08/11/2011

Maître Bonnant n'est pas maître d'école, encore moins maîtresse de maison

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A propos des propos de Maître Marc Bonnant.

Le verbe est toujours lourd, la syntaxe agglutinante et la sémantique délicieusement indigeste. Mieux, excluante. Oui, le propos est ironique. Maître Bonnant n'est pas maître d'école, encore moins maîtresse de maison. La hausse du coût de l'assurance-maladie? Imputable à une bande de gueux dont les responsabilités sont inversement corrélées à leur propension à tomber malade. Les bonnes? Bonnes à être troussées. Dieu? Un fantasme qui, par essence, n'existe pas mais qui se désire. Le droit à l'oubli? Un mythe. L'Islam? L'autre.

Maître Bonnant n'est pas maître d'école, encore moins maîtresse de maison. Ils l'abhorrent, je crains qu'il ne s'en moque. Le politiquement correct l'insupporte autant qu'un ornitophobiaque, aux psittacus cela va de soit. Paradoxalement pour un homme de planches et de parquets, l'homme est étymologiquement obscène. Pense-t-il ce qu'il dit? Dit-il ce qu'il pense? Je n'en sais rien. "Au début, l'étonnement" disait Jeanne Hersch.

Je ne sais toujours pas s'il faut s'inquiéter pour Marc Bonnant de n'avoir suscité que si peu de réactions, ou s'inquiéter tout court. S'alarmer que le polémiste n'excite plus aucuns filaments épidermiques, synonyme d'aphasie collective. Ou de pythie annonciatrice d'une déchéance annoncée. Celle-là même qui proférait frénétiquement ce cri: Maître Bonnant n'est pas maître d'école, encore moins maîtresse de maison.

27/09/2011

L'erreur de communication de l'Entente genevoise.

h-20-1551550-1243365007.jpgÉditorial Radio Cité Genève, 27 septembre 2011

L'erreur de communication de l'Entente genevoise.

Impossible de passer à côté des publicités de l'Entente genevoise et du Parti Libéral-Radical publiés dans la Tribune de Genève .

La semaine dernière, le PLR accusait le PS de ''refuser d'avoir plus de gardes-frontières à Genève''. Aujourd'hui, l'Entente élargit ses critiques aux Verts et au PS, déclarant que ces partis ''veulent punir les agressions physiques en jours-amende''.

Qu'importe ici de savoir si ces critiques sont fondées ou pas, vous l'aurez bien compris, ce n'est pas le dessein de ce billet. Pourquoi la communication de l'Entente et du PLR est-elle mauvaise?

Une personne se définissant par ''ce qu'il n'est pas'' n'envoie jamais un signal fort. Déclarer ''je ne suis pas comme vous'', ''je ne suis pas comme eux'' dénote souvent (mais pas toujours) un complexe d'infériorité. Ce qui est d'ailleurs le cas aujourd'hui où l'Entente pourrait bien perdre au moins un siège au Conseil National. Pire encore, il pourrait dénoter un manque d'identité propre. C'est ce que beaucoup ont, par ailleurs, dénoncé en accusant le PLR suisse (la droite traditionnelle plus généralement) de n'avoir été que ''réactif'' vis-à-vis de l'UDC, et non considéré comme une force propositionnelle. Se démarquer, c'est essayer d'exister. Oui mais par rapport à.

Il n'est pas certain, non plus, que l'action qui consiste à ''pointer du doigt'' ou stigmatiser un ennemi politique n'accouche de résultats satisfaisants. Il suffit de penser aux qualificatifs plutôt virulents employés à l'encontre de l'UDC ou du MCG. La stigmatisation a souvent été synonyme de victimisation, et donc source quasi ''pavlovienne'' de soutien.

Enfin vulgairement, n'est-ce pas un peu crétin de se payer une campagne de pub à quelques milliers de francs, pour citer à chaque fois le nom de la personne à abattre?

