous les divulguez. Deux tiers des responsables d'unités de soins sont frontaliers, alors que la moyenne de l'hôpital est à 50%. Question. Supposons que dans le pipe-line d'entrée aux HUG, deux tiers des postulants sont des frontaliers, comment comptez-vous rétablir l'équilibre? Si 60 infirmiers et infirmières manquent chaque année pour compenser les départs à la retraite (comme l'affirmait André Laubscher, directeur des soins aux HUG), comment comptez-vous privilégier des résidents locaux, à compétence égales?

Dites-moi, par pitié, comment vous comptez procéder. Pour ne pas imaginer, un jour, qu'à compétences égales, vous choisirez la compétence inférieure. Parce qu'elle est résidente locale. Ce serait inimaginable, non?

09/03/2012

Pourquoi Eric Stauffer n'accédera pas aujourd'hui au Conseil d'Etat

_42595_Eric_Stauffer.jpgPolaroïd 19 : 52

Pourquoi Eric Stauffer ne caressera demain pas le fauteuil de conseiller d'Etat?

C'est une question de journaliste. C'est une question à laquelle la teneur des réponses avancées sont de facto manichéennes. Deux options. La honte et le discrédit. Ou les remerciements avec les lauriers et les tapes amicales dans le dos. Dans les deux cas, c'est une erreur. Qu'importe.

La question est apparue, somme toute assez de manière fortuite, à l'issue d'un repas dans un établissement relativement discret au sein d'un quartier populaire de la rive droite où se réunissait ce soir-là, par l'un de ces hasards que l'on abhorre, le bureau du Grand Conseil.

Pierre Maudet venait alors de déclarer sa flamme à la presse, sans oser critiquer, ne serait-ce qu'un cheveu populiste ou agrarien, ni même expulser dans un courage sans faillle, un seul nom. (C'est vrai, une voix est une voix. Ne nous fâchons pas.) Le bougre avait réussi à convaincre. En étant simultanément un candidat de "rupture", tout en prétextant le contraire. Conférence de presse, lumière, caméras, discours et effet d'annonce. Une réussite? Probable. Voire "certaine", disent les commentateurs. Surtout en vue de ceux qui se sont adonnés à l'art de l'attente, du mutisme, des négociations, des garanties. Une erreur. Se faire désirer en politique en est une. On décide, on contrôle. Surtout vis-à-vis de son propre président de Partei.

Bref. Les uns évincés, les autres battus d'avance, subsistait asthmatiquement la question de savoir: Eric Stauffer sera-t-il un jour conseiller d'Etat? "Un vote de rupture", prédit le président omnipotent du MCG. La rupture? Il se trompe. Enfin, je le pense (et Diable sait que je peux me fourvoyer). "Les gens en ont marre des magouilles, des connivences, du copinage, des lâches, des... et des...  et des...", lance-t-il. Certes, d'accord. Mais pas suffisant.

Les électeurs voteront pour la figure du père, de la mère, du rassembleur, de l'apaisante nourricière. L'apaisement contre les tumultes de la rage, le contrôle contre la hardiesse, les lignes contre l'opposition. "La dignité, Monsieur, la dignité", s'exhortent-ils à expulser.

Se trompent-ils? Non. Surtout contre ceux qui estiment que le lancer de verre d'eau est un épiphénomène. Il ne l'est pas. Aujourd'hui. La mode ne joue pas en sa faveur.

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07/03/2012

3

479px-00-d-men_entertainment_-_de_straatremixes_deel_3_front.gifPolaroïd 23 : 43

3. C'est le nombre de lignes au chiffre près qu'a consacré le gouvernement genevois à la disparition du conseiller municipal MCG, Soli Pardo, dans son dernier communiqué de presse de ce jour. A savoir: "Le Conseil d'Etat a adressé ses condoléances à la famille de Me Soli Pardo, membre de l'Assemblée constituante, conseiller municipal de la Ville de Genève et membre du Bureau directeur du Mouvement Citoyens Genevois, décédé le 3 mars dernier."

Vous me direz, c'est toujours trois lignes de plus qu'aura expulsé la Ville de Genève. Certes. Plus circoncis, c'est ardu. D'accord. C'est surtout navrant de constater qu'on préfère monopoliser un parlement pendant plus d'une heure pour féliciter le travail louable d'un élu méritant sur le départ. A ce stade, il "eût été préférable" se taire, pour reprendre la lexicologie du Conseil d'Etat lors de l'omission des funérailles de Monseigneur Genoud.

3. C'est le nombre d'élus socialistes déclarés candidats à la succession de feu Mark Muller. A savoir: l'onésienne Carole Anne-Kast, l'avusienne Anne Emery-Torracinta et le verniolan Thierry Apothéloz. Les autres papables? Ils se taisent. Calculent, se réservent, demandent des garanties, attendent "le bon moment". A vrai dire, c'est assez barbant. Tout autant que de voir Pierre Maudet dégommer ses ennemis sans les nommer. A savoir un certain E.S. et un parti moribond à l'acronyme populaire. On ne mélange pas les divas avec les torchons. D'accord. Mais les torchons, se souviennent-ils des crachats?

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25/02/2012

Lettre ouverte à Monsieur le Procureur général

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"Toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite".

Pierre W. est un terroriste. Oui Monsieur le Procureur, j'ai bien lu le communiqué du Mouvement citoyens genevois envoyé aux médias à 00 : 20. (Comme si ces pauvres abrutis de pourlécheurs médiatico-dépendants n'avaient pas de vie sociale.) Ils disent: un sourire "prémédité et délibéré" qui atteste du fourvoiement du député libéral-radical. Le bougre s'est aventuré au pointage de doigt (lequel? Le communiqué ne le dit pas...) envers son confrère Eric S.

La "provocation" est intolérable, ils ont cent fois raison. Sur la tête de mes aïeux. Surtout que Monsieur W. est "coutumier du fait".  Mais qu'on le pende sur le champ! Ou qu'on l'inculpe pour tentative de noyade au verre d'eau. Que les tribunaux de la Cour internationale des Droits de l'Homme se saisissent de cette outrecuidance.

"Faire croire que Monsieur S. est une personne irascible et impulsive"? Foutaise! En atteste son holster vide et ses prises de position itérativement réfléchies. Surtout quand le communiqué indique que "le liquide projeté en direction de Pierre W." ne peut "qu'au pire refroidir son tempérament querelleur bien connu de tous".

Veuillez bien croire, Monsieur le procureur général, au bien fondé de mes sentiments. Amicalement et bien à vous, votre sérénissime.

Un ami qui vous veut du bien.

23/02/2012

Il y a deux types d'auréoles. L'un d'elles ne se trouve pas au sommet du crâne.

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C'est le grand retour de la morale. Des comportements "adéquats" et des attitudes "irréprochables". On croit rêver. Le champ lexical s'étale à coup de "vérité" et de "sérénité désirée" contre les "balivernes, les calomnies et les mensonges". A croire qu'ils lèchent tous de la guimauve multicolore alors qu'ils s'asphyxient quasi rituellement l'oesophage à coup de lourde lapée de rouge. Oui, celui-là précisément qui tache les commissures des lèvres de celui qui expulse des "j'vous le jure, je ne suis pas saoul". Celui-là encore qui crache des "je t'aime" de la même manière que lorsqu'il se rend aux toilettes. "Les commodités", disent les Britanniques.

2012 sera définitivement une année à introduire dans les annales. Qu'on s'étonne ou qu'on condamne peut encore s'avaler. Mais qu'on s'étonne d'avoir découvert seulement aujourd'hui que le monde est mauvais, que les gens mentent ou qu'ils s'empoignent?

J'aurais presque plus de sympathie pour ceux qui trichent, fabulent, parjurent et trahissent. A ceux qui s'offusquent. Parce qu'il y a toujours deux types d'auréoles. L'un d'elles ne se trouve pas au sommet du crâne.

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04/01/2012

Christoph Blocher est-il coupable de viol?

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Que n'entendons-nous pas? Que l'infâme Christoph ait violé une chose? Oui, le secret bancaire. Et alors? C'est vrai qu'il n'est pas de bon goût de s'attaquer aux morts, je le conçois, la nécrophilie étant difficilement défendable. L'argument des détracteurs est pourtant audible. Christoph B. s'est battu pour la sauvegarde du secret bancaire (mais surtout de sa violation) contre les attaques allemandes et françaises. Donc, violer ce même droit pour attaquer Philipp H., patron de la BNS est inacceptable.

Quelques précisions. Le premier auteur de la dite violation est l'employé de la banque Sarasin, qui a ensuite fourni les documents violés à "un avocat proche de l'UDC". Voilà pour la chaîne causale. Il y a l'auteur. Il y a les complices. Soit. Christoph B. est un complice. Complice de quoi? Nier que le dessein soit éminemment politique, orienté? Non. En effet, l'infâme n'est ni bête, ni dupe, ni crétin. Que l'infâme se soit trompé? Peut-être. Et alors?

Que l'infâme ne dénonce que ce qu'il lui sied ne me pose aucun problème. Vous avez vu un socialiste dénoncer un scandale concernant son parti? Vous avez vu un libéral assassiner un collègue? Bon d'accord, l'affaire est courante. Vous avez vu un radical balancer un copain? Non. Niet. Never. L'argument de la morale, de l'intégrité ne tient pas en politique. Christoph B. se serait-il abstenu de violer qui que ce soit si cela concernait son parti? Certes. A-t-il eu raison de violer lorsque la victime pouvait le servir? Oui.

Je n'hésiterais pas à violer lorsqu'il s'agit d'interroger. Quelles que soient les motivations. Quel que soient les appels à la morale, à la loi et à son respect. La primauté du but sur l'origine.

02/01/2012

Les bêtes et autres mammifères politiques

3091322044066.jpgPolaroïd 22 : 54

J'apprécie les hommes et les femmes politiques. Pour leur courage parfois, pour leurs adultères aussi, pour leur mauvaise foi, pour leur obstination, pour leur mensonge qui le rendent si familiers, pour leur intelligence ou pour leur bêtise incommensurable.

Aujourd'hui sur la RTS lors de l'émission Forum, quelle ne fut pas ma joie que d'ouïr le débat suivant: "La libre circulation, le sujet qui va enflammer la politique suisse en 2012?" N'est-ce pas jouissif de lire Christian Levrat, président du Parti socialiste suisse, dans la SonntagsZeitung qui revendique le droit de thématiser la "libre circulation"? On se rappelle presque ce même parti revendiquer le droit de parler d'insécurité. C'est vrai qu'électoralement parlant, cela devient difficile de passer à côté, non? Aujourd'hui, difficile de trouver un homme politique pour la défendre, la libre circulation. Bon d'accord, "pas de préférence cantonale", dira un conseiller d'Etat radical, pas d'illégalité avec les accords de Schengen-Dublin, pas de nationalisme, pas de suivisme populiste. "Du bon sens", disent-ils en choeur. D'accord, je ne suis pas juriste.

Il n'y a plus personne. Aucun pour nous dire combien la Suisse a bien profité de la libre circulation des personnes, aucun pour nous dire qu'on en a bien profité lorsque tout allait bien. Aucun patron pour nous dire qu'à compétence égale, il engage un employé moins onéreux. Aucun pour nous dire qu'il faudrait être crétin pour ne pas le faire. Cela frise la schizophrénie. Délicieuse période de repli. Il n'y a pas de problème de libre circulation, juste des mesure d'accompagnement qu'il faut utiliser à bon escient.

Il faut "requalifier" les chômeurs. Ah? Parce qu'avant non? Non. Parce qu'avant, ça allait bien. Parce qu'en période prospère, cela n'a aucune sorte d'importance.

J'apprécie les hommes et les femmes politiques. Pour leur courage parfois, pour leurs adultères aussi, pour leur mauvaise foi, pour leur obstination, pour leur mensonge qui le rendent si familiers, pour leur intelligence ou pour leur bêtise incommensurable. Je préfère malheureusement toujours ceux qui suivent leur conviction à ceux qui suivent le vent.

15/12/2011

Aux lapins victimes de myxomatose.

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On peut discuter de tout. Du zéro absolu, de l'effroyable coït des comptes, de l'interpénétration orgasmique des charges et des revenus. Du Saint Graal. Des assassinats, des infidélités de l'un, du retournement de veste de l'autre. De la corruption tardive et des effets de manches. D'Harry Potter et de Gérard Majax. On peut.

On peut tout discuter. Faut-il pour autant prendre la parole, oui, fichtre! Soyez hardis, courageux, insolents que diable!

Mais d'assister à l'aphasie de ceux qui vitupèrent sur les réseaux sociaux, qui "twittent" ou postent est tout simplement inacceptable. L'homme politique use et abuse de la parole. Cela devrait être sa nature. Par essence, l'animal politique s'exprime, combat, et essuie des échecs, voire ment, parjure mais au moins a le courage de s'exprimer à défaut de se cacher derrière la pression physiologique d'un bouton.

Alors à ceux qui menacent, qui s'insurgent, qui persiflent et bavent tels des lapins victimes de myxomatose, manifestez-vous! C'est la dernière chose qui vous sépare de la posture porcine de la stature verticale.

L'ombre ne vous rendra jamais grâce. Jamais.

08/12/2011

C'est l'heure des comptes

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C'est l'heure de l'existence médiatique, c'est l'heure d'exister un peu tout court. Son nom quelque part, mieux s'il est imprimé à l'encre. Pas pire si l'encre est numérique. La qualité se mesure en adresses uniques. Mieux encore, en initiales. IP. Pire, en chiffres décodés par un robot. L'unicité mesurée au nombre de gens connus est révolue. Place à l'existence éphémère. Celle des sondages, celle des amis, celle du réseau.

C'est la victoire de l'existence à tout prix, c'est l'heure de l'intégration virtuelle. L'information avant les autres, et qu'importe le contenu tant qu'il est avalé par ses congénères. Qu'importe les faits tant qu'on avale. "Merci de les recracher", s'adonnent-ils à fantasmer. La présence, l'occupation par peur de disparaître de la toile. Sacrifice de l'un d'eux pour des centaines d'autres.

Pourtant certains résistent toujours à l'occasion d'expulser des phonèmes. Certains s'excusent, d'autres raccrochent après s'être vautrés dans de vaseuses mélopées. Une minorité d'entre eux se taisent. Ceux-là mêmes asthmatiquement anachroniques qui imposent le respect, malgré la haine éphémère inspirée. Pour cette seule raison. Comment ne pas les apprécier? Ceux qui choisissent l'ombre. Non pas parce que la lumière est absente, mais parce qu'elle n'est pas légitime.

10/10/2011

L'étrange prestation d'Isabel Rochat.

sarah-palin-palm-video.jpgPolaroïd 09 : 42

Etrange prestation que nous a livrée Isabel Rochat, hier soir, sur le plateau du 19:30 de la TSR. Invitée à commenter (notamment) le coût du renvoi des étrangers dans leurs pays, la Conseillère d'Etat en charge de la Sécurité et de la Police est apparue effrayée à l'idée de prendre la parole. Discours hésitant, réponses courtes, à en croire qu'il s'agit là, d'une technique pour éviter les bévues. C'est vrai, pour sa défense, l'exercice n'est pas facile, surtout quand on pense à la terreur que semble susciter la pupille de la caméra et l'adrénaline du direct chez la magistrate.

Sur l'interview lui-même, aucunes réponses apportées. Les ''vols spéciaux'' sont-ils inhumains? Isabel Rochat n'y répondra pas, aussi simplement que la question ne lui sera pas adressée. Pour l'anecdote, la TdG avait enquêté sur les renvois forcés à Cointrin (ici), il était apparu alors que le DSPE (donc Isabel Rochat?) n'avait même pas connaissance du nombre exact de vols à départ de Genève. Efficacité de la procédure? La libérale évoquera l'idée que ''la sécurité n'a pas de prix'', en précisant (sans chiffres) qu'un renvoi coûte moins cher à la société que la simple présence d'un ''étranger'' (ah bon?) sur notre territoire, sans pour autant nous donner le montant total du coût du renvoi de ces individus.

En clair, hier soir, à 19h35, je ne savais toujours pas qui étaient ces étrangers en attente de renvoi. Ont-ils été condamnés? Quelle proportion d'entre eux a commis des actes criminelles? Quelle est la durée moyenne de détention administrative par individu? Qui paie? Combien? Ces vols spéciaux sont-ils efficaces, si oui, sur quels critères?

Enfin, plus grave encore: avoir plus de questions que de réponses après 5 minutes et 19 secondes de reportage et d'entretien. Sans compter cette désagréable impression que notre ministre maîtrisait son sujet, à coup de notes de service ou ''d'antisèches'' calligraphiées au stylo bille Mont-Blanc sur une main tremblante. Ce n'est qu'une impression, je pourrais me tromper.

07/10/2011

Ce n'est pas le problème d'Eric Bertinat. Mais c'est un peu le notre.

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Le chef de groupe UDC au Grand Conseil était, hier soir, l'invité de ''Genève à Chaud'' sur Léman Bleu, invité à débattre de sa proposition d'ancrer dans la loi genevoise, l'interdiction de la prostitution à moins de 500 mètres d'une école. A la question ''mais où déplacer la prostitution? '', Eric Bertinat répliquera: ''ce n'est pas mon problème''. ''Ailleurs''.  ''Ce n'est pas moi qui vais vous dire où la mettre''.

Ces propos sont tout simplement ahurissants. Qu'un élu ne se préoccupe pas des conséquences de ses actions politiques, qu'il estime que c'est aux ''autres'' de se soucier des répercussions de ses décisions, est une attitude, à mon sens, irresponsable.

Parce que, si ce n'est pas le problème d'Eric Bertinat, c'est en tous les cas, le notre.

05/10/2011

Le Vert nu, ou presque.

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Oui, le propos est ironique. Les jeunes Vert-e-s se sont ''dénudés'', place Bel-Air, en début d'après-midi pour dénoncer ''le manque de transparence et d'égalité dans les campagnes politiques''. Sur le fond, que dire, si ce n'est qu'il est bon que le financement des campagnes politiques soit ouvert. Les politiciens, eux-mêmes, auraient presque tout intérêt à ce que les sources soient connues, à en croire la fécondité des rumeurs. Enfin... si les journalistes pouvaient encore enquêter sur les réseaux occultes et les sombres poignées de main.

Sur le principe de l'égalité, à savoir un plafond minimum d'investissement de campagne? Désagréable impression qu'il ne s'agit que de l'argument du ''pauvre''. Si votre parti réunit plus d'argent, à qui le blâme? D'autre part, comment plafonner ce montant? A en croire les jeunes Vert-e-s, le montant total investi caresse les 8'000 francs. Doit-on demander au PLR ou à l'UDC de plafonner ses campagnes à ce chiffre là? Même si ce plafond était fixé à 50'000 francs, la jeunesse verte serait bien au-dessous.

Enfin sur la forme, on l'aura bien compris, les jeunes Vert-e-s exigent plus de transparence en posant la question: doit-on se dénuder pour que les médias parlent de nous? La réponse est cinglante: oui! A défaut d'argent, ayez des idées!

Seule anicroche, si j'ose, Messieurs et Mesdames les jeunes Vert-e-s, vous déclarez ''n'avoir rien à cacher''. De grâce alors, n'incarnez pas de demi-mesures. Vous avez tenté le maillot de bain, synonyme de semi-transparence. La prochaine fois, soyez nus. La transparence, alors, sera totale.

30/09/2011

Sandrine Salerno attaquée par GaucheHebdo.

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On appelle cela une petite bombe.

GaucheHebdo publie aujourd'hui un article à charge contre la Conseillère administrative socialiste Sandrine Salerno. Il révèle que la magistrate a engagé un ancien journaliste de la Tribune de Genève en tant que chargé de communication du département des Finances et du Logement. Assez rare pour signaler que l'hebdomadaire a envoyé aux rédactions l'article publié.

Selon lui et là où le bât blesse, c'est que le fonctionnaire en question aurait été mandaté pour rédiger des articles pour le compte de Sandrine Salerno au sein du journal des socialistes de la Ville, à savoir ''Causes communes''.

Plus étonnant encore, la mission qui consiste à poster anonymement des commentaires sur le site de la Tribune lui aurait été attribuée, ainsi que d'autres ''missions'' tels que s'occuper du profil FaceBook de la Conseillère administrative ou encore de trouver des slogans pour la campagne du PS.

Aujourd'hui, le fonctionnaire a été licencié. Il est désormais employé par un autre magistrat : Pierre Maudet.

A supposer que ces faits soient avérés, (ce qui ne semble pas le cas pour la magistrate socialiste, nous attendons sa version des faits), ils pourraient dénoter encore une fois l'opacité des ressources humaines au sein de la Ville de Genève, dernièrement épinglée par la Cour des Comptes, il y a deux semaines. Je le relevais déjà : un magistrat vert avait pu être engagé pour 50'000.- l'un des siens pour la réalisation d'un fichier Excel de quelques centaines de noms, jugé ''inutilisable dans le cadre du projet dans lequel cette tâche s'inscrivait''.

Qu'on engage un collaborateur proche de son parti, et qui partage des affinités politiques dans un rôle de communicant me paraît acceptable. Ce qui ne l'est pas du tout, c'est de l'employer pour d'autres tâches que celles requises par l'administration, la fonction et surtout par le contribuable. Le manque de contrôle des travaux effectués, de l'engagement relevant parfois du copinage, ou encore des ''postes-placards'' ne peuvent subsister au sein de l'administration, qu'elle soit municipale ou cantonale. Parce qu'avec eux, c'est toute la machine qui se décrédibilise. ''Qu'importe'' me direz-vous. Les partis contestataires en profiteront, en expulsant des ''tous pourris'', et on ne pourra pas, alors, leur donner tort.