10/04/2011

La soupe est froide.

soupe2.jpgPolaroïd 15 : 46

Je constate une énième fois à quel point la formule de la Soupe, émission religieuse de la RSR, est épuisée.

Sauf exception, l’humour des chroniqueurs ne suscite au mieux que la vague apparition d’un rictus commissural, au pire, déclenche une envie irrépressible de se remettre à la lecture la chronique de Peter Rothenbühler dans le Matin Dimanche.

Je constate également avec quelle fougue, la bien-pensante assemblée de chroniqueurs continue, dimanche après dimanche, à cracher sur l’UDC. Non pas que l’un ou l’autre des partis ne suscitent ma sympathie, mais bien que l’acharnement quasi psycho-pathologique des amateurs de chasselas n’ait complété qu’un seul objectif : me lasser.

C’est vrai, on ne peut pas décemment déclarer que l’invité du jour, Céline Amaudruz, n’ait obtenu ce matin, la médaille de la pertinence, tant bien même que son temps de parole ne se soit compté qu’en secondes.

Je rêve de chroniqueurs de gauche, de droite, d’extrêmes. Des apolitiques et des bigots, des femmes et des intellos BHL, des syndicalistes et des ‘’lettreux’’. Des petits jeunes véhéments et des vieux cons.

Parce que là, la soupe est non seulement froide. Mais les ingrédients sont toujours les mêmes.

04/04/2011

Léman Bleu: Dodo contre Dandy

DoduDodo.jpgPolaroïd 11 : 44

Léman Bleu: Dodo contre Dandy

On l'apprend ce matin de notre confrère Didier Tischler en page 4 du 20 Minutes: Charles-André Aymon reprend la direction de la télévision locale Léman Bleu. Le futur ex-rédacteur en chef du GHI s'est expliqué ce matin des projets qu'il couve pour la télévision, sur les ondes de One FM et au micro de Pascal Décaillet.

Quelques constatations.

Antoni Mayer, s'en va, mais reste. Incroyable! Comme un dodo, connu pour ses aptitudes à voler, il lance l'idée (probablement à l'instant même de sa prononciation) de créer une seconde chaîne qu'il prénommera Léman Bleu 2! Mais qu'aurai-je ouï Monsieur Dodo, avec quel argent? Quand on sait que la rédaction de Léman Bleu se compose de trois journalistes RP et d'un misérable stagiaire, et que la chaîne a déjà de la peine à remplacer ses propres caméras, il faudra en trouver, du financement privé.

Incroyable Monsieur Dodo, qui, à l'antenne, avoue dans un aveu plutôt terrifiant, sur le fait de rendre le site de la télévision plus ''dynamique'': ''On n'y avait pas pensé avant!'' dit-il. Moi qui croyait naïvement que les directeurs étaient faits pour voir plus loin.

Enfin Monsieur Dodo, critique son propre journal: ''les nouvelles du 18:30 existent déjà dans la Tribune''.Le coup de grâce est prononcé. Hallelujah!

Ne manquerait plus qu'un candidat déchu à la mairie de Genève, ne reprenne la direction du canard pour que la valse des lits musicaux ne soit totale. Coin-coin.

01/03/2011

Les médias aident-ils l'UDC?

whisper.jpgEditorial Radio Cité, premier mars 2011

Les médias aident-ils l’UDC ?

C’est la question posée hier par le co-rédacteur en chef du Tages-Anzeiger sur un nouveau blog bilingue rassemblant les opinions des rédactions de la «Tribune de Genève», de «24 heures», du «Bund» et bien évidemment du quotidien zürichois.

Res Strehle, c’est le nom imprononçable de mon confrère, part du principe que : ‘’quoi que les médias fassent, on leur reproche de servir l’UDC’’.

Premier constat, très Cher confrère : qui est ce ‘’on’’, ce ‘’man sagt’’ dont vous parlez ? Vous avouerez que l’usage de ce pronom indéfini ne reflète que le néant de vos sources, ou du moins que votre postulat ne repose que sur quelques uns de vos amis, ou une vague opinion ou mieux encore, une rumeur. Dès lors, commencer une argumentation avec un ‘’on’’ vous vaudra une très mauvaise note lors qu’il s’agira de passer devant les experts. Passons, si vous le voulez bien, sur ce détail.

Point de départ de votre réflexion : des questions, je m’en réjouis. Je cite : ‘’si [ils] les médias écrivent beaucoup sur les thèmes du parti, ils deviennent les complices de ce dernier. S’ils s’abstiennent, ils maintiennent le tabou sur des sujets sensibles, laissant ainsi le champ libre à l’UDC pour les aborder. Enfin s’ils s’élèvent contre l’UDC, ils tombent dans son stratagème en alimentant une spirale de révolte calculée par le parti’’.

En clair, vous corroborez votre propre postulat de départ : les médias sont des victimes, des jouets, des marionnettes manipulées par le ‘’Schweizerische Volks Partei’’. ‘’Complice, tabous, calcul, champs libres et spirales’’ finiront par assumer votre position : l’UDC est un parti fourbe.

En guise de défense, d’une forme de journalisme que vous soutenez, vous affirmez que tout cela est faux : l’UDC réussit tout. Toute seule.

Pour preuve éclatante, vous vous l’appelez: ‘’nouvelle rassurante : ‘’Pratiquement toutes les régions européennes où la prospérité demeure à peu près intacte mais menacée par la globalisation (…), et bien ces régions européennes ‘’composent avec un parti nationaliste ou à orientation patriotique tendant au conservatisme susceptible d’atteindre 30% des voix’’.

Je me permettrais d’ajouter à votre argument que d’autres régions européennes, moins prospères rencontrent, elles aussi, le succès de partis à forte orientation patriotique.

Très Cher Res Strehle, je ne me permettrais pas ici, de critiquer l’ensemble de votre argumentation, tout n’est pas à jeter. Néanmoins.

Un courant journalistique ‘’à la mode’’ semble émerger ces dernières années, à savoir : s’il faut ou pas, ou peu, parler des thématiques expulsées par l’UDC ?

Un journalisme qui aurait droit de vie ou de mort sur l’information. Une sorte de garant de la bonne morale, du bien-pensant ou du pensant comme il faut.

Dès lors Monsieur Strehle, je vous retournerai la question suivante : n’est-ce pas à la pertinence de l’information, à sa valeur informative de déterminer son traitement par les journalistes ?

Si l’UDC dénonçait des scandales quotidiennement, décideriez-vous, Monsieur Strehle, de vous taire ?

22/02/2011

La communication hasardeuse de l'Evêché? Ou celles des autres?

casinodice.jpgPolaroïd 12 : 09

La communication hasardeuse de l'Evêché?

C'est la question posée par ma consœur, Patricia Briel, qui publie un article en page 6 du quotidien Le Temps aujourd'hui.

Le Diocèse a-t-il commis ''une erreur de communication majeure'' en diffusant mercredi 9 février un communiqué affirmant que deux nouveaux cas d'abus sexuels avaient été annoncés à l'autorité diocésaine, l'un à Genève, l'autre à Fribourg''?

Je me suis exprimé à de nombreuses reprises sur cette question, je vous invite à lire mes précédents billets.

Je relève, avec intérêt, les propos de Monseigneur Farine qui avoue ''n'avoir pas imaginé un seul instant la chasse médiatique qu'enclencherait son communiqué du 9 février''.

Et je me permettrais de reformuler la question: la communication hasardeuse de l'Evêché? Ou celles des autres?

20/02/2011

Comme un dimanche

mulholland_2006-03-11_05-09.jpgPolaroïd 13 : 31

Dans le désordre.

L'UPCP reconnaît ''avoir mal communiqué''. On se réjouit d'avance d'entendre son président, Christian Antonietti, demain après-midi. Ne serait-ce que pour nous éviter, à l'avenir, les commentaires insipides de '' l'observateur extérieur'' qu'est Peter Rothenbühler dans le Matin Dimanche d'aujourd'hui.

Monseigneur Farine s'exprime en page 4 du même journal. Je ne comprends toujours pas, pourquoi le Diocèse est accusé ''d'avoir livré en pâture'' l'abbé carougeois.

Je réitère mes arguments. Jusqu'à preuve du contraire, ce n'est pas le premier communiqué, envoyé le 9 février par l'évêché de Lausanne, Genève et Fribourg, qui a révélé l'identité de l'homme d'église. Genève a vu passé de nombreux prêtres. Non, ce qui a réellement permis d'identifier l'auteur présumé, c'est bel et bien l'enquête de nos confrères de la TSR au 19:30 du vendredi 11 février.

De toute façon, tout le monde s'en fout. Et personne n'en parle.

17/02/2011

De l'idée d'un média romand de droite

img254685.jpgPolaroïd 11 : 35 De l'idée d'un média romand de droite.

Deux articles se sont prononcés sur cette question ce matin, sous la plume de Christophe Passer dans l'Hebdo, et de Yelmarc Roulet dans le Temps.

Une ''Weltwoche'' romande, alimentée par Uli Windish, Pascal Décaillet, Phillippe Barraud, Marie-Hélène Miauton, Oskar Freysinger et Marc Bonnant pourquoi pas?

Qu'en penser?

On attend avec impatience les réactions: les rires, la moquerie puis le venin, les crachats, l'appel au meurtre.

A chacun son idée du journalisme. Mais être de droite n'implique pas de ne pas donner la parole à l'autre. L'inverse étant également vrai. On peut, tout autant, être parfaitement schyzophrène.

Reste qu'au final, je choisirai celui qui s'affiche à celui qui se déguise, la nudité au travestisme, l'esprit de brûlure à celle de l'eau tiède. Parce que livrer l'information, c'est déjà prendre parti. Il suffit désormais de l'assumer. Qu'on soit de gauche, de droite, valaisan, genevois, amateur de petite arvine ou de Laphroaig. C'est ce qui différencie le journalisme d'opinion de la brève de l'agence télégraphique suisse.


16/02/2011

Audiatur et altera pars

4170703140_6af30c0399.jpgÉditorial Radio Cité Genève, 16 février 2011

La TSR a-t-elle ''tué'' l’abbé carougeois?

C’est la question qui m’a taraudé l’esprit depuis quelques jours. C’est vrai, je l’avoue, la question est probablement posé de manière abrupte, mais intentionnellement élaborée de la sorte pour des questions de rhétorique.

Un rappel des faits s’impose.

Dans un communiqué datant du 9 février dernier, le diocèse de Genève, Lausanne et Fribourg annonce qu'une enquête est en cours pour des cas d'abus sexuels, je le précise, pour des abus sexuels commis par des prêtres, ''l'un à Genève, l'autre à Fribourg'', selon le communiqué. Nul trace à cette date de cas de pédophilie.

Les médias se sont bien évidemment emparés du sujet. On devine le Diocèse bienveillant en voulant afficher la plus grande des transparences. Deux jours plus tard, la graine lancée par le clergé a évidemment germé dans l’esprit des journalistes qui ont souhaité investigué. Et c’est leur droit, pour ne pas dire: leur devoir.

Vendredi 11 février, le 19:30 de la Télévision Suisse Romande révèle que le ''prêtre pédophile'' (pour reprendre la terminologie exacte de l'intitulé du reportage), que le prêtre pédophile avait officié à Carouge. Vous avouerez que tout être normalement doté d’un cerveau, et avec quelques recoupements, peut sans trop d’efforts, obtenir le nom de l’homme recherché.

Enfin, selon une information parue hier dans le quotidien le Temps, et sous la plume de notre consœur Patricia Briel, nous apprenons que l'homme se serait donné la mort vendredi dans la soirée, jour de diffusion du reportage de la TSR. Alors si cette information s'avère exacte, il y a véritablement ‘’antagonisme’’ entre le droit à l'information et la présomption d'innocence.

Je m’explique.

D’une part, et si ma définition de la justice est la bonne. Jusqu'à preuve du contraire, un suspect est toujours présumé innocent. Et puis de l’autre, c'est vrai, si on suspecte un homme être capable de la pire de cruautés et d'être susceptible de récidiver (imaginez-vous en père de famille, en mère de famille, ou connaissant un homme suspecté d’attouchements), n’est-il pas du devoir du journaliste d’informer la population?

Là est probablement la limite du devoir d’information. Le fragile équilibre entre le désir de protéger les siens et celui de ne pas accuser un homme, qui n’a pas été encore jugé. Coupable ou innocent.

La question est alors brûlante.

La TSR a-t-elle, d’une façon ou d’une autre, concouru à précipiter la mort de l’homme d’Eglise carougeois? Autre question: l’information délivrée, à savoir, le lieu où exerçait l’abbé, était-elle si pertinente, au point qu’il fallait la divulguer? Et enfin, dernière question: doit-on informer la population qu’un présumé innocent, mais sous enquête des autorités, est suspecté de crimes graves?

La réponse est dans la question, où quand la présomption d'innocence s'entrechoque avec le devoir d'information, c'est-à-dire: je n'en sais rien.

La victoire de l'Ombre sur la Lumière

eclipse-seq3contact.jpgPolaroïd 07 : 48

La décision du Tribunal de première instance qui consiste à condamner la TdG pour avoir hébergé le blog d'Eric Stauffer est très problématique. Il est du devoir de l'auteur et du modérateur d'un blog d'être responsable du contenu publié sur celui-ci.

On peut réellement craindre, dans le cas où cette décision serait confirmée, que les éditeurs de journaux abandonneront définitivement d'héberger des blogs.

Nul doute alors qu'ils fleuriront ailleurs, dans l'ombre d'autres législations. Là où les propos peuvent être encore bien plus virulents et répréhensibles.

La victoire de l'Ombre sur la Lumière.

15/02/2011

L'insertion brutale d’un corps froid dans une masse inerte

joker-nicholson.jpgÉditorial Radio Cité, 15 février 2011

On se délecte du dernier sondage SOFRES, pour le journal La Croix, journal catholique, qui indique qu’un français sur deux ne croit pas un traître mot de ce que disent les journalistes. Attention, les différences peuvent varier en fonction du média ; dans l’ordre : presse écrite, télévision et enfin radio.

Le sondage corrobore ce que pensent beaucoup, parmi la profession : à savoir que les relations entre le journaliste et le public sont orageuses.

Ce que le sondage ne dit pas explicitement, c’est que les relations entre les médias et le pouvoir sont de l’ordre de la friponnerie pour certains, et disons-le, de l’ordre de la caresse hautement érotique pour d’autres. A en croire parfois, que la vérité s’obtient en pratiquant ce succulent exercice mental qui consiste à deviner, tout en se pourléchant une babine ou deux, ce qui n’a pas été dit, ce qui n’a pas été écrit, ou ce qui n’a pas été filmé. Autant dire : ne surtout pas s’informer, ou alors s’informer avec méfiance.

Il y a plusieurs façons d’exercer le métier de journaliste. Serrer des mains, tutoyer l’animal politique (la tape amicale dans le dos étant en bonus), ou se faire détester. Reste également la possibilité de déclarer qu’Eric Stauffer n’est pas le vilain délateur qu’on veut bien croire, dans l’affaire dite de la villa à 250.-, qui dit mieux ?

L’inverse est aussi vrai. Au pouvoir alors, on n’hésitera pas à offrir un panorama transversal d’une rangé de dents de la face occlusale, plus justement appelé face ‘’triturante’’. Invitations aux apéros, aux réceptions et autres ‘’scoops’’ qu’on promet de vous livrer, mais à vous seul Monsieur, je vous jure, font aussi parti des sombres méthodes à sa disposition. Attention : si vous aussi, avez été journaliste dans le passé, mais dans une haute administration désormais, il se peut que vous obteniez quelques avantages éditoriaux. Rien de grave : un adjectif un peu plus complaisant, un oubli temporaire de sens critique, quelques chiffres qui disparaissent par-ci, par-là. C’est vrai : au printemps caressant, on oublie souvent l’humide automne. C’est le propre de l’homme, et le journaliste est un homme, aussi.

Dès lors, ami lecteur, téléspectateur, internaute et auditeur, préférez le journaliste abhorré, celui qu’on conspue, qu’on traite de tous les noms, à celui qu’on admire. Choisissez l’opiniâtreté, l’haleine fétide, les dents jaunes et les crocs acérés, à l’after-shave d’Hermès, au sac Longchamp et autres bottines Kabello. Passionnez-vous pour celui qui élève à celui qui couche, penchez plutôt vers l’amertume de la langue à l’hypersialorrhée, pathologie caractérisée par un dysfonctionnement des glandes salivaires, enfin optez pour le délicieux bruit du silence à celui des verres qui s’entrechoquent.

Adoptez la solitude à l’entrelacement, la sécheresse aux muqueuses, le doute à la certitude.

Vous ne serez pas plus intelligent mais vous n’aurez plus l’occasion de ressentir l’insertion brutale d’un corps froid dans une masse inerte.

Celle de votre cerveau, bien entendu.

14/02/2011

A partir de quoi il apparaît urgent de se taire

7og77y8c.jpgEditorial Radio Cité Genève, 14 février 2011

Très Cher SSR-SRG-Idée Suisse. Parce que des idées, vous en avez.

Il y a quatre choses, irrésistiblement désagréables à mes oreilles, qui ont été prononcés hier sur le service public : la barrière de röstis, le clivage ‘’gauche-droite’’, les sondages et la Saint-Valentin.

Cette dernière tombant le lendemain d’un scrutin fédéral, je peux déjà vous dire que nous n’en parlerons pas ce matin. Sauf pour réitérer, de manière quasi annuelle, la remarque suivante de l’illustre Desproges : ‘’L’amour… il y a ceux qui en parlent et il y a ceux qui le font. A partir de quoi il m’apparaît urgent de me taire.’’

Revenons à la guerre, celle des urnes. Revenons également sur les nombreux commentaires, parfois de grands spécialistes, d'éminents politologues et des journalistes. Revenons enfin sur l’unique institut de sondage qui s'est brillamment prononcé sur le résultat de l’initiative dite ‘’d’une meilleure protection face à la violence des armes’’.

D’une part, s’il y avait véritablement ‘’röstigraben’’, alors les cantons du Valais et de Fribourg devraient impérativement troquer leur viande séchée contre du cervelas, échanger leurs loups contre des ours, leur double-crème contre du bircher, ou encore le Fendant contre un germanique penatset.

De l’autre, il faudrait considérer Bâle-ville comme notre Céligny genevois, avouez qu’il y aurait de quoi être surpris, à entendre l’expulsion d’un ‘’Gott verdammt mir nemol’’ d’un conducteur aux plaques genevoises. Il faudrait également renvoyer quotidiennement des tonnes de saucisses aux choux à Zürich.

Sur la question du clivage ‘’gauche-droite’’, il faut alors aussi déduire que toutes les organisations féminines sont à gauche, que tous les médecins sont à gauches, que mêmes les prêtres seraient, eux aussi, contaminés par la fièvre rouge. A constater également qu’une horde de socialistes et d’écologistes auraient déserté la Suisse alémanique pour trouver refuge dans nos contrées. Ce qui du coup, expliquerait pourquoi les initiants se sont essoufflés en cours de campagne, et pourquoi Genève a refusé l’amnistie fiscale.

Enfin, sur les sondages, je tiens à remercier chaleureusement le seul et unique institut de cartomancie pour sa brillante lecture de l’avenir. Je rappelle que GFS Berne donnait l’initiative gagnante début janvier, légèrement gagnante à la fin du même mois.

Très Cher SSR-SRG-Idée Suisse. Parce des idées, vous en avez.

A la lumière de ces présentes remarques, serait-il envisageable de rétrocéder une petite partie de ces 67 millions qui dorment sur vos comptes, à d’autres médias ?

Parce qu’entre les sondages, la barrière de röstis, le clivage ‘’gauche-droite’’ hier, on en est presque arrivé à vouloir fêter la Saint-Valentin, aujourd’hui.

04/02/2011

L'année bissextile de Roger De Weck

cougar.jpgPolaroïd 16 : 30

Voilà, la RTS a enfin pris position sur le port du voile pour les journalistes.

A la lumière de cette décision, celle de l'interdiction des signes ostentatoires, doit-on comprendre que des journalistes voilées pourront donc travailler dans l'ombre? Sans apparaître à l'écran, sur le terrain, en interview, ou en conférence de presse? Nulle réponse.

En coulisses, certaines voix critiquaient vivement le manque d’anticipation de la SSR sur cette problématique. En l’occurrence, c’est au pied du mur qu’on le distingue le mieux, et c’est bien dommage.

Félicitons tout de même le débat suscité, qu’on soit d’accord ou pas avec cette décision : il aura eu le mérite qu’être évoqué sur la place publique, au café du commerce, dans les rédactions et sur les blogs.

Quant à la ‘’non-décision’’ de Roger De Weck, directeur général de la SSR, elle a l’odeur de la dérobade, l’argument le fumet de la lâcheté.

 

On aurait pu attendre un peu plus de courage de sa part.

01/02/2011

Dire n'importe quoi à n'importe qui

photo-de-prostituee.jpgEditorial Radio Cité, 1 février 2011

L’idée était alléchante : louer une petite amie. 20 euros le café, 180 la soirée et plus si affinités. ‘’Ce n’est pas de la prostitution, c’est de la location’’ annonçait le site éponyme : ‘’loueunepetiteamie.com’’. Seul problème : il a été créé de toute pièce par un autre site français de location d’objets entre particuliers. Le buzz aura coûté la bagatelle de 15 euros, c’est ce qu’annonce son directeur, et des milliers d’internautes auront été piégés. Jusque-là, pas de quoi s’inquiéter au vu du nombre de fausses vidéos et de fausses informations qui circulent sur le net.

Non, ce qui est plus inquiétant, c’est l’écho qu’en ont fait les médias plus traditionnels. En clair, les vrais médias avec des vrais journalistes et souvent une information de qualité. En très clair : les médias auxquels nous faisons confiance tous les jours et dont certains d’entre nous, ou d’entre vous, n’hésitent pas à prendre comme parole d’évangile. Notre télévision nationale en a fait un sujet dimanche soir. 2 minutes et 51 secondes sur une information erronée diffusée sur notre service public. Ici n’est pas la question de les blâmer, on est toujours plus intelligent après.

Non, ce qui est inquiétant, c’est d’envisager un semblant de réponse à cette question : comment des journalistes ont pu être piégés par cette affaire-ci en particulier ?

Les journalistes sont particulièrement prudents lorsqu’il s’agit de donner la parole à un intervenant. Je pense particulièrement lors de reportages dans des pays en guerre, ou lorsque les enjeux sont importants. Est-il est proche d’un quelconque pouvoir ? Quels sont ses intérêts et ses accointances ? Que sais-je de lui et de ses motivations ? Ses propos peuvent-ils être mis en doute ? Des questions toutes aussi importantes dans la tâche quotidienne qui est d’informer et non pas transmettre.

L’affaire du site ‘’loueunepetiteamie.com’’ ne révélera que deux choses au final.

La première ? Qu’il suffit de 15 euros à une société pour créer un buzz. On le savait déjà, mais cette expérience a le mérite de nous rappeler à quel point l’information est simultanément précieuse et dangereuse. Wikileaks en est l’exemple le plus frappant.

La deuxième ? Et je prêcherais pour ma paroisse. Que les journalistes ne font plus leur travail, à force d’être goinfrés par des flux d’informations, et des quantités incommensurables de dépêches. Que les journalistes n’ont plus le temps de justement le prendre, ce temps à vérifier leur source à force de devoir nourrir l’efficiente chaîne de production d’information.

C’est donc à la fois très excitant, et je le dis avec la plus grande des perversions, de constater qu’on peut piéger presque n’importe qui, en disant n’importe quoi, c’est hélas surtout terriblement navrant.

On espère que le public ne sera pas dupe. On aimerait qu’il reconnaisse le journaliste qui a foulé le terrain à celui qui aura caressé le clavier, celui aura échangé des mots à celui qui aura composé un numéro, celui qui aura fait de son métier, une véritable passion et non pas simplement une profession.

31/01/2011

Louer un sens critique.com

header copy.jpgPolaroïd 16 : 07

L’affaire du site ‘’loueunepetiteamie.com’’ ne révélera que deux choses au final.

Qu’il suffit de 15 euros à une société pour créer un buzz.

Que les journalistes ne font plus leur travail, à force d’être goinfrés par des flux d’informations, qu’ils ne vérifient vraisemblablement plus rien.

C’est à la fois maladivement excitant de constater qu’on peut piéger presque n’importe qui en disant n’importe quoi, c’est hélas surtout terriblement navrant.

14/01/2011

Voile islamique et journalisme, bis repetita

pic.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

Polaroïd 10 : 27

Je vous invite à écouter l'émission Médialogues de ce jour (vendredi 14 janvier 2011) sur le site de la RSR sur la question du voile islamique et du journalisme: ''font-ils bon ménage?''

Interviews croisées du blogueurs Julien Cart et moi-même.


podcast

Merci à la TdG et à Jean-François Mabut d'avoir relevé mon billet, et aux commentaires reçus ayant nourri le débat.

Olivier Francey

07/01/2011

Du voile en journalisme

sthe1.jpgDu voile en journalisme.

Elle porte un hijab et elle postule à un poste de journaliste à la Radio Suisse Romande.

A la question posée pas la Tribune de Genève de savoir si le foulard islamique et le journaliste font ‘’bon ménage’’, la réponse est évidemment : oui.

Pour preuve, tous les jours, de nombreuses journalistes iraniennes, libanaises, syriennes, marocaines, tunisiennes, algériennes portent leur foulard sans que cela ne gêne la qualité de leur travail. Et de rappeler dans la foulée que les journalistes juifs portent également la kippa, et que de mémoire, on se souvient avoir vu des croix habiller des journalistes brésiliennes. La question de savoir si ‘’foulard et journalisme’’ sont compatibles est donc toute relative et contextuelle.

Le débat est ailleurs. La Suisse est un pays séculier (et non pas laïque comme certains le prétendent), notre constitution fait référence à Dieu, mais entend séparer l’Eglise de l’Etat, sauf exceptions cantonales, me semble-t-il.

L’angle choisi par une grande partie des commentateurs a été de déclarer qu’il n’était pas concevable, en Suisse, d’afficher ses préférences religieuses sur le service public.

La question se pose sur une chaîne publique et dans un Etat séculier : une journaliste peut-elle porter le foulard si elle n’apparaît pas à l’antenne ? Un journaliste juif peut-il porter sa kippa lorsqu’il n’apparaît pas à l’antenne ? Un journaliste chrétien peut-il porter sa croix lorsqu’il n’est pas à l’antenne ?

Un journaliste connu pour être chrétien, juif, musulman, libéral-radical, pdc compatible, fils de banquier ou de syndicaliste, proche de l’immobilier, homosexuel peut-il encore exercer son métier ? La réponse est oui. Ces indications doivent-elles s’afficher ? Le moins possible.

L’indépendance et l’objectivité du journaliste sont des questions éminemment personnelles. Suis-je indépendant sur ce sujet ? Suis-je objectif sur cette thématique ? La réponse devrait être la suivante : ''jamais, mais j’essaie de l’être''.

Le devoir du journaliste, c’est aussi avoir le courage de s’abstenir de traiter un sujet lorsque sa parole, ses propos peuvent être mis en doute, par sa religion, par ses accointances ou par ses filiations.

Dès lors, porter le foulard ‘’teinte’’ inéluctablement le sujet traité, aux yeux d’un téléspectateur, tant bien même que le journaliste transpire l’indépendance et l’objectivité.

Le vrai débat, n’est-ce pas plutôt de se demander si mon foulard et mon travail de journaliste dans le pays dans lequel je l’exerce, sont compatibles ?

 

Je n’en sais rien.