Ceci étant dit, c'est tout autant sot (comme le rappelle Pascal Décaillet) de la part de la gauche de reprocher à la droite, dans un communiqué publié aujourd'hui, de ''n’avoir pas d’autres idées que de s’en prendre à ses adversaires''...

19/09/2011

DSK: on s'attendait à 7 sur 7, on a eu droit à Confessions Intimes.

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Dominique est un expert du speed-dating.

Si comme l'affirme l'ancien directeur du FMI, à savoir qu'il n'y a eu ''ni contraintes, ni rapports tarifés'', DSK aura donc réussi en moins de neuf minutes à faire connaissance d'une inconnue, plus communément prénommée ''domestique'' par un brillant avocat genevois adepte des logorrhées, puis la séduire pour finir par ''trousser'' la dite-servante, toujours selon ce même avocat.

 

Dominique confond absence de preuve et disculpation.

Le compagnon d'Anne Sinclair a brandi à trois reprises sa bible: le rapport du procureur (disponible ici).

''Il n'y a eu ni violence, ni contrainte, ni agression'' déclare-t-il. ''C'est n'est pas moi qui le dit, c'est le procureur'', ajoute-t-il. Or le procureur ne dit pas cela, Cyrus Vance dit simplement qu'au vu des preuves à disposition, il n'est pas possible de déterminer le consentement ou pas de la relation. La justice américaine ne le disculpe pas. Elle ne l'inculpe pas. Il est vrai, équivalent d'un ''non-lieu'' mais pas d'un blanchiment.

 

Dominique ne distingue pas une fiche d'entrée d'une note médico-légale.

DSK accuse l'Express.fr d'avoir publié un rapport médical qui n'est autre que la version de Nafissatou Diallo, selon lui, insinuant qu'elle aurait pu raconté n'importe quoi. Or, l'Express s'est basé sur les notes médico-légales du service des urgences du St-Luke's Roosevelt de Manhattan. Il est vrai, pour sa défense, rien n'indique qu'il soit l'auteur du traumatisme de la fourchette postérieure de la zone vaginale de la domestique ainsi détroussée.

 

Dominique, ce héros. Héros de la communication, du discours poli et préparé, de la gestuelle exagérée, des silences organisés, des réponses qui fusent et rappellent trop à quel point les questions sont connues. Hier soir, on s'attendait sans grande surprise à 7 sur 7. On aura malheureusement eu droit à Confessions Intimes. En famille. Dominique, Anne et Claire.

13/09/2011

En ville de Genève? On doit taire l'identité des copains.

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Rappel des faits: la Cour des Comptes épingle un dysfonctionnement concernant le recrutement d'un collaborateur de la Ville de Genève. Pourquoi? La réponse est double.

Parce que, premièrement, cet employé, engagé temporairement, aura coûté 50'000 francs à la collectivité pour avoir rendu un fichier Excel de 400 adresses, qualifié d'inutilisable dans le cadre du projet dans lequel cette tâche s'inscrivait. Deuxièmement: parce que ce collaborateur temporaire est du même parti que le magistrat du département et son directeur, aujourd'hui éloignés de la verte vie politique.

La problématique est simple: la Cour des Comptes a tenu à pointer du doigt un ''dysfonctionnement'' et non pas une personne. L'employé n'a donc pas été condamné. D'ailleurs, certains diront même qu'il aura bien fait d'en profiter. Soit. Respect de la vie privée? Soit encore.

N'y a-t-il pas alors un devoir d'information publique à révéler son identité sachant que ce chanceux travailleur exerce toujours une fonction politique? Qu'il est peut-être président d'une importante commission? Pas sûr, ''il n'hésitera pas à t'attaquer pour diffamation'', me prévient-on.

En clair. On engage un copain, on lui donne 50'000 francs pour taper d'un seul doigt sur un clavier, le manchot livre un travail inutile, le magistrat s'en va (sûrement en Valais), le directeur se fait expulser dans les Carpates (pardon, démissionne), et la Cour des Comptes hulule.

Ensuite? Rien, le vide, le néant, un téléphone qui ne sonne pas ou personne pour vous rappeler, des journalistes qui se taisent ou pire encore, qui se contrefoutent de savoir de qui il s'agit.

C'est dommage, je vais finir, moi aussi, par être le copain de quelqu'un d'autre.

05/09/2011

Mise au point sur l'insécurité genevoise

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Hier soir, l'émission Mise au Point diffusait un reportage sur la ''violence à Genève'', intitulé ''la cité de la peur''. On aura volontiers compris la référence à cette œuvre cinématographique des ''Nuls'', mais elle est, à mon sens, mauvaise. Mauvaise autant au second degré qu'au premier. Soit on se moque de ''ces genevois qui n'osent pas sortir le soir et qui changent de trottoir à la vue d'un individu louche'', soit on estime que cette ville est effectivement dominée par un sentiment, à savoir la peur, auquel cas ce titre est alarmiste et mensonger. Qu'importe, ce n'est qu'un détail.

Angle choisie par l'équipe de Mise au Point: Genève est-elle devenue dangereuse? Qui pour y répondre? Le directeur des permanences de Cornavin et de Plainpalais et l'une de ses employées, ainsi qu'un membre de la police judiciaire, suivi jeudi dernier lorsqu'un coup de feu a été tiré en pleine rue. Bien. Surtout parce que c'est vendeur, une douille à même le bitume.

Deux témoins et un coup de feu, de quoi nourrir un reportage de dix minutes. Objectivité des témoignages proportionnels à leur nombre? Quasi nulle. Le premier nous explique comment l'une de ses employées s'est fait agressée lorsqu'elle quittait son lieu de travail, et comment l'une de ses permanences s'est faite cambriolée par un toxicomane. Un toxicomane qui cambriole un lieu médical? Quel évènement!

Que nous apprend le second témoin? Que ''le nombre de cambriolage est en augmentation'' et qu'il avoue ''comprendre que les genevois se sentent de moins en moins en sécurité''. Quel scoop!

On aura néanmoins retenu cette phrase qui referme le reportage, soutenue par une bande-son effrayante: ''la cité de Calvin n'est plus la ville la plus sûre au monde''. Quel talent! Merci Mise au Point.

22/08/2011

Les bonnes audiences de Gilles Marchand

girl-thumbs-up.jpgPolaroïd 16 : 45

Gilles Marchand s'exprimait hier dans les colonnes du Matin Dimanche pour commenter les mauvais chiffres de TF1 et  ''la fin de la télévision traditionnelle''.

''L'érosion des parts de marché de la première chaîne européenne est-elle bénéfique à la première chaîne romande?'', s'interroge notre collègue Ivan Radja en page 39.

Réponse du patron de la RTS: les bonnes audiences de la TSR (30% de parts de marché entre 18 h et 23 h), voire très bonnes en ce qui concerne les journaux d’actualité (entre 55% et 60%), sont surtout la conséquence d’une «stratégie efficace, soit une chaîne sur deux canaux, et de la bonne complémentarité entre ceux-ci».

Je m'étonne de cette réponse, non pas sur les résultats ainsi exposés en trophée, mais sur ses causes.

Gilles Marchand a raison: on doit reconnaître la relative résistance de la TSR par rapport à ses concurrentes, soit environ une perte de 6% de parts de marché depuis 2007 sur le créneau horaire 18h-23h. Non sans préciser que la TSR a fait appel massivement, me semble-t-il, à l'achat de séries étrangères pour rester concurrentielle. Une démarche qui n'est visiblement pas du goût de certains qui s'interrogent de savoir si cette acquisition compulsive relève bel et bien du rôle d'un ''service public''. Mais là n'est pas le propos.

Non, l'étonnement est ailleurs.

Comment Gilles Marchand peut-il se féliciter des parts de marché quasi communistes obtenues par ses journaux d'actualité quand on on connaît la position monopolistique de la TSR en matière d'information télévisuelle? Un peu comme si Ariane Dayer se félicitait des 523'000 lecteurs du Matin Dimanche.

29/07/2011

L'affaire Mark Muller vu par René Koechlin

25471_141881.jpgPolaroïd 11 : 02

Si je vous ai bien compris, Monsieur Koechlin, en page 11 de la Tribune de Genève de ce jour: les journalistes auraient du se taire concernant la dernière affaire ''Mark Muller''.

Selon vous, rien d'inhabituel à ce qu'un Conseiller d'État puisse se loger dans un appartement à un loyer en-dessous des tarifs du marché. Votre argumentaire? A fonction de prestige? Appartement de prestige. Punkt Schluss! On ferme les rideaux!

Ce que vous semblez oublier, Monsieur l'ancien président du Grand Conseil, c'est que Mark Muller est en charge d'un département: celui des constructions. Ce que vous passez sous silence, c'est qu'une grande partie de la population genevoise n'arrive plus à se loger. Ce que vous omettez encore de rappeler, c'est qu'une fonction de prestige implique également une comportement exemplaire. Que vous estimiez que les les blâmes contre André Hediger relèvent de la ''mesquinerie'' est une grave erreur de jugement. Nul n'est au-dessus des lois, surtout pas un élu politique censé l'incarner. Enfin, ce que vous omettez, c'est que des suspicions d'avoir bénéficié de ''passe-droits'' ont couru contre le magistrat.

Pour toutes ces raisons, il était du devoir des médias d'en parler. Vous estimez que nos gouvernants sont ''relégués au rang du plus simple, du plus modeste, du plus petit des citoyens''. Je ne partage pas votre opinion. La presse n'est pas là pour flatter, elle est là pour faire son travail.

Alors certes, Mark Muller n'a pas enfreint la loi. Je concède également que c'est encore dans son droit de bénéficier de connections pour obtenir un logement, il n'est de loin pas le seul. Ethiquement discutable? Oui.

Vous voyez un journalisme de bas étage? Je vois un devoir d'information. Que les médias se taisent? Vous divaguez!

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27/07/2011

L'aridité de l'été

secheresse_au_kenya.jpgPolaroïd 16 : 07

On aura jamais autant vu Mark Muller et Isabelle Rochat au 19:30 de la TSR ces deux derniers jours. A se demander où sont passés les autres Conseillers d'Etat. Inauguration d'une nouvelle annexe à la prison de Champ-Dollon et pose de panneaux photovoltaïques sur le toit d'un établissement scolaire. En somme, quelques cellules pour bandits et un avenir meilleur pour nos enfants.

Ne soyons pas médisants, il est effectivement de bon goût que les médias relaient parfois les bonnes actions. Ne me reste que cette interrogation: l'été est-elle vraiment une saison propice à la communication ou n'est-elle que la saison où l'actualité se meurt?

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10/06/2011

Mégaphone ou 70 minutes rafraîchissantes

lrg_bugle_megaphone.jpgPolaroïd 12 : 29

Mégaphone, c'est le nom de la nouvelle émission de la TSR où les ‘’citoyens’’ interpellent les politiques. Le concept n’est, de loin, pas nouveau, mais reste passionnant.

Cinq conseillers nationaux (Géraldine Savary, Oskar Freysinger, Christophe Darbellay, Isabelle Moret, Antonio Hodgers) face à cinq romands, sélectionnés avec intelligence. Des questions simples, celles qu’un jour ou l’autre, la plupart d’entre nous se sont posées. Des hésitations charmantes dans leur formulation, mais qui ont le mérite de sonner juste.

Moins de hargne également du côté des réponses, on ne répartit pas de la même manière à un électeur qu’à un ennemi politique.

Bien loin du champ de guerre qu’est l’émission Infrarouge, septante minutes de Mégaphone sont apparues mercredi soir comme rafraîchissantes.

01/06/2011

Pédophilie: Luc Ferry n'ose pas, Daniel Schneidermann balance

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Luc Ferry n'ose pas, Daniel Schneidermann balance.

Propos hallucinants de l'ancien ministre de la jeunesse et de l'éducation nationale sur le plateau du Grand Journal de Canal+, lundi soir.

Il affirmait qu'un ancien ministre se serait fait ''prendre [dans une partouze] avec des petits garçons à Marrakech''. Il ajoute que ''les plus hautes autorités de l'État », notamment le Premier ministre lui auraient confirmé cette arrestation et la libération en toute discrétion de cet ancien ministre''.

Pourquoi ne donne-t-il pas son nom? Réponse hautement courageuse du philosophe: ''Je ne peux pas sortir son nom (...), je n'ai pas de preuves mais seulement des témoignages. Premièrement, je serais mis en examen, et à coup sûr condamné'' finit-il par déclarer. En clair, sans preuves mais avec des témoignages, que fait-on? On se tait. Bravo.

Daniel Schneidermann aurait livré son nom. Rien pourtant sur le site de l'émission ''Arrêt sur Images'' à 12 : 42.Sauf ici. Est-ce mieux? Pas vraiment.

Livrer une information sans preuves, et sous réserve que le présumé innocent soit innocent, peut ruiner une vie. Se taire? En ruiner d'autres. Reste l'option de contacter la justice. Ce qui revient probablement à passer par la première option. La suspicion. Fatale? Presque toujours.

31/05/2011

Politique et médias

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On l’apprenait ce soir à Forum, de la bouche de l’une de nos consœurs à Berne : plusieurs journalistes de sexe féminin auraient été ‘’victimes’’ de certaines avances ‘’pressantes’’ voire physiques de la part de parlementaires sous la coupole. Que certains d’entre eux soient des sombres crétins n’est, en soi, pas un fait nouveau. Que le rapport entre politiciens et journaliste soit ambigu, non plus.

Un politique est souvent une source privilégiée d’information pour le journaliste. En bons paranoïaques que sont ces deux personnages, le premier n’hésitera pas à surveiller ses propos ou au contraire, les diffuser en espérant humidement qu’ils soient entendus et relayés, ce dernier n’oubliant jamais que les mots (et donc une information) ainsi récupérés ne sont que rarement innocents, sauf si la bête politique se rapproche plus du bœuf que du renard. Dommage collatéral : ne pas avoir de contacts privilégiés avec un homme ou femme politique vous prive d’une source potentielle d’information.

Les journalistes sont-ils alors tous pourris ?

Dire que certains d’entre eux développent envers d’autres [politiciens] des sentiments de l’ordre de l’affection est une évidence. Lorsque cette affection pousse au mutisme ou au favoritisme, à changer un mot pour un autre, ou à soulever un sujet qui ne l’aurait pas été en d’autres circonstances; l’affection devient alors connivence, et on dit de lui qu’il est pourri. Pourri? Il l'est également s'il utilise des informations relevant de sa sphère privé et pour autant qu'elles ne soient pas pertinentes à sa vie politique, ou encore s'il s'attaque à son physique (relevant du domaine de l'humoriste). Lorsque le verbe s'efface, l'homme médiatique se trompe.

Qu’il y ait des amitiés entre les deux protagonistes n’est visiblement pas si rare que cela. Que le premier commence à écrire sur le second est pourtant, à mon sens, une erreur. Un collègue peut toujours vous remplacer.

Je m’étonne que certains hommes politiques puisent dans le champ lexical de la trahison lorsqu’il s’agit de manifester leur mécontentement.

La raison est simple. Pour qu’il y ait trahison, faudrait-il encore qu’il y ait eu amitié.

30/05/2011

La revendication

IMG_9563.jpgPolaroïd 15 : 54

Rarement des gouttes de sueur n’avaient été autant érotiques. Lascives gouttes de pluie sur un vitrail délavé, la divine perversion en moins. Prônant la toute puissante chimérique égalité, elle avouait détourner les ‘’codes’’ pour les renvoyer vers ses émissaires. Ses ennemis. Quelques jarretelles en dentelle et des interstices pénétrés par la lumière d’une persienne d’alcôve, l’hyper sexualité au service de la cause. La sienne.

Elle pensait qu’on pouvait se confesser sans laisser apparaître une certaine rougeur sur un bout de peau. La génuflexion la trahissait. ‘’Abaissante activité’’, diront certains.

Etre considérée ou reconnue, quelles que soient les armes et la manière de s’en saisir. L’étonnante exubérance de sa différence dans le dessein d’être semblable. Le fragile paradoxe de l’humoriste français arabe ou juif. Le fragile paradoxe de l’homosexuel, de l’africain, du pauvre. En fait ? De la minorité ou de ce qui semble l’être. Conceptualisée ou vérifiée.

Image d’Epinal en boucle sur une chaine de télé. Ils ne retiendront pourtant que la chair. Au son muet de l’écran cathodique sonnera le glas du message.

C’est bien dommage. L’évaporation des perles divinement suintantes finira par enterrer tout espoir d’éveil. La prédicatrice finira, ruisselante, non pas dans sa chaire, mais dans son sang.

24/05/2011

Qu'importe le support, le sillon demeure.

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Michel Halpérin était l’invité de Forum il y a quelques minutes, pour une interview ayant duré tout autant.

Amusant de constater que ma consœur, Nathalie Ducommun, ait fait appel au champ lexical de ‘’bourde’’ et ‘’d’échec’’ en évoquant l’alliance libérale-UDC lors des dernières élections au Conseil Administratif de la Ville de Genève du 17 avril dernier. Cocasse également que la journaliste ne décrive l’actuel président du parti, Cyril Aellen, comme peu fédérateur. Ce serait de bon ton de rappeler que le parti libéral avait voté à (presque) l’unanimité l’alliance avec l’UDC.

Agréable également de rappeler que la candidate libérale Florence Kraft-Babel s’est classée à la sixième place, emportant au passage 2'107 voix d’avance sur le PDC Michel Chevrolet. Dès lors, parler de bourde et d’échec, équivaut aussi à parler de ‘’bourde’’ et ‘’d’échec’’ pour ce dernier candidat et son parti.

Enfin, l’article d’une autre consœur, Elisabeth Eckert, paru dans le Matin Dimanche, me laisse également perplexe. Nulle trace de la déclaration fiscale de l’intéressé, même pas un coup de fil*. Comprenez-moi bien, je porterais la même attention à un autre président de parti, si les instillations étaient semblables. Mais d’insinuer que Cyril Aellen s’accroche à un poste pour des motifs pécuniaires me paraît tout simplement absurde. Je vous invite à réécouter les propos, d’une durée un peu plus conséquente de l’ex président du parti libéral, Michel Halpérin sur nos ondes lundi matin.

Enfin, Pascal Décaillet ne trempera plus sa plume pour la Tribune de Genève. Quelle que soit l’origine de la précieuse substance ainsi immergée par l’objet pointu (du sang, des fluides corporels ou des morceaux d’âme noire), le sillon, ainsi tracé comme on laboure la terre, sur du papier peu grammé aura reçu le destin qu’il mérite : celui de la sudation excessive de certains et la joie inopinée d’autres.

Finalement, qu'importe le support, le sillon demeure.

 

* Précision 25 mai, 16 :41 : Selon Cyril Aellen, ma consoeur l'aurait effectivement appelé, en lui demandant de combien d'employés il disposait. Aucunes questions néanmoins sur son salaire.

18/05/2011

DSK, Manuel Tornare et la meute des chacals

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Que les Etats-Unis tiennent à considérer n’importe quel inculpé comme un autre me paraît être juste. D’oublier, par contre, que n’importe lequel d’entre eux, n’est pas égal face aux médias est une erreur. Enfin, d’attendre que les caméras soient toutes présentes, que les flashs soient rechargés relève purement et simplement d’une théâtralisation abjecte de la justice. Le procureur étant élu par le peuple, le peuple aura droit au spectacle. Et il aurait raison de ne pas s’en délecter, babines retroussées. Belle image de la présomption d’innocence. Qu’on ne vienne pas me parler de différence culturelle !

Mais les vraies babines salivantes sont ailleurs. Celles de certains commentateurs, journalistes et autres hommes politiques. Ah, qu’il est bon de ressortir les classeurs poussiéreux du tiroir ! ‘’ Secret de polichinelle’’, ‘’Tout le monde le savait’’ expulsent-ils comme des morts-vivants livides sortant de leurs tombes. Les chacals, ce sont eux.

Hier, Manuel Tornare, futur ex Conseiller Administratif et candidat au Conseil National était invité d’Infrarouge sur la Télévision Suisse Romande. Pour quelles raisons ? Probablement pour ses amitiés avec le maire de Paris, ou parce qu’il est socialiste. Bien. On aurait pu, tout autant, faire appel à un obscur militant valaisan ou jurassien, qu’importe la légitimité tant qu’on dispose d’un interlocuteur.

‘’On doit être irréprochable’’ dira-t-il. ‘’J’étais sûr qu’il allait exploser en vol’’, citant non pas ses propres sources, mais un article de l’Express. Bravo ! ‘’J’étais persuadé, un jour ou l’autre, qu’il serait rattrapé par cela [son train de vie] ’’, clamera-t-il à la manière d’un devin, tout en se rendant compte qu’il avait expulsé une absurdité. Très justement, mon confrère de Libération le remettra à l’ordre : ‘’Monsieur, vous faites des amalgames’’.

Manuel Tornare connaît-il personnellement Dominique Strauss-Kahn ? Si oui, à combien de reprises l’a-t-il rencontré ? Ou fonde-t-il ses prémonitions sur des rumeurs, des allégations et des potins ? Je n’en sais rien.

Alors à tous ceux qui prétendent ‘’avoir su’’, qui savaient, et qui affirment que ce n’était qu’un secret de polichinelle, pourquoi Diable ne se sont-ils pas manifestés plus tôt ?

Soit on se tait, soit on s’expose à la lumière. Et se taire, s’il y a infraction, c’est être complice, sinon c’est être juste. Dans le cas contraire, c’est seulement rejoindre la meute. Salivante et charognarde.

15/04/2011

L'hyper communication

pic.jpgPolaroïd 17 : 00 : L’hyper communication.

L’idée a germé suite à une alerte de l’application IPhone de la TdG. De mémoire, le quotidien nous signalait qu’un certain Thierry C. affublait ses copains d’appartenir à une amicale mouvance ‘’National-Sozialist’’. Nul doute que la reprise du contenu numérique de la Julie par un ancien rédacteur en chef d’un gratuit tout bleu (donc mort) y soit pour quelque chose. Nul doute non plus, que le site internet de la Tribune ainsi ‘’incarné’’ tente de dynamiser son contenu, à constater les mouvements qui agitent la première page du quotidien, et aux nombreuses vidéos ''qui font le buzz''. Soit.

Le qualificatif amical de Thierry C. sur FaceBook méritait-il une alerte ? Certains en douteront, d’autres répliqueront que le quotidien n’est plus ce qu’il était. Là, n’est pas la question. La problématique est bien connue : à force de crier au loup, le mouton meurt. La multiplication d’alertes n’a qu’une conséquence : la lassitude.

L’hyper communication tue la communication.

Un peu comme un candidat en campagne. Autant magistrale fût-elle, elle finira par lasser, et le candidat n’aura que comme issue : un gémissement adressé aux médias pour motif ‘’de ne pas avoir suffisamment parler du fond’’.

C’est pourtant le risque à jouer avec les impulsions rétiniennes et les paillettes : elles aveuglent, cachent, dissimulent jusqu’à en faire oublier celui que les arbore. S’exposer, c’est se mettre en danger, se surexposer, c’est subir la critique. 5'000 amis sur le réseau social FaceBook, c’est aussi 5'000 ennemis.

''Nul doute qu’il fera un très bon Conseiller municipal'', diront certains d'entre eux